Cassation 20 juillet 1987
Résumé de la juridiction
Seule est inexcusable, au sens de l’article 3 de la loi du 5 juillet 1985, la faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience.
Par suite n’est pas inexcusable : . la faute du piéton qui, en courant et sans prendre la moindre précaution, a traversé la chaussée et s’est jeté sur un véhicule (arrêt n° 1) ; . la faute du piéton qui, à une heure où la circulation était importante, a surgi de derrière un fourgon à l’arrêt à un signal stop, brusquement, sans précaution et en courant (arrêt n° 2) ;. la faute du piéton qui, alors qu’il disposait d’un passage pour piétons à proximité, a entrepris en courant la traversée de la chaussée sans prendre aucune précaution, juste au moment où survenait une automobile (arrêt n° 3) ; . la faute du piéton qui s’est précipité sans précaution et hâtivement sur la chaussée comportant une bonne visibilité, au moment où survenait, à sa hauteur, un véhicule circulant à allure modérée (arrêt n° 4) ;. la faute du piéton qui a traversé brusquement une chaussée, sans regarder à gauche, alors qu’arrivait, le long du trottoir, et à quelques mètres, un véhicule roulant à allure modérée (arrêt n°5) ; – la faute du piéton qui s’est engagé sur la chaussée alors que les feux étaient verts pour les voitures et sans prêter attention à celle qui, arrivant en longeant le trottoir, est venue le heurter (arrêt n° 6) ; . la faute du piéton qui, ayant traversé une chaussée sur un passage réservé aux piétons, a fait demi-tour sans porter la moindre attention aux obstacles pouvant se trouver sur la chaussée et est venu se jeter sur un camion (arrêt n° 7) ; . la faute du piéton qui, alors qu’il se tenait sur le trottoir, près de la porte arrière d’une automobile en stationnement, et tournait le dos à la circulation, a reculé sur la chaussée ou s’est penché sur la rue, et a été heurté par l’arrière d’une camionnette (arrêt n° 8) ; . la faute du piéton qui a entrepris la traversée d’une chaussée alors qu’il pouvait voir venir, ou même avait vu venir, une voiture, et qu’au départ, il était, au moins en partie, masqué à la vue de l’automobiliste par le tracteur derrière lequel il s’était tenu à un moment donné (arrêt n° 9) ; . la faute du piéton qui, à l’approche de plusieurs voitures qu’il pouvait voir arriver, circulant sur un long boulevard rectiligne, alors qu’il était à même de se rendre compte que les feux étaient au vert pour les automobilistes, a commis la très grave imprudence d’effectuer la traversée d’une chaussée à trois voies (arrêt n° 10)
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Sur la décision
| Référence : | Cass. 2e civ., 20 juil. 1987, n° 86-16.287, Bull. 1987 II N° 160 p. 90 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour de cassation |
| Numéro(s) de pourvoi : | 86-16287 |
| Importance : | Publié au bulletin |
| Publication : | Bulletin 1987 II N° 160 p. 90 |
| Décision précédente : | Cour d'appel de Versailles, 5 décembre 1985 |
| Dispositif : | Cassation . |
| Date de dernière mise à jour : | 6 août 2024 |
| Identifiant Légifrance : | JURITEXT000007019677 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Président : | Président :M. Aubouin |
|---|---|
| Rapporteur : | Rapporteur :M. Deroure |
| Avocat général : | Avocat général : M. Bouyssic |
Texte intégral
Sur le moyen unique :
Vu l’article 3 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 ;
Attendu que seule est inexcusable au sens de ce texte la faute volontaire d’une exceptionnelle gravité exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience ;
Attendu, selon l’arrêt confirmatif attaqué, que, dans une agglomération, l’automobile de M. X… heurta M. Y… qui, à pied, traversait la chaussée ; que, blessé, M. Y… demanda à M. X… la réparation de son préjudice ; que la Caisse primaire d’assurance maladie de Paris intervint à l’instance ;
Attendu que pour débouter M. Y… de sa demande en retenant à sa charge une faute inexcusable, l’arrêt énonce que la victime, en courant et sans prendre la moindre précaution, a traversé la chaussée et s’est jetée sur le véhicule de M. X… ;
Qu’en l’état de ces énonciations d’où ne résulte pas l’existence d’une faute inexcusable à la charge de la victime, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE l’arrêt rendu le 5 décembre 1985, entre les parties, par la cour d’appel de Versailles ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Caen
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