Rejet 20 mars 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Montreuil, 5e ch. (ju), 20 mars 2025, n° 2311563 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Montreuil |
| Numéro : | 2311563 |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Sur les parties
| Parties : | département de la Seine-Saint-Denis |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 2 octobre 2023 et 19 avril 2024, M. B A, doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 1er août 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 24 mai 2022 refusant de lui accorder une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».
Il soutient que ne pas pouvoir rester assis ou debout « trop longtemps » en raison d’une lombosciatique causée par une double hernie discale ayant pour conséquence d’altérer sa mobilité de manière significative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le département de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le requérant n’est pas fondé à se prévaloir du droit à la carte mobilité inclusion, mention « stationnement pour personnes handicapées ».
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’action sociale et des familles ;
— l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
— le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Baffray a été entendu au cours de l’audience publique, à l’issue de laquelle la clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a adressé à la maison départementale des personnes handicapées de la Seine-Saint-Denis une demande tendant à la délivrance d’une carte mobilité inclusion, mention « stationnement pour personnes handicapées ». Sa demande ayant été rejetée par une décision du 24 mai 2022, l’intéressé a formé un recours administratif préalable obligatoire qui a été rejeté par le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis le 1er août 2023. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l’annulation de cette dernière décision et la délivrance de ladite carte.
2. Aux termes du I de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « La carte » mobilité inclusion « destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention » stationnement pour personnes handicapées « est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention » stationnement « de la carte () ». Aux termes du IV de l’article R. 241-12-1 de ce code : « Pour l’attribution de la mention » stationnement pour personnes handicapées « , un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ». Aux termes de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / – une aide humaine ; / – une prothèse de membre inférieur ; / – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : / Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d’un accompagnement s’impose dès lors que la personne risque d’être en danger ou a besoin d’une surveillance régulière () ".
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
4. M. A soutient de ne pas pouvoir rester assis ou debout « trop longtemps » en raison d’une lombosciatique causée par une double hernie discale ayant pour conséquence d’altérer sa mobilité de manière significative. Il résulte de l’instruction, et notamment des certificats médicaux des 18 août et 4 juin 2015 versés au dossier, que le requérant souffre d’une lombosciatique due à une hernie discale limitant sa capacité à porter des charges lourdes et nécessitant un « allégement du poste de travail avec exemption de port de charges lourdes » et un « travail à proximité de l’atelier et dans la mesure du possible un travail en binôme ». Toutefois, il ne résulte pas des éléments de l’instruction, et notamment du certificat médical du 25 février 2023, qui se borne à indiquer que le requérant « nécessite une carte de stationnement pour handicapés », que la déficience physique dont souffre le requérant aurait pour effet de réduire de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied sur une distance inférieure à 200 mètres ou qu’il aurait l’obligation de recourir systématiquement pour ses déplacements extérieurs à une aide humaine, un appareillage, un véhicule pour personnes handicapées ou une oxygénothérapie, ainsi que l’exigent les dispositions de l’arrêté du 3 janvier 2017 précité. Dans ces conditions, M. A n’est pas fondé soutenir qu’il a le droit à la carte mobilité inclusion, mention « stationnement pour personnes handicapées ». Sa requête doit, par suite, être rejetée.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à B A et au département de la Seine-Saint-Denis.
Copie en sera adressée pour information au médiateur du département de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2025.
Le magistrat désigné,La greffière,
J.-F. BaffrayT. Kadima Kalondo
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Résidence ·
- Police ·
- Certificat ·
- Justice administrative ·
- Renouvellement ·
- Stipulation ·
- Accord ·
- Tribunal judiciaire ·
- Aide juridictionnelle ·
- Décision implicite
- Mayotte ·
- Tribunaux administratifs ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Cyclone ·
- Autorisation provisoire ·
- La réunion ·
- Registre ·
- Droit commun ·
- Territoire français
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Territoire français ·
- Recours ·
- Résidence ·
- Justice administrative ·
- Garde à vue ·
- Étranger ·
- Éloignement ·
- Interdiction ·
- Délais ·
- Droit d'asile
- Vaccination ·
- Obligation ·
- Risque ·
- Personnes ·
- Suspension des fonctions ·
- Virus ·
- Charge publique ·
- L'etat ·
- Santé publique ·
- Scientifique
- Recours administratif ·
- Justice administrative ·
- Autonomie ·
- Action sociale ·
- Travailleur handicapé ·
- Commissaire de justice ·
- Commission ·
- Reconnaissance ·
- Tribunaux administratifs ·
- Famille
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Commission ·
- Commune ·
- Maire ·
- Fonction publique ·
- Justice administrative ·
- Médecin ·
- Congé de maladie ·
- Recours gracieux ·
- Arrêt de travail ·
- Service
- Justice administrative ·
- Recours gracieux ·
- Commissaire de justice ·
- Classes ·
- Administration ·
- Campagne de promotion ·
- Administrateur ·
- Publication ·
- Fins ·
- Liste
- Bâtiment ·
- Expert ·
- Justice administrative ·
- Sécurité ·
- Commune ·
- Juridiction administrative ·
- Habitation ·
- Désignation ·
- Constat ·
- Construction
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Décentralisation ·
- Aménagement du territoire ·
- Médiation ·
- Commissaire de justice ·
- Logement ·
- Commission ·
- Reconnaissance ·
- Décision implicite ·
- Recours
- Allocations familiales ·
- Justice administrative ·
- Prime ·
- Bonne foi ·
- Remise ·
- Activité ·
- Dette ·
- Commissaire de justice ·
- Fausse déclaration ·
- Dissimulation
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunaux administratifs ·
- Territoire français ·
- Auteur ·
- Délai ·
- Légalité ·
- Ordonnance ·
- Éloignement ·
- Juridiction
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.