Rejet 10 juin 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 10 juin 2025, n° 2511897 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2511897 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 17 juin 2025 |
Sur les parties
| Parties : | centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris ( CROUS ) |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2025, puis par un mémoire enregistré le
15 mai 2025, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris (CROUS), demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, l’expulsion de M. E B du logement qu’il occupe sans droit ni titre dans la résidence Universitaire Louise Bourgeois située au 51-53 rue Domrémy dans le 13ème arrondissement de Paris et de tout occupant de son chef ;
2°) d’enjoindre à M. B de quitter le logement sans délai à compter de l’ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Il soutient que :
— Le juge administratif est compétent pour connaitre des litiges dans lesquels le CROUS demande l’expulsion d’un étudiant d’une résidence universitaire ;
— la condition d’urgence est satisfaite dès lors que l’occupation irrégulière des lieux fait obstacle à ce que ce logement soit attribué à un autre étudiant et porte atteinte à la continuité et au bon fonctionnement du service public administratif dont le CROUS a la charge ;
— sa demande ne fait l’objet d’aucune contestation sérieuse dès lors que, d’une part, la décision unilatérale d’admission prévoit que l’occupation n’est consentie que pour une durée d’un an et, d’autre part, le règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS prévoit qu’un bénéficiaire ne peut occuper un logement dans une résidence universitaire s’il n’a pas préalablement fait l’objet d’une décision expresse d’admission ou de réadmission.
La requête a été communiquée à M. B qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’éducation ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus, au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Hallot, greffière d’audience :
— le rapport de Mme D A ;
— les observations de M. C, pour le CROUS de Paris ;
— les observations de M. B.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Lorsque le juge des référés est saisi d’une demande d’expulsion d’un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d’urgence, d’utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
2. Les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) sont des établissements publics à caractère administratif chargés de remplir une mission de service public en vertu des articles L. 822-1, R. 822- et R. 822-14 du code de l’éducation en accordant, notamment, par décision unilatérale, des logements aux étudiants. Même dans le cas où la résidence universitaire ne peut être regardée comme une dépendance du domaine public, toute demande d’expulsion du CROUS vise à assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public administratif dont il a la charge et ressortit en conséquence à la compétence de la juridiction administrative.
3. Il incombe au juge administratif, saisi d’un litige relatif à l’expulsion d’un occupant d’un logement situé dans une résidence gérée par un CROUS, de prendre en compte, d’une part, la nécessité d’assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public dont cet établissement public à la charge et, d’autre part, la situation de l’occupant en cause ainsi que les exigences qui s’attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale. Il en va notamment ainsi lorsque, saisi d’une demande d’expulsion en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés apprécie, pour décider s’il y a lieu d’y faire droit, si les conditions d’utilité et d’urgence posées par cet article sont remplies.
4. Aux termes de l’article 1er du règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS : « Un bénéficiaire ne peut occuper un logement dans une résidence universitaire s’il n’a pas préalablement fait l’objet d’une décision expresse d’admission, de renouvellement ou de réadmission du directeur général ou de la directrice générale du Crous. Ce droit d’occupation est en outre précaire et révocable ». En outre, l’article 2 du même règlement prévoit que : « L’occupant qui ne dispose pas d’une décision expresse d’admission ou de renouvellement ou qui perd son droit d’occupation en cours d’année devient occupant sans droit ni titre. Son maintien illégal dans les lieux entraîne la mise en œuvre d’une procédure d’expulsion, sans préjudice du recouvrement des redevances d’occupation dont il pourrait être débiteur. Tout occupant sans droit ni titre est redevable d’une indemnité d’occupation dont le montant est fixé par le conseil d’administration du Crous, sans préjudice de la procédure d’expulsion pouvant être menée à son encontre ». Enfin, aux termes de l’article 19.1 dudit règlement : « L’occupant reçoit une décision motivée de non-renouvellement ou de non-réadmission concernant la prochaine année universitaire. L’occupant qui n’a pas effectué l’ensemble des démarches nécessaires à sa réadmission ou son renouvellement selon les conditions définies par le Crous en application de la circulaire de gestion locative, ou dont la demande de réadmission ou de renouvellement a été refusée par une décision motivée du Crous ne peut pas se maintenir dans les lieux au-delà de la date de fin d’occupation. En cas de maintien dans les lieux au-delà de l’échéance de la décision initiale, le résident devient sans droit ni titre. Une mise en demeure de quitter les lieux lui est alors notifiée. Il dispose d’un délai de quinze jours à compter de la notification pour quitter les lieux. »
5. Il résulte de l’instruction que M. B occupe en qualité d’étudiant titulaire d’une bourse sur critères sociaux, un logement du CROUS depuis le 2 octobre 2023, pour l’année universitaire en cours, d’abord dans la résidence Francis de Croisset puis, depuis le
1er septembre 2024, dans la résidence Domrémy, au 51-53 rue Domrémy dans le 13ème arrondissement de Paris. Il n’a pas présenté de demande de renouvellement pour l’année universitaire 2024-2025. Par une lettre recommandée avec accusé de réception datée du
13 mars 2025, réputée notifiée le 21 mars suivant, M. B a été mis en demeure de quitter le logement dans un délai de quinze jours. Il résulte de l’instruction que M. B occupe toujours le logement précité sans justifier d’aucun titre l’y habilitant de sorte que la demande du CROUS de Paris ne se heurte à aucune contestation sérieuse. La circonstance qu’il présente une inscription dans l’établissement Campus Langues, en langue française, pour la période du
7 avril 2025 au 7 avril 2026, est sans incidence sur la situation créée par la circonstance qu’il n’avait pas demandé le renouvellement pour l’année universitaire 2024-2025 et n’était plus étudiant lorsqu’il a été mis en demeure de quitter les lieux, de même que l’est le fait d’avoir finalement payé la redevance due pour l’occupation dudit logement. L’urgence et l’utilité de la mesure sollicitée sont caractérisées par la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le CROUS de Paris, qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour satisfaire la demande de nombreux autres étudiants.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à M. B de libérer le logement qu’il occupe dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. B de libérer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu’il occupe sans droit ni titre dans la résidence universitaire Domrémy située au 51-53 rue Domrémy dans le 13ème arrondissement de Paris ainsi que tout occupant de son chef.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris et à M. E B.
Fait à Paris, le 10 juin 2025.
La juge des référés,
V. D A
signé
La République mande et ordonne au ministre, auprès de la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance./4-2
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Université ·
- Ajournement ·
- Chimie ·
- Contrôle des connaissances ·
- Jury ·
- Enseignement supérieur ·
- Sanction ·
- Étudiant ·
- Délibération ·
- Etablissement public
- Séjour des étrangers ·
- Droit d'asile ·
- Carte de séjour ·
- Erreur ·
- Extradition ·
- Vie privée ·
- Menaces ·
- Liberté fondamentale ·
- Ordre public ·
- Cartes
- Militaire ·
- Prime ·
- Recours administratif ·
- Décret ·
- Indemnité ·
- Service ·
- Injonction ·
- Armée de terre ·
- Ancien combattant ·
- Régularisation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Autorisation de travail ·
- Juge des référés ·
- Suspension ·
- Commissaire de justice ·
- Légalité ·
- Exécution ·
- Équipement thermique ·
- Mesures d'urgence ·
- Autorisation provisoire
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Logement ·
- Prime ·
- Allocation ·
- Décret ·
- Contrainte ·
- Aide ·
- Terme ·
- Sécurité sociale
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Délibération ·
- Commissaire de justice ·
- Conseil municipal ·
- Statuer ·
- Préemption ·
- Tribunaux administratifs ·
- Notaire ·
- Courrier
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Commune ·
- Urbanisme ·
- Permis de construire ·
- Parcelle ·
- Justice administrative ·
- Maire ·
- Fraudes ·
- Retrait ·
- Intérêt à agir ·
- Accès
- Notification ·
- Territoire français ·
- Erreur ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Illégalité ·
- Pays ·
- Recours ·
- Autorisation provisoire
- Carte de séjour ·
- Travailleur saisonnier ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Autorisation de travail ·
- Titre ·
- Durée ·
- Délivrance ·
- Travailleur ·
- Autorisation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Garde des sceaux ·
- Commissaire de justice ·
- Juge des référés ·
- Provision ·
- Aide juridictionnelle ·
- Titre ·
- Tribunal judiciaire ·
- L'etat ·
- Référé
- Immigration ·
- Bénéfice ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Condition ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Allocation ·
- L'etat ·
- Astreinte
- Urbanisme ·
- Justice administrative ·
- Accès ·
- Recours gracieux ·
- Commune ·
- Permis de construire ·
- Voie publique ·
- Agglomération ·
- Parcelle ·
- Demande
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.