Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, juge libertes detention, 21 sept. 2025, n° 25/04563 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/04563 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIÈGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 25/04563 – N° Portalis DBX2-W-B7J-LGFV
ORDONNANCE DU 21 Septembre 2025 SUR LA DEMANDE DE QUATRIEME PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Sylvie PRATS , vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Aurélie ROUBINEAU , Greffier, siégeant publiquement conformément à à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 20 Septembre 2025 à 11H48 enregistrée sous le numéro N° N° RG 25/04563 – N° Portalis DBX2-W-B7J-LGFV présentée par Monsieur LE PREFET DU VAR concernant :
Monsieur [T] [S] [A]
né le 04 Octobre 2006 à [Localité 5]
de nationalité Tunisienne ;
Vu l’arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 03 mars 2025 et notifié le 03 mars 2025 à 17H50 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 09 juillet 2025 notifiée le 10 juillet 2025 jour à 09H28
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, ne s’est pas fait représenter ;
* * *
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Adil ABDELLAOUI, avocat commis d’office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s’est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu’en application de l’article L. 141-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arabe et a donc été entendue avec l’assistance d’un interprète en cette langue, Monsieur [Z] [V] :
— inscrit sur une des listes des experts de la Cour d’Appel
DEROULEMENT DES DEBATS
La personne étrangère déclare: je ne vais pas demander ma liberté, je sais que je vais faire 90 jours de CRA. Tout le monde veut sortir, personne ne veut rester mais je sais que je vais rester. Je ne suis pas enregistré à l’état civil donc je ne serai pas reconnu par le pays.
Me [R] [Y] ne soulève aucune nullité de procédure ;
***
La Préfecture ne s’est pas fait représenter à l’audience de ce jour bien que dûment avisée.
***
Les dispositions de l’article L743-9 du CESEDA ont été rappelées par le juge.
Sur le fond, Me [R] [Y] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant : c’est un caractère exceptionnel pour les quinze derniers jours, il n’est pas enregistré dans l’état civil avant la prise d’empreinte et l’établissement des documents d’identité. Il y a aucune chance qu’il y est un laissé passé consulaire. Au delà de sa situation particulière, dans les 15 derniers jours, il n’est matériellement impossible d’obtenir les documents et le routing. Je vous demande de ne pas faire droit à la mesure de rétention et d’ordonner la main levée de la mesure.
La personne étrangère déclare : je ne souhaite pas passer mon anniversaire en rétention, je suis né le 4 octobre. Je suis jeune majeur, je suis trop jeune pour la prison, j’ai fais une bêtise, tout le monde peut faire une mauvaise action… tout le monde font des erreurs et j’essaie de les réparer.
MOTIFS DE LA DECISION
— sur le fond
Attendu que l’article L742-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers du droit d’asile dispose : « A titre exceptionnel, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes apparaît dans les quinze derniers jours :
1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
L’étranger est maintenu en rétention jusqu’à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours.
Si l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l’avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas quatre-vingt-dix jours» ;
Attendu qu’en l’espèce, la mesure d’éloignement de Monsieur [A] n’a toujours pas pu être exécutée faute pour l’autorité préfectorale d’avoir pu obtenir du consulat d’Algérie dont l’intéressé se déclare ressortissant et malgré les relances réalisées, les documents de voyage , Monsieur [A] étant dépourvu de tout passeport en cours de validité de validité ;
qu’à ce jour, malgré les relances réalisées l’autorité préfectorale est dans l’impossibilité, de fournir la moindre information sur l’effectivité d’un laissez passer et, le délai d’obtention de ce dernier de sorte que l’administration préfectorale ne peut se fonder sur le 3° de l’article 742-5 du CESEDA pour solliciter une 4ème prolongation
Attendu toutefois que l’article L 742-5 du CESEDA dispose que “le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public” ; qu’en l’espèce, il ressort des pièces du dossier que Monsieur [A] a été placé en rétention administrative à l’issue de son incarcération du 4 mars 2025 au 10 juillet 2025 suite à sa condamnation par le tribunal correctionnel de NICE pour des faits de vol aggravé ; que par ailleurs, Monsieur [A] avait précédemment fait l’objet de précédentes condamnations pénales ; qu’ainsi la réitération des faits et la gravité des derniers faits permettent de caractériser la menace à l’ordre public au sens de l’article L 742-5 du CESEDA
Attendu que dans ces conditions, la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [A] se justifie et qu’il sera fait droit à la demande de l’autorité administrative.
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable ;
ORDONNONS pour une durée maximale de 15 jours commençant à l’expiration du délai de 15 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de Monsieur [T] [S] [A]
né le 04 Octobre 2006 à [Localité 5]
de nationalité Tunisienne,
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 15 jours à compter du 22 Septembre 2025,
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 2] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 4])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [3] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 2], en audience publique, le 21 Septembre 2025 à
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 21 Septembre 2025 à
LE PRÉFET L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [T] [S] [A]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [T] [S] [A]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [T] [S] [A]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur LE PREFET DU VAR
le 21 Septembre 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 2];
le 21 Septembre 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 2] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 21 Septembre 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Adil ABDELLAOUI ;
le 21 Septembre 2025 à par mail Le Greffier
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 2]
Monsieur [T] [S] [A] reconnaît avoir :
Reçu notification le ………………………… à ……………………………… heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 21 Septembre 2025 par Sylvie PRATS , vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 4])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [3] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Signature du requérant
Cette ordonnance a été traduite oralement en…………………………………………………….
langue que le requérant comprend ;
le ………………………………………………………… à ……………………… HEURES
Par l’intermédiaire de :
☐………………………………………………………………………, interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec …………………………………………….., interprète en langue ……………………………………………………
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )
MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 1] (04.66.76.48.76)
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Sociétés ·
- Ingénierie ·
- Assureur ·
- Sinistre ·
- Eaux ·
- Catastrophes naturelles ·
- Ouvrage ·
- Responsabilité ·
- Garantie ·
- Expert
- Habitat ·
- Bail ·
- Loyer ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement ·
- Dette ·
- Résiliation ·
- Commissaire de justice ·
- Locataire ·
- Expulsion
- Enseignement ·
- Candidat ·
- Permis de conduire ·
- Acompte ·
- Route ·
- Tribunal judiciaire ·
- Souscription du contrat ·
- Résolution ·
- École ·
- Souscription
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Prolongation ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Personnes ·
- Courriel ·
- Télécommunication ·
- Ordonnance ·
- Notification
- Siège social ·
- Adresses ·
- Site internet ·
- Nullité ·
- Assignation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Saisie ·
- Changement ·
- Procédure ·
- Titre
- Vente amiable ·
- Taux légal ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prix ·
- Professionnel ·
- Exécution ·
- Ensemble immobilier ·
- Conditions de vente ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Immeuble
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Acceptation ·
- Adresses ·
- Aide juridictionnelle ·
- Tunisie ·
- Rupture ·
- Jugement ·
- Épouse ·
- Mariage ·
- Date
- Saisie-attribution ·
- Commissaire de justice ·
- Contestation ·
- Épouse ·
- Exécution ·
- Bailleur ·
- Adresses ·
- Caducité ·
- Procédure civile ·
- Tiers saisi
- Étranger ·
- Tribunal judiciaire ·
- Décision d’éloignement ·
- Menaces ·
- Prolongation ·
- Délai ·
- Ordre public ·
- Asile ·
- Ordonnance ·
- Mer
Sur les mêmes thèmes • 3
- Concept ·
- Eagles ·
- Sociétés ·
- Astreinte ·
- Exécution ·
- Obligation ·
- Liquidation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Juge ·
- Commissaire de justice
- Divorce ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Date ·
- Mariage ·
- Juge ·
- Partie ·
- Partage ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Eures
- Location ·
- Site internet ·
- Sociétés ·
- Droit de rétractation ·
- Consommation ·
- Information ·
- Contrat de licence ·
- Licence d'exploitation ·
- Nullité du contrat ·
- Cession
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.