Rejet 13 octobre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 4e sect. - 2e ch., 13 oct. 2025, n° 2508137 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2508137 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 30 novembre 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2025, M. B… A…, représenté par Me Selmi, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 5 février 2025 par lequel le préfet de police a refusé de l’admettre au séjour, l’a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné ;
2°) d ’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » ou une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- sont entachées d’un vice d’incompétence ;
- sont insuffisamment motivées ;
- sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- méconnaissent l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et de libertés fondamentales ;
La décision fixant le pays de destination :
- est entachée d’un défaut de motivation ;
- méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et de libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2025, le préfet de police, représenté par Me Claisse, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A… ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 juin 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 17 juillet 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Frieyro a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
M. A…, ressortissant bangladais né le 25 février 1982, est entré en France, selon ses déclarations, le 5 mai 2017, et a sollicité, le 25 avril 2022, son admission au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 5 février 2025, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation, de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné. M. A… demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
En premier lieu, par un arrêté n° 2025-00138 du 31 janvier 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme Véronique De Matos, secrétaire administrative de classe exceptionnelle, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, dont relèvent les décisions attaquées, en cas d’absence ou d’empêchement des autres délégataires, sans qu’il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n’aient pas été absents ou empêchés lorsqu’elle a signé les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de son signataire doit être écarté.
En deuxième lieu, l’arrêté contesté vise les textes dont il fait application et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s’est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A…. Si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de l’intéressé, elle lui permet de comprendre les motifs des décisions qui lui sont opposés. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.
En troisième lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1 (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que M. A… est entré en France en mai 2017 et s’y est maintenu en situation irrégulière. Il résulte par ailleurs des termes de l’arrêté litigieux, qui ne sont pas contestés, que M. A… est célibataire, sans charge de famille en France, et n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident notamment ses parents. Par ailleurs, si l’intéressé fait état de la présence de son frère sur le territoire français, celle-ci n’est établie par aucune pièce. Enfin, si l’intéressé, qui, selon les termes de l’arrêté contesté, a produit au soutien de sa demande d’admission au séjour un CERFA de demande d’autorisation de travail en qualité de cuisinier, se prévaut également de son insertion professionnelle, il n’apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l’arrêté contesté serait entaché d’une erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.
En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien- être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».
Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que la requête de M. A… doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B… A… et au préfet de police.
Délibéré après l’audience du 22 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Stoltz-Valette, présidente,
M. Claux, premier conseiller,
M. Frieyro, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2025.
Le rapporteur,
signé
M. Frieyro
La présidente,
signé
Stoltz-Valette
La greffière,
signé
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Préemption ·
- Juridiction administrative ·
- Justice administrative ·
- Pêche maritime ·
- Commissaire de justice ·
- Bretagne ·
- Parcelle ·
- Ordre ·
- Compétence des tribunaux ·
- Aménagement foncier
- Justice administrative ·
- Mayotte ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Liberté fondamentale ·
- Vie privée ·
- Délai ·
- Juge ·
- Atteinte
- Justice administrative ·
- Auteur ·
- Utilisation du sol ·
- Formalités ·
- Recours administratif ·
- Certificat d'urbanisme ·
- Recours contentieux ·
- Notification ·
- Commissaire de justice ·
- Société anonyme
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Légalité externe ·
- Territoire français ·
- Police ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunaux administratifs ·
- Tiré ·
- Pays ·
- Destination ·
- Interdit
- Territoire français ·
- Pays ·
- Refus ·
- Stipulation ·
- Traitement ·
- Liberté fondamentale ·
- Annulation ·
- Algérie ·
- Justice administrative ·
- Convention européenne
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Renouvellement ·
- Commissaire de justice ·
- Demande ·
- Liberté fondamentale ·
- Délai ·
- Contrat de travail ·
- Régularité
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Réfugiés ·
- Étranger ·
- Demande ·
- Délai ·
- Titre ·
- Commissaire de justice ·
- Décision administrative préalable
- Justice administrative ·
- Police ·
- Renouvellement ·
- Annulation ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Titre ·
- Vie privée ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers
- Urgence ·
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Allocations familiales ·
- Commission de surendettement ·
- Handicapé ·
- Commissaire de justice ·
- Commission ·
- Exécution ·
- Adulte
Sur les mêmes thèmes • 3
- Autonomie ·
- Justice administrative ·
- Cartes ·
- Mobilité ·
- Critère ·
- Action sociale ·
- Capacité ·
- Aide ·
- Tierce personne ·
- Périmètre
- Urbanisme ·
- Accessibilité ·
- Justice administrative ·
- Permis de construire ·
- Établissement recevant ·
- Recevant du public ·
- Construction ·
- Métropole ·
- Titre ·
- Commune
- Recours administratif ·
- Urgence ·
- Justice administrative ·
- Département ·
- Juge des référés ·
- Autonomie ·
- Décision implicite ·
- Aide juridictionnelle ·
- Recours ·
- Compte tenu
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.