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Sur la décision
| Référence : | TJ Strasbourg, j l d, 26 janv. 2026, n° 26/00098 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00098 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 12 février 2026 |
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Texte intégral
Tribunal judiciaire
de [Localité 9]
— -------------
[Adresse 7]
[Adresse 6]
[Localité 1]
— -------------
Tél . 03.88.75.27.40
PROCÉDURE DE CONTRÔLE SYSTÉMATIQUE
DES MESURES DE SOINS
PSYCHIATRIQUES
Juge des Libertés et de la Détention
ORDONNANCE
N° RG 26/00098 – N° Portalis DB2E-W-B7K-ODOY
Le 26 Janvier 2026
Nous, Judith HAZIZA, vice-présidente chargée des fonctions de juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de STRASBOURG, assistée de Fanny GEISS, Greffier,
Statuant en premier ressort en qualité de magistrat du siège, après débats en audience publique ;
Vu les dispositions des articles L.3211-12, L.3211-12-1, L.3211-12-2, R.3211-12, R.3211-29 et R.3211-32 du Code de la Santé Publique et le dossier de la procédure ;
Vu la requête en date du 23 Janvier 2026 de MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE [Localité 4] concernant Mme [F] [S] née le 19 Novembre 1989 à [Localité 8] (38) demeurant [Adresse 3] à [Localité 2] actuellement en hospitalisation complète à EPSAN de [Localité 4] ;
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques en cas d’hospitalisation à la demande d’un tiers prise par MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE [Localité 4] en date du 18 janvier 2026 ;
Vu les certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures ;
Vu la décision maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète prise par MME LA DIRECTRICE DE L’EPSAN DE [Localité 4] en date du 21 janvier 2026 ;
Vu l’avis motivé à l’appui de la requête ;
Vu l’avis de Madame le procureur de la République aux termes duquel le ministère public s’en rapporte à l’appréciation du tribunal ;
Mme [F] [S] régulièrement convoquée, présente, assistée de Me Léa HEBRARD, avocate de permanence ;
MOTIFS
Mme [F] [S] a été admise au titre des soins sans consentement à l’EPSAN le 18 janvier 2026, sur décision de la directrice d’établissement intervenue à la demande de la soeur de la patiente. Les certificats médicaux d’admission établis par le Dr [T], médecin des Hôpitaux Universitaires de [Localité 9], et le Dr [K], psychiatre de l’EPSAN, faisaient état des éléments suivants: patiente adressée par les urgences psychiatriques dans un contexte de troubles du comportement, contact étrange, patiente sédatée, anosognosique, présence d’une tonalité persécutive dans le discours, prise de son traitement de manière sporadique.
Par décision en date du 21 janvier 2026, la directrice de l’EPSAN a maintenu les soins de Mme [S] sous la forme de l’hospitalisation complète, conformément aux certificats médicaux de la période d’observation.
A l’audience, Mme [S] a déploré les circonstances de son hospitalisation. Elle est revenue avec émotion sur ses conditions de prise en charge au NHC, dénonçant un placement abusif sous contention physique au niveau des 4 membres pendant près de deux heures. Elle sollicite la mainlevée de la mesure, estimant qu’elle n’est pas justifiée, tout en reconnaissant que la permission de sortie dont elle a bénéficié quelques jours plus tôt n’était pas si simple à vivre. Son Conseil ne soulève aucune irrégularité de procédure et relaie la position de sa cliente sur le fond.
Sur la régularité de la procédure
Aux termes de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique, le juge des libertés et de la détention connaît des contestations relatives à la régularité des décisions administratives prises en matière de soins psychiatriques sans consentement dans le cadre des instances introduites en application des articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1. Dans ce cas, l’irrégularité affectant une décision administrative n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l’objet.
En l’espèce, il résulte des éléments précités que la procédure d’admission en soins psychiatriques a été menée conformément à la loi.
Sur le bien-fondé de la mesure
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique le juge des libertés et de la détention doit veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée.
En l’espèce, il résulte des certificats médicaux des 24 et 72 heures, et de l’avis motivé rédigé par le Dr [C] qu’en dépit d’une amélioration de l’état de Mme [S] depuis son admission, la patiente présente toujours une désorganisation de la pensée avec idées délirantes de persécution de mécanisme interprétatif avec nombreuses rationnalisations morbides. La patiente reste dans le déni de ses troubles.
Au regard de ces éléments, il y a lieu, conformément aux préconisations du corps médical, de maintenir l’hospitalisation complète de Mme [S], dès lors que cette mesure constitue une réponse médicale nécessaire et proportionnée à l’état de la patiente.
PAR CES MOTIFS
Statuant en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
ORDONNONS le maintien de l’hospitalisation complète de Mme [F] [S] née le 19 Novembre 1989 à [Localité 8] (38) ;
DISONS que les dépens seront laissés à la charge du Trésor Public;
RAPPELONS que cette décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification, par déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au Greffe de la cour d’Appel de [Localité 5] (article R.3211-18 et suivants du code de la santé publique).
Le délai d’appel et l’appel ne sont pas suspensifs, à l’exception de l’appel formé par le ministère public qui peut être déclaré suspensif par le premier président de la cour d’appel ou son délégué conformément aux dispositions de l’article R.3211-20 du Code de la santé publique.
Le Greffier
La Présidente
Copie transmise par mail le 26 Janvier 2026 à :
— Mme [F] [S], par remise de copie contre récépissé par l’intermédiaire de l’établissement hospitalier,
— Ministère public,
— Directrice/Directeur de EPSAN de [Localité 4]
— Me Léa HEBRARD, Conseil de [F] [S]
Courrier d’information transmis par LS/courriel au tiers demandeur
Le Greffier
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