Infirmation 7 mars 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Toulouse, 6e ch., 7 mars 2025, n° 24/03763 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Toulouse |
| Numéro(s) : | 24/03763 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 14 mars 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
C O U R D ' A P P E L D E T O U L O U S E
DU 07/03/2025
29/25
N° RG 24/03763 – N° Portalis DBVI-V-B7I-QTWD
Ordonnance rendue le SEPT MARS DEUX MILLE VINGT CINQ, par A. DUBOIS, présidente de chambre déléguée par ordonnance de la première présidente de la cour d’appel de Toulouse du 12 décembre 2024, assistée de C. IZARD, greffière
REQUÉRANTS
Monsieur [T] [R]
[Adresse 4]
[Localité 2]
Comparant
Monsieur [D] [R]
[Adresse 3]
[Localité 2]
Comparant
DEFENDEUR
Maître [W] [C]
[Adresse 1]
[Localité 2]
Représenté par Me Jean-Marie BEDRY de la SELARL BEDRY JULHE BLANCHARD BJB, avocat au barreau de Toulouse
DÉBATS : A l’audience publique du 07 Février 2025 devant A. DUBOIS, assistée de C. IZARD
Nous, magistrate déléguée, en présence de notre greffière et après avoir entendu les parties ou les conseils des parties en leurs explications :
— avons mis l’affaire en délibéré au 07/03/2025
— avons rendu publiquement par mise à disposition au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile, l’ordonnance contradictoire suivante :
FAITS ' PROCÉDURE ' PRÉTENTIONS :
M. [T] [R] et M. [D] [R] ont confié à M. [W] [C], avocat, la défense de leurs intérêts dans le cadre d’une procédure d’appel à l’encontre d’un jugement rendu par le tribunal de grande instance d’Albi du 25 juin 2010.
Aucune convention d’honoraires ni lettre de mission n’a été établie.
M. [C] a émis une facture récapitulative d’un montant de 12 300 euros TTC déduction faite des deux provisions de 1 500 euros et 3 000 euros TTC perçues les 11 février 2020 et 22 octobre 2021.
Par correspondance du 22 février 2024, il a saisi le bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Toulouse d’une demande d’arbitrage d’honoraires.
Suivant décision du 14 octobre 2024, le bâtonnier a :
— fixé à la somme de 14 000 euros HT, soit 16 800 euros TTC les honoraires de M. [C],
— en conséquence, dit que les consorts [R] ayant versé les provisions de 1 500 euros et 3 000 euros TTC, doivent régler la somme de 10 250 euros HT, soit 12 300 euros TTC représentant le reliquat dû,
— ordonné l’exécution provisoire à hauteur de 1 500 euros TTC.
Par lettre recommandée avec accusé de réception adressée le 12 novembre 2024, soutenue oralement à l’audience du 7 février 2025, à laquelle il conviendra de se référer pour plus ample exposé des moyens en application de l’article 455 du code de procédure civile, les consorts [R] ont formé recours à l’encontre de cette décision devant la première présidente de la cour d’appel de Toulouse.
Par conclusions reçues au greffe le 27 janvier 2025, soutenues oralement à l’audience, auxquelles il conviendra de se référer pour plus ample exposé des moyens en application de l’article 455 du code de procédure civile, M. [C] demande à la première présidente de confirmer la décision entreprise.
— :-:-:-:-
MOTIVATION :
Sur les manquements professionnels :
Il sera liminairement rappelé que la procédure spéciale instituée par les articles 174 et suivants du décret du 27 novembre 1991 ne concerne que les contestations relatives au montant et au recouvrement des honoraires d’avocat, et ne peut être l’occasion de l’examen même indirect de la qualité du service de la prestation.
Aussi, les reproches et manquements formulés par les consorts [R] à l’encontre de leur avocat, quant à la qualité de son travail et les erreurs procédurales qu’il aurait pu commettre, son manque de probité et le défaut d’information des modalités de sa facturation, relèvent de la juridiction de droit commun en matière de responsabilité professionnelle et sont inopérants dans le cadre de la présente procédure.
Sur les honoraires :
Aux termes de l’article 10, alinéa 1, de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques, les honoraires de postulation, de consultation, d’assistance, de conseil, de rédaction d’actes juridiques sous seing privé et de plaidoirie sont fixés en accord avec le client.
En l’espèce, la contestation porte sur la facture de solde d’honoraires n° 230800124 du 3 août 2023.
Les appelants contestent la décision entreprise en ce qu’elle a retenu que M. [C] avait droit à la perception d’honoraires alors même qu’aucune convention d’honoraires n’a été régularisée en contravention avec la loi dite 'Macron’ du 6 août 2015.
Cependant, si cette loi a modifié l’article 10 précité en généralisant l’obligation pour l’avocat de conclure une convention d’honoraires, elle n’a pas assorti cette nouvelle obligation d’une quelconque sanction ou restriction à la perception d’honoraires.
Il en résulte que le défaut de signature d’une convention ne prive pas l’avocat du droit de percevoir des honoraires pour les diligences accomplies. Ceux-ci doivent alors être évalués selon les critères du 4ème alinéa de l’article 10 en tenant compte, selon les usages, de la situation de fortune du client, de la difficulté de l’affaire, des frais exposés par l’avocat, de sa notoriété et des diligences de celui-ci.
Ce premier moyen doit donc être écarté.
MM. [R] remettent également en cause le taux horaire, le nombre d’heures ainsi que les diligences visées dans la facture n° 230800124 de 12 300 euros TTC relative relative à la procédure devant la cour d’appel de Toulouse. Ils soutiennent également que M. [C] n’a fait qu’un copier/coller de ses conclusions de première instance.
Toutefois, bien qu’indiquant contester les diligences accomplies et visées dans la facture litigieuse, ils ne développent aucun argument remettant en cause leur réalité ou l’évaluation faite du temps passé à leur réalisation.
L’intimé justifie quant à lui de la rédaction des différents actes visés dans cette facture qui détaille le temps passé pour chaque diligence.
Mais si le temps estimé par l’avocat à la notification de la déclaration d’appel, à la rédaction des conclusions d’appelants n°2 et n°3 ainsi qu’à l’étude des conclusions d’intimés des parties adverses, est cohérent et tient valablement compte des modifications plus ou moins importantes, les 5 heures de travail décomptées pour l’établissement des conclusions n° 1 et les 4 heures pour la rédaction des conclusions n°4 apparaissent excessives.
En effet, il ressort de la lecture du jugement du tribunal judiciaire d’Albi ayant fait l’objet du recours, que les moyens développés dans les conclusions de première instance sont très similaires à ceux présentés dans les premières conclusions d’appelants. De plus, les modifications apportées au dernier jeu de conclusions, qui viennent répondre aux irrecevabilités soulevées à l’encontre de leurs prétentions et de l’action concernant les SCI, ne permettent pas de justifier un temps de travail évalué à 4 heures.
Au regard de ce qui précède, le temps de travail nécessaire à l’accomplissement de l’ensemble des diligences sera ramené à 31 heures au lieu des 35 décomptées par l’avocat.
Par ailleurs, le taux horaire de 400 euros HT facturé et retenu par le bâtonnier est parfaitement conforme aux dispositions de l’article 10 alinéa 4 précité compte tenu à la fois de la notoriété et de l’expérience certaines de M. [C], de la situation de fortune des consorts [R] ainsi que de la nature et la difficulté du dossier lequel s’inscrit dans un litige à fort enjeu financier qui a fait l’objet de nombreuses procédures annexes.
Dès lors, les honoraires dus par les consorts [R] seront fixés à la somme globale de 12 400 euros HT (31 x 400) soit 14 880 euros TTC.
Les parties s’accordent sur des règlements d’ores et déjà intervenu à hauteur de 4 500 euros TTC. Les appelants soutiennent qu’ils ont également réglé la somme de 1 500 euros au titre de l’exécution provisoire de la décision de première instance sans toutefois en justifier devant la présente juridiction. Ils demeurent alors redevables d’un reliquat de 10 380 euros TTC.
La décision ordinale sera en conséquence infirmée.
Comme ils succombent, MM [T] et [D] [R] supporteront la charge des dépens.
PAR CES MOTIFS
Statuant par décision contradictoire, après débats en audience publique,
Infirmons la décision rendue le 14 octobre 2024 par le bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Toulouse,
Statuant à nouveau,
Fixons à la somme 14 880 euros TTC les honoraires dus par MM. [T] et [D] [R] à M. [W] [C],
Disons que MM. [T] et [D] [R] restent redevables de la somme de 10 380 euros TTC, déduction faite des sommes et déjà réglées,
Condamnons MM. [T] et [D] [R] aux dépens,
Déboutons les parties du surplus de leurs demandes.
LA GREFFIERE LA MAGISTRATE DELEGUEE
C. IZARD A. DUBOIS
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Radiation du rôle ·
- Université ·
- Mise en état ·
- Comté ·
- Adresses ·
- Avocat ·
- Établissement ·
- Répertoire ·
- Intimé ·
- Magistrat
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Médiateur ·
- Médiation ·
- Partie ·
- Mise en état ·
- La réunion ·
- Aide juridictionnelle ·
- Délai ·
- Accord ·
- Sociétés immobilières ·
- Provision
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Incompatibilité ·
- Tribunal judiciaire ·
- Défaut de motivation ·
- Ordonnance ·
- Recours ·
- Disproportion ·
- Notification ·
- Motivation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Sociétés ·
- Peinture ·
- Architecte ·
- Ingénierie ·
- Associé ·
- Décompte général ·
- Marches ·
- Maître d'ouvrage ·
- Bâtiment ·
- Commerce
- Baux d'habitation et baux professionnels ·
- Contrats ·
- Clause resolutoire ·
- Logement ·
- Surendettement ·
- Action ·
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Service ·
- Locataire ·
- Rétablissement personnel ·
- Tutelle
- Attribution ·
- Parcelle ·
- Soulte ·
- Partage ·
- Accord ·
- Donations ·
- Successions ·
- Adresses ·
- Expert ·
- Partie
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Droit des affaires ·
- Bail commercial ·
- Loyer ·
- Sociétés ·
- Clause resolutoire ·
- Avenant ·
- Bail renouvele ·
- Commandement de payer ·
- Renouvellement du bail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bailleur ·
- Modification
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Golfe ·
- Méditerranée ·
- Sociétés ·
- Terrassement ·
- Mission ·
- Maître d'ouvrage ·
- Expertise ·
- Technique ·
- Demande ·
- Béton
- Demande en partage, ou contestations relatives au partage ·
- Compte joint ·
- Enrichissement injustifié ·
- Mauvaise foi ·
- Chèque ·
- Concubinage ·
- Prêt ·
- Participation ·
- Libéralité ·
- Vie commune ·
- Titre
Sur les mêmes thèmes • 3
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Architecte ·
- Honoraires ·
- Plan ·
- Exécution ·
- Tribunal judiciaire ·
- Qualités ·
- Solidarité ·
- Jugement ·
- Rémunération ·
- Codébiteur
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Médecin du travail ·
- Emploi ·
- Sociétés ·
- Licenciement ·
- Obligations de sécurité ·
- Origine ·
- Accident du travail ·
- Opérateur ·
- Sécurité ·
- Droite
- Copropriété : droits et obligations des copropriétaires ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Incident ·
- Forclusion ·
- Signification ·
- Demande ·
- Ordonnance de référé ·
- Partie ·
- Conseiller ·
- Observation ·
- Tribunal judiciaire
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.