Rejet 26 mars 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 26 mars 2025, n° 2401947 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2401947 |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2024, M. C A, demande au tribunal :
1°) d’ordonner à l’État de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu’aux entiers dépens.
Il soutient que par une décision du 22 juin 2023 de la commission de médiation de Paris, il a été désigné prioritaire et devant être logé en urgence ; que, toutefois, aucune offre effective tenant compte de ses besoins et capacités ne lui a été faite dans le délai de six mois à compter de cette décision.
Par un mémoire, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris conclut qu’il n’y a pas lieu à statuer sur la requête.
Le préfet fait valoir que la commission de médiation a reconnu le caractère prioritaire et urgent de la demande de l’intéressé le 22 juin 2023.
Par une ordonnance du 24 février 2025, prise en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, la clôture d’instruction a été fixée au 14 mars 2025 et les parties en ont été régulièrement informées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de la construction et de l’habitation ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Seulin en application de l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions du I. de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu’il désigne, lorsqu’il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d’urgence et que n’a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l’État et peut assortir son injonction d’une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l’astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu’au jugement de liquidation définitive. / Lorsqu’il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l’Etat en mesure de présenter ses observations et clôturé l’instruction. / Le produit de l’astreinte est versé au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l’article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l’astreinte n’est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l’astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l’astreinte est due en application du jugement qui l’a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l’astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive ».
Sur la demande d’injonction :
2. Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation que le juge doit, s’il constate qu’un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé ou relogé d’urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonner à l’administration de loger ou reloger l’intéressé conformément à la décision de cette commission, sauf si l’urgence a ultérieurement disparu. Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, en application du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation précité, lorsque le prononcé d’une injonction s’impose avec évidence au vu de la situation du requérant.
3. Par décision du 22 juin 2023, la commission de médiation de Paris a reconnu M. A comme prioritaire et devant être logé en urgence, au motif qu’il justifiait d’un hébergement continu dans un logement de transition depuis plus de dix-huit mois. Cette décision vaut pour une personne.
4. Il résulte de l’instruction que la situation de M. A persiste. Il vit dans une Résidence Jeunes B dans le 13e arrondissement de Paris depuis le 1er mai 2021. Il n’a reçu aucune offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités. Dès lors, sa demande doit être satisfaite d’urgence. Dans ces conditions, il y a lieu d’y procéder par ordonnance et d’enjoindre au préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris d’assurer le relogement de M. A.
Sur l’astreinte :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’assortir l’injonction décidée au point 4 ci-dessus de l’astreinte prévue par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, dont le montant doit être fixé, pour une personne, à 200 euros par mois de retard à compter du 1er juin 2025. Cette astreinte sera versée par les services de l’État au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues par l’article L. 441-2-3-1 précité du code de la construction et de l’habitation, jusqu’à sa liquidation définitive par le juge.
Sur les conclusions tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. M. A, qui n’a pas eu recours au ministère d’avocat, ne justifie pas avoir exposé des frais pour l’établissement de sa requête. Sa demande présentée sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doit donc être rejetée.
Sur les dépens :
7. La présente instance n’ayant pas occasionné de dépens, les conclusions tendant à ce que les entiers dépens soient mis à la charge de l’État ne peuvent être que rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris d’assurer le relogement de M. A, sous une astreinte destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.
Article 2 : L’astreinte, d’un montant de 200 euros par mois de retard à compter du 1er juin 2025, sera versée par les services de l’État au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, jusqu’à sa liquidation définitive par le juge.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la ministre, auprès du ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris le 26 mars 2025
La magistrate désignée,
A. SEULIN
Signé
La République mande et ordonne à la ministre, auprès du ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance./4-1
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Commune ·
- Commissaire de justice ·
- Décision administrative préalable ·
- Citoyen ·
- Urgence ·
- Juridiction ·
- Domaine public ·
- Collectivités territoriales
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Personne âgée ·
- Sociétés ·
- Désistement ·
- Hébergement ·
- Juge des référés ·
- Résidence ·
- Intérêts moratoires ·
- Établissement
- Territoire français ·
- Interdiction ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Frontière ·
- Durée ·
- Règlement (ue) ·
- Aide ·
- Pays tiers ·
- Justice administrative
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Légalité ·
- Économie ·
- Lanceur d'alerte ·
- Suspension ·
- Juge des référés ·
- Représailles ·
- Décision implicite ·
- Industrie
- Justice administrative ·
- Département ·
- Juge des référés ·
- Ordonnance ·
- Injonction ·
- Astreinte ·
- Aide juridictionnelle ·
- Délai ·
- Notification ·
- Bénéfice
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Urbanisme ·
- Déclaration préalable ·
- Mur de soutènement ·
- Légalité ·
- Suspension ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Sérieux
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Consignation ·
- Dépôt ·
- Formation ·
- Sociétés ·
- Stagiaire ·
- Justice administrative ·
- Déréférencement ·
- Connexion ·
- Adresse ip ·
- Politique sociale
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Commissaire de justice ·
- Prénom ·
- Administration ·
- Pays ·
- Public ·
- Destination ·
- Interdit ·
- Auteur
- Géorgie ·
- Pays ·
- Territoire français ·
- Tribunaux administratifs ·
- Asile ·
- Autorisation provisoire ·
- Délai ·
- Destination ·
- Justice administrative ·
- Traitement
Sur les mêmes thèmes • 3
- Valeur ajoutée ·
- Sociétés ·
- Impôt ·
- Restitution ·
- Titre ·
- Facture ·
- Cabinet ·
- Contribuable ·
- Montant ·
- Justice administrative
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Parcelle ·
- Bois ·
- Commissaire de justice ·
- Voirie ·
- Décision administrative préalable ·
- Famille ·
- Commune
- Police ·
- Décision implicite ·
- Justice administrative ·
- Autorisation provisoire ·
- Délai ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Demande ·
- Recours contentieux ·
- Titre
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.