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Sur la décision
| Référence : | TJ Strasbourg, 11e civ. s4, 28 janv. 2026, n° 25/07867 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/07867 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 13 février 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | S.A.S. GRENKE LOCATION c/ S.A.R.L. DUPLESSIS [ P ] |
Texte intégral
N° RG 25/07867 – N° Portalis DB2E-W-B7J-N2AN
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 10]
Site :
[Adresse 1]
[Adresse 7]
[Localité 3]
N° RG 25/07867 – N° Portalis DB2E-W-B7J-N2AN
Minute n°
☐ Copie exec. à :
Le
Le Greffier
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU
28 JANVIER 2026
DEMANDERESSE :
S.A.S. GRENKE LOCATION
immatriculée au RCS de [Localité 10] sous le n° B 428 616 734
prise en la personne de son représentant légal
dont le siège social est [Adresse 9] [Adresse 5],
[Localité 4]
représentée par Me Mehdi EL MRINI, avocat au barreau de STRASBOURG, avocat plaidant, vestiaire : 228
DEFENDERESSE :
S.A.R.L. DUPLESSIS [P]
immatriculée au RCS de [Localité 8] sous le n° 523 825 214
prise en la personne de son gérant en exercice
dont le siège social est [Adresse 9] [Adresse 6],
[Localité 2]
non comparante, non représentée
OBJET : Demande en paiement du prix, ou des honoraires formée contre le client et/ou tendant à faire sanctionner le non-paiement du prix, ou des honoraires
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Juge Unique : Véronique BASTOS,Vice-Président
Greffier : Fanny JEZEK
Auditrice de justice : Aude SAINT-GILLES
DÉBATS :
A l’audience publique du 17 Novembre 2025 à l’issue de laquelle le Président, Véronique BASTOS, Vice-Président a avisé les parties que le jugement serait prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 28 Janvier 2026.
JUGEMENT
Réputé contradictoire en premier ressort,
Rendu par mise à disposition au greffe,
Signé par Véronique BASTOS, Vice-Président et par Fanny JEZEK, Greffier
N° RG 25/07867 – N° Portalis DB2E-W-B7J-N2AN
EXPOSÉ DU LITIGE
Suivant contrat n°143-12808 signé électroniquement le 7 mai 2019 par la SARL DUPLESSIS [P] et accepté le 9 mai 2019 par la SAS GRENKE LOCATION, cette dernière lui a consenti une location longue durée d’un équipement professionnel – alarme + vidéoprotection -, moyennant le versement de 63 loyers mensuels de 66,39 € HT.
Se prévalant de loyers impayés, la SAS GRENKE LOCATION a, par courrier du 18 juillet 2024, envoyé en recommandé et réceptionné le 22 juillet 2024, prononcé la résiliation anticipée du contrat.
Suivant contrat n°143-15335 signé électroniquement le 21 janvier 2020 par la SARL DUPLESSIS [P] et accepté le 21 janvier 2020 par la SAS GRENKE LOCATION, cette dernière lui a consenti une location longue durée d’un équipement professionnel – vidéo -, moyennant le versement de 63 loyers mensuels de 29,42 € HT.
Se prévalant de loyers impayés, la SAS GRENKE LOCATION a, par courrier du 18 juillet 2024, envoyé en recommandé et réceptionné le 22 juillet 2024, prononcé la résiliation anticipée du contrat.
Par exploit de commissaire de justice du 25 août 2025, la SAS GRENKE LOCATION a fait assigner la SARL DUPLESSIS [P] devant la 11ème chambre du Tribunal Judiciaire de Strasbourg afin de voir prononcer, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
* au titre du contrat n°143-12808 du 7 mai 2019 :
— la restitution par la SARL DUPLESSIS [P] du matériel loué, en l’espèce, une alarme et une vidéoprotection, et ce, sous astreinte de 100 € par jour de retard à compter du 3ème jour suivant la signification du jugement ;
— la condamnation de la SARL DUPLESSIS [P] à lui payer :
# la somme de 341,31 € en règlement des loyers échus avec les intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2024 ;
# la somme de 79,67 € TTC à titre d’indemnité de résiliation avec les intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2024 ;
# la somme de 6,63 € au titre de la clause pénale ;
# la somme de 40 € au titre de l’indemnité de recouvrement ;
* au titre du contrat n°143-15335 du 21 janvier 2020:
— la restitution par la SARL DUPLESSIS [P] du matériel loué, en l’espèce, une vidéo, et ce, sous astreinte de 100 € par jour de retard à compter du 3ème jour suivant la signification du jugement ;
— la condamnation de la SARL DUPLESSIS [P] à lui payer :
# la somme de 237,20 € en règlement des loyers échus avec les intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2024 ;
# la somme de 317,74 € TTC à titre d’indemnité de résiliation avec les intérêts au taux légal à compter du 2 11 mars 2024 ;
# la somme de 26,47 € au titre de la clause pénale ;
# la somme de 40 € au titre de l’indemnité de recouvrement ;
* la condamnation de la SARL DUPLESSIS [P] aux dépens ainsi qu’à lui payer la somme de 200 € sur le fondement de l’article 700 du Code de Procédure Civile.
Elle soutient que la SARL DUPLESSIS [P] ne s’est pas acquittée de ses loyers et que par conséquent, eu égard aux dispositions contractuelles, il y a lieu à résiliation des contrats de location, au paiement des sommes sollicitées et à la restitution du matériel loué.
A l’audience du 17 novembre 2025, date à laquelle l’affaire a été évoquée, la SAS GRENKE LOCATION, représentée par son conseil, a maintenu ses demandes.
Le Tribunal a demandé les observations de la partie demanderesse sur l’éventuelle réduction d’office de la clause pénale (majoration de 10% de l’indemnité de résiliation).
La SAS GRENKE LOCATION a déclaré s’en remettre à l’appréciation du Tribunal.
Bien que régulièrement assignée à personne morale le 25 août 2025, la SARL DUPLESSIS [P] n’a ni comparu et ni constitué avocat.
Le jugement sera réputé contradictoire, conformément aux dispositions de l’article 473 du Code de Procédure Civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Conformément aux dispositions de l’article 472 du Code de Procédure Civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
* Sur les demandes relatives au contrat n°143-12808 du 7 mai 2019
Il résulte des articles 1103 et 1104 du Code Civil que les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits; ils doivent être exécutés de bonne foi.
Selon l’article 1353 du même code, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
Afin de justifier de sa créance, la SAS GRENKE LOCATION produit les pièces suivantes :
— le contrat n°143-12808 signé électroniquement le 7 mai 2019 par la SARL DUPLESSIS [P] et accepté le 9 mai 2019 par la SAS GRENKE LOCATION, portant sur une location longue durée d’un équipement professionnel – alarme + vidéoprotection -, moyennant le versement de 63 loyers mensuels de 66,39 € HT ;
— la confirmation de livraison du matériel loué signé par la SARL DUPLESSIS [P] le 7 mai 2019 ;
— la facture d’achat par la SAS GRENKE LOCATION dudit matériel;
— la lettre recommandée avec accusé de réception du 13 juin 2024, valant mise en demeure de payer la somme de 144,99 € sous peine de peine de déchéance du terme et restitution du matériel réceptionnée le 21 juin 2024 ;
— la lettre résiliation du contrat datée du 18 juillet 2024, valant mise en demeure de régler la somme de 466,63 € et de restituer le matériel, réceptionnée le 22 juillet 2024 ;
— un décompte des loyers échus impayés au 18 juillet 2024 pour un montant de 341,31 € TTC comprenant la cotisation d’assurance pour l’année 2024 d’un montant de 102,30 € auquel est ajouté le montant des intérêts dus de 5,65 € et de l’indemnité de résiliation égale aux loyers à échoir au 1er août 2024, soit un montant de 79,67 € TTC.
Les éléments du dossier permettent de confirmer que la signature électronique est bien celle du gérant de la SARL DUPLESSIS [P].
Selon l’article 9 des conditions générales de location acceptées du contrat, le bailleur peut résilier le contrat à effet immédiat par courrier recommandé adressé au locataire en cas de retard de paiement de 3 loyers mensuels consécutifs ou non, ou d’un loyer trimestriel.
Au regard des pièces produites, trois loyers mensuels consécutifs n’ont pas été versés, à savoir ceux dus le 1er mai 2024, le 1er avril 2024 et le 1er juillet 2024, de sorte que la SAS GRENKE LOCATION était bien fondée à résilier le contrat avec effet immédiat.
Elle l’a fait après mise en demeure de payer susvisé le 7 juin 2024 et en avertissant le locataire des conséquences.
La SARL DUPLESSIS [P] , qui ne comparaît pas, ne justifie ni d’un paiement libératoire qui n’aurait pas été pris en compte par la SAS GRENKE LOCATION , ni de l’existence d’un fait susceptible de la libérer de son obligation au paiement.
La créance de la SAS GRENKE LOCATION est donc établie dans son principe.
Conformément à l’article 10 des conditions générales de location relatif aux conséquences de la résiliation anticipée du contrat, le locataire est tenu de payer au bailleur le prix du contrat, c’est-à-dire :
— les loyers échus impayés ;
— les loyers à échoir jusqu’au terme prévu ;
— les intérêts de retard de paiement éventuels restant dus ;
— une somme égale à 10% du montant des loyers à échoir pour la période contractuelle en cours.
L’article 11 des conditions générales précitées prévoit que les produits devront être restitués au terme du contrat.
Il convient par conséquent d’examiner une par une les demandes de la SAS GRENKE LOCATION.
Sur les loyers échus impayés
La SAS GRENKE LOCATION justifie que les loyers échus impayés s’élèvent à la somme de 239,01 € TTC (79,67 € TTC x 3). Il convient ainsi de faire droit à sa demande sur ce point.
Cette somme produira intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2024 sur la somme de 159,34 €, et à compter du 2 juillet 2024 sur la somme de 79,67 €.
Sur l’indemnité composée des loyers restant à échoir
La SAS GRENKE LOCATION justifie que le montant des loyers restant à échoir au 1er août 2024 est de 66,39 € HT.
Elle sollicite que la somme correspondant au montant des loyers à échoir qui lui sera allouée soit TTC et non HT.
Pour ce faire, elle met en avant la nouvelle doctrine administrative publiée le 28 décembre 2022 et applicable depuis le 1er janvier 2023 (BOI-TVA-BASE-10-10-50 § 230 et suivants) s’appuyant sur la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui assujetti désormais les indemnités de résiliation à la TVA.
Pour être imposées à la TVA, les indemnités doivent correspondre à des sommes qui constituent la contrepartie d’une prestation de services individualisée rendue à celui qui la verse.
À l’inverse, une indemnité qui a pour objet exclusif de réparer un préjudice commercial, fût-il courant, n’a pas à être soumise à cet impôt dès lors qu’elle ne constitue pas la contrepartie d’une prestation de services.
Ainsi, pour déterminer les règles de TVA applicables à une indemnité, il convient donc, dans chaque situation de fait, d’analyser les conditions de son versement.
Si la somme représente, pour la personne qui la verse, la contrepartie d’un service qui lui est rendu, il conviendra de conclure au caractère taxable de cette somme indépendamment du fait qu’elle résulte de l’application du contrat ou de la loi. Il en va de même lorsqu’elle est fixée par le juge.
Il a été jugé par la CJUE que :
— l’indemnité de résiliation anticipée doit être regardée comme la contrepartie d’une prestation de services individualisable effectuée à titre onéreux et soumise à la TVA et la résiliation du contrat ne modifie par la réalité économique de la relation entre les parties puisque le montant de l’indemnité de résiliation fait partie intégrante du montant total que le preneur s’est engagé à verser pour l’exécution par le bailleur de ses obligations (cf (CJUE 22 novembre 2018, MEO-Serviços de Comunicações e Multimédia SA aff C 295/17 et CJUE 11 juin 2020 Vodafone Portugal-Comunicações Pessoais SA aff 43/19) ;
— l’indemnité versée au bailleur, en raison de la résiliation anticipée d’un contrat de crédit-bail pour motif imputable au preneur et correspondant à la somme que cet opérateur aurait perçue pendant le reste de cette période, fait partie intégrante du montant total que le preneur s’est engagé à verser pour l’exécution des obligations contractuelles (CJUE arrêt du 3 juillet 2019 aff C-242/18 UniCredit Leasing).
En l’espèce, le principe de l’indemnité de résiliation anticipée a été convenu lors de la conclusion du contrat (article 10 de conditions générales de location) et son montant fait partie de l’équilibre global du contrat. Il s’agit ainsi d’un élément du prix.
L’indemnité réclamée doit être considérée comme la rémunération d’une prestation de services effectuée à titre onéreux, peu important à cet égard qu’en droit national ce montant puisse être par ailleurs qualifié de clause pénale.
Elle est ainsi soumise à la TVA et il convient de faire droit à la demande de la SAS GRENKE LOCATION à ce titre.
Par conséquent, la SARL DUPLESSIS [P] devra être condamnée à verser à la SAS GRENKE LOCATION, au titre de l’indemnité composée des loyers à échoir au 1er août 2024 la somme de 79,67 € TTC, avec intérêts au taux légal à compter du 22 juillet 2024, date de réception de la demande de résiliation.
Sur la demande de majoration de 10% des loyers restant à échoir
Conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du Code Civil, la SAS GRENKE LOCATION sera déboutée de sa demande à ce titre.
En effet, le préjudice du bailleur a été intégralement réparé par l’indemnité de résiliation et la cette demande de majoration de 10% des loyers restant à échoir, constitutive d’une clause pénale, apparaît manifestement excessive.
Sur les frais d’assurance
La SAS GRENKE LOCATION sollicite des frais d’assurance à hauteur de 102,30 € pour l’année 2024, ceux-ci étant intégrés à la demande relative au règlement des loyers échus.
Il ne sera pas fait droit à cette demande dès lors que la bailleresse ne justifie ni de la souscription d’une assurance auprès d’elle, ni de son montant.
Sur l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvement
Conformément aux dispositions de l’article L.441-10 II du Code de Commerce, tout professionnel en situation de retard de paiement est de plein droit débiteur, à l’égard du créancier, d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant, fixé par décret, est actuellement de 40 €.
Il sera fait droit à la demande de la SAS GRENKE LOCATION sur ce point, celle-ci ayant démontré le retard de paiement de la SARL DUPLESSIS [P].
Sur la restitution du matériel
Conformément aux dispositions de l’article 11 des conditions générales de location précité, il sera fait droit à la demande de restitution du matériel objet du contrat mais sans qu’il y ait lieu à astreinte, dont l’utilité n’est pas établie, à ce stade, par la SAS GRENKE LOCATION.
* Sur les demandes relatives au contrat n°143-15335 du 21 janvier 2020
Il résulte des articles 1103 et 1104 du Code Civil que les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits; ils doivent être exécutés de bonne foi.
Selon l’article 1353 du même code, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
Afin de justifier de sa créance, la SAS GRENKE LOCATION produit les pièces suivantes :
— le contrat de location n°143-15335 signé électroniquement le 21 janvier 2020 par la SARL DUPLESSIS [P] et accepté le 21 janvier 2020 par la SAS GRENKE LOCATION, portant sur une location longue durée d’un équipement professionnel – vidéo -, moyennant le versement de 63 loyers mensuels de 29,42 € HT ;
— la confirmation de livraison du matériel loué signé par la SARL DUPLESSIS [P] le 21 janvier 2020 ;
— la facture d’achat par la SAS GRENKE LOCATION dudit matériel pour un prix de 1.560 € TTC auprès de la SASU NOVA PROTECT en date du 18 janvier 2020 ;
— la lettre recommandée avec accusé de réception du 13 juin 2024, valant mise en demeure de payer la somme de 174,75 € sous peine de peine de déchéance du terme et restitution du matériel revenue avec la mention « pli avisé et non réclamé » ;
— la lettre résiliation du contrat datée du 18 juillet 2024, valant mise en demeure de régler la somme de 600,50 € et de restituer le matériel, réceptionnée le 22 juillet 2024 ;
— un décompte des loyers échus impayés au 18 juillet 2024 pour un montant de 237,20 € TTC comprenant la cotisation d’assurance pour l’année 2024 d’un montant de 96 € auquel est ajouté le montant des intérêts dus de 5,56 € et de l’indemnité de résiliation égale aux loyers à échoir du 1er août 2024 au 1er avril 2025, soit un montant de 264,78 € TTC.
Les éléments du dossier permettent de confirmer que la signature électronique est bien celle du gérant de la SARL DUPLESSIS [P].
Selon l’article 9 des conditions générales de location acceptées du contrat, le bailleur peut résilier le contrat à effet immédiat par courrier recommandé adressé au locataire en cas de retard de paiement de 3 loyers mensuels consécutifs ou non, ou d’un loyer trimestriel.
Au regard des pièces produites, trois loyers mensuels consécutifs n’ont pas été versés, à savoir ceux dus le 1er mai 2024, le 1er juin 2024 et le 1er juillet 2024, de sorte que la SAS GRENKE LOCATION était bien fondée à résilier le contrat avec effet immédiat.
Elle l’a fait après mise en demeure de payer du 13 juin 2024 portant sur le loyer impayé du mois de mars 2024 et en avertissant le locataire des conséquences.
La SARL DUPLESSIS [P] , qui ne comparaît pas, ne justifie ni d’un paiement libératoire qui n’aurait pas été pris en compte par la SAS GRENKE LOCATION , ni de l’existence d’un fait susceptible de la libérer de son obligation au paiement.
La créance de la SAS GRENKE LOCATION est donc établie dans son principe.
Conformément à l’article 10 des conditions générales de location relatif aux conséquences de la résiliation anticipée du contrat, le locataire est tenu de payer au bailleur le prix du contrat, c’est-à-dire :
— les loyers échus impayés ;
— les loyers à échoir jusqu’au terme prévu ;
— les intérêts de retard de paiement éventuels restant dus ;
— une somme égale à 10% du montant des loyers à échoir pour la période contractuelle en cours.
L’article 11 des conditions générales précitées prévoit que les produits devront être restitués au terme du contrat.
Il convient par conséquent d’examiner une par une les demandes de la SAS GRENKE LOCATION.
Sur les loyers échus impayés
La SAS GRENKE LOCATION justifie que les loyers échus impayés s’élèvent à la somme de 141,20 € TTC (35.30 € TTC x 4). Il convient ainsi de faire droit à sa demande sur ce point.
Cette somme produira intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2024 sur la somme de 35,30 € à compter du 10 juin 2024 sur la somme de 70,60 €, et à compter du 2 juillet 2024 sur la somme de 35,30 €.
Sur l’indemnité composée des loyers restant à échoir
La SAS GRENKE LOCATION justifie que le montant des loyers restant à échoir sur la période du 1er août 2024 au 1er avril 2025 est de 264,78 € HT.
Elle sollicite que la somme correspondant au montant des loyers à échoir qui lui sera allouée soit TTC et non HT.
Pour ce faire, elle met en avant la nouvelle doctrine administrative publiée le 28 décembre 2022 et applicable depuis le 1er janvier 2023 (BOI-TVA-BASE-10-10-50 § 230 et suivants) s’appuyant sur la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui assujetti désormais les indemnités de résiliation à la TVA.
Pour être imposées à la TVA, les indemnités doivent correspondre à des sommes qui constituent la contrepartie d’une prestation de services individualisée rendue à celui qui la verse.
À l’inverse, une indemnité qui a pour objet exclusif de réparer un préjudice commercial, fût-il courant, n’a pas à être soumise à cet impôt dès lors qu’elle ne constitue pas la contrepartie d’une prestation de services.
Ainsi, pour déterminer les règles de TVA applicables à une indemnité, il convient donc, dans chaque situation de fait, d’analyser les conditions de son versement.
Si la somme représente, pour la personne qui la verse, la contrepartie d’un service qui lui est rendu, il conviendra de conclure au caractère taxable de cette somme indépendamment du fait qu’elle résulte de l’application du contrat ou de la loi. Il en va de même lorsqu’elle est fixée par le juge.
Il a été jugé par la CJUE que :
— l’indemnité de résiliation anticipée doit être regardée comme la contrepartie d’une prestation de services individualisable effectuée à titre onéreux et soumise à la TVA et la résiliation du contrat ne modifie par la réalité économique de la relation entre les parties puisque le montant de l’indemnité de résiliation fait partie intégrante du montant total que le preneur s’est engagé à verser pour l’exécution par le bailleur de ses obligations (cf (CJUE 22 novembre 2018, MEO-Serviços de Comunicações e Multimédia SA aff C 295/17 et CJUE 11 juin 2020 Vodafone Portugal-Comunicações Pessoais SA aff 43/19) ;
— l’indemnité versée au bailleur, en raison de la résiliation anticipée d’un contrat de crédit-bail pour motif imputable au preneur et correspondant à la somme que cet opérateur aurait perçue pendant le reste de cette période, fait partie intégrante du montant total que le preneur s’est engagé à verser pour l’exécution des obligations contractuelles (CJUE arrêt du 3 juillet 2019 aff C-242/18 UniCredit Leasing).
En l’espèce, le principe de l’indemnité de résiliation anticipée a été convenu lors de la conclusion du contrat (article 10 de conditions générales de location) et son montant fait partie de l’équilibre global du contrat. Il s’agit ainsi d’un élément du prix.
L’indemnité réclamée doit être considérée comme la rémunération d’une prestation de services effectuée à titre onéreux, peu important à cet égard qu’en droit national ce montant puisse être par ailleurs qualifié de clause pénale.
Elle est ainsi soumise à la TVA et il convient de faire droit à la demande de la SAS GRENKE LOCATION à ce titre.
Par conséquent, la SARL DUPLESSIS [P] devra être condamnée à verser à la SAS GRENKE LOCATION, au titre de l’indemnité composée des loyers à échoir du 1er août 2024 au 1er avril 2025 la somme de 317,74 € TTC, avec intérêts au taux légal à compter du 22 juillet 2024, date de réception de la demande de résiliation.
Sur la demande de majoration de 10% des loyers restant à échoir
Conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du Code Civil, la SAS GRENKE LOCATION sera déboutée de sa demande à ce titre.
En effet, le préjudice du bailleur a été intégralement réparé par l’indemnité de résiliation et la cette demande de majoration de 10% des loyers restant à échoir, constitutive d’une clause pénale, apparaît manifestement excessive.
Sur les frais d’assurance
La SAS GRENKE LOCATION sollicite des frais d’assurance à hauteur de 96 € pour l’année 2024, ceux-ci étant intégrés à la demande relative au règlement des loyers échus.
Il ne sera pas fait droit à cette demande dès lors que la bailleresse ne justifie ni de la souscription d’une assurance auprès d’elle, ni de son montant.
Sur l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvement
Conformément aux dispositions de l’article L.441-10 II du Code de Commerce, tout professionnel en situation de retard de paiement est de plein droit débiteur, à l’égard du créancier, d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant, fixé par décret, est actuellement de 40 €.
Il sera fait droit à la demande de la SAS GRENKE LOCATION sur ce point, celle-ci ayant démontré le retard de paiement de la SARL DUPLESSIS [P].
Sur la restitution du matériel
Conformément aux dispositions de l’article 11 des conditions générales de location précité, il sera fait droit à la demande de restitution du matériel objet du contrat mais sans qu’il y ait lieu à astreinte, dont l’utilité n’est pas établie, à ce stade, par la SAS GRENKE LOCATION.
* Sur les mesures accessoires
Il y a lieu de condamner la SARL DUPLESSIS [P], qui succombe, aux dépens, et ce, conformément aux dispositions de l’article 696 du Code de Procédure Civile.
L’issue de la procédure et l’équité justifient la condamnation de la SARL DUPLESSIS [P] à payer à la SAS GRENKE LOCATION la somme de 200 € sur le fondement de l’article 700 du Code de Procédure Civile.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, rien ne justifie de l’écarter.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant publiquement, par jugement prononcé par mise à disposition au greffe, réputé contradictoire et rendu en premier ressort,
* Concernant le contrat n°143-12808 du 7 mai 2019
CONDAMNE la SARL DUPLESSIS [P] à payer à la SAS GRENKE LOCATION :
* la somme de 239,01 € au titre des loyers échus avec intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2024 sur la somme de 159,34 €, et à compter du 2 juillet 2024 sur la somme de 79,67 € ;
* la somme de 79,67 € , au titre de l’indemnité de résiliation, avec intérêts au taux légal à compter du 22 juillet 2024 ;
* la somme de 40 € au titre de l’indemnité forfaitaire de recouvrement ;
DÉBOUTE la SAS GRENKE LOCATION de sa demande de majoration de 10% de l’indemnité de résiliation ainsi que de sa demande de paiement de la cotisation d’assurance ;
CONDAMNE la SARL DUPLESSIS [P] à restituer à la SAS GRENKE LOCATION le matériel objet du contrat de location, à savoir, en l’espèce : une alarme et une vidéoprotection ;
DIT n’y avoir lieu à astreinte ;
* Concernant le contrat n°143-15335 du 21 janvier 2020
CONDAMNE la SARL DUPLESSIS [P] à payer à la SAS GRENKE LOCATION :
* la somme de 141,20 € au titre des loyers échus, avec intérêts au taux légal à compter avec intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2024 sur la somme de 35,30 € à compter du 10 juin 2024 sur la somme de 70,60 €, et à compter du 2 juillet 2024 sur la somme de 35,30 € ;
* la somme de 317,74 €, au titre de l’indemnité de résiliation, avec intérêts au taux légal à compter du 22 juillet 2024 ;
* la somme de 40 € au titre de l’indemnité forfaitaire de recouvrement ;
DÉBOUTE la SAS GRENKE LOCATION de sa demande de majoration de 10% de l’indemnité de résiliation ainsi que de sa demande de paiement de la cotisation d’assurance ;
CONDAMNE la SARL DUPLESSIS [P] à restituer à la SAS GRENKE LOCATION le matériel objet du contrat de location, à savoir, en l’espèce : une vidéo ;
DIT n’y avoir lieu à astreinte ;
* Sur les demandes accessoires
CONDAMNE la SARL DUPLESSIS [P] à payer à la SAS GRENKE LOCATION la somme de 200€ sur le fondement de l’article 700 du Code de Procédure Civile ;
CONDAMNE la SARL DUPLESSIS [P] aux dépens ;
RAPPELLE que le présent jugement est exécutoire de plein droit à titre provisoire.
Ainsi fait et prononcé les jour, mois et an susdits, siégeant Madame BASTOS, présidant l’audience, assistée de Madame le greffier, qui ont signé la minute de la présente décision.
Le Greffier La Vice-Présidente
Fanny JEZEK Véronique BASTOS
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