Rejet 27 mars 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 4e sect. - 1re ch. - r.222-13, 27 mars 2026, n° 2511390 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2511390 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 1 avril 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2025, M. A… B…, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) de condamner l’État à lui verser une somme de 5 000 euros, à verser immédiatement sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation dès lors qu’il n’a reçu aucune offre de relogement alors qu’il a été reconnu prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- il subit des troubles dans ses conditions d’existence et un préjudice moral du fait de la carence fautive de l’État à la reloger.
La requête a été communiquée au préfet de la région Ile-de-France, qui n’a pas produit d’observation.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Raimbault en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Raimbault a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité :
1. Lorsqu’une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d’urgence par une décision d’une commission de médiation en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, la carence fautive de l’État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l’égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d’existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l’intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l’État prévu par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l’État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l’État, qui court à compter de l’expiration du délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l’article R. 441-16-1 du code de la construction et de l’habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
2. M. B…, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence par une décision du 14 septembre 2023 de la commission de médiation du département de Paris au motif qu’il était dépourvu de logement/hébergé chez un particulier. Or, le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris n’a pas proposé à M. B… un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l’habitation à compter de l’édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’État à compter du 14 mars 2024 à l’égard de M. B….
Sur le préjudice :
3. Il résulte de l’instruction que la situation de M. B… n’a pas changé depuis la décision de la commission de médiation. Ce dernier est toujours dépourvu de logement et domicilié auprès de l’organisme Inser ASAF association. Compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l’État et de la durée de cette carence, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par M. B… dans ses conditions d’existence, y compris de son préjudice moral, en lui allouant une somme de 1 000 euros.
4. En revanche, dès lors que l’article L. 911-9 du code de justice administrative permet au requérant, en cas d’inexécution de la présente décision, d’obtenir le mandatement d’office de la somme que la partie perdante est condamnée à lui verser par cette même décision, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions aux fins d’injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État le versement à M. B… d’une somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L’Etat est condamné à verser à M. B… la somme de 1 000 euros en réparation de ses préjudices.
Article 2 : L’Etat versera à M. B… la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A… B… et au ministre de la ville et du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2026.
Le magistrat désigné,
signé
G. Raimbault
La greffière,
signé
L. Thomas
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Apprentissage ·
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Pays ·
- Légalité ·
- Autorisation de travail ·
- Sérieux ·
- Convention internationale
- Protection fonctionnelle ·
- Maire ·
- Délibération ·
- Collectivités territoriales ·
- Conseil municipal ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Élus ·
- Propos ·
- Vote
- Territoire français ·
- Éloignement ·
- Aide ·
- Justice administrative ·
- Obligation ·
- Pays ·
- Délai ·
- Destination ·
- Durée ·
- Annulation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- L'etat ·
- Médiation ·
- Habitation ·
- Carence ·
- Commission ·
- Trouble ·
- Construction ·
- Logement social ·
- Responsabilité
- Protection fonctionnelle ·
- Maire ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Impartialité ·
- Collectivités territoriales ·
- Décision implicite ·
- Fonction publique ·
- Harcèlement moral ·
- Principe
- Territoire français ·
- Justice administrative ·
- Décision d’éloignement ·
- Aide juridictionnelle ·
- État ·
- Union européenne ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile ·
- Aide
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Territoire français ·
- Interdiction ·
- Droit d'asile ·
- Pays ·
- Liberté fondamentale ·
- Séjour des étrangers ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Liberté ·
- Destination
- Asile ·
- Etats membres ·
- Règlement (ue) ·
- Chypre ·
- Transfert ·
- Justice administrative ·
- Demande ·
- Ressortissant ·
- Examen ·
- Apatride
- Justice administrative ·
- Impôt ·
- Commissaire de justice ·
- Île-de-france ·
- Finances publiques ·
- Désistement ·
- Conclusion ·
- Donner acte ·
- Titre ·
- Application
Sur les mêmes thèmes • 3
- Outre-mer ·
- Expulsion du territoire ·
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Terrorisme ·
- Étranger ·
- Menaces ·
- Syrie ·
- Liberté fondamentale ·
- Vie privée
- Justice administrative ·
- Permis de conduire ·
- Commissaire de justice ·
- Public ·
- Administration ·
- Libertés publiques ·
- Injonction ·
- Route ·
- Vitesse maximale ·
- Insuffisance de motivation
- Justice administrative ·
- Département ·
- Désistement ·
- Prix ·
- Public ·
- Commissaire de justice ·
- Intérêt ·
- Provence-alpes-côte d'azur ·
- Acte ·
- Associé
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.