Rejet 31 mars 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Toulouse, 3e ch., 31 mars 2026, n° 2502252 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Toulouse |
| Numéro : | 2502252 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 7 avril 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mars 2025, M. A… B… demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 11 février 2025 par laquelle la directrice interrégionale sud de la protection judiciaire de la jeunesse lui a refusé le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville ;
2°) d’enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de lui attribuer la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er novembre 2021 et de lui verser les sommes correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu’il était en droit de bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire dès lors qu’il intervient dans le ressort territorial d’un contrat local de sécurité signé le 14 octobre 1999 en cours d’exécution, et du contrat local de sécurité de l’agglomération signé le 28 janvier 2002 et renouvelé le 9 octobre 2020 par le contrat de sécurité intégré, sur le fondement du 3 de l’annexe du décret du 14 novembre 2001.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2026, le garde des sceaux ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. B… ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 janvier 2026, la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 10 février 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 93-522 du 26 mars 1993 ;
- le décret n° 2001-1061 du 14 novembre 2001 ;
- l’arrêté du 14 novembre 2001 fixant les conditions d’attribution de la nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville dans les services du ministère de la justice ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Lucas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B…, qui exerce les fonctions d’éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, a été affecté à compter du 1er février 2017, à l’unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de Toulouse La Gare, qui constitue une unité du service territorial éducatif de milieu ouvert (STEMO) Capitole. Par arrêté du 25 octobre 2021, le ministre de la justice a mis fin à l’attribution, à son bénéfice, d’une nouvelle bonification indiciaire mensuelle à compter du 1er novembre 2021. Il a sollicité, par courrier du 5 février 2025 le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville avec effet rétroactif à compter du 1er novembre 2021. Par décision du 11 février 2025, la directrice interrégionale sud de la protection judiciaire de la jeunesse a rejeté sa demande.
2. Aux termes du I de l’article 27 de la loi du 18 janvier 1991 : « La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret ». En vertu de l’article 1er du décret du 26 mars 1993 : « La nouvelle bonification indiciaire est attachée à certains emplois comportant l’exercice d’une responsabilité ou d’une technicité particulière. Elle cesse d’être versée lorsque l’agent n’exerce plus les fonctions y ouvrant droit ». Aux termes de l’article 1er du décret du 14 novembre 2001 : « Une nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville, prise en compte et soumise à cotisation pour le calcul de la pension de retraite, peut être versée mensuellement, dans la limite des crédits disponibles, aux fonctionnaires titulaires du ministère de la justice exerçant, dans le cadre de la politique de la ville, une des fonctions figurant en annexe du présent décret ». L’article 4 de ce décret dispose : « Le montant de la nouvelle bonification indiciaire et le nombre d’emplois bénéficiaires correspondant aux fonctions mentionnées en annexe du présent décret sont fixés par arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et des ministres chargés de la fonction publique et du budget ». L’annexe de ce décret énumère notamment les fonctions suivantes : « (…) / Fonctions de catégories A, B ou C de la protection judiciaire de la jeunesse : / 1. En centre de placement immédiat, en centre éducatif renforcé ou en foyer accueillant principalement des jeunes issus des quartiers prioritaires de la ville ; / 2. En centre d’action éducative situé dans un quartier prioritaire de la ville ; / 3. Intervenant dans le ressort territorial d’un contrat local de sécurité. / (…) ».
3. Il résulte de la combinaison de l’ensemble de ces dispositions que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire n’est pas lié au corps d’appartenance ou au grade des agents de la protection judiciaire de la jeunesse, mais aux emplois qu’ils occupent, compte tenu de la nature des fonctions attachées à ces emplois. En ce qui concerne la nouvelle bonification indiciaire prévue par les dispositions précitées du 3 de l’annexe au décret du 14 novembre 2001, elle dépend uniquement de l’exercice effectif des fonctions qui y ouvrent droit et, s’agissant des agents de la protection judiciaire de la jeunesse, en bénéficient ceux qui, indépendamment de leur lieu d’affectation, exercent leur mission, à titre principal, dans le ressort territorial d’un contrat local de sécurité.
4. D’une part, les contrats locaux de sécurité, définis par la circulaire interministérielle du 28 octobre 1997, sont des outils d’une politique de sécurité s’appliquant en priorité aux quartiers sensibles, conclus sous l’impulsion du maire d’une ou plusieurs communes et du représentant de l’Etat dans le département, lorsque la délinquance est particulièrement sensible sur un territoire donné. D’autre part, en application des dispositions de l’article L. 132-4 du code de sécurité intérieure, dans leur version alors applicable, le maire ou son représentant préside un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) dans les communes de plus de 10 000 habitants et dans les communes comprenant un quartier prioritaire de la politique de la ville. Enfin, aux termes de l’article D. 132-7 du code de la sécurité intérieure : « Le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance constitue le cadre de concertation sur les priorités de la lutte contre l’insécurité et de la prévention de la délinquance dans la commune. / (…) / Il assure l’animation et le suivi du contrat local de sécurité lorsque le maire et le préfet de département, après consultation du procureur de la République et avis du conseil, ont estimé que l’intensité des problèmes de délinquance sur le territoire de la commune justifiait sa conclusion ».
5. La circonstance que les contrats locaux de sécurité sont conclus en priorité dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville et sont animés, lorsqu’ils existent, par le CLSPD, n’a ni pour objet ni pour effet que tout quartier prioritaire politique de la ville soit couvert par un contrat local de sécurité.
6. Il ressort des pièces du dossier qu’à compter du 1er février 2017, M. B… a été affecté au sein de l’UEMO de Toulouse La Gare pour y exercer les fonctions d’éducateur. Il soutient, sans être contredit en défense par le ministre qui est réputé avoir acquiescé aux faits, que le territoire de la commune de Toulouse sur lequel il exerce ses fonctions est couvert par contrat local de sécurité signé le 14 octobre 1999, ainsi qu’un contrat de sécurité intégrée signé par la commune de Toulouse et le ministre de l’intérieur, dont l’objet est notamment, comme le prévoit d’ailleurs la circulaire n° 6238-SG du 23 décembre 2020 relative à la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie nationale de prévention de la délinquance 2020-2026, d’actualiser et de compléter le contrat local de sécurité existant.
7. Il ressort toutefois des pièces du dossier que si M. B… exerce en partie ses missions sur le territoire de la commune de Toulouse notamment au sein des quartiers de Bagatelle, d’Amouroux et de Bonnefoy, il indique également intervenir au sein des communes de Balma et de Saint-Jean, sans justifier que la majeure partie de son activité soit effectuée dans le ressort territorial du contrat de sécurité dont il se prévaut. Dans ces conditions, M. B…, n’établit pas qu’il remplit l’une des conditions alternatives auxquelles les dispositions précitées du décret du 14 novembre 2001 et de son annexe subordonnent le versement de la nouvelle bonification indiciaire. Il n’est dès lors pas fondé à demander l’annulation de la décision du 11 février 2025 refusant de lui rétablir le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d’annulation de M. B… doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A… B… et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l’audience du 12 mars 2026, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, première conseillère,
Mme Méreau, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Crédit d'impôt ·
- Innovation ·
- Sociétés ·
- Dépense ·
- Prototype ·
- Justice administrative ·
- Contribuable ·
- Recherche ·
- Produit ·
- Marches
- Pays ·
- Médecin ·
- Immigration ·
- Stipulation ·
- Vie privée ·
- Ressortissant ·
- Territoire français ·
- État de santé, ·
- Avis ·
- Étranger
- Justice administrative ·
- Commande publique ·
- Offre ·
- Marches ·
- Contrats ·
- Sociétés ·
- Commune ·
- Mise en concurrence ·
- Pouvoir adjudicateur ·
- Rejet
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Etablissement public ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Bulletin de paie ·
- Constituer ·
- Non titulaire ·
- Mise en demeure ·
- Annulation ·
- Collectivités territoriales ·
- Finances publiques
- Justice administrative ·
- Hébergement ·
- Expulsion ·
- Centre d'accueil ·
- Droit d'asile ·
- Logement ·
- Juge des référés ·
- Cada ·
- Séjour des étrangers ·
- Urgence
- Communauté d’agglomération ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement d'instance ·
- Adoption du budget ·
- Donner acte ·
- Ordonnance ·
- Adoption ·
- Budget ·
- Droit commun
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Recours administratif ·
- Visa ·
- Justice administrative ·
- Refus ·
- Décision implicite ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Commissaire de justice ·
- Commission ·
- Délai
- Laser ·
- Justice administrative ·
- Travail ·
- Transfert ·
- Sociétés ·
- Marches ·
- Métro ·
- Contrats ·
- Légalité ·
- Urgence
- Justice administrative ·
- Finances ·
- Recours administratif ·
- Irrecevabilité ·
- Commissaire de justice ·
- Habitat ·
- Sociétés ·
- Conclusion ·
- Agence ·
- Juridiction
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Visa ·
- Regroupement familial ·
- Légalité ·
- Ambassade ·
- Sérieux ·
- Décision implicite ·
- Juge des référés ·
- Recours
- Naturalisation ·
- Justice administrative ·
- Demande ·
- Acte d'instruction ·
- Droits de timbre ·
- Décret ·
- Délai ·
- Mise en demeure ·
- Annulation ·
- Commissaire de justice
- Police ·
- Pays ·
- Liberté fondamentale ·
- Sauvegarde ·
- Territoire français ·
- Justice administrative ·
- Homme ·
- Tiré ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.