Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, jld, 14 oct. 2025, n° 25/02346 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02346 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE de VERSAILLES
ORDONNANCE DE MAINTIEN D’UNE HOSPITALISATION COMPLÈTE
(Art L. 3211-12-1 code de la santé publique)
Dossier N° RG 25/02346 – N° Portalis DB22-W-B7J-TN6J
N° de Minute : 25/2244
M. le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 9]
c/
[F] [H]
NOTIFICATION par courriel contre récépissé au défendeur par remise de copie contre signature
LE : 14 Octobre 2025
— NOTIFICATION par courriel contre récépissé à :
— l’avocat
— monsieur le directeur de l’établissement hospitalier
LE : 14 Octobre 2025
— NOTIFICATION par lettre simple au tiers
LE : 14 Octobre 2025
— NOTIFICATION par remise de copie à Madame le Procureur de la République
LE : 14 Octobre 2025
______________________________
Le greffier
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE
Hospitalisation sous contrainte
l’an deux mil vingt cinq et le quatorze Octobre
Devant Nous, Raphaële ECHÉ, Vice-présidente, au tribunal judiciaire de Versailles statuant en application du code de la santé publique assistée de Axelle MATEOS, greffier, à l’audience du 14 Octobre 2025
DEMANDEUR
Monsieur le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 9]
régulièrement convoqué, absent non représenté
DÉFENDEUR
Madame [F] [H]
Née le 26 Décembre 2002 à [Localité 8] (USA)
[Adresse 4]
[Localité 7]
actuellement hospitalisée au CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 9]
régulièrement convoquée, absente et représentée par Me Marion LAFFARGUE, avocate au barreau de VERSAILLES,
PARTIE INTERVENANTE
— Monsieur le Procureur de la République
près le Tribunal Judiciaire de Versailles
régulièrement avisé, absent non représenté
Madame [F] [H], née le 26 Décembre 2002 à [Localité 8] (USA), demeurant [Adresse 5], fait l’objet, depuis le 04 octobre 2025 au CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 9], d’une mesure de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation sous contrainte sur décision du directeur d’établissement, en application des dispositions de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, sur le fondement du péril imminent.
Le 09 Octobre 2025, Monsieur le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 9] a saisi le magistrat statuant en application du code de la santé publique afin qu’il soit statué, conformément aux dispositions des articles L 3211-12-1 à L 3212-12 et des articles L 3213-1 à L 3213-11 du code de la santé publique, sur cette mesure.
Monsieur le Procureur de la République, avisée, a fait connaître son avis favorable au maintien de la mesure.
A l’audience, Madame [F] [H] était absente et représentée par Me Marion LAFFARGUE, avocate au barreau de VERSAILLES.
Les débats ont été tenus en audience publique.
La cause entendue à l’audience, l’affaire a été mise en délibéré au 14 Octobre 2025, par mise à disposition de l’ordonnance au greffe du juge des libertés et de la détention.
DISCUSSION
Il résulte des dispositions de l’article L 3211-12-1 du code de la santé publique qu’il appartient au juge des libertés et de la détention de statuer systématiquement sur la situation des patients faisant l’objet de soins psychiatriques sous forme d’hospitalisation complète, sans leur consentement.
L’article L 3212-1 de ce même code prévoit l’admission d’une personne en soins psychiatrique sous le régime de l’hospitalisation complète, sur décision du directeur d’un établissement habilité, lorsque ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, ou d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge adaptée.
Sur la transmission du dossier à la Commission départementale des soins psychiatriques
L’article L.3212-5-I du Code de la sécurité sociale dispose que le directeur de l’établissement d’accueil transmet sans délai au représentant de l’État dans le département ( … ) et à la commission départementale des soins psychiatriques ( …) toute décision d’admission d’une personne en soins psychiatriques en application du présent chapitre. Il transmet également sans délai à cette commission une copie du certificat médical d’admission, du bulletin d’entrée et de chacun des certificats médicaux mentionnés au 2ème et 3ème alinéas de l’article L.3211-2-2.
Il est constant que l’irrégularité affectant une décision administrative dans le cadre de la présente instance entraîne la mainlevée de la mesure s’il en résulte une atteinte aux droits de la personne qui en fait l’objet, en application des dispositions de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique.
En l’espèce, il résulte du dossier que le directeur de l’établissement a transmis à la Commission départementale des soins psychiatriques le 6 octobre 2025 l’information selon laquelle [F] [H] était hospitalisée sous contrainte depuis le 4 octobre 2025.
Il a également transmis les éléments concernant la patiente le 9 octobre 2025. Cette pratique est conforme au texte et elle est suffisamment respectueuse des droits de la patiente puisque la C.D.S.P. est informée de façon assez rapprochée de la situation de contrainte à laquelle la patiente est soumise.
Enfin, le conseil de la patiente n’argue d’aucun grief particulier pour sa cliente liée à ces transmissions.
En l’absence d’irrégularité et de grief, la procédure sera regardée comme régulière.
Sur l’information des tiers
L’article 3212-1-II-2°avant-dernier alinéa du Code de la santé publique dispose que lors de l’admission d’un patient selon la procédure de péril imminent, le directeur de l’établissement d’accueil informe, dans un délai de 24 heures sauf difficultés particulières, la famille de la personne qui fait l’objet de soins et, le cas échéant, la personne chargée de la protection juridique de l’intéressé ou, à défaut, tout personne justifiant de l’existence de relations avec la personne malade, antérieures à l’admission en soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celle-ci.
En l’espèce, il résulte de la pièce n°20 du dossier que les parents de [F] [H] ont été reçus en entretien par le docteur [A] [E] ; qu’ils étaient très inquiets au sujet de leur fille ; qu’ils étaient demandeurs à l’hospitalisation de leur fille mais ne souhaitaient pas signer la demande.
En conséquence, il apparaît qu’ils étaient pleinement informés de l’hospitalisation sous contrainte de leur fille et que la procédure doit être regardée comme régulière.
Sur le fond
Vu le certificat médical initial, dressé le 04 octobre 2025, par le Docteur [M] [G] ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures, dressé le 04 octobre 2025, par le Docteur [L] [K] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures, dressé le 06 octobre 2025, par le Docteur [C] [D] ;
Dans un avis motivé établi le 09 octobre 2025, le Docteur [J] [I] conclut à la nécessité du maintien des soins sous la forme d’une hospitalisation complète, précisant que [F] [H] reste dans le déni total de sa maladie chronique avec absence de critique des hallucinations auditives, elle craint de prendre les traitements car c’est contre indiqué dans la grossesse.
Il convient, au regard de ces éléments, les restrictions à l’exercice des libertés individuelles de Madame [F] [H], née le 26 Décembre 2002 à [Localité 8] (USA), demeurant [Adresse 5] étant adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis, l’intéressé se trouvant dans l’impossibilité de consentir aux soins en raison des troubles décrits, son état nécessitant des soins assortis d’une surveillance constante, de dire que la mesure de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète sera, en l’état, maintenue.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Rejetons les moyens d’irrégularité invoqués.
Autorisons le maintien de la mesure de soins psychiatriques sous forme d’hospitalisation complète de Madame [F] [H] ;
Rappelons que l’ordonnance du juge des libertés et de la détention est susceptible d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Versailles dans un délai de dix jours à compter de sa notification. Seules les parties à la procédure définies à l’article R.3211-13 du CSP peuvent faire appel (requérant, personne sous soins psychiatriques, préfet ou directeur d’établissement le cas échéant). Le ministère public peut, dans tous les cas, interjeter appel dans le même délai. La déclaration d’appel motivée est transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de Versailles qui en avise sur-le-champ le greffier du tribunal judiciaire et fait connaître la date et l’heure de l’audience aux parties, à leurs avocats, au tiers qui a demandé l’admission en soins et au directeur d’établissement. A moins qu’il n’ait été donné un effet suspensif à l’appel, le premier président statue dans les douze jours de sa saisine. Ce délai est porté à vingt-cinq jours si une expertise est ordonnée. Adresse : Monsieur le Premier Président – Cour d’Appel de Versailles – [Adresse 6] (télécopie : [XXXXXXXX02] – téléphone : [XXXXXXXX01] et [XXXXXXXX03] ).
Rappelons que sur le fondement des dispositions des articles L 3211-12-4, R. 3211-16 et R 3211-20 du code de la santé publique le recours n’est pas suspensif d’exécution, sauf décision du Premier Président de la Cour d’appel de Versailles déclarant le recours suspensif à la demande du Procureur de la République ;Laissons les éventuels dépens à la charge du Trésor Public ;
Prononcée par mise à disposition au greffe le 14 Octobre 2025 par Raphaële ECHÉ, Vice-présidente, assistée de Axelle MATEOS, greffier, qui ont signé la minute de la présente décision.
Le greffier Le président
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Incapacité ·
- Mobilité ·
- État antérieur ·
- Sociétés ·
- Droite ·
- Accident du travail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Cliniques ·
- Sécurité sociale ·
- Avis
- Tribunal judiciaire ·
- Mures ·
- Action ·
- Mise en état ·
- Accord ·
- Avocat ·
- Nationalité française ·
- Procédure ·
- Désistement d'instance ·
- Adresses
- Enfant ·
- Vacances ·
- Mariage ·
- Partage amiable ·
- Père ·
- Mère ·
- Commissaire de justice ·
- Mineur ·
- Algérie ·
- Divorce
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Bangladesh ·
- Divorce ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Date ·
- Mariage ·
- Canton ·
- Partage ·
- Jugement ·
- Non avenu
- Relations du travail et protection sociale ·
- Risques professionnels ·
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement ·
- Assesseur ·
- Instance ·
- Conforme ·
- Adresses ·
- Copie ·
- Dessaisissement ·
- Département ·
- Jugement
- Divorce ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Acte ·
- Tribunal judiciaire ·
- Jugement ·
- Conjoint ·
- Mariage ·
- Partage ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Assignation
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Contrôle d'identité ·
- Interpellation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Personnes ·
- Recours ·
- Garde à vue
- Procédure accélérée ·
- Commissaire de justice ·
- Adresses ·
- Résidence ·
- Cabinet ·
- Charges de copropriété ·
- Au fond ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Tribunal judiciaire ·
- Assignation
- Tribunal judiciaire ·
- Divorce ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Commissaire de justice ·
- Parents ·
- Partage ·
- Date ·
- Juge ·
- Enfant ·
- Liquidation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Banque ·
- Déchéance du terme ·
- Prêt ·
- Contrat de crédit ·
- Consommation ·
- Intérêt ·
- Débiteur ·
- Forclusion ·
- Information ·
- Mise en demeure
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- République ·
- Régularité ·
- Administration pénitentiaire ·
- Durée ·
- Territoire français ·
- Contestation ·
- Pays ·
- Notification
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Juge des référés ·
- Immeuble ·
- Urgence ·
- Contentieux ·
- Surcharge ·
- Promesse de vente ·
- Protection ·
- Adresses
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.