Cassation 3 novembre 1992
Résumé de la juridiction
Méconnaît la loi du contrat la cour d’appel qui, pour décider que les deux actes par lesquels une banque avait garanti les engagements d’un sous-traitant envers l’entrepreneur principal étaient des cautionnements, retient que, les deux contrats étant des accessoires de la convention de sous-traitance, leur mise en oeuvre dépendait de son inexécution et que le caractère de garantie autonome était exclu par l’obligation faite à la banque de motiver sa demande, conditionnée par la mauvaise exécution des obligations du sous-traitant, alors que si les deux actes se référaient l’un et l’autre au même contrat, le premier stipulait l’obligation d’effectuer le versement prévu à première demande, sans qu’elle eût à être justifiée par quelque condition ou vérification, tandis que le second prévoyait que la banque ne pouvait élever aucune protestation ou exception de quelque nature que ce fût pour différer ou refuser le paiement, et que l’obligation de " motiver " la demande n’imposait au bénéficiaire, en l’absence de toute autre stipulation, que de fournir un exposé descriptif de ses griefs, sans avoir à apporter la preuve de leur bien-fondé.
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | Cass. com., 3 nov. 1992, n° 90-16.271, Bull. 1992 IV N° 335 p. 239 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour de cassation |
| Numéro(s) de pourvoi : | 90-16271 |
| Importance : | Publié au bulletin |
| Publication : | Bulletin 1992 IV N° 335 p. 239 |
| Décision précédente : | Cour d'appel de Paris, 3 avril 1990 |
| Dispositif : | Cassation. |
| Date de dernière mise à jour : | 6 août 2024 |
| Identifiant Légifrance : | JURITEXT000007029914 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
.
Sur le moyen unique :
Vu l’article 1134 du Code civil ;
Attendu, selon les énonciations de l’arrêt attaqué, que la Société auxiliaire d’entreprise de la région parisienne (SAEP) a sous-traité certains travaux d’un chantier à la société Sud-Est travaux du bâtiment (ETB) ; qu’à la convention de sous-traitance ont été annexés deux actes portant l’intitulé « caution », lesquels stipulaient que la Banque du bâtiment et des travaux publics (la banque) s’engageait à verser tout ou partie des sommes faisant l’objet du présent engagement de caution, l’un « à la première demande » et l’autre « dans les 15 jours d’une simple mise en demeure » devant être « motivée par la mauvaise exécution des obligations du sous-traitant… sans pouvoir élever aucune exception ou soulever de contestation de quelque nature que ce soit pour différer ou refuser le versement » ; qu’à la suite de la mise en liquidation judiciaire de la société ETB, la société SAEP a assigné la banque en exécution des deux conventions ;
Attendu que, pour décider qu’il s’agissait de deux cautionnements et pour rejeter cette demande, la cour d’appel a retenu que les deux contrats étaient des accessoires de la convention de sous-traitance, que leur mise en oeuvre dépendait de son inexécution et que le caractère de garantie autonome était exclu par l’obligation faite à la banque de motiver sa demande, conditionnée par la mauvaise exécution des obligations du sous-traitant ;
Attendu qu’en statuant ainsi, alors que, si les deux actes litigieux se référaient l’un et l’autre au même contrat, le premier stipulait l’obligation d’effectuer le versement prévu à première demande, sans qu’elle eût à être justifiée par quelque condition ou vérification, tandis que le second prévoyait que la banque ne pouvait élever aucune protestation ou exception de quelque nature que ce fût pour différer ou refuser le paiement, et que l’obligation de « motiver » la demande n’imposait au bénéficiaire, en l’absence de toute autre stipulation, que de fournir un exposé descriptif de ses griefs, sans avoir à apporter la preuve de leur bien-fondé, la cour d’appel a méconnu la loi du contrat ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 3 avril 1990, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Société par actions ·
- Adresses ·
- Déchéance ·
- Pourvoi ·
- Siège ·
- Immobilier ·
- Référendaire ·
- Management ·
- Ordonnance ·
- Action
- Ci pour apprécier l'opportunité de son achat ·
- Réglementation relative au démarchage ·
- Contrat conclu par un agriculteur ·
- Démarchage et vente à domicile ·
- Défaut de compétence de celui ·
- Protection des consommateurs ·
- Loi du 22 décembre 1972 ·
- Domaine d'application ·
- Vente à domicile ·
- Application ·
- Conditions ·
- Agriculteur ·
- Activité ·
- Acquéreur ·
- Semence ·
- Engrais ·
- Achat ·
- Protection ·
- Matériel agricole ·
- Exploitation ·
- Branche
- Absence de restriction dans l'offre ·
- Accord sur l'objet et le prix ·
- Condition suffisante ·
- Accord des parties ·
- Offre publique ·
- Destinataires ·
- Formation ·
- Commune ·
- Offres publiques ·
- Parcelle ·
- Acceptation ·
- Terrain à bâtir ·
- Contrat de vente ·
- Acheteur ·
- Restriction ·
- Journal ·
- Vendeur
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Rupture conventionnelle ·
- Salarié ·
- Lieu de travail ·
- Code du travail ·
- Heures supplémentaires ·
- Indemnité de rupture ·
- Sociétés ·
- Licenciement ·
- Titre ·
- Montant
- Désistement ·
- Charbonnage ·
- Pourvoi ·
- L'etat ·
- Référendaire ·
- Cour de cassation ·
- Adresses ·
- Ordonnance ·
- Carolines ·
- Donner acte
- Fondation ·
- Inéligibilité ·
- Procédure pénale ·
- Cour de cassation ·
- Interdiction professionnelle ·
- Pourvoi ·
- Conseiller ·
- Abus de confiance ·
- Observation ·
- Interdiction
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Hong kong ·
- Adresses ·
- Sociétés ·
- Thé ·
- Banque ·
- Pays ·
- Loi applicable ·
- Fait générateur ·
- Dommage ·
- Compte
- Prix ·
- Parcelle ·
- Acceptation ·
- Promesse de vente ·
- Acte ·
- Promesse synallagmatique ·
- Engagement ·
- Surenchère ·
- Option ·
- Bénéficiaire
- Délai de cinq jours prévu par l'article l. 122 ·
- Délai de cinq jours prévu par l'article l ·
- Convocation par lettre recommandée ·
- Contrat de travail, rupture ·
- 122-14 du code du travail ·
- Entretien avec le salarié ·
- 14 du code du travail ·
- Jour férié ou chômé ·
- Formalités légales ·
- Licenciement ·
- Computation ·
- Convocation ·
- Prorogation ·
- Modalités ·
- Entretien préalable ·
- Délai ·
- Lettre recommandee ·
- Homme ·
- Jour férié ·
- Salarié ·
- Conseil ·
- Textes ·
- Jugement ·
- Protection
Sur les mêmes thèmes • 3
- Article 65 de la loi du 29 juillet 1881 ·
- Diffamation et injures ·
- Domaine d'application ·
- Éléments du délit ·
- Action civile ·
- Constatation ·
- Prescription ·
- Diffamation ·
- Exercice ·
- Sénateur ·
- Code civil ·
- Propos ·
- Action ·
- Divulgation ·
- Soulever ·
- Fins de non-recevoir ·
- Citation ·
- Grief
- Radiotéléphone ·
- Sociétés ·
- Intérêt ·
- Pourvoi ·
- Saisie ·
- Exécution du jugement ·
- Restitution ·
- Décision de justice ·
- Cour d'appel ·
- Renvoi
- Responsabilité limitée ·
- Adresses ·
- Siège ·
- Déchéance ·
- Pourvoi ·
- Transport ·
- Référendaire ·
- Société par actions ·
- Mandataire ad hoc ·
- Ad hoc
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.