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Sur la décision
| Référence : | TJ Grenoble, ch. 10 réf., 16 avr. 2026, n° 26/00224 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00224 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 avril 2026 |
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Texte intégral
REFERES
JUGEMENT N°
DOSSIER :N° RG 26/00224 – N° Portalis DBYH-W-B7K-M225
AFFAIRE : Syndicat des copropriétaires GARAGE MANGIN [Adresse 1] C/ [Z]
Le : 16 Avril 2026
Copie exécutoire
et copie à :
la SELARL FESSLER & ASSOCIES
Copie à :
Monsieur [M] [Z]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRENOBLE
JUGEMENT RENDU SELON LA PROCÉDURE ACCELÉRÉE AU FOND LE 16 AVRIL 2026
Par Alyette FOUCHARD, première vice-présidente du Tribunal judiciaire de GRENOBLE, assistée de Carole SEIGLE-BUYAT, cadre greffier ;
ENTRE :
DEMANDEUR
Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier GARAGE MANGIN MESSINAT sis [Adresse 2] représenté par son syndic en exercice, la société FONCIA ALPES DAUPHINE dont le siège social est [Adresse 3], prise en la personne de son représentant légal en exercice, domicilié en cette qualité audit siège,
représentée par Maître Géraldine CAVAILLES de la SELARL FESSLER & ASSOCIES, avocats au barreau de GRENOBLE
D’UNE PART
ET :
DEFENDEUR
Monsieur [M] [Z]
né le 26 Décembre 1964 à [Localité 1] (HAUTS-DE-SEINE), demeurant [Adresse 4]
non comparant, non représenté
D’AUTRE PART
Vu l’assignation en date du 23 Janvier 2026 pour l’audience des référés du 05 Mars 2026 ;
A l’audience publique du 05 Mars 2026 tenue par Alyette FOUCHARD, première vice-présidente assistée de Elodie FRANZIN, Greffier après avoir entendu les avocats en leurs plaidoiries, l’affaire a été mise en délibéré et le prononcé de la décision renvoyé au 16 Avril 2026, date à laquelle Nous, Alyette FOUCHARD, première vice-présidente, avons rendu par mise à disposition au Greffe le jugement dont la teneur suit :
EXPOSÉ DU LITIGE
Monsieur [M] [Z] est propriétaire au sein de la copropriété de l’immeuble GARAGE MANGIN MESSINAT situé [Adresse 5].
Par courrier recommandé du 10 février 2025, délivré le 15 février 2025, le syndicat des copropriétaires l’a mis en demeure d’acquitter la somme de 113,45 euros au titre d’un arriéré de charges.
Une nouvelle mise en demeure lui a été adressée le 25 novembre 2025 pour le paiement de la somme de 535,31 euros.
Ces mises en demeure l’informaient qu’en vertu de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, les provisions non encore échuesdeviendraient immédiatement exigibles à l’issue du délai de trente jours.
En l’absence de régularisation, par acte délivré le 13 février 2026, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble GARAGE MANGIN MESSINAT représenté par son syndic en exercice, la société FONCIA ALPES DAUPHINE a fait assigner Monsieur [M] [Z] devant le président du tribunal judiciaire de Grenoble, statuant en procédure accélérée au fond, en paiement de la somme de :
— 1 109,83 euros représentant l’arriéré de charges et les provisions échues et devenues exigibles, avec intérêts au taux légal à compter du 10 février 2025,
— 800 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile outre les dépens,
— le tout avec capitalisation des intérêts.
Assigné par acte déposé à l’étude du commissaire de justice, Monsieur [M] [Z], qui a bénéficié d’un délai suffisant, n’a pas comparu.
Il sera donc statué par jugement rendu par défaut conformément aux dispositions de l’article 473 du code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées. Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionnée à l’article 14-2 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L’obligation à la dette existe, dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic et qu’aucun recours n’a été formé dans le délai légal, mentionné à l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
Selon les trois premiers alinéas de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, " à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 ".
Il appartient au juge chargé d’appliquer l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 de constater le vote du budget prévisionnel par l’assemblée générale de la copropriété ainsi que la déchéance du terme, avant de condamner le copropriétaire défaillant au versement des provisions prévues à l’article 14-1 et devenues exigibles.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires produit aux débats :
— Le relevé de propriété de Monsieur [M] [Z] établissant qu’il est propriétaire du lot 426 de l’immeuble,
— Le procès-verbal de l’assemblée générale du 26 juin 2024 comportant approbation des comptes pour l’exercice clos au 30 septembre 2023 et vote du budget prévisionnel pour l’exercice du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025,
— Le procès-verbal de l’assemblée générale du 29 octobre 2025 comportant approbation des comptes pour l’exercice clos au 30 septembre 2024 et vote du budget prévisionnel pour l’exercice du 1er octobre 2025 au 30 septembre 2026,
— Les mises en demeure du 10 février 2025 et du 25 novembre 2025 ainsi que la relance du 28 février 2025,
— Le contrat de syndic en vigueur du 3 décembre 2025 au 31 mars 2027
— Un extrait de compte arrêté au 1er juin 2026.
Les comptes ayant été approuvés pour les exercices clos au 30 septembre 2024 et les budgets prévisionnels ayant été adoptés pour les exercices du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2026, la demande du syndicat des copropriétaires concernant le paiement de l’arriéré de charges sera accueillie dans son principe.
L’article 10-1, a), de la loi du 10 juillet 1965 dispose que, par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des commissaires de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.
Il appartient au syndicat de justifier des frais qu’il entend voir imputer au copropriétaire défaillant, ainsi que de leur caractère nécessaire.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires justifie de l’envoi de la mise en demeure du 10 février 2025 mais ne justifie pas du coût qui y est associé de 54 euros en l’absence de production du contrat de syndic alors en vigueur.
Les relances après mises en demeure et les frais de nouvelle mise en demeure seront écartés comme non nécessaires.
Ensuite, à défaut de justifier de diligences exceptionnelles, les frais de 398,51 euros seront décomptés. Les frais de recours à la procédure simplifiée seront aussi écartés à défaut d’être prévus au contrat de syndic.
En ce qui concerne les intérêts de retard, ceux-ci seront calculés à partir de la mise en demeure
Monsieur [M] [Z] sera donc condamné à verser au syndicat de copropriétairesau titre des frais déjà exposés la somme de 43,50 euros correspondant aux frais de commissaire de justice pour la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances.
Dans ces conditions, Monsieur [M] [Z] sera condamné au paiement de la somme de 248,08 euros au titre de l’arriéré des charges échues au 1er janvier 2026, et de 117,34 euros au titre des provisions devenues exigibles (exercice 2026), soit un total de 365,42euros, avec intérêts au taux légal à compter du 15 février 2025 pour la somme de 113,45 euros et à compter du 13 février 2026 pour le surplus avec capitalisation des intérêts par année entière.
Monsieur [M] [Z], qui perd le procès, supportera solidairement les dépens, avec application des dispositions de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.
Enfin, il serait inéquitable de laisser à la charge du syndicat des copropriétaires les sommes non comprises dans les dépens qu’il a exposées dans le cadre de la présente instance. Il convient donc de condamner Monsieur [M] [Z] à lui verser la somme de 150 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
La présidente, statuant publiquement, en procédure accélérée au fond par mise à disposition au greffe en application des articles 450 à 453 du code de procédure civile, les parties préalablement avisées, par jugement par défaut et en dernier ressort,
Condamne Monsieur [M] [Z] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble GARAGE MANGIN MESSINAT représenté par son syndic en exercice, la société FONCIA ALPES DAUPHINE , les sommes de :
— 365,42 euros au titre de l’arriéré des charges et des provisions devenues exigibles avec intérêts au taux légal à compter du 15 février 2025 pour la somme de 113,45 euros et à compter du 13 février 2026 pour le surplus ;
— 43,50 euros au titre des frais nécessaires déjà exposés en application des dispositions de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,
Ordonne la capitalisation des intérêts par année entière à compter du13 février 2026 ;
Condamne Monsieur [M] [Z] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble GARAGE MANGIN MESSINAT représenté par son syndic en exercice, la société FONCIA ALPES DAUPHINE, la somme de 150 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamne Monsieur [M] [Z] aux dépens avec application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 ;
Rappelle que l’exécution provisoire est de droit.
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Carole SEIGLE-BUYAT Alyette FOUCHARD
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