Confirmation 9 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 9 mai 2026, n° 26/02588 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 26/02588 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Paris, 6 mai 2026 |
| Dispositif : | Irrecevabilité |
| Date de dernière mise à jour : | 21 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | LE PREFET DE POLICE |
|---|
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 09 MAI 2026
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/02588 – N° Portalis 35L7-V-B7K-CNGE2
Décision déférée : ordonnance rendue le 06 mai 2026, à 14h48, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris
Nous, Marie-Sygne Bunot-Rouillard, conseillère à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Clément Colin, greffier au prononcé de l’ordonnance,
APPELANT :
M. [X] [C]
né le 17 août 1983 à [Localité 1], de nationalité algérienne
RETENU au centre de rétention : [Localité 2]
Informé le 8 mai 2026 à 14h31, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l’article R 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
INTIMÉ :
LE PREFET DE POLICE
Informé le 8 mai 2026 à 14h31, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l’appel, en application des dispositions de l’article R 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE : contradictoire
— Vu l’ordonnance du 06 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris, ordonnant la prolongation du maintien de M. [X] [C] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, pour une durée maximale de trente jours, soit jusqu’au 5 juin 2026 ;
— Vu l’appel interjeté le 07 mai 2026, à 16h00, par M. [X] [C] ;
SUR QUOI,
Aux termes de l’article L.743-23 alinéa 1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en cas d’appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties.
Par application de l’article R.743-14 du même Code, les observations de l’appelant concernant le caractère manifestement irrecevable de son appel ont été sollicitées.
L’article R743-11 alinéa 1 exige que « A peine d’irrecevabilité, la déclaration d’appel est motivée ».
S’agissant d’une deuxième prolongation, il convient de rappeler que s’il résulte de la combinaison des articles L. 741-3 et L.742-4 3° du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ici applicables que la personne retenue ne peut le rester que le « temps strictement nécessaire » et « lorsque la décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l’exécution de la décision d’éloignement » ou « de l’absence de moyens de transport », il n’en résulte aucune obligation pour l’administration d’un « bref délai » pour cette obtention ou d’une levée des obstacles.
S’il appartient au juge judiciaire de rechercher concrètement les diligences accomplies par l’administration pour permettre que l’intéressé ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, ce qui requiert, dès le placement en rétention, une saisine effective des services compétents pour rendre possible le retour contrôlée en première prolongation décidée judiciairement, le juge ne saurait exiger de l’administration des démarches à l’intention des autorités consulaires sur lesquelles elle ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte (1re Civ., 9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165, Bull. 2010, I, n° 129), sauf à imposer à celle-ci la réalisation d’acte(s) sans véritable effectivité.
S’agissant des perspectives raisonnables d’éloignement, l’article 15§4 de la Directive 2008/115/CE du parlement européen et du conseil relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier (dite Directive « retour ») précise que « lorsqu’il apparaît qu’il n’existe plus de perspective raisonnable d’éloignement pour des considérations d’ordre juridique ou autres ou que les conditions énoncées au paragraphe 1 (risque de fuite ou le ressortissant concerné d’un pays tiers évite ou empêche la préparation du retour ou de la procédure d’éloignement) ne sont plus réunies, la rétention ne se justifie plus et la personne concernée est immédiatement remise en liberté ».
Il appartient dès lors au juge judiciaire d’apprécier, à chaque stade de la procédure, l’existence ou non d’une perspective raisonnable d’éloignement.
En l’espèce, s’agissant des moyens pris de l’irrecevabilité de la requête de la préfecture :
— Au titre de l’absence de communication d’une pièce justificative utile tenant à un formulaire de vulnérabilité, il s’agit d’un élément relevant de la contestation de l’arrêté de placement en rétention,
— Au titre de l’absence de copie actualisée du registre faute de certaines mentions, il n’est joint aucun élément tenant à deux hospitalisations invoquées, les dates de la seconde n’étant pas même précisées,
ce qui ne peut constituer une motivation au sens de l’article R.743-11.
En outre, la déclaration d’appel n’expose aucun argument critiquant la décision du premier juge compte-tenu du contrôle opéré au regard des diligences d’ores et déjà réalisées – ce qui ne peut pas davantage constituer une motivation au sens de l’article R.743-11. En effet, il est justifié que M. [X] [C] ayant été reconnu par les autorités consulaires algériennes le 30 janvier 2025, ces dernières ont été saisies depuis le 08 avril 2026 de la demande de délivrance de laissez-passer consulaire suite aux demandes de plan de voyage reçues par le service dédié les 08 avril 2026 et 23 avril 2026 en l’état de l’annulation du premier vol prévu le 24 avril 2026 faute de délivrance de ce document malgré les éléments adressés aux autorités consulaires le 14 avril 2026, puis du second vol prévu le 13 mai prochain (date délivrée par le service dédié le 02 mai 2026 communiquée depuis le 04 mai 2026 à 11 heures 47 aux autorités consulaires pour délivrance du laissez-passer).
A défaut d’autres moyens présentés en appel, il y a lieu de constater que l’appel doit être rejeté comme irrecevable.
PAR CES MOTIFS
REJETONS la déclaration d’appel,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 3] le 09 mai 2026 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Protection sociale ·
- Urssaf ·
- Rhône-alpes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Cotisations ·
- Jugement ·
- Erreur matérielle ·
- Sécurité sociale ·
- Gérant ·
- Indépendant ·
- Contrainte
- Demande ·
- Rejet ·
- Liquidation ·
- Colombie ·
- Sécurité sociale ·
- Pension de vieillesse ·
- Option ·
- Pension de retraite ·
- Sécurité ·
- Courrier
- Droit de visite ·
- Père ·
- Hébergement ·
- Parents ·
- Vacances ·
- Assistance éducative ·
- Mère ·
- Juge des enfants ·
- Refus ·
- Forme des référés
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Pneumatique ·
- Amiante ·
- Maladie professionnelle ·
- Sécurité sociale ·
- Comités ·
- Reconnaissance ·
- Rente ·
- Avis ·
- Tableau ·
- Assurance maladie
- Copropriété : organisation et administration ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Immeuble ·
- Adresses ·
- Abus de majorité ·
- Vote ·
- Destination ·
- Copropriété ·
- Partie commune ·
- Assemblée générale ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Résolution
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mayotte ·
- Ordonnance ·
- Frontière ·
- Appel ·
- Police nationale ·
- Notification ·
- Éloignement ·
- Délai ·
- Mère
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Licenciement ·
- Absence ·
- Congé ·
- Employeur ·
- Titre ·
- Demande ·
- Assurances ·
- Poste de travail ·
- Salaire ·
- Formation
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Licenciement ·
- Sociétés ·
- Salarié ·
- Faute grave ·
- Titre ·
- Indemnité ·
- Demande ·
- Temps de travail ·
- Dommages et intérêts ·
- Jugement
- Banque - effets de commerce ·
- Droit des affaires ·
- Bretagne ·
- Caisse d'épargne ·
- Prévoyance ·
- Pays ·
- Prescription ·
- Trouble ·
- Habilitation familiale ·
- Curatelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Impossibilité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Secret médical ·
- Expertise ·
- Pièces ·
- Tiers détenteur ·
- Responsabilité médicale ·
- Cliniques ·
- Tribunal judiciaire ·
- Communication ·
- Ordonnance ·
- Mission
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Bailleur ·
- Réalisation ·
- Loyer ·
- Locataire ·
- Demande ·
- Annulation ·
- Jugement ·
- Expulsion ·
- Assainissement ·
- Appel
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Licenciement ·
- Sociétés ·
- Congés payés ·
- Entretien préalable ·
- Discrimination ·
- Travail ·
- Dommages et intérêts ·
- Entretien ·
- Dommage ·
- Demande
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.