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Sur la décision
| Référence : | TJ Montpellier, surendettement, 23 avr. 2025, n° 24/00333 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/00333 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 29 avril 2025 |
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Texte intégral
N°Minute:25/120
N° RG 24/00333 – N° Portalis DBYB-W-B7I-PLXJ
LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER
[Adresse 23]
JUGEMENT DU 23 Avril 2025
DEMANDEUR:
Madame [N] [R] épouse [J], demeurant [Adresse 1]
non comparante, ni représentée
DEFENDEUR:
Madame [L] [Z] épouse [V], demeurant [Adresse 9]
(bénéficie d’une aide juridictionnelle Totale numéro [Numéro identifiant 2] du 25/02/2025 accordée par le bureau d’aide juridictionnelle de [Localité 18])
représentée par Maître Fanny GRAUBNER de la SELARL BCA – AVOCATS ET ASSOCIES, avocats au barreau de MONTPELLIER
— MY MONEY BANK, dont le siège social est sis [Adresse 20]
non comparante, ni représentée
— [14], dont le siège social est sis [Adresse 4]
non comparante, ni représentée
[24], dont le siège social est sis [Adresse 3]
non comparante, ni représentée
— [6], dont le siège social est sis Chez cabinet ACTIUM SARL – [Adresse 17]
non comparante, ni représentée
— [12], dont le siège social est sis [Adresse 5]
non comparante, ni représentée
— [26], dont le siège social est sis [Adresse 13]
non comparante, ni représentée
— [15], dont le siège social est sis [Adresse 22]
non comparante, ni représentée
— LA [8], dont le siège social est sis [Adresse 21]
non comparante, ni représentée
— [25], dont le siège social est sis [Adresse 16]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL:
Président : Aline LABROUSSE, Magistrat à Titre Temporaire, statuant en qualité de juge des contentieux de la protection au Tribunal Judiciaire de Montpellier
Greffier : Cécile PAILLOLE
DEBATS:
Audience publique du : 10 Mars 2025
Affaire mise en deliberé au 23 Avril 2025
JUGEMENT :
Rendu par mise à disposition de la décision au greffe le 23 Avril 2025 par Aline LABROUSSE assistée de Cécile PAILLOLE, greffier
Copie certifiée delivrée en LRAR aux parties
Copie délivrée en LS à la [7]
Le 23 Avril 2025
EXPOSÉ DU LITIGE
Le 13 mars 2023, Madame [L] [Z] a déposé un dossier auprès de la [11].
Le 31 mai 2023, la [10] a constaté la situation de surendettement de Madame [L] [Z] et a prononcé la recevabilité de son dossier au bénéfice de la procédure.
Le 13 novembre 2024, la [10] a préconisé la suspension d’exigibilité pour une durée de 24 mois sans taux d’intérêt dans l’attente de la fin de la procédure de divorce de la débitrice et de la liquidation de la communauté avec son mari.
Madame [N] [R] épouse [J] a accusé réception de la lettre d’envoi des mesures imposées par la commission au profit de Madame [L] [Z] le 21 novembre 2024 et les a contestées par lettre recommandé envoyé à la commission de surendettement le 11 décembre 2024, affirmant que sa situation personnelle est difficile au vu de son âge et de ses faibles revenus de retraite et a sollicité un échéancier rapide.
La commission de surendettement du Nord a transmis le dossier au tribunal judiciaire de Montpellier Site Méditerranée le 13 décembre 2024, reçu au greffe le 20 décembre 2024.
Bien que régulièrement convoqués par le greffe du Tribunal à l’audience du 10 mars 2025, tous les créanciers inscrits à la procédure n’ont pas comparu ni personne en leurs noms, ni fait part d’observations à l’exception toutefois de [19] qui, par courrier du 04 février 2025 a communiqué le montant de sa créance et acquiescé le moratoire de 24 mois.
Par courrier du 30 janvier 2025, Madame [N] [R] épouse [J] a confirmé sa contestation et a justifié de son absence à l’audience pour raison médicale.
A l’audience du 10 mars 2025,
Madame [L] [Z] représentée par son conseil a déposé ses pièces et conclusions.
Elle a expliqué être toujours hébergée à titre gratuit dans l’attente d’un logement social, bénéficiaire du RSA et son divorce est toujours en instance.
L’affaire a été mise en délibéré au 23 avril 2025, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS
Aux termes de l’article L.711-1 du Code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir. Le seul fait d’être propriétaire de sa résidence principale dont la valeur estimée à la date du dépôt du dossier de surendettement est égale ou supérieure au montant de l’ensemble des dettes professionnelles et non professionnelles exigibles et à échoir ne fait pas obstacle à la caractérisation de la situation de surendettement. L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement.
Sur la recevabilité de la demande :
Aux termes de l’article L.733-10 du Code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans un délai fixé par décret, les mesures imposées par la commission en application des dispositions de l’article L. 733-1,L. 733-4 ou de l’article L. 733-7.
L’article R.733-6 du même Code indique que la commission notifie, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, au débiteur et aux créanciers les mesures qu’elle entend imposer en application des dispositions de l’article L. 733-1 ou qu’elle recommande en application des dispositions des articles L. 733-1, L. 733-4 ou L. 733-7. Elle indique que la contestation à l’encontre des mesures que la commission entend imposer est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à son secrétariat dans un délai de trente jours à compter de leur notification.
La commission de surendettement du Nord justifie avoir notifié les mesures imposées concernant Madame [L] [Z] à Madame [N] [R] épouse [J] par lettre recommandée avec accusé de réception signé le 21 novembre 2024, de sorte que sa contestation expédiée le 11 décembre 2024 est recevable, pour avoir été envoyée dans le délai de trente jours imparti.
Sur la contestation des mesures imposées :
Il ressort de l’article L.733-1 du Code de la Consommation, qu’en l’absence de mission de conciliation ou cas d’échec de sa mission de conciliation, la commission peut, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de fournir leurs observations, imposer tout ou partie des mesures suivantes :
1° Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours ; en cas de déchéance du terme, le délai de report ou de rééchelonnement peut atteindre la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance ;
2° Imputer les paiements, d’abord sur le capital ;
3° Prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux de l’intérêt légal sur décision spéciale et motivée et si la situation du débiteur l’exige. Quelle que soit la durée du plan de redressement, le taux ne peut être supérieur au taux légal.
4° Suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans. Sauf décision contraire de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre. Durant cette période, seules les sommes dues au titre du capital peuvent être productives d’intérêts dont le taux n’excède pas le taux de l’intérêt légal.
Aux termes de l’article L.733-4 du même Code, la commission peut également, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de présenter leurs observations,imposer par décision spéciale et motivée, les mesures suivantes :
1° En cas de vente forcée du logement principal du débiteur, grevé d’une inscription bénéficiant à un établissement de crédit ou à une société de financement ayant fourni les sommes nécessaires à son acquisition, la réduction du montant de la fraction des prêts immobiliers restant due aux établissements de crédit ou aux sociétés de financement après la vente, après imputation du prix de vente sur le capital restant dû, dans des proportions telles que son paiement, assorti d’un rééchelonnement calculé conformément au 1° de l’article L. 733-1, soit compatible avec les ressources et les charges du débiteur.
La même mesure est applicable en cas de vente amiable dont le principe, destiné à éviter une saisie immobilière, et les modalités ont été arrêtés d’un commun accord entre le débiteur et l’établissement de crédit ou la société de financement.
Ces mesures peuvent être prises conjointement avec celles prévues à l’article L. 733-1;
2° L’effacement partiel des créances combiné avec les mesures mentionnées à l’article L. 733-1. Celles de ces créances dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques, ne peuvent faire l’objet d’un effacement.
L’article L733-13 du Code de la consommation dispose que le juge saisi de la contestation prévue à l’article L 733-10 (contestation des mesures imposées par la commission en application des articles L733-1, L733-4 ou L733-7) prend tout ou partie des mesures définies aux articles L733-1, L733-4 et L733-7.
Les règles sur le surendettement prescrivent de prendre en considération la seule situation économique du débiteur quelle que soit celle du créancier.
Par ailleurs, la bonne foi se présume et s’apprécie au vu des éléments dont le juge dispose au moment où il statue.
Les impayés de loyer de la débitrice sont insuffisants à caractériser la mauvaise foi au sens de la procédure de surendettement de cette débitrice.
La bonne foi de la débitrice sera en conséquence retenue, Madame [N] [R] épouse [J] n’apportant aucun élément probant permettant de justifier d’une quelconque mauvaise foi.
La commission de surendettement a retenu une capacité de remboursement de 0,00 euro sur la base de charges d’un montant total de 678,00 euros (forfaits de base et impôts) et de ressources d’un montant total de 635,00 euros (RSA).
Actuellement, les ressources et charges mensuelles de la débitrice sont inchangées.
Au vu de ces éléments, il est incontestable que la capacité de remboursement de Madame [L] [Z] est insuffisante pour palier à l’apurement de toutes ses dettes à l’heure actuelle.
Au vu de l’article 733-1 du Code de la Consommation sus-visé, la suspension d’exigibilité des créances autres qu’alimentaires ne peut excéder 2 ans.
Dès lors, Madame [N] [R] épouse [J] sera déboutée de sa contestation et la suspension d’exigibilité des dettes de Madame [L] [Z] sera prononcée pour une durée de 18 mois, aux fins qu’elle parvienne à renforcer au mieux sa situation financière et ainsi dégager une capacité de remboursement suffisante, dans l’attente de la fin de la procédure de divorce et de la liquidation de communauté avec son mari.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal statuant par jugement réputé contradictoire, après débats en audience publique, mis à disposition au greffe et en premier ressort,
DÉCLARE recevable le recours en contestation de Madame [N] [R] épouse [J] à l’encontre des mesures imposées par la commission de surendettement du Nord concernant Madame [L] [Z],
DÉBOUTE Madame [N] [R] épouse [J] de sa contestation,
PRONONCE la suspension d’exigibilité des créances de Madame [L] [Z] autres qu’alimentaires, pour une durée de 18 mois,
DIT que cette suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre,
RAPPELLE que les créanciers ne peuvent exercer de procédures d’exécution à l’encontre des biens de la débitrice pendant la durée d’exécution de ces mesures,
RAPPELLE que la débitrice devra continuer à régler à échéance les charges courantes,
RAPPELLE que la débitrice pourra saisir de nouveau la commission de surendettement en vue d’un réexamen de sa situation dans un délai de trois mois à compter du terme de la suspension d’exigibilité des créances,
DIT que la présente décision est assortie de l’exécution provisoire,
DIT que la présente procédure est sans frais ni dépens.
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an que dessus.
Le présent jugement a été signé par la Juge et la Greffière.
LA GREFFIERE LA JUGE
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