Infirmation 19 février 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 19 févr. 2026, n° 26/00917 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 26/00917 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Créteil, 17 février 2026 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 1 mars 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 19 FEVRIER 2026
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/00917 – N° Portalis 35L7-V-B7K-CMYBI
Décision déférée : ordonnance rendue le 17 février 2026, à 11h36, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Créteil
Nous, Philippe Blondeau, conseiller à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Ophanie Kerloc’h, greffière aux débats et au prononcé de l’ordonnance,
APPELANT
M. [P] [W] [Y]
né le 13 février 1994 à [Localité 1], de nationalité marocaine
RETENU au centre de rétention : [Adresse 1]
assisté de Me Mathilde Couloigner, avocat de permanence au barreau de Paris, présent en salle d’audience de la Cour d’appel de Paris
et de Mme [O] [D], interprète en langue arabe, tout au long de la procédure devant la cour et lors de la notification de la présente ordonnance, serment préalablement prêté, présent en salle d’audience de la Cour d’appel de Paris
INTIMÉ :
LE PREFET DU VAL-DE-MARNE
représenté par Me Nicolas Suarez Pedroza du cabinet Actis Avocats, avocats au barreau du Val-de-Marne, présent en salle d’audience au centre de rétention administrative du [P], plaidant par visioconférence
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE :
— contradictoire
— prononcée en audience publique
— Vu l’ordonnance du 17 février 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Créteil rejetant les moyens de nullité soulevés, déclarant la procédure diligentée à l’encontre de M. [P] [W] [Y] régulière, constatant la légalité de la mesure de rétention prise à l’encontre de M. [P] [W] [Y], ordonnant la prolongation de la rétention de M. [P] [W] [Y] pour une durée de vingt-six jours à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures du placement initial en rétention et rappelant que l’intéressé a l’obligation de quitter le territoire français en application de l’article L 742-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— Vu l’appel motivé interjeté le 18 février 2026 , à 12h01 , par M. [P] [W] [Y] ;
— Après avoir entendu les observations :
— par visioconférence, de M. [P] [W] [Y], assisté de son avocat, qui demande l’infirmation de l’ordonnance ;
— du conseil du préfet du Val-de-Marne, plaidant par visioconférence, tendant à la confirmation de l’ordonnance ;
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
M. [P] [H] [Y], né le 13 février 1994 à [Localité 1], de nationalité marocaine, a été placé en rétention par arrêté du 13 février 2026, sur le fondement d’une obligation de quitter le territoire français assortie d’une interdiction de retour pour une durée de 24 mois, datées du 20 septembre 2025.
Le 16 février 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire aux fins de prolongation de la rétention administrative.
Par ordonnance du 17 février 2026, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 2] a ordonné la prolongation du maintien en rétention de l’intéressé pour une durée de vingt-six jours.
M. [H] [Y] a interjeté appel de cette décision le 18 février 2026 en sollicitant l’infirmation de l’ordonnance, aux motifs suivants :
— violation du droit au recours effectif en raison de l’impossibilité d’introduire une requête contre les arrêtés préfectoraux notifiés
— absence de circonstances de temps ou de lieu justifiant le placement de l’intéressé en LRA
— diligences de l’administration insuffisantes
MOTIVATION
Sur la violation du droit au recours effectif en raison de l’impossibilité d’introduire une requête contre les arrêtés préfectoraux notifiés.
L’intéressé fait valoir que l’article R.744-21 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoit que :
Pour permettre l’exercice effectif de leurs droits, les étrangers maintenus dans un local de rétention peuvent bénéficier du concours d’une personne morale, à leur demande ou à l’initiative de celle-ci, dans des conditions définies par convention conclue par le préfet ou, à [Localité 3], par le préfet de police. Dans chaque local de rétention, ce concours est assuré par une seule personne morale.
Il rappelle que la cour d’appel de Paris a estimé qu’il revient à l’administration, s’agissant des obstacles relatifs à l’exercice effectif des droits en LRA « de produire toute preuve contraire (') et notamment la preuve de mise à disposition d’un téléphone individuel au sein du local de rétention administrative ou la remise en fonctionnement des téléphones publics. »
L’intéressé rappelle qu’il a été placé au local de rétention administrative de [Localité 4] le 13/02/2026 pour une durée de 4 jours avant d’être transféré au centre de rétention administrative.
En effet, par arrêté préfectoral 13/02/2026 M. [P] [H] [Y] a fait l’objet d’un maintien au local de rétention administrative de [Localité 4] pour une durée de 96 heures dans l’attente de l’exécution d’office de son obligation de quitter le territoire français.
L’administration n’expose pas de motivation pour expliquer un tel délai conformément à l’article R.744-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
M. [P] [H] [Y] soutient, sans être contredit, que durant cette période il n’a eu accès ni à une association, ni à un avocat.
Un délai de 4 jours s’est écoulé entre son placement en local de rétention administrative et son transfert au centre de rétention administrative, ce qui a rendu matériellement impossible l’introduction d’un recours contre l’arrêté de placement en rétention dans les délais, constituant une irrégularité de la procédure qui a porté une atteinte substantielle à ses droits et qui sera sanctionnée par la remise en liberté de l’intéressé.
PAR CES MOTIFS
INFIRMONS l’ordonnance,
Statuant à nouveau,
CONSTATONS l’irrégularité de la procédure,
Ordonnons la remise en liberté de Monsieur [P] [W] [Y],
Rappelons à l’intéressé son obligation de quitter le territoire français,
DISONS que la présente ordonnance sera notifiée à l’intéressé par l’intermédiaire du chef du centre de rétention administrative (avec traduction orale du dispositif de l’ordonnance dans la langue comprise par l’intéressé ),
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 3] le 19 février 2026 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
L’avocat de l’intéressé L’interprète
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Autres demandes contre un organisme ·
- Protection sociale ·
- Désistement ·
- Veuve ·
- Adresses ·
- Dessaisissement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Appel ·
- Avocat ·
- Conseil ·
- Procédure ·
- Intermédiaire
- Autres demandes relatives à la copropriété ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Vigne ·
- Résidence ·
- Sinistre ·
- Assureur ·
- Société par actions ·
- Assurances ·
- In solidum ·
- Épouse ·
- Incendie
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Salarié ·
- Heures supplémentaires ·
- Poste ·
- Reclassement ·
- Sociétés ·
- Licenciement ·
- Médecin du travail ·
- Maladie professionnelle ·
- Hebdomadaire ·
- Indemnité
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Saisie-attribution ·
- Signification ·
- Jugement ·
- Acte ·
- Paiement ·
- Montant ·
- Titre ·
- Exécution ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Adresses
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Reclassement ·
- Sociétés ·
- Emploi ·
- Médecin du travail ·
- Contrats ·
- Titre ·
- Salarié ·
- Lettre de licenciement ·
- Médecin ·
- Indemnité
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Saisies et mesures conservatoires ·
- Opposition ·
- Cotisations ·
- Tiers détenteur ·
- Compte joint ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mainlevée ·
- Sécurité sociale ·
- Demande ·
- Assignation ·
- Paiement
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Sociétés ·
- Acompte ·
- Ordre de service ·
- Demande ·
- Marchés publics ·
- Résiliation ·
- Litige ·
- Chèque ·
- Tribunaux administratifs
- Groupements : fonctionnement ·
- Droit des affaires ·
- Concept ·
- Retrait ·
- Rôle ·
- Procédure accélérée ·
- Siège social ·
- Adresses ·
- Tribunaux de commerce ·
- Avocat ·
- Demande ·
- Désistement d'instance
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Éloignement ·
- Diligences ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Ordonnance ·
- Appel ·
- Absence ·
- Liberté ·
- Courriel
Sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Jonction ·
- Industrie ·
- Mise en état ·
- Avocat ·
- Procédure ·
- Répertoire ·
- Intimé ·
- Appel ·
- Minute ·
- Qualités
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Contrat de travail ·
- Syndicat ·
- Salarié ·
- Non-renouvellement ·
- Durée ·
- Travail saisonnier ·
- Sociétés ·
- Election professionnelle ·
- Election ·
- Inspecteur du travail
- Vente du fonds de commerce ·
- Droit des affaires ·
- Demande de radiation ·
- Mise en état ·
- Liquidation amiable ·
- Péremption ·
- Impossibilite d 'executer ·
- Délais ·
- Rôle ·
- Incident ·
- Liquidation ·
- Conséquences manifestement excessives
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.