Désistement 29 juillet 2025
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Sur la décision
| Référence : | TA Dijon, 29 juil. 2025, n° 2502700 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Dijon |
| Numéro : | 2502700 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Désistement |
| Date de dernière mise à jour : | 1 août 2025 |
Sur les parties
| Parties : | préfet de Saône-et-Loire |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 22 juillet 2025 sous le n° 2502700, le préfet de Saône-et-Loire demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de faire injonction à Mme A C de libérer le lieu d’hébergement mis à sa disposition au titre des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile et d’autoriser son expulsion, au besoin avec le concours de la force publique.
Il soutient que :
— Mme C, définitivement débouté de sa demande d’asile, occupe désormais indûment le logement en cause, cela en dépit des termes du contrat qu’elle a souscrit et d’une mise en demeure de libérer les lieux ;
— cette situation, qui empêche le logement d’une autre famille alors que les solutions d’hébergement sont limitées, compromet le bon fonctionnement du service public de l’accueil des demandeurs d’asile, de sorte que les conditions d’urgence et d’utilité sont remplies.
Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2025, le préfet de Saône-et-Loire déclare se désister purement et simplement de la requête enregistrée sous le n° 2502700.
La requête a été communiquée à Mme C, qui n’a pas produit d’observations.
II. Par une requête enregistrée le 23 juillet 2025 sous le n° 2502702, le préfet de Saône-et-Loire demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de faire injonction à Mme A C de libérer le lieu d’hébergement mis à sa disposition au titre des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile et d’autoriser son expulsion, au besoin avec le concours de la force publique.
Il soutient que :
— Mme C, définitivement déboutée de sa demande d’asile, occupe désormais indûment le logement en cause, cela en dépit des termes du contrat qu’elle a souscrit et d’une mise en demeure de libérer les lieux ;
— cette situation, qui empêche le logement d’une autre famille alors que les solutions d’hébergement sont limitées, compromet le bon fonctionnement du service public de l’accueil des demandeurs d’asile, de sorte que les conditions d’urgence et d’utilité sont remplies.
La requête a été communiquée à Mme C, qui n’a pas produit d’observations.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
— le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en qualité de juge des référés, en vertu des dispositions de l’article L.511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Lors de l’audience publique du 29 juillet 2025 à 9h30, qui s’est tenue en présence de Mme Kieffer, greffière d’audience, le rapport de Mme B a été entendu.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux requêtes enregistrées sous le n° 2502700 et 2502702, qu’il y a lieu de joindre pour y statuer par une même ordonnance, le préfet de Saône-et-Loire demande au juge des référés de faire injonction à Mme C de libérer le lieu d’hébergement mis à sa disposition au titre des conditions matérielles d’accueil des demandeurs d’asile et d’autoriser qu’il soit procédé à son expulsion de ce logement, sis à Chalon-sur-Saône, au besoin avec le concours de la force publique.
Sur le désistement :
2. Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2025, le préfet de Saône-et-Loire déclare se désister de sa requête enregistrée sous le n° 2502700. Ce désistement d’instance étant pur et simple, rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
Sur la mesure sollicitée par le préfet de Saône-et-Loire :
3. Aux termes de l’article L. 552-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les lieux d’hébergement mentionnés à l’article L. 552-1 accueillent les demandeurs d’asile pendant la durée d’instruction de leur demande d’asile ou jusqu’à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ». Selon l’article L. 551-11 du même code : « L’hébergement des demandeurs d’asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ». L’article L. 552-15 dispose : « Lorsqu’il est mis fin à l’hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l’autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d’hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu’il soit enjoint à cet occupant sans titre d’évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n’est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d’hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l’ordonnance est immédiatement exécutoire ». Aux termes, par ailleurs, de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
4. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d’une demande tendant à ce que soit ordonnée l’expulsion d’un lieu d’hébergement pour demandeurs d’asile d’un demandeur d’asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d’expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d’urgence et d’utilité.
5. En premier lieu, il résulte de l’instruction que Mme C, de nationalité angolaise, a été accueillie dans une structure d’accueil pour demandeurs d’asile située à Chalon-sur-Saône et gérée pour le compte de l’Etat par la société Adoma. Sa demande d’asile a été rejetée, en dernier lieu, par une décision définitive de la Cour nationale du droit d’asile du 19 mars 2025. En conséquence, l’intéressée a fait l’objet le 25 mars 2025 d’une décision de sortie de son lieu d’hébergement prise par la directrice territoriale de l’Office français de l’immigration et de l’intégration puis a été mise en demeure, par lettre du préfet de Saône-et-Loire du 27 mai 2025, dont elle a accusé réception le 2 juin suivant, de quitter le logement en cause dans un délai de cinq jours. Mme C n’a pas obtempéré et occupe ainsi sans droit ni titre ce lieu d’hébergement. La mesure sollicitée ne se heurte dès lors à aucune contestation sérieuse.
6. En second lieu, le dispositif d’hébergement pour demandeurs d’asile est sous forte tension à l’échelle de l’ensemble du territoire national, en dépit des efforts accomplis pour augmenter le parc de logements, ce qui a un impact sur les capacités locales en la matière, les foyers de Saône-et-Loire pouvant ainsi être sollicités pour l’accueil de personnes dont les demandes d’asiles ont été déposées dans d’autres départements. Eu égard à l’exigence primordiale de bon fonctionnement de ce service public et aux difficultés rencontrées par les autorités pour garantir l’effectivité des droits reconnus en la matière aux demandeurs d’asiles, dont beaucoup sont en attente de solutions d’hébergement, la libération des lieux occupés par Mme C revêt un caractère certain d’utilité et d’urgence.
7. Compte tenu de tout ce qui précède, il y a lieu de faire injonction à Mme C, ainsi qu’à tous occupants de son chef, de quitter le lieu d’hébergement en cause et, en cas d’inexécution de cette mesure au terme d’un délai de quinze jours, d’autoriser le préfet de Saône-et-Loire à procéder à l’évacuation forcée des lieux, le cas échéant avec le concours de la force publique.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte au préfet de Saône-et-Loire de son désistement de l’instance dans le dossier enregistré sous le n°2502700.
Article 2 : Il est enjoint à Mme C, ainsi qu’à tous occupants de son chef, de libérer le logement qu’elle occupe à Chalon-sur-Saône dans la structure d’hébergement pour demandeurs d’asile gérée par la société Adoma.
Article 3 : Faute pour Mme C d’avoir libéré les lieux dans les quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, le préfet de Saône-et-Loire pourra faire procéder à son expulsion par les moyens légaux de son choix, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Saône-et-Loire, au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et à Mme A C.
Fait à Dijon, le 29 juillet 2025.
La juge des référés,
M. B
La greffière,
S. Kieffer
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
2, 250270
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