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Sur la décision
| Référence : | TJ Bordeaux, service des étrangers, 28 oct. 2025, n° 25/08678 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/08678 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 1 décembre 2025 |
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Texte intégral
TJ BORDEAUX (rétentions administratives)
RG N° RG 25/08678 – N° Portalis DBX6-W-B7J-27L2 Page
COUR D’APPEL DE BORDEAUX
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX
Cabinet de Marie PESSIS
Dossier n° N° RG 25/08678 – N° Portalis DBX6-W-B7J-27L2
N° Minute :
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE QUATRIEME DEMANDE DE PROLONGATION D’UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Articles L 742-4 à 7, L 743-4, L 743-6, L 743-7, L 743-9, L 743-19, L 743-25 et R 743-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
Nous, Marie PESSIS, magistrat du siège du tribunal judiciaire de BORDEAUX, assistée de Dorine LEE-AH-NAYE, greffier ;
Vu les articles L.742-1, L 743-4, L 743-6, L 743-7, L 743-24, L 743-20, L 743-9, L 742-2, L 742-4, L 743-4, L 742-6 à 7, L 743-9, L 742-6, R 743-1, L 743-19, L 543-25 et R 743-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 14/08/2025 par PREFECTURE DE LA GIRONDE à l’encontre de M. [C] [O] [L];
Vu l’ordonnance rendue le 18/08/2025 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de BORDEAUX prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de quinze jours ;
Vu l’ordonnance rendue le 13/09/09/2025 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de BORDEAUX, prolongeant la rétention administrative de trente jours supplémentaires ;
Vu l’ordonnance rendue le 13/10/2025 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de BORDEAUX, prolongeant la rétention administrative de quinze jours supplémentaires ;
confirmée par ordonnance rendue le 14/10/2025 par le premier président de la cour d’appel de BORDEAUX ;
Vu la requête de l’autorité administrative en date du 27/10/2025 reçue et enregistrée le 27/10/2025 à 16H36 tendant à la prolongation de la rétention de M. [C] [O] [L] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de quinze jours ;
Vu l’extrait individualisé du registre prévu à l’article 744-2 du CESEDA émargé par l’intéressé ;
PARTIES
AUTORITE ADMINISTRATIVE QUI A ORDONNE LE PLACEMENT EN RETENTION
PREFECTURE DE LA GIRONDE
préalablement avisée, est présente à l’audience, représenté par M. [N] [P]
PERSONNE RETENUE
M. [C] [O] [L]
né le 03 Janvier 1996 à RUFISQUE (22177)
de nationalité Sénégalaise
préalablement avisé,
actuellement maintenu en rétention administrative est présent à l’audience,
assisté de Me Nolwenn MALLAT, avocat au barreau de BORDEAUX, avocat plaidant, avocat commis d’office
LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE, préalablement avisé n’est pas présent à l’audience.
DEROULEMENT DES DEBATS
A l’audience publique, le magistrat du siège du tribunal judiciaire a procédé au rappel de l’identité des parties
Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l’avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant;
M. [N] [P] représentant le préfet a été entendu en ses observations ;
M. [C] [O] [L] a été entendu en ses explications ;
Me Nolwenn MALLAT, avocat de M. [C] [O] [L], a été entendu en sa plaidoirie ;
En l’absence du ministère public, régulièrement avisé;
FAITS ET POSITION DES PARTIES
Par arrêté du 13 juin 2023, le Préfet de la Gironde a prononcé à l’encontre de M. [C] [O] [L], de nationalité sénégalaise, une obligation de quitter le territoire sans délai, assortie d’une interdiction de retour pendant une durée de 3 ans.
Il a fait l’objet d’un placement en rétention administrative le 14 août 2025 (notification de la décision à 9h59), à sa levée d’écrou du centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan après avoir purgé une période de 9 mois d’incarcération, correspondant à l’exécution de deux peines prononcées par le tribunal correctionnel de Bordeaux les 14 janvier 2025 et 9 juillet 2025 pour des faits de cambriolage, de violence suivie d’une incapacité supérieure à 8 jours, menaces de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique, menace de mort réitérée, vol en récidive et maintien irrégulier sur le territoire français après placement en rétention administrative ou assignation à résidence.
Une première prolongation de sa rétention a été accordée par le magistrat du siège du tribunal judiciaire le 18 août 2025.
Par ordonnance en date du 13 septembre 2025, le magistrat du siège du tribunal judiciaire a autorisé une deuxième prolongation de la rétention administrative de l’interessé pour une durée de 30 jours.
Par ordonnance en date du 13 octobre 2025, le magistrat du siège du tribunal judiciaire a autorisé une troisième prolongation de la rétention administrative de M. [C] [O] [L] pour une durée de 30 jours, décision confirmée par la Cour d’appel de Bordeaux le 14/10/2025.
Par requête reçue et enregistrée au greffe du tribunal judiciaire le 27 octobre 2025 à 16h36, le Préfet de la Gironde sollicite, au visa des articles L.742-5 du CESEDA, une 4ème prolongation de la rétention de l’intéressé dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de 15 jours.
L’audience à été fixée au 28 octobre 2025 à 10h45.
À l’audience, M. [C] [O] [L] a été entendu en ses explications. Il ne se dit pas opposé à son éloignement vers le Sénégal.
A l’audience, le représentant du Préfet de la Gironde a été entendu en ses observations.
La requête en prolongation de la rétention administrative se fonde sur le fait que M. [C] [O] [L] ne dispose d’aucun document d’identité ou titre de voyage en cours de validité, qu’il est sans domicile et sans ressources. Les autorités consulaires sénégalaises ont été saisies le 6 mai 2025 et relancées le 3 septembre, 7 octobre et 21 octobre 2025, sans réponse à ce jour. L’identification de l’intéressé est donc toujours en cours.
Toutefois, le comportement de M. [C] [O] [L] constitue une menace pour l’ordre public au regard de ses multiples signalisations pour diverses infractions (violences aggravées, vols, usage de faux, vol avec violences, recel…). Il a déjà été écroué à plusieurs reprises à la maison d’arrêt de Gradignan cumulant ainsi une peine globale d’emprisonnement de 12 mois. La demande de prolongation de la rétention est donc sollicitée pour 15 jours supplémentaires, en raison de son comportement qui représente une menace pour l’ordre public.
L’avocat de M. [C] [O] [L] soutient que les critères légaux exigés par l’article L.742-5 du CESEDA ne sont pas remplis, la préfecture n’établissant pas que la délivrance du laissez passer consulaire devrait intervenir à bref délai, n’en étant en effet encore qu’au stade de l’identification de l’intéressé.
L’avocat de M. [C] [O] [L] sollicite en conséquence la mainlevée de la rétention administrative ainsi que le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la requête en prolongation de la rétention administrative
Il résulte de l’article L. 741-3 du CESEDA qu’un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L’administration doit exercer toute diligence à cet effet.
D’autre part, au terme des dispositions de l’article L.742-5 du CESEDA, quand le délai de la 3ème prolongation s’est écoulé, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, à titre exceptionnel, être à nouveau saisi pour une quatrième prolongation de la rétention administrative, pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours (la durée totale de la rétention n’excédant pas alors 90 jours), lorsque dans les 15 derniers jours :
*- 1° l’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la mesure d’éloignement
*- 2° l’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la mesure d’éloignement, une demande de protection ou une demande d’asile
*- 3° lorsque la mesure d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
La quatrième prolongation peut donc intervenir dès lors qu’une seule des circonstances mentionnées aux 1°, 2°, ou 3° (supra) survient au cours de la période de 3ème prolongation exceptionnelle de 15 jours ou en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
En l’espèce, le laisser passez consulaire sollicité auprès des autorités consulaires sénégalaises dès le 06 mai 2025 n’a pas encore été délivré malgré de multiples relances effectuées le 13 septembre, 7 octobre et 21 octobre 2025.
La délivrance du laissez-passer n’est toujours pas intervenue après deux mois et demi de rétention et l’identification de M. [C] [O] [L] est toujours en cours. Dès lors, force est de constater que la Préfecture n’établit pas que la délivrance du laissez passer consulaire “doit intervenir à bref délai” comme l’exigent les dispositions de l’article L. 742-5 du CESEDA du CESEDA.
Toutefois, la requête de la Préfecture se fonde sur la menace à l’ordre public constituée par l’interessé.
S’agissant du critère de la menace pour l’ordre public, ce dernier doit faire l’objet d’une appréciation in concreto, au regard d’un faisceau d’indices permettant, ou non, d’établir la réalité des faits, la gravité, la récurrence ou la réitération, et l’actualité de la menace selon le comportement de l’intéressé et, le cas échéant, sa volonté d’insertion ou de réhabilitation.
Dans le cadre adopté par le législateur, la notion de menace à l’ordre public a pour objectif manifeste de prévenir, pour l’avenir, les agissements dangereux commis par des personnes en situation irrégulière sur le territoire national.
En l’espèce, il ressort de l’examen de la procédure que l’interessé a été libéré le 14 août 2025 de la maison d’arrêt de Gradignan apres avoir exécuté 2 peines d’emprisonnement prononcées le 14 janvier et le 9 juillet 2025 par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour vol aggravé, violences avec ITT supérieure à 8 jours, menaces de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité publique, menace de mort réitérée, vol en récidive et maintien sur le territoire après placement en rétention ou assignation à résidence.
La récurrence de ses condamnations démontre un ancrage certain et persistant dans la délinquance. Il a déjà été écroué à plusieurs reprises à la maison d’arrêt de Gradignan cumulant ainsi une peine globale d’emprisonnement de 12 mois. M. [C] [O] [L], qui sort tout juste de détention, n’a par ailleurs évoqué à l’audience aucun projet concret d’insertion, expliquant vouloir repartir au Sénégal.
La nature des faits visés par ces condamnations démontre un trouble manifeste à l’ordre public.
Au vu des éléments susvisés, la menace à l’ordre public existe au sens de l’article L.742-5 précité et l’administration peut se fonder sur cette disposition afin de solliciter une quatrième prolongation de rétention administrative de M. [C] [O] [L], laquelle sera donc accordée.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire,
ACCORDONS l’aide juridictionnelle provisoire à M. [C] [O] [L]
DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du PREFECTURE DE LA GIRONDE à l’égard de M. [C] [O] [L] recevable ;
ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RETENTION de M. [C] [O] [L] au centre de rétention de Bordeaux pour une durée de quinze jours supplémentaires ;
Informons en application de l’article L.824-3 du CESEDA, que tout étranger qui, faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion, d’une mesure de reconduite à la frontière, d’une obligation de quitter le territoire français, d’une interdiction administrative ou judiciaire du territoire, se sera maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans motif légitime, après avoir fait l’objet d’une mesure régulière de placement en rétention ou d’assignation à résidence ayant pris fin sans qu’il ait pu être procédé à son éloignement, sera puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.
Fait à BORDEAUX le 28 Octobre 2025 à 16h20
LE GREFFIER LE JUGE
NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE
AUX PARTIES
Pour information de la personne retenue :
— La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de Bordeaux dans les 24 heures de sa notification. Le délai d’appel qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Le premier président est saisi par une déclaration écrite motivée, transmise au greffe de la cour d’appel de Bordeaux, par courriel : etrangers.ca-bordeaux@justice.fr
Cet appel n’est pas suspensif.
Si la décision met fin à la rétention administrative, l’intéressé est maintenu jusqu’à l’audience qui se tiendra à la cour d’appel à disposition de la justice dans des conditions fixées par le Procureur de la République.Pendant ce délai, l’étranger à le droit contacter son avocat et un tiers, rencontrer un médecin et s’alimenter.
— Pendant toute la durée de sa rétention au centre de rétention administrative, le retenu peut demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec son consulat ou toute personne de son choix.
— Le retenu bénéficie également du droit de contacter toute organisation et instance nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment :
• le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (16/18, quai de la Loire – BP 10301 – 75921 Paris Cedex 19 ; www.cglpl.fr ; tél. : 01.53.38.47.80 ; fax : 01.42.38.85.32) ;
• le Défenseur des droits (7, rue Saint-Florentin – 75409 Paris Cedex 08 ; tél. : 09.69.39.00.00) ;
• France Terre d’Asile (24, rue Marc-Seguin – 75018 Paris ; tél. : 01.53.04.20.29) ;
• Forum Réfugiés Cosi (28, rue de la Baïsse – BP 75054 – 69612 Villeurbanne Cedex ; tél. : 04.27.82.60.51) ;
• Médecins sans frontières – MSF (8, rue Saint-Sabin – 75011 Paris ; tél. : 01.40.21.29.29).
— La CIMADE, association indépendante de l’administration présente au centre de rétention (Tél. CIMADE
tel : 05 57 85 74 87 fax : 05 56 45 53 09 ), est à la disposition des retenus, sans formalité, pour les aider dans l’exercice effectif de leurs droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur.
— Chaque retenu est en droit de demander, à tout moment, qu’il soit mis fin à sa rétention par simple requête, motivée et signée, adressée au magistrat du siège par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives.
L’intéressé, L’interprète, Le conseil,
NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE
AUX PARTIES
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance au Procureur de la République le 28 Octobre 2025.
Le greffier,
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance au PREFECTURE DE LA GIRONDE le 28 Octobre 2025.
Le greffier,
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance à Me Nolwenn MALLAT le 28 Octobre 2025.
Le greffier,
— -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
NOTIFICATION AU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE
Notification par remise de copie ou par télécopie :
La présente ordonnance mettant fin à la rétention ou assignant l’étranger à résidence, a été notifiée au procureur de la République, présent/absent à l’audience,
Le 28 Octobre 2025 à _____h_____
LE GREFFIER LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE
DECISION DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE
□ fait appel de la présente décision le 28 Octobre 2025 à _____h_____
□ fait appel suspensif de la présente décision le 28 Octobre 2025 à _____h_____
□ n’interjette pas appel de la présente décision le 28 Octobre 2025 à _____h_____
Le procureur de la République,
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