Confirmation 10 juin 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, juge libertes detention, 6 juin 2025, n° 25/02848 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02848 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIÈGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 25/02848 – N° Portalis DBX2-W-B7J-LBL4
ORDONNANCE DU 06 Juin 2025 SUR LA DEMANDE DE QUATRIEME PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Amélie PATRICE , vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Pauline MALLET , Greffier, siégeant publiquement conformément à à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 04 Juin 2025 à 15heures48 enregistrée sous le numéro N° N° RG 25/02848 – N° Portalis DBX2-W-B7J-LBL4 présentée par Monsieur LE PREFET DES BOUCHES-DU-RHONE concernant :
Monsieur [N] [Y]
né le 27 Avril 2005 à [Localité 3] (99)
de nationalité Algérienne ;
Vu l’arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 28 octobre 2024 et notifié le jour-même ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 21 mars 2025 et notifiée le 22 mars 2025 à 09 heures 56
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, ne s’est pas fait représenter ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Annélie DESCHAMPS, avocat commis d’office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s’est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu’en application de l’article L. 141-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arabe et a donc été entendue avec l’assistance d’un interprète en cette langue, Monsieur [R] [D] inscrit sur une des listes des experts de la Cour d’Appel
DEROULEMENT DES DEBATS
La Préfecture ne s’est pas fait représenter à l’audience de ce jour bien que dûment avisée.
La personne étrangère souhaite rester debout pendant l’audience, ne supportant pas la station assise.
La personne étrangère déclare: Je suis malade, regardez mon dossier médical. J’en ai marre du centre. C’est soit la liberté, soit l’hôpital, soit la tombe. J’ai une fissure annale, je souffre, la police souffre aussi avec tous les déplacements. J’ai subi trois opérations. Je dois me refaire opérer à ma liberté. Je te parle sérieux. Je ne peux pas rester là-bas, je ne suis pas guéri.
Me [X] [H] ne soulève aucune nullité de procédure ;
Sur le fond, Me [X] [H] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant : Son état n’est pas compatible avec la rétention. Des mèches ont été posées. Forte douleur. Opérations régulières. Je ne nie pas les soins du centre. Mais l’état de santé ne se limite pas aux soins. Il y a la prise en compte de la douleur. Absence de perspective d’éloignement raisonnable. Il est toujours en cours d’identification. 4 ème prolongation.
La personne étrangère déclare : C’est vous qui décidez.
MOTIFS DE LA DECISION
— sur les exceptions de nullité invoquées in limine litis
Aucune exception de nullité n’est soulevée.
— sur le fond
Attendu que l’article L742-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers du droit d’asile dispose : « A titre exceptionnel, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l’article L. 742-4, lorsqu’une des situations suivantes apparaît dans les quinze derniers jours :
1° L’étranger a fait obstruction à l’exécution d’office de la décision d’éloignement ;
2° L’étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d’éloignement :
a) une demande de protection contre l’éloignement au titre du 5° de l’article L. 631-3 ;
b) ou une demande d’asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé et qu’il est établi par l’autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public.
L’étranger est maintenu en rétention jusqu’à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d’une durée maximale de quinze jours.
Si l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l’avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas quatre-vingt-dix jours» ;
Attendu que l’administration justifie des diligences effectuées en ce que le consulat d’Algérie a été saisi le 24 mars 2025 aux fins de reconnaissance de l’intéressé et de délivrance d’un laissez-passer consulaire, ce dernier n’étant pas documenté ; qu’il sera toutefois relevé que [Z] [Y] a refusé de s’entretenir avec les agents de la police aux frontières le 17 mars 2025, alors qu’il était encore détenu, retardant d’autant plus ces opérations d’identification ; que des relances ont été effectuées les 18 avril 2025, 19 mai 2025 et 04 juin 2025 ; que la préfecture ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte à l’égard de ses homologues étrangers ; qu’il existe encore des perspectives d’éloignement à ce stade ;
Qu’il n’est pas en mesure de justifier d’une adresse précise et stable en France, et qu’il est dépourvu de tout document d’identité en cours de validité, de sorte qu’une assignation à résidence n’est pas envisageable ; qu’il n’a pas respecté les termes d’un précédent arrêté portant obligation de quitter le sol français qui lui avait été notifié le 22 octobre 2021 ; qu’il existe donc un risque de soustraction à la présente mesure d’éloignement ;
Que [Z] [Y] a été placé au centre de rétention à sa sortie du centre pénitentiaire de [2], après avoir exécuté une condamnation à une peine de 9 mois d’emprisonnement ferme prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille le 29 octobre 2024 pour des faits de vol avec violences ; que son comportement constitue donc une menace pour l’ordre public ;
Que si le retenu évoque aujourd’hui à l’audience une situation médicale très défavorable et les conséquences douloureuses d’une opération de la marge anale réalisée au mois d’avril 2025, il ne produit aucun document médical postérieur au 14 mai 2025, relatant les suites opératoires et les soins à mettre en oeuvre ; qu’il n’est pas établi à ce stade qu’il est dans l’incapacité de recevoir lesdits soins au centre, et que son état de santé serait incompatible avec son maintien en centre de rétention ; qu’un suivi médical régulier doit toutefois se poursuivre, compte tenu de son état de santé ;
Qu’il sera néanmoins fait droit à la requête préfectorale.
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête préfectorale recevable ;
ORDONNONS pour une durée maximale de 15 jours commençant à l’expiration du délai de 15 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de Monsieur [N] [Y]
né le 27 Avril 2005 à [Localité 3] (99)
de nationalité Algérienne,
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 15 jours à compter du 05 juin 2025 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 4] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 6] ou uniquement en cas de dysfonctionnement fax N° 04.66.76.46.83) ;
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [5] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 4], en audience publique, le 06 Juin 2025 à
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 06 Juin 2025 à
LE PRÉFET L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [N] [Y]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [N] [Y]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [N] [Y]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur LE PREFET DES BOUCHES-DU-RHONE
le 06 Juin 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 4];
le 06 Juin 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 4] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 06 Juin 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Annélie DESCHAMPS ;
le 06 Juin 2025 à par mail Le Greffier
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 4]
Monsieur [N] [Y] reconnaît avoir :
Reçu notification le ………………………… à ……………………………… heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 06 Juin 2025 par Amélie PATRICE , vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 6] ou uniquement en cas de dysfonctionnement fax N° 04.66.76.46.83) ;
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [5] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Signature du requérant
Cette ordonnance a été traduite oralement en…………………………………………………….
langue que le requérant comprend ;
le ………………………………………………………… à ……………………… HEURES
Par l’intermédiaire de :
☐………………………………………………………………………, interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec …………………………………………….., interprète en langue ……………………………………………………
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )
MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 1] (04.66.76.48.76)
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Empiétement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bornage ·
- Veuve ·
- Demande d'expertise ·
- Tentative ·
- Expertise judiciaire ·
- Trouble ·
- Expert judiciaire ·
- Propriété
- Tribunal judiciaire ·
- Invalidité catégorie ·
- Invalide ·
- Profession ·
- Capacité ·
- Consultation ·
- Consultant ·
- Maintien ·
- Travail ·
- Recours
- Consommation ·
- Intérêt ·
- Déchéance ·
- Prêt ·
- Sanction ·
- Débiteur ·
- Capital ·
- Taux légal ·
- Contrat de crédit ·
- Mise en demeure
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Loyer ·
- Bail ·
- Logement ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Caution ·
- Dette ·
- Résiliation ·
- Action ·
- Paiement
- Tribunal judiciaire ·
- Flore ·
- Motif légitime ·
- Commune ·
- Mesure d'instruction ·
- Expertise ·
- Ordonnance de référé ·
- Dépôt ·
- Assignation ·
- Réserve
- Sociétés ·
- Architecte ·
- Assureur ·
- Ingénierie ·
- Bretagne ·
- Consultation ·
- Plan ·
- In solidum ·
- Qualités ·
- Structure
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Procédure accélérée ·
- Quai ·
- Parc ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Budget ·
- Provision ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mise en demeure ·
- Titre ·
- Commissaire de justice
- Apiculture ·
- Vienne ·
- Sociétés ·
- Industriel ·
- Expertise ·
- Santé ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Référé ·
- Provision
- Prêt à usage ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commodat ·
- Logement ·
- Force publique ·
- Sommation ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Concours ·
- Expulsion ·
- Contentieux
Sur les mêmes thèmes • 3
- Délais ·
- Expulsion ·
- Exécution ·
- Tribunal judiciaire ·
- Habitat ·
- Logement ·
- Commissaire de justice ·
- Loyer ·
- Commandement ·
- Juge
- Tribunal judiciaire ·
- Divorce ·
- Famille ·
- Cabinet ·
- Contrat de mariage ·
- Dissolution ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Liquidation ·
- Jugement ·
- Date
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement ·
- Villa ·
- Défense au fond ·
- Adresses ·
- Fins ·
- Instance ·
- Saisie ·
- Accord ·
- Juridiction
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.