Annulation 22 octobre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Toulon, aide soc., 22 oct. 2025, n° 2400958 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Toulon |
| Numéro : | 2400958 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 25 octobre 2025 |
Sur les parties
| Parties : | département du Var |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mars 2024 et des mémoires enregistrés le 13 mai 2024 ainsi que les 30 janvier et 26 mars 2025, Mme A… B… doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 22 février 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Var a refusé, suite à son recours administratif préalable obligatoire déposé le 30 janvier 2024, de lui délivrer la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention « stationnement ».
Elle soutient que :
- elle souffre d’un névrome de Morton qui lui cause des douleurs intenses sous la base et entre les orteils ;
- cette souffrance entraine des difficultés à la marche et elle doit s’aider d’une canne pour se déplacer ;
- son état de santé, justifie ainsi la délivrance de la carte sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2025, le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Hamon, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique lors de laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de la présente affaire à l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 février 2024, le président du conseil départemental du Var a refusé à Mme B…, suite à son recours administratif préalable obligatoire déposé le 30 janvier 2024, l’attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ». Par la présente requête, l’intéressé doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision précitée du 22 février 2024 du département du Var rejetant sa demande de délivrance de la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement ».
2. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. – La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. (…) 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. (…) ». Aux termes de l’article R. 241-12-1 du même code : « I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l’article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l’équipe pluridisciplinaire mentionnée à l’article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d’évaluer sa capacité de déplacement. (…) IV.- Pour l’attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur (…) ». Le premier alinéa de l’article R. 241-15 du même code précise que : « La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ans ».
3. L’annexe à l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles dispose que : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou – la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : – une aide humaine ; – une prothèse de membre inférieur ; – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. (…) (…) 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la mention « stationnement pour personnes handicapées » de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n’est cependant pas nécessaire que l’état de la personne soit stabilisé. / Lorsque les troubles à l’origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d’attribution de cette carte tient compte de l’évolutivité potentielle de ceux-ci ».
4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Il résulte des dispositions précitées aux points 2 et 3 que l’obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » est subordonnée à la démonstration d’une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à deux cents mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
6. Pour justifier la délivrance de la carte qu’elle sollicite, Mme B… soutient qu’elle souffre d’un névrome de Morton qui lui cause des douleurs intenses sous la base et entre les orteils. Elle expose que cette souffrance entraine des difficultés à la marche et qu’elle doit s’aider d’une canne pour se déplacer. Le département du Var fait valoir que le certificat médical en date du 11 janvier 2024 qui a en réalité été établi le 8 janvier 2024 par le médecin traitant de l’intéressée, mentionne un périmètre de marche de deux cents mètres avec une canne. Ce même certificat indique de manière contradictoire que Mme B… peut marcher sans difficulté et sans aucune aide alors qu’il indique que l’intéressée souffre de manière permanente notamment d’un névrome de Morton et qu’il a été coché la case « aggravation » dans le champ relatif aux perspectives d’évolution, précisant que pour ses déplacements, Mme B… souffre d’un ralentissement moteur, qu’elle a besoin de pauses et d’une canne pour ses déplacements en extérieur, sans que la partie relative à la fréquence d’utilisation ait été renseignée. A l’appui de ses écritures, Mme B… produit toutefois un certificat médical complémentaire du 25 avril 2024 du docteur C… lequel indique que l’intéressée souffre de douleurs permanentes exacerbées à la marche en raison du névrome de Morton. Il est précisé que cette pathologie occasionne une boiterie, entrainant des pauses au bout de 80 mètres, Mme B… devant marcher avec une canne. En se référant à des éléments médicaux antérieurs au 25 avril 2024, le département du Var ne conteste pas utilement les derniers éléments médicaux produits par la requérante, laquelle doit être regardée comme ayant systématiquement recours à une canne pour ses déplacements extérieurs, remplissant ainsi les conditions pour la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » en application des dispositions visées aux points 2 et 3 du présent jugement. Par suite, la requérante est fondée à demander l’annulation de la décision qu’elle conteste.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 22 février 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Var a refusé à Mme B… l’attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 22 février 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Var a refusé à Mme A… B… l’attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A… B… et au département du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
L. HAMON
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Migration ·
- Pays ·
- Justice administrative ·
- Délégation de signature ·
- Territoire français ·
- Liberté fondamentale ·
- Vie privée ·
- Éloignement ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Passeport ·
- Commissaire de justice ·
- Liberté fondamentale ·
- Identité ·
- Suisse ·
- Demande ·
- Atteinte
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Demandeur d'emploi ·
- Travail ·
- Suspension ·
- Légalité ·
- Liste ·
- Terme ·
- Étudiant
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Domaine public ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Expulsion ·
- Commune ·
- Décision administrative préalable ·
- Organisation sportive ·
- Air
- Territoire français ·
- Aide juridictionnelle ·
- Autorisation provisoire ·
- Annulation ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Résidence ·
- Menaces ·
- Délai
- Justice administrative ·
- Affection ·
- Commissaire de justice ·
- Indemnisation ·
- Désistement d'instance ·
- Santé publique ·
- Enregistrement ·
- Autonomie ·
- Caractère ·
- Droit commun
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Etat civil ·
- Naturalisation ·
- Auteur ·
- Juridiction ·
- Demande ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Délai
- Justice administrative ·
- Asile ·
- Maroc ·
- Pays ·
- Urgence ·
- Aide juridique ·
- Liberté fondamentale ·
- Demande ·
- Aide juridictionnelle ·
- Apatride
- Prime ·
- Habitat ·
- Agence ·
- Recours administratif ·
- Contrôle ·
- Justice administrative ·
- Administration ·
- Retrait ·
- Annulation ·
- Décret
Sur les mêmes thèmes • 3
- Valeur ajoutée ·
- Communauté urbaine ·
- Justice administrative ·
- Décompte général ·
- Coefficient ·
- Assujettissement ·
- Remboursement du crédit ·
- Droit à déduction ·
- Protocole ·
- Impôt
- Protection fonctionnelle ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Fonction publique ·
- Commissaire de justice ·
- Abrogation ·
- Acte ·
- Annulation ·
- Ordonnancement juridique
- Naturalisation ·
- Justice administrative ·
- Demande ·
- Décret ·
- Acte d'instruction ·
- Droits de timbre ·
- Tribunaux administratifs ·
- Mise en demeure ·
- Annulation ·
- Commissaire de justice
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.