Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Étienne, 4e ch. civ., 17 juin 2025, n° 25/00325 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00325 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 16 juillet 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
Minute n°
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE
N° RG 25/00325 – N° Portalis DBYQ-W-B7J-ITLM
4ème CHAMBRE CIVILE – POLE DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 17 Juin 2025
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Lors des débats et du délibéré :
Présidente : Madame Wafa SMIAI-TRABELSI, Juge chargé des contentieux de la protection
assistée, pendant les débats de Madame Sophie SIMEONE, greffière ;
DEBATS : à l’audience publique du 06 Mai 2025
ENTRE :
S.C.I. E2C
dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me CHANUT VERILHAC, avocat au barreau de SAINT-ETIENNE
ET :
Madame [P] [Z]
demeurant [Adresse 2]
non comparante
JUGEMENT :
réputé contradictoire et en premier ressort,
Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 17 Juin 2025
EXPOSE DU LITIGE
Suivant contrat signé le 28 mai 2024 prenant effet à compter du 05 juin 2024, la S.C.I E2C a donné à bail à Madame [P] [Z] un immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 3], moyennant un loyer mensuel révisable de 585,00 euros outre une provision sur charges de 15,00 euros.
La S.C.I E2C a fait délivrer le 9 septembre 2024 à Madame [P] [Z] un commandement de payer les loyers échus pour un arriéré de 2 550,00 €.
Par courrier recommandé avec accusé de réception électronique du 10 septembre 2024, la S.C.I E2C a saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l’existence d’impayés de loyers, en application du décret n° 2015-1384 du 30 octobre 2015.
Suivant assignation délivrée par commissaire de justice le 6 janvier 2025 et signifiée par dépôt à étude, la S.C.I E2C a attrait Madame [P] [Z] devant le Juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Saint-Étienne, aux fins :
— de constater la résiliation du contrat de bail ;
— d’ordonner l’expulsion de Madame [P] [Z] ;
— de condamner Madame [P] [Z] au paiement des sommes suivantes :
3 457,00 € au titre de sa créance locative arrêtée au 5 décembre 2024, somme à parfaire le jour de l’audience, outre intérêts au taux légal à compter du commandement de payer délivré le 9 septembre 2024 ;une indemnité mensuelle d’occupation équivalente au montant du loyer plus charges due et en subissant les augmentations légales jusqu’au départ effectif des lieux ;800,00 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;des entiers dépens.
La S.C.I E2C a notifié l’assignation à la préfecture de la [Localité 4] par voie électronique le 08 janvier 2025.
L’audience s’est tenue le 6 mai 2025 devant le Juge des contentieux de la protection près le tribunal judiciaire de Saint-Étienne.
Lors de l’audience, la S.C.I E2C, représentée par son conseil, a maintenu ses demandes, en actualisant à la somme de 3 944,00 euros sa créance locative arrêtée au 7 avril 2025, échéance du mois d’avril 2025 incluse. En outre, le bailleur a indiqué que la locataire a définitivement quitté les lieux le 7 avril 2025 sans se désister de ses demandes d’expulsion.
Madame [P] [Z], régulièrement convoquée, n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter.
Le diagnostic social et financier a été versé au dossier du tribunal.
Sur quoi, l’affaire a été mise en délibéré au 17 juin 2025 pour y être rendu le présent jugement.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur l’absence de la défenderesse
Selon l’article 472 du code de procédure civile, « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ».
En l’espèce, il convient de faire application de l’article précité en raison de l’absence de la défenderesse.
Sur la demande de constat de la résiliation du bail en raison du non-paiement des loyers
L’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. Néanmoins, par modification législative du 27 juillet 2023, l’effet produit par cette clause est réduit à « six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ».
En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
À l’examen de l’ensemble des pièces versées aux débats, il apparaît qu’un commandement de payer a été délivré à Madame [P] [Z] le 9 septembre 2024 pour un arriéré de loyers vérifié de 2 550,00 € et qu’il est demeuré infructueux dans le délai imparti, Madame [P] [Z] n’ayant pas réglé la dette locative.
Dès lors, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 10 novembre 2024.
Ainsi, la résiliation est constatée alors que Madame [P] [Z] n’a toujours pas restitué les clés du logement. Il convient donc d’ordonner l’expulsion de Madame [P] [Z] et de dire que faute par Madame [P] [Z] d’avoir libéré les lieux de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est, deux mois après la signification par commissaire de justice d’un commandement de quitter les lieux portant mention de la présente décision demeuré infructueux.
Il convient également de rappeler qu’aux termes de l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne ; à défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l’huissier de justice chargé de l’exécution avec sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire ».
Sur la demande de paiement de l’arriéré locatif
Il résulte de l’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.
En l’espèce, la S.C.I E2C verse aux débats un décompte arrêté au 1er mai 2025 établissant l’arriéré locatif (loyers et indemnités d’occupation échus) à la somme de 3 944,00 euros.
Au regard des justificatifs fournis, la créance de la S.C.I E2C est établie tant dans son principe que dans son montant.
Il convient par conséquent de condamner Madame [P] [Z] à payer la somme de 3 944,00 € actualisée au 7 avril 2025, échéance du mois d’avril 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du jour du présent jugement.
Sur la demande en paiement de l’indemnité d’occupation
Madame [P] [Z] est désormais occupante sans droit ni titre. Cette occupation illicite cause manifestement et nécessairement un préjudice au bailleur qui doit être réparé par l’allocation d’une indemnité d’occupation qui sera fixée par référence au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail dans la limite de la demande formée par la S.C.I E2C.
Il y a donc lieu de condamner Madame [P] [Z] à verser cette indemnité à la S.C.I E2C et ce dans les conditions fixées par le dispositif de la présente décision.
Sur les demandes accessoires
En application de l’article 696 du code de procédure civile, il convient de condamner Madame [P] [Z] au paiement des entiers dépens de l’instance qui comprendront le coût du commandement de payer du 9 septembre 2024, de sa signification à la CCAPEX, de l’assignation et de sa dénonciation à la préfecture.
En outre, il n’apparaît pas équitable de laisser à la charge de la S.C.I E2C l’ensemble des frais qui n’entrent pas dans les dépens et il convient donc de condamner Madame [P] [Z] à verser à la S.C.I E2C la somme de 300,00 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile.
La présente décision est assortie de plein droit de l’exécution provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par décision réputée contradictoire mise à disposition des parties au greffe et en premier ressort,
CONSTATE que le bail conclu le 28 mai 2024 entre S.C.I E2C et Madame [P] [Z] concernant le bien sis [Adresse 3] s’est trouvé de plein droit résilié le 10 novembre 2024 par application de la clause résolutoire contractuelle ;
CONDAMNE Madame [P] [Z] à payer à S.C.I E2C la somme de 3 944,00 € arrêtée au 7 avril 2025, comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation jusqu’à l’échéance du mois d’avril 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du jour du présent jugement ;
ORDONNE l’expulsion de Madame [P] [Z] ;
DIT que faute par Madame [P] [Z] d’avoir libéré les lieux de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est, deux mois après la signification par commissaire de justice d’un commandement de quitter les lieux portant mention de la présente décision demeuré infructueux ;
RAPPELLE qu’aux termes de l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne ; à défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par le commissaire de justice chargé de l’exécution avec sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire » ;
Notification le :
— CCC à :
— Copie exécutoire à :
— CCC au dossier
FIXE l’indemnité d’occupation sans droit ni titre due par Madame [P] [Z] à une somme égale au montant du loyer indexé et des charges dus si le bail n’avait pas été résilié, à compter de la résiliation du bail et au besoin la CONDAMNE à verser à la S.C.I E2C ladite indemnité mensuelle à compter du mois de mai 2025 et jusqu’à complète libération des lieux ;
CONDAMNE Madame [P] [Z] au paiement des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 9 septembre 2024, de sa signification à la CCAPEX, de l’assignation et de sa dénonciation à la préfecture ;
CONDAMNE Madame [P] [Z] à verser à la S.C.I E2C la somme de 300,00 euros en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;
RAPPELLE que la présente décision est assortie de plein droit de l’exécution provisoire.
Le présent jugement a été signé par le juge et le greffier présents lors du prononcé.
LE GREFFIER LE JUGE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Société générale ·
- Compte courant ·
- Autorisation de découvert ·
- Tribunal judiciaire ·
- Banque ·
- Avenant ·
- Mise en état ·
- Extrait ·
- Autorisation ·
- Incident
- Tribunal judiciaire ·
- Véhicule ·
- Nom commercial ·
- Prix de vente ·
- Immatriculation ·
- Vendeur ·
- Référé ·
- Signification ·
- Commissaire de justice ·
- Astreinte
- Adresses ·
- Siège social ·
- Créanciers ·
- Mauvaise foi ·
- Commission de surendettement ·
- Surendettement des particuliers ·
- Débiteur ·
- Usurpation d’identité ·
- Usurpation ·
- Bonne foi
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Len ·
- Réduction d'impôt ·
- Livraison ·
- Logement ·
- Contribuable ·
- Immeuble ·
- Location ·
- Sociétés ·
- Épidémie ·
- Permis de construire
- Syndicat de copropriétaires ·
- Mise en demeure ·
- Résidence ·
- Tribunal judiciaire ·
- Charges de copropriété ·
- Titre ·
- Paiement ·
- Recouvrement ·
- Assemblée générale ·
- Intérêt
- Habitat ·
- Agglomération ·
- Alsace ·
- Loyer ·
- Clause ·
- Bail ·
- Commandement de payer ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Banque populaire ·
- Clôture ·
- Tribunal judiciaire ·
- Intérêt ·
- Mise en état ·
- Révocation ·
- Caution solidaire ·
- Ordonnance ·
- Demande ·
- Commissaire de justice
- Santé publique ·
- Avis ·
- Hospitalisation ·
- Hôpitaux ·
- Copie ·
- Centre hospitalier ·
- Tribunal judiciaire ·
- Détention ·
- Mainlevée ·
- Émargement
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Hôpitaux ·
- Mainlevée ·
- Hospitalisation ·
- Établissement ·
- Contrainte ·
- Email ·
- Notification ·
- Lettre simple ·
- Santé publique
Sur les mêmes thèmes • 3
- Loyer ·
- Locataire ·
- Parking ·
- Bail ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Adresses ·
- Résiliation ·
- Paiement ·
- Logement
- École ·
- Divorce ·
- Enfant ·
- Père ·
- Mère ·
- Résidence ·
- Autorité parentale ·
- Vacances ·
- Mariage ·
- Education
- Ensemble immobilier ·
- Charges de copropriété ·
- Épouse ·
- Syndicat ·
- Commissaire de justice ·
- Recouvrement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mise en demeure ·
- Titre ·
- Budget
Textes cités dans la décision
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
- DÉCRET n°2015-1384 du 30 octobre 2015
- Code de procédure civile
- Code des procédures civiles d'exécution
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.