Arrêt Papon, Conseil d'Etat, Assemblée, du 12 avril 2002, 238689, publié au recueil Lebon
CE
Rejet 12 avril 2002

Arguments

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  • Accepté
    Droit à la garantie de l'Etat pour les fautes de service

    La cour a jugé que la faute de service engagée par l'Etat dans l'organisation des arrestations et internements justifie que l'Etat prenne en charge une partie des condamnations civiles prononcées contre M. X…

  • Rejeté
    Distinction entre faute personnelle et faute de service

    La cour a estimé que, bien que M. X… ait commis une faute personnelle, il existe également une faute de service qui engage la responsabilité de l'Etat, justifiant ainsi la prise en charge partielle des condamnations.

Résumé par Doctrine IA

Le Conseil d'État, saisi en premier ressort, a dû trancher la demande de M. Maurice X…, ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde, condamné par la cour d'assises pour complicité de crimes contre l'humanité, qui sollicitait la garantie de l'État pour la somme de 719 559 euros mise à sa charge au titre des condamnations civiles. M. X… invoquait l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983, qui prévoit que l'administration doit couvrir les condamnations civiles prononcées contre ses fonctionnaires, sauf en cas de faute personnelle détachable de l'exercice de leurs fonctions. Le Conseil d'État a distingué trois cas de figure pour l'application de cet article : faute de service, faute personnelle détachable et conjonction des deux. Il a jugé que, bien que les actes de l'autorité de fait dite "gouvernement de l'État français" aient été annulés par l'ordonnance du 9 août 1944, cela n'exonère pas l'État de sa responsabilité pour les fautes de service ayant facilité la déportation des Juifs. Le Conseil a estimé que M. X… avait commis une faute personnelle détachable de ses fonctions, mais a également reconnu l'existence d'une faute de service de l'administration française. En conséquence, il a condamné l'État à prendre en charge la moitié des condamnations civiles prononcées contre M. X…, rejetant le surplus des conclusions de sa requête.

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Résumé de la juridiction

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Sur la décision

Référence :
CE, ass., 12 avr. 2002, n° 238689, Lebon
Juridiction : Conseil d'État
Numéro : 238689
Importance : Publié au recueil Lebon
Type de recours : Plein contentieux
Précédents jurisprudentiels : 1. Cf. Assemblée 1951-07-28, Delville, p. 465. 2. Ab. jur. Assemblée 1952-01-04, Epoux Giraud, p. 14
Section 1952-07-25, Delle Remise, p. 401.
Textes appliqués :
Loi 83-634 1983-07-13 art. 11

Ordonnance 1944-08-09 art. 3

Dispositif : Condamnation e l'Etat
Identifiant Légifrance : CETATEXT000008087555
Identifiant européen : ECLI:FR:CEASS:2002:238689.20020412

Sur les parties

Texte intégral

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