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Sur la décision
| Référence : | TJ Montpellier, surendettement, 14 janv. 2026, n° 25/00173 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00173 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Confirme la décision déférée dans toutes ses dispositions, à l'égard de toutes les parties au recours |
| Date de dernière mise à jour : | 10 février 2026 |
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Texte intégral
N°Minute:
N° RG 25/00173 – N° Portalis DBYB-W-B7J-P2ED
LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER
[Adresse 18]
JUGEMENT DU 14 Janvier 2026
DEMANDEUR:
Monsieur [K] [U], demeurant [Adresse 1]
comparant en personne
DEFENDEURS:
— [17], dont le siège social est sis Chez INTRUM JUSTITIA – [Adresse 14]
non comparante, ni représentée
— [4], dont le siège social est sis Chez IQERA SERVICES – [Adresse 15]
non comparante, ni représentée
— [2], dont le siège social est sis [Adresse 12]
non comparante, ni représentée
— [16] ET ADSL, dont le siège social est sis Chez INTRUM JUSTITIA – [Adresse 14]
non comparante, ni représentée
— [9], dont le siège social est sis Chez INTRUM JUSTITIA – [Adresse 13]
non comparante, ni représentée
— [10], dont le siège social est sis Chez SYNERGIE – [Adresse 8]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL:
Président : Aline LABROUSSE, Magistrat à Titre Temporaire, statuant en qualité de juge des contentieux de la protection au Tribunal Judiciaire de Montpellier
Greffier : Cécile PAILLOLE
DEBATS:
Audience publique du : 24 Novembre 2025
Affaire mise en deliberé au 14 Janvier 2026
JUGEMENT :
Rendu par mise à disposition de la décision au greffe le 14 Janvier 2026 par Aline LABROUSSE, assisté de Cécile PAILLOLE, greffier
Copie certifiée delivrée en LRAR aux parties
Copie délivrée en LS à la [3]
Le 14 Janvier 2026
EXPOSÉ DU LITIGE
Monsieur [K] [U] a déposé un dossier auprès de la [6] le 26 décembre 2024.
Le 25 février 2025, la [7] a constaté la situation de surendettement de Monsieur [K] [U] et a prononcé la recevabilité de son dossier au bénéfice de la procédure.
Le 20 mai 2025, la [6] a imposé le rééchelonnement de tout ou partie des dettes sur une durée maximum de 68 mois, au taux maximum de 3,71%, la capacité de remboursement mensuelle retenue étant de 218,46 euros correspondant au maximum légal par référence au barème des quotités saisissables.
Monsieur [K] [U] a accusé réception de la lettre d’envoi des mesures imposées par la commission le 23 mai 2025 et les a contestées par courrier recommandé du 25 mai 2025 expédié à la [3] le 06 juin 2025, indiquant que sa compagne handicapée ne vit plus avec lui sa santé s’étant aggravée et que ses revenus ont baissé (environ 1.400€) ; qu’il ne peut assumer la mensualité prévue par la commission.
Le dossier a été transmis par la commission de surendettement au tribunal judiciaire Cité de la [11] le 11 juin 2025, reçu au greffe le 19 juin 2025.
Bien que régulièrement convoqués par le greffe du Tribunal à l’audience du 13 octobre 2025, tous les créanciers inscrits à la procédure n’ont pas comparu ni personne en leurs noms, ni fait aucune observation.
A l’audience du 13 octobre 2025,
Monsieur [K] [U] était présent et a indiqué vivre toujours avec sa compagne qui a une reconnaissance de travailleur handicapé ; qu’elle a fait une demande de logement social.
Un renvoi a été ordonné à l’audience du 24 novembre 2025, afin qu’il puisse fournir les justificatifs de sa situation.
A l’audience du 24 novembre 2025,
Monsieur [K] [U] a produit les justificatifs de sa situation (quittance de loyer mensuel pour 532,20 euros hors charge, absence de prestations [5], bulletin de salaire de sa compagne octobre 2025 pour 1.321,93 euros et bulletins de salaires août à octobre 2025 le concernant pour environ 1.500,00 euros mensuels).
L’affaire a été mise en délibéré au 14 janvier 2026, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS
Aux termes de l’article L.711-1 du Code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir. Le seul fait d’être propriétaire de sa résidence principale dont la valeur estimée à la date du dépôt du dossier de surendettement est égale ou supérieure au montant de l’ensemble des dettes professionnelles et non professionnelles exigibles et à échoir ne fait pas obstacle à la caractérisation de la situation de surendettement. L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement.
Sur la recevabilité des demandes :
Aux termes de l’article L.733-10 du Code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans un délai fixé par décret, les mesures imposées par la commission en application des dispositions de l’article L. 733-1,L. 733-4 ou de l’article L. 733-7.
L’article R.733-6 du même Code indique que la commission notifie, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, au débiteur et aux créanciers les mesures qu’elle entend imposer en application des dispositions de l’article L. 733-1 ou qu’elle recommande en application des dispositions des articles L. 733-1, L. 733-4 ou L. 733-7. Elle indique que la contestation à l’encontre des mesures que la commission entend imposer est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à son secrétariat dans un délai de trente jours à compter de leur notification.
La commission de surendettement de l’Hérault justifie avoir notifié les mesures imposées concernant Monsieur [K] [U] à ce dernier par lettre recommandée avec accusé de réception signé le 23 mai 2025, de sorte que sa contestation par lettre recommandée expédié le 06 juin 2025 est recevable, pour avoir été envoyée dans le délai de trente jours imparti.
Sur la contestation des mesures imposées :
Il ressort de l’article L.733-1 du même Code qu’en l’absence de mission de conciliation ou cas d’échec de sa mission de conciliation, la commission peut, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de fournir leurs observations, imposer tout ou partie des mesures suivantes :
1° Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours ; en cas de déchéance du terme, le délai de report ou de rééchelonnement peut atteindre la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance ;
2° Imputer les paiements, d’abord sur le capital ;
3° Prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux de l’intérêt légal sur décision spéciale et motivée et si la situation du débiteur l’exige. Quelle que soit la durée du plan de redressement, le taux ne peut être supérieur au taux légal.
4° Suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans. Sauf décision contraire de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre. Durant cette période, seules les sommes dues au titre du capital peuvent être productives d’intérêts dont le taux n’excède pas le taux de l’intérêt légal.
Aux termes de l’article L.733-4 du même Code, la commission peut également, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de présenter leurs observations,imposer par décision spéciale et motivée, les mesures suivantes :
1° En cas de vente forcée du logement principal du débiteur, grevé d’une inscription bénéficiant à un établissement de crédit ou à une société de financement ayant fourni les sommes nécessaires à son acquisition, la réduction du montant de la fraction des prêts immobiliers restant due aux établissements de crédit ou aux sociétés de financement après la vente, après imputation du prix de vente sur le capital restant dû, dans des proportions telles que son paiement, assorti d’un rééchelonnement calculé conformément au 1° de l’article L. 733-1, soit compatible avec les ressources et les charges du débiteur.
La même mesure est applicable en cas de vente amiable dont le principe, destiné à éviter une saisie immobilière, et les modalités ont été arrêtés d’un commun accord entre le débiteur et l’établissement de crédit ou la société de financement.
Ces mesures peuvent être prises conjointement avec celles prévues à l’article L. 733-1;
2° L’effacement partiel des créances combiné avec les mesures mentionnées à l’article L. 733-1. Celles de ces créances dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques, ne peuvent faire l’objet d’un effacement.
S’agissant des mesures de désendettement, l’article L733-13 du Code de la consommation dispose que le juge saisi de la contestation prévue à l’article L 733-10 (contestation des mesures imposées par la commission en application des articles L733-1, L733-4 ou L733-7) prend tout ou partie des mesures définies aux articles L733-1, L733-4 et L733-7.
Il incombe au juge du surendettement de définir les modalités propres à assurer dans les meilleurs délais le remboursement du maximum des dettes, en relation avec la capacité de remboursement des débiteurs.
Il sera relevé en l’espèce que les modalités définies par la commission de surendettement permettent d’assurer cet objectif.
Il ressort des éléments du dossier et des débats à l’audience que la situation du débiteur est quasi inchangée et il est parfaitement éligible à un plan de désendettement lui permettant de rembourser ses dettes. Il a un enfant à charge et vit avec sa compagne. Au vu des justificatifs produits, ses revenus sont similaires ainsi que la contribution aux charges de sa compagne au vu de son propre salaire. Son loyer hors charges a légèrement augmenté mais le maximum légal par référence au barème des quotités saisissables calculé sur ses propres revenus est inchangé (218,46€) et se trouve inférieur à la différence entre ses charges et revenus (401,53€), de sorte que sa capacité mensuelle de remboursement sera maintenue à la somme de 218,46 euros correspondant au maximum légal par référence au barème des quotités disponibles.
En conséquence, les mesures imposées concernant Monsieur [K] [U] seront maintenues :
Rééchelonnement des dettes du débiteur sur une durée de 68 mois au taux maximum de 3,71 %, comme indiqué dans le tableau de remboursement applicable à ces mesures annexé au présent jugement, établi par la commission de surendettement des particuliers de l’Hérault le 11 juin 2025.
Le remboursement s’opérera selon les modalités prévues au dispositif de la présente décision. Le plan de remboursement devra être scrupuleusement respecté par le débiteur qui pourra solliciter les services d’un conseiller en économie sociale et familiale et demander, dès que cela est possible, la mensualisation des charges et impositions courantes pour une meilleure gestion de son budget mensuel,. En cas de changement de situation, il devra saisir la commission de surendettement sans délai.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal statuant par jugement réputé contradictoire,après débats en audience publique, mis à disposition au greffe et en premier ressort,
DÉCLARE recevable le recours en contestation de Monsieur [K] [U] à l’encontre des mesures imposées par la commission de surendettement de l’Hérault le concernant,
REJETTE ladite contestation,
DIT que les dettes du débiteur, Monsieur [K] [U], arrêtées au jour du présent jugement, se décomposent telles qu’arrêtées par la [6],
ARRÊTE le plan de surendettement suivant :
Rééchelonnement des dettes du débiteur Monsieur [K] [U] sur une durée de 68 mois au taux maximum de 3,71%, comme indiqué dans le tableau de remboursement applicable à ces mesures annexé au présent jugement, établi par la commission de surendettement des particuliers de l’Hérault le 11 juin 2025,
RAPPELLE qu’il revient au débiteur de régler spontanément les sommes dues, au besoin en prenant contact avec ses créanciers pour convenir des modalités de paiement,
RAPPELLE au débiteur qu’il a la possibilité de solliciter les services d’un conseiller en économie sociale et familiale et l’invite à demander, dès que cela est possible, la mensualisation des charges et impositions courantes pour une meilleure gestion de son budget mensuel,
RAPPELLE que les créanciers auxquels ces mesures sont opposables ne pourront exercer des procédures d’exécution y compris une saisie immobilière à l’encontre des biens du débiteur pendant la durée d’exécution de ces mesures,
DIT qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, le créancier concerné pourra reprendre son droit de poursuite un mois après une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception demeurée infructueuse,
DIT qu’il appartiendra au débiteur, en cas de changement significatif de ses conditions de ressources ou de la composition de son patrimoine de ressaisir la Commission de surendettement des particuliers d’une nouvelle demande de traitement de sa situation de surendettement,
RAPPELLE au débiteur que pendant la durée du plan précité le fait d’accomplir tout acte susceptible d’aggraver sa situation financière, sauf autorisation des créanciers, de la Commission ou du juge, tels que d’avoir recours à un nouvel emprunt, de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de patrimoine (donation, vente de biens de valeur ou de biens immobiliers, utilisation ou liquidation de placements etc…), peut entraîner sa déchéance au bénéfice de la procédure de surendettement en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de la consommation,
RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit immédiatement exécutoire,
LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public.
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an que dessus.
Le présent jugement a été signé par la Juge et la Greffière.
LA GREFFIERE LA JUGE
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