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Sur la décision
| Référence : | TJ Caen, jld, 12 févr. 2026, n° 26/00138 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00138 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 20 février 2026 |
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Texte intégral
Tribunal judiciaire de Caen
Ordonnance du 12 Février 2026
N° RG 26/00138 – N° Portalis DBW5-W-B7K-JTUD
N° Minute:
Isabelle ECALARD, magistrat du siège au tribunal judiciaire de CAEN,
Assisté(e) de Marie EVRARD, greffier
Siégeant dans la salle d’audience annexe du tribunal judiciaire de Caen, située dans l’enceinte de l’établissement public de santé mentale de Caen, en audience publique
***
Vu l’admission en soins psychiatriques de :
[I] [Z]
Né(e) le 20 août 1990 à [Localité 1]
Résidence habituelle : CP [Localité 2]-[Localité 3] – [Adresse 1] [Adresse 2]
Date de l’admission : 3 février 2026
Lieu de l’admission : EPSM [Localité 2]
[Adresse 3]
[Localité 4]
sous la forme d’une hospitalisation complète, sur décision du représentant de l’Etat dans le Calvados OU sur décision du maire de ? suivie d’un arrêté du représentant de l’Etat dans le Calvados.
Vu l’acte de saisine adressé par le préfet du Calvados, reçu au greffe du juge le 10 février 2026
Vu les convocations et avis d’audience donnés par notre greffe :
— à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Louis PARAIRE, avocat commis d’office,
— à M. le Préfet du Calvados,
— au directeur de l’établissement d’accueil,
— au procureur de la République de [Localité 2] ;
Vu les réquisitions écrites du procureur de la République de [Localité 2] ;
Après avoir entendu en ses observations l’avocat représentant la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,
En présence du représentant du directeur de l’établissement public de santé mentale de [Localité 2],
En l’absence du ministère public et du préfet du Calvados
En l’absence de [I] [Z], qui n’a pas souhaité être entendu par le juge,
ce dont il a été dressé procès-verbal à l’audience.
***
Motifs de la décision:
Selon l’article L. 3213-1 du code de la santé publique, le représentant de l’état dans le département prononce, par arrêté, au vu du certificat médical circonstancié ne pouvant émaner d’un psychiatre exerçant dans l’établissement d’accueil, l’admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public. Les arrêtés préfectoraux sont motivés et énoncent avec précision les circonstances qui ont rendu l’admission en soins nécessaires.
Selon l’article L. 3214-3 du code de la santé publique, une personne détenue atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement, sur décision du représentant de l’Etat dans le département, que si son état nécessite des soins immédiats assortis d’une surveillance constante en milieu hospitalier en raison de troubles mentaux rendant impossible son consentement et constituant un danger pour elle-même ou pour autrui.
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire. La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
En l’ espèce, par un arrêté préfectoral du 3 février 2026, Monsieur [Z] [I], détenu, a été admis en hospitalisation sous contrainte.
Les certificats de la période d’observation soulignent la persistance de troubles mentaux justifiant du maintien d’une hospitalisation sous contrainte
Dans son avis motivé du 9 février 2026 le docteur [O], psychiatre de l’établissement d’accueil affirme que ce patient detenu a été hospitalisé suite à une décompensation délirante. ll est suivi pour une schizophrénie. ll ne suit pas ou mal ses soins en détention et il est arrivé en rupture de traitement. Actuellement, il reste méfiant et peu accessible. Il a des bizarreries de contact et de comportement (il « serre les poings en permanence pour ne pas perdre ses enfants ››). Il a le regard fixe. On relève des troubles du cours de la pensée, des barrages, des attitudes d’écoute et des soliloquies. Il écrit des choses « sur ses bras pour ne pas oublier ››, mais refuse deles faire lire. Il s’alimente davantage. Son discours est délirant incohérent et désorganisé Il se présente comme le roi des enfers, le roi du paradis. … un magnétiseur.
Il ne critique aucunement ses propos. Il est envahi et n’est pas ancré dans la réalité
La mesure de soins sous contrainte reste indispensable pour la poursuite de ses soins
Il ressort de ce qui précède et des débats que la personne a bien été admise en soins psychiatriques en raison de troubles mentaux qui nécessitaient des soins et compromettait la sûreté des personnes (elle-même ou autrui) ou portaient atteinte, de façon grave, à l’ordre public et que cette hospitalisation ne porte pas atteinte de façon disproportionnée à ses droits.
Il ressort de l’ensemble de ces éléments que les conditions d’une hospitalisation complète dont fait l’objet [I] [Z] sont toujours réunies.
Aussi, l’hospitalisation complète de [I] [Z] sera maintenue.
Par ces motifs
Statuant publiquement, après débats en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
Vu les articles L. 3211-12-1 et L. 3213-1 et suivants du code de la santé publique,
Dit que les soins psychiatriques dont [I] [Z] fait l’objet peuvent se poursuivre sous la forme d’une hospitalisation complète.
Le greffier Le juge
La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de [Localité 2], ou son délégué, dans un délai de dix jours à compter de la date du jour de sa notification.
Cet appel n’est pas suspensif, sauf s’il est interjeté par le ministère public dans les conditions de l’article L. 3211-12-4 du code de la santé publique.
L’appel doit être formalisé par une déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d’appel de [Localité 2] ([Adresse 4] / Mail : [Courriel 1])
Copie de la présente ordonnance a été notifiée contre récépissé à [I] [Z] par l’intermédiaire du directeur du Centre d’accueil, le 12 [I] 2026
Le greffier
Reçu copie de la présente ordonnance le 12 Février 2026,
Reçu copie de la présente ordonnance le 12 Février 2026,
Le représentant du directeur de l’établissement public de santé mentale de [Localité 2],
Copie de la présente ordonnance a été notifiée au préfet du Calvados par mail avec accusé de réception le 12 Février 2026, Le greffier,
Copie de la présente ordonnance a été remise au procureur de la République le 12 Février 2026,
Le greffier,
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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