Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Dunkerque, réf., 28 oct. 2025, n° 25/00231 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00231 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | La Caisse Primaire d'Assurance Maladie des Flandres, S.A. ALLIANZ IARD immatriculée au RCS de [ Localité 11 ] sous le numéro |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 9]
— =-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
N° R.G : 25/00231 – N° Portalis DBZQ-W-B7J-F2F2
N° Minute : 25/00263
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 28 OCTOBRE 2025
DEMANDEUR
Monsieur [B] [C]
né le [Date naissance 3] 1945 à [Localité 8], demeurant [Adresse 4]
représenté par Me Aurore BONDUEL, avocat au barreau de LILLE
DEFENDERESSES
S.A. ALLIANZ IARD immatriculée au RCS de [Localité 11] sous le numéro 542 110 291, dont le siège social est sis [Adresse 1]
n’ayant pas constitué avocat
La Caisse Primaire d’Assurance Maladie des Flandres, dont le siège social est sis [Adresse 2]
n’ayant pas constitué avocat
PRÉSIDENT : Stéphanie CLAUSS
GREFFIER : Lucie DARQUES
DÉBATS : Audience publique en date du 02 Octobre 2025
ORDONNANCE réputée contradictoire rendue par mise à disposition au greffe le 28 Octobre 2025
EXPOSE DU LITIGE
Le 13 septembre 2024, monsieur [B] [C] a été victime d’un accident alors qu’il circulait à vélo électrique au niveau du [Adresse 5] à [Localité 7] (59), et a été percuté par un véhicule automobile conduit par madame [V] [R] et assuré auprès de la société ALLIANZ IARD.
Il a été transporté au service de déchocage chirurgical du Centre Hospitalier de [Localité 10] où plusieurs lésions ont été identifiées et notamment un hématome cérébral, une hémorragie cérébrale, une hémiplégie droite, et une fracture ouverte du pouce droit. Monsieur [B] [C] a subi le 13 septembre 2024 une opération chirurgicale de pose de 2 broches d’arthrorise au niveau de l’articulation du pouce, avant d’être transféré au service de neurologie où il est resté hospitalisé jusqu’au 3 octobre 2024, puis a été de nouveau transféré vers le service Rééducation de Clair Séjour à [Localité 7] où il demeure hospitalisé.
Par acte de commissaire de justice signifié le 9 septembre et le 28 août 2025, monsieur [B] [C] a fait assigner la société ALLIANZ IARD et la CPAM des FLANDRES, devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Dunkerque à l’audience du 2 octobre 2025 afin d’obtenir, sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile, la désignation d’un expert médical aux fins de recueillir tous les éléments permettant de déterminer les préjudices consécutifs à l’accident du 13 septembre 2024, et la condamnation de la société ALLIANZ IARD à lui payer la somme de 20.000,00 euros à titre de provision à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices, la somme de 2.000,00 à titre de provision ad litem, et la somme de 1.500,00 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. Monsieur [B] [C] sollicite également la condamnation de la société ALLIANZ IARD aux entiers dépens en ce compris les frais de l’expertise judiciaire à venir.
A l’audience, monsieur [B] [C], représenté par son conseil, réitère les prétentions formulées à l’acte introductif d’instance.
En défense, la société ALLIANZ IARD, assigné à personne morale, n’a pas constitué avocat dans le cadre de la présente procédure relevant de la représentation obligatoire.
La CPAM des FLANDRES, assignée à personne morale, n’a pas constitué avocat dans le cadre de la présente procédure relevant de la représentation obligatoire. Elle a toutefois par courrier de la CPAM du HAINAUT adressé au tribunal le 16 septembre 2025 indiqué qu’elle n’entendait pas intervenir à l’instance, et a communiqué le montant provisoire de ses débours s’élevant à la somme de 41.478,97 euros.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 28 octobre 2025, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la demande d’expertise médicale
L’article 145 du code de procédure civile dispose que s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution du litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, notamment en référé.
S’agissant d’une demande d’expertise médicale, qui doit permettre au juge éventuellement saisi au fond de se prononcer sur la réalité de dommages allégués et en évaluer l’indemnisation, il n’est nullement exigé que le principe de la responsabilité des parties concernées soit préalablement acquis.
En l’espèce, il ressort des pièces médicales produites et notamment du courrier établi par le pôle neurosciences et de l’appareil locomoteur du Centre Hospitalier de [Localité 10] le 3 octobre 2024, que monsieur [B] [C] a souffert, ensuite de l’accident du 13 septembre 2024, notamment des lésions suivantes:
— perte de connaissance d’environ 2 minutes,
— hémiplégie droite prédominante aux membres supérieurs,
— hématome intraparenchymateux,
— oedème périlésionnel modéré,
— hémorragie sous arachnoïdienne diffuse,
— fracture peu déplacée du bord supérieur du processus transverse de C6,
— fracture peu déplacée de l’extrémité latérale de clavicule gauche,
— luxation ouverte de l’interphalangienne du pouce droit.
Ces éléments suffisent à établir l’existence d’un intérêt légitime pour le demandeur à obtenir la mesure d’expertise médicale qu’il sollicite, au contradictoire de la société ALLIANZ IARD. Cette mesure sera ordonnée dans les termes du dispositif de la présente ordonnance, auc frais avancés du demandeur qui a intérêt à la mesure.
Sur la demande de provision
En application de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, le juge des référés peut prononcer une condamnation à titre de provision lorsque l’obligation invoquée n’est pas sérieusement contestable ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
S’il appartient au demandeur d’établir l’existence de la créance qu’il invoque, c’est au défendeur de prouver que cette créance est sérieusement contestable.
L’appréciation du caractère sérieusement contestable porte à la fois sur le principe et le montant de la provision sollicitée.
Il est constant qu’un vélo à assistance électrique dit “VAE” n’est pas considéré au sens de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l’amélioration de la situation des victimes d’accidents de la circulation et à l’accélération des procédures d’indemnisation, comme un véhicule terrestre à moteur, dès lors qu’il n’est pas actionné exclusivement par une force mécanique (CJUE 12 oct. 2023, KBC Verzekeringen NV c/ P&V Verzekeringen CVBA, aff. C-286/22). Ce type de vélo n’est donc pas exclu du champ d’application des dispositions prévues par la loi du 5 juillet 1985.
En l’espèce, il résulte des pièces versées aux débats que le demandeur circulait au moment de l’accident sur un vélo de marque LAPIERRE OVERVOLT TREKKING 800 acquis en seconde main de monsieur [L] selon facture du 27 avril 2016, ce qu’aucune des parties ni aucun des éléments versés aux débats ne contredit.
Il résulte également des caractéristiques de ce vélo accessibles en ligne et produites par le demandeur dans le cadre de la présente instance, que celui-ci relève de la catégorie de vélo à assistance technique dit “VAE”, ne peut dépasser une vitesse maximale de “25 km/h”, et que son moteur ne s’active que par un pédalage humain, la fiche technique du vélo précisant à ce titre “Position moteur : pédalier”.
Partant, le principe de l’obligation de payer incombant à la société ALLIANZ IARD n’est pas sérieusement contestable à ce stade de la procédure dès lors que l’implication du véhicule assuré auprès de cette société dans l’accident survenu le 13 septembre 2024 au préjudice de monsieur [B] [C] n’est pas contesté.
Il convient également de rappeler qu’il n’appartient pas au juge des référés, juge de référence, de se prononcer sur le pourcentage exact de responsabilité imputable à chaque partie et sur l’existence d’une faute de la victime, telles appréciations relevant de la compétence exclusive du juge du fond.
Compte-tenu des éléments médicaux précédemment mentionnés ainsi que du courrier rédigé par le docteur [G] [F] et le docteur [H] [K] le 4 février 2025 soulignant que c’est 5 mois après l’accident qu’un début “de marche à l’aide d’une canne tripode sur 40m” a pu être entamée par le demandeur qui était au jour de l’examen toujours hospitalisé, il convient d’allouer à monsieur [B] [C] une somme provisionnelle de 10.000,00 euros à valoir sur les préjudices subis, somme qui n’est pas de nature à excéder le montant total des préjudices susceptibles d’être liquidés.
La société ALLIANZ IARD sera donc condamnée à lui payer cette somme à titre de provision.
Sur la demande de provision ad litem
Aucune disposition ne limite ou n’exclut le pouvoir du juge des référés d’allouer une provision pour le procès sur le fondement de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile précédemment cité, dès lors que l’obligation n’est pas sérieusement contestable. En outre, l’allocation d’une provision ad litem n’est pas subordonnée à la preuve de l’impécuniosité de la partie qui en sollicite l’attribution.
En l’espèce, dès lors que le principe d’obligation à garantie des conséquences dommageables de l’accident subi par le demandeur incombant à la société ALLIANZ IARD n’est pas sérieusement contestable pour les raisons exposées ci-dessus,la prise en charge financière des démarches judiciaires du demandeur, destinées à voir son préjudice évalué par un expert judiciairement, apparaît légitime.
Compte tenu de la possibilité pour le demandeur d’être assisté notamment par un conseil au cours des opérations d’expertise à venir, le montant non sérieusement contestable de la provision ad litem dont il doit bénéficier sera fixé à 2.000,00 euros, et la société ALLIANZ IARD condamnée à son paiement.
Sur les autres demandes
La présente ordonnance sera déclarée commune à la CPAM des FLANDRES.
En application de l’article 491 alinéa 2 du code de procédure civile, le juge des référés statue sur les dépens.
La présente ordonnance mettant fin à l’instance et dessaisissant la juridiction, il convient de statuer sur les dépens dans les conditions fixées au dispositif. La charge des dépens est cependant susceptible d’être ultérieurement modifiée, dans le cadre d’une éventuelle instance au fond qu’une des parties diligenterait sur la base des conclusions expertales.
La société ALLIANZ IARD succombant principalement à l’instance, il y a lieu, à titre provisionnel, de mettre à sa charge les dépens, à l’exclusion toutefois des dépens afférents à l’expertise, ordonnée à la demande de monsieur [B] [C], et dans son intérêt exclusif.
A titre provisionnel, il convient donc de condamner monsieur [B] [C] aux dépens afférents à la rémunération du technicien, et de condamner la société ALLIANZ IARD au surplus des dépens.
Aucune considération tirée de l’équité ne commande par ailleurs de faire application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile dans le cadre de la présente procédure de référé-expertise, de sorte que monsieur [B] [C] sera débouté de sa demande d’indemnité présentée sur ce fondement.
PAR CES MOTIFS
Nous, Stéphanie Clauss, président du tribunal judiciaire, juge des référés, statuant publiquement, par décision réputée contradictoire, en premier ressort et par mise à disposition au greffe en application des dispositions de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile:
Au principal renvoyons les parties à se pourvoir comme elles aviseront,
Mais dès à présent :
Ordonnons une expertise médicale concernant monsieur [B] [C];
Commettons à cet effet le docteur [U] [Y] (CH DE BOULOGNE UNITE MEDICO JUDICIAIRE, [Localité 6] – Tél. 0321993346 – Mél. [Courriel 12]), expert inscrit près la cour d’appel de Douai, aux fins de procéder comme suit :
Sur la mission d’expertise
1. Convoquer les parties et leurs conseils en les informant de leur droit de se faire assister par un médecin conseil de leur choix ;
2. Se faire communiquer par la victime, son représentant légal ou tout tiers détenteur, tous documents médicaux relatifs à l’accident du 13 septembre 2024, en particulier le certificat médical initial et le relevé des débours de la MSA/CPAM ou autres tiers payeurs ; les examiner; indiquer si les frais inclus dans le relevé de débours sont bien en relation directe, certaine et exclusive avec les interventions et soins en cause ; répondre aux observations des parties ;
Analyse médico-légale
3. Fournir le maximum de renseignements sur l’identité de la victime, ses conditions d’activités professionnelles, son niveau scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut exact et/ou sa formation s’il s’agit d’un demandeur d’emploi ;
4. À partir des déclarations de la victime imputable au fait dommageable et des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales, les modalités du traitement, en précisant autant que possible les durées exactes d’hospitalisation et de rééducation et, pour chaque période d’hospitalisation ou de rééducation, la nature et le nom de l’établissement, le ou les services concernés et la nature des soins ;
5. Indiquer la nature de tous les soins et traitements prescrits imputables à l’accident et, si possible, la date de la fin de ceux-ci ;
6. Retranscrire dans son intégralité le certificat médical initial et, si nécessaire, reproduire totalement ou partiellement les différents documents médicaux permettant de connaître les lésions initiales et les principales étapes de l’évolution ;
7. Prendre connaissance et interpréter les examens complémentaires produits ;
8. Recueillir les doléances de la victime en l’interrogeant sur les conditions d’apparition, l’importance des douleurs et de la gêne fonctionnelle et leurs conséquences ;
9. Décrire un éventuel état antérieur en interrogeant la victime et en citant les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles. Dans cette hypothèse :
— au cas où il aurait entraîné un déficit fonctionnel antérieur, fixer la part imputable à l’état antérieur et la part imputable au fait dommageable ;
— au cas où il n’y aurait pas de déficit fonctionnel antérieur, dire si le traumatisme a été la cause déclenchante du déficit fonctionnel actuel ou si celui-ci se serait de toute façon manifesté spontanément dans l’avenir ;
10. Procéder à un examen clinique détaillé (y compris taille et poids) en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime, en assurant la protection de son intimité, et informer ensuite contradictoirement les parties et leurs conseils de façon circonstanciée de ses constatations et de leurs conséquences ;
11. Analyser dans une discussion précise et synthétique l’imputabilité entre l’accident, les lésions
initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur :
— la réalité des lésions initiales,
— la réalité de l’état séquellaire en décrivant les actes, gestes et mouvements rendus difficiles ou impossibles en raison de l’accident,
— l’imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales,
— et en précisant l’incidence éventuelle d’un état antérieur ;
Évaluation médico-légale
12. Déterminer la durée du déficit fonctionnel temporaire, période pendant laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine et directe avec l’accident, la victime a dû interrompre totalement ses activités scolaires ou professionnelles, ou ses activités habituelles ; Si l’incapacité fonctionnelle n’a été que partielle, en préciser le taux ; Préciser la durée des arrêts de travail au regard des organismes sociaux ; si cette durée est supérieure à l’incapacité temporaire retenue, dire si ces arrêts sont liés au fait dommageable ;
13. Frais divers : Dire si du fait de son incapacité provisoire, la victime directe a été amenée à exposer des frais divers destinés à compenser des activités non professionnelles particulières durant sa maladie traumatique (notamment garde d’enfants, soins ménagers, frais d’adaptation temporaire d’un véhicule ou d’un logement, assistance temporaire d’une tierce personne pour les besoins de la vie courante – dans ce dernier cas, la décrire, et émettre un avis motivé sur sa nécessité et ses modalités, ainsi que sur les conditions de la reprise d’autonomie);
14. Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales endurées pendant la maladie traumatique (avant consolidation) du fait des blessures subies. Les évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés ;
15. Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique temporaire (avant consolidation). Le décrire précisément et l’évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés;
16. Décrire, en cas de difficultés éprouvées par la victime, les conditions de reprise de l’autonomie et, lorsque la nécessité d’une aide temporaire avant consolidation est alléguée, indiquer si l’assistance d’une tierce personne constante ou occasionnelle a été nécessaire, en décrivant avec précision les besoins (niveau de compétence technique, durée d’intervention quotidienne) ;
17. Fixer la date de consolidation, qui est le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu’un traitement n’est plus nécessaire, si ce n’est pour éviter une aggravation ; si la date de consolidation ne peut pas être fixée, l’expert établira un pré-rapport décrivant l’état provisoire de la victime et indiquera dans quel délai celle-ci devra être réexaminée;
18. Chiffrer, par référence au “Barème indicatif des déficits fonctionnels séquellaires en droit commun” le taux éventuel de déficit fonctionnel permanent (état antérieur inclus) imputable à l’accident, résultant de l’atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions persistant au moment de la consolidation, le taux de déficit fonctionnel devant prendre en compte, non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques de la victime mais aussi les douleurs physiques et morales permanentes qu’elle ressent, la perte de qualité de vie et les troubles dans les conditions d’existence qu’elle rencontre au quotidien après consolidation ; dans l’hypothèse d’un état antérieur, préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur celui-ci et décrire les conséquences de cette situation ;
19. Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique permanent; le décrire précisément et l’évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés, indépendamment de l’éventuelle atteinte fonctionnelle prise en compte au titre du déficit;
20. Si la victime allègue un préjudice d’agrément, à savoir l’impossibilité de se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir, ou une limitation de la pratique de ces activités, donner un avis médical sur cette impossibilité ou cette limitation et son caractère définitif, sans prendre position sur l’existence ou non d’un préjudice afférent à cette allégation ;
21. Dire s’il existe un préjudice sexuel ; le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparément ou cumulativement, partiellement ou totalement : la morphologie, l’acte sexuel (libido, impuissance ou frigidité) et la fertilité (fonction de reproduction);
22. Si la victime allègue une répercussion dans l’exercice de ses activités scolaires ou professionnelles, recueillir les doléances, les analyser, les confronter avec les séquelles retenues, en précisant les gestes professionnels rendus plus difficiles ou impossibles ; dire si un changement de poste ou d’emploi apparaît lié aux séquelles ;
23. Perte d’autonomie après consolidation : indiquer, le cas échéant :
— si l’assistance d’une tierce personne constante ou occasionnelle est nécessaire, en décrivant avec précision les besoins (niveau de compétence technique, durée d’intervention quotidienne);
— si des appareillages, des fournitures complémentaires et si des soins postérieurs à la consolidation sont à prévoir ; préciser la périodicité du renouvellement des appareils, des fournitures et des soins ;
— donner le cas échéant un avis sur les aménagements du logement, du véhicule, et plus généralement sur l’aptitude de la victime à mener un projet de vie autonome ;
24. Dire si la victime présente un préjudice d’établissement (perte de chance de réaliser un projet de vie familiale normale en raison de la gravité du handicap permanent) et le quantifier en indiquant des données circonstanciées ;
25. Établir un récapitulatif de l’évaluation de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
Sur les modalités d’accomplissement de l’expertise
Faisons injonction aux parties de communiquer aux autres parties les documents de toute nature qu’elles adresseront à l’expert pour établir le bien fondé de leurs prétentions;
Disons que l’expert pourra se faire communiquer tant par les médecins que par les caisses de sécurité sociale et par les établissements hospitaliers concernés, tous les documents médicaux qu’il jugerait utiles aux opérations d’expertise ;
Disons que l’expert ne communiquera directement aux parties les documents médicaux ainsi obtenus directement de tiers concernant la victime qu’avec son accord ; qu’à défaut d’accord de celle-ci, ces éléments seront portés à la connaissance des parties par l’intermédiaire du médecin qu’elles auront désigné à cet effet ;
Disons que l’expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 232 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations;
Disons que l’expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l’expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées dans l’accomplissement de sa mission ;
Rappelons notamment qu’en cas de dépassement du délai imparti, l’expert désigné devra en solliciter la prorogation par requête auprès du juge chargé de la surveillance des opérations d’expertise ;
Disons que l’expert devra solliciter l’autorisation préalable du juge chargé du contrôle des expertises de ce tribunal pour s’adjoindre les services d’un sapiteur d’une spécialité différente et justifier du coût prévisionnel d’une telle adjonction, ainsi qu’informer les parties de cette circonstance ;
Disons que l’expert devra adresser aux parties un document de synthèse, ou pré-rapport dans un délai de SIX MOIS à compter de la présente décision :
— fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse, lesquelles disposeront d’un délai de 4 à 5 semaines à compter de la transmission du rapport ;
— rappelant aux parties, au visa de l’article 276 alinéa 2 du code de procédure civile, qu’il n’est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au-delà du terme qu’il fixe ;
Disons que l’expert répondra de manière précise et circonstanciée à ces dernières observations ou réclamations qui devront être annexées au rapport définitif dans lequel devront figurer impérativement :
— la liste exhaustive des pièces par lui consultées ;
— le nom des personnes convoquées aux opérations d’expertise en précisant pour chacune d’elle la date d’envoi de la convocation la concernant et la forme de cette convocation ;
— le nom des personnes présentes à chacune des réunions d’expertise ;
— la date de chacune des réunions tenues ;
— les déclarations des tiers entendus par lui, en mentionnant leur identité complète, leur qualité et leurs liens éventuels avec les parties ;
— le cas échéant, l’identité du technicien dont il s’est adjoint le concours, ainsi que le document qu’il aura établi de ses constatations et avis (lequel devra également être joint à la note de synthèse ou au projet de rapport) ;
Disons que l’expert devra déposer au greffe du tribunal son rapport définitif, comportant notamment la prise en compte des observations formulées par les parties (accompagné des documents annexés ayant servi à son établissement, ceux qui le complètent ou contribuent à sa compréhension et restituera les autres contre récépissé aux personnes les ayant fournis), dans le délai de rigueur de HUIT MOIS à compter de la présente décision (sauf prorogation dûment autorisée) et en adressera une copie aux conseils des parties ;
Disons que le dépôt du rapport sera accompagné de la demande de rémunération de l’expert, dont ce dernier aura adressé un exemplaire aux parties par tout moyen permettant d’en établir la réception ; que la demande de rémunération mentionnera la date d’envoi aux parties de cette copie ;
Rappelons que les parties disposeront d’un délai de 15 jours à compter de cette réception pour formuler toutes observations écrites auprès du magistrat chargé du contrôle des expertises et de l’expert, aux fins de taxation des honoraires sollicités ;
Disons que monsieur [B] [C] devra consigner la somme de 1.000,00 euros (MILLE EUROS) à valoir sur la rémunération de l’expert auprès du régisseur d’avances et de recettes du tribunal judiciaire de Dunkerque, dans un délai de QUARANTE CINQ JOURS à compter de la présente décision, étant précisé que :
— la charge définitive de la rémunération de l’expert incombera, sauf transaction, à la partie qui sera condamnée aux dépens,
— à défaut de consignation dans le délai imparti, la désignation de l’Expert sera caduque, (sauf décision contraire du Juge en cas de motif légitime)
— chaque partie est autorisée à procéder à la consignation de la somme mise à la charge de l’autre en cas de carence ou de refus ;
Commettons le magistrat chargé du contrôle des expertises de ce tribunal ou, à défaut, son suppléant pour surveiller l’exécution de la mesure ordonnée ;
Disons que l’expert fera connaître sans délai son acceptation, et qu’en cas d’empêchement ou de refus de l’expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance rendue sur simple requête par le magistrat chargé du contrôle des expertises du présent tribunal ;
Disons que l’expert commencera ses opérations dès qu’il sera averti par le greffe que les parties ont consigné la provision mise à leur charge ou le montant de la première échéance ;
Disons qu’à l’issue de la première réunion d’expertise, l’expert adressera un état prévisionnel détaillé de ses frais et honoraires, et, en cas d’insuffisance manifeste de la provision allouée demandera, le cas échéant, la consignation d’une provision supplémentaire ;
Condamnons à titre provisionnel la société ALLIANZ IARD à payer à monsieur [B] [C] une somme de 10.000,00 euros à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices ;
Condamnons à titre provisionnel la société ALLIANZ IARD à payer à monsieur [B] [C] une somme de 2.000,00 euros à titre de provision ad litem ;
Déboutons monsieur [B] [C] de sa demande d’indemnité présentée sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamnons, à titre provisionnel, monsieur [B] [C] aux dépens afférents à la rémunération du technicien, et la société ALLIANZ IARD au surplus des dépens ;
Déclarons la présente décision commune à la CPAM des FLANDRES ;
Rappelons que la présente décision est exécutoire par provision ;
Ainsi jugé et prononcé au tribunal judiciaire de Dunkerque le 28 octobre 2025, par ordonnance mise à disposition au greffe en application de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile, la minute étant signée par :
LE GREFFIER LE PRESIDENT
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Divorce ·
- Mariage ·
- Contribution ·
- Date ·
- Parents ·
- Carolines ·
- Enfant ·
- Tribunal judiciaire ·
- Pensions alimentaires ·
- Conjoint
- Ouvrage ·
- Assurances ·
- Réception tacite ·
- Relever ·
- Réserve ·
- Titre ·
- Condamnation ·
- Débouter ·
- Électronique ·
- Subsidiaire
- Prolongation ·
- Séjour des étrangers ·
- Droit d'asile ·
- Décision d’éloignement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Détention ·
- Menaces ·
- Liberté ·
- Consulat ·
- Ordre public
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Représentation des intérêts des salariés ·
- Cadastre ·
- Tribunal judiciaire ·
- Parcelle ·
- Expertise ·
- Consignation ·
- Adresses ·
- Commissaire de justice ·
- Propriété ·
- Référé ·
- Acte notarie
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Partie ·
- Mesure d'instruction ·
- Mission ·
- Épouse ·
- Adresses ·
- Réserver ·
- Référé ·
- Litige
- Sursis à statuer ·
- Mise en état ·
- Assemblée générale ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Demande ·
- Adresses ·
- Commissaire de justice ·
- Appel ·
- Procédure ·
- État
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Syndicat de copropriétaires ·
- Assemblée générale ·
- Ordre du jour ·
- Sociétés ·
- Adresses ·
- Copropriété ·
- Tribunal judiciaire ·
- Administrateur provisoire ·
- Immeuble ·
- Administrateur
- Désistement d'instance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Siège social ·
- Adresses ·
- Copie ·
- Assesseur ·
- Protection ·
- Avocat ·
- Audience ·
- Huissier
- Consommation ·
- Épouse ·
- Intérêt ·
- Nullité du contrat ·
- Crédit ·
- Ordre public ·
- Prêt ·
- Déchéance du terme ·
- Application ·
- Décision de justice
Sur les mêmes thèmes • 3
- Hospitalisation ·
- Centre hospitalier ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Contrainte ·
- République ·
- Appel ·
- Avis motivé ·
- Discours ·
- Pièces
- Syndicat de copropriétaires ·
- Ensemble immobilier ·
- Adresses ·
- Titre ·
- Charges de copropriété ·
- Tribunal judiciaire ·
- Charges ·
- Lot ·
- Recouvrement ·
- Assemblée générale
- Injonction de payer ·
- Finances ·
- Déchéance du terme ·
- Opposition ·
- Mise en demeure ·
- Prêt ·
- Consommation ·
- Contrat de crédit ·
- Terme ·
- Tribunal judiciaire
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.