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Sur la décision
| Référence : | TJ Annecy, ch. 1 réf., 27 avr. 2026, n° 26/00091 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00091 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Accorde une provision et désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 6 mai 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | Société SMACL ASSURANCES, CAISSE PRIMAIRE D' ASSURANCE MALADIE ( CPAM ) DE LA [ Localité 3 ] ( POLE RCT ), MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES |
Texte intégral
ORDONNANCE DU : 27 Avril 2026
DOSSIER N° : N° RG 26/00091 – N° Portalis DB2Q-W-B7K-GB3V
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ANNECY
Chambre 1 Référés
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Juge des référés : Monsieur BAILLY-SALINS, Président du Tribunal Judiciaire d’Annecy
Greffier : Monsieur CHARTIN, Greffier
Statuant publiquement, au nom du peuple français, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort,
DEMANDERESSE
Madame [B] [E],
née le [Date naissance 1] 1962 à [Localité 1]
demeurant [Adresse 1]
représentée par la SELARL CABINET D’AVOCAT WEBER (Maître Wilfried WEBER), avocats au barreau d’ANNECY, avocats plaidants – 102
DÉFENDERESSES
Société SMACL ASSURANCES,
immatriculée au RCS de [Localité 2] sous le numéro B 833 817 224
dont le siège social est sis est [Adresse 2]
représentée par Me Christophe TRABBIA, avocat au barreau d’ANNECY, avocat plaidant – 40
CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE (CPAM) DE LA [Localité 3] (POLE RCT),
sise [Adresse 3]
non comparante, ni représentée
MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES,
immatriculée au RCS de [Localité 4] sous le numéro 775 652 126
dont le siège social est sis [Adresse 4]
non comparante, ni représentée
L’affaire a été appelée à l’audience publique du 30 Mars 2026 devant Monsieur BAILLY-SALINS, Président du Tribunal judiciaire d’Annecy, assisté de Monsieur CHARTIN, Greffier ;
Les parties ont été avisées que la décision était mise en délibéré au 27 Avril 2026.
EXPOSE DU LITIGE
Par actes de commissaire de justice en date du 2 février 2026, Madame [B] [E] a fait assigner en référé la société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC, la CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADE DE LA [Localité 3] (POLE RCT) et la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES afin d’entendre ordonner une expertise fondée sur l’article 145 du code de procédure civile par un expert spécialisé en psychiatrie et ayant pour objet de chiffrer le préjudice subi ; de dire que la société SMACL ASSURANCES devra être condamnée à faire l’avance des frais d’expertise ; de la condamner à lui verser la somme de 12 525,90 euros à valoir sur la réparation de ses préjudices et 3 000 euros à titre de provision ad litem ; de déclarer les opérations d’expertise communes et opposables à la société SMACL ASSURANCES ainsi qu’aux organismes payeurs appelés à la cause ; de condamner à la société SMACL ASSURANCES à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, et aux entier dépens qui comprendront notamment les frais d’expertise.
Madame [B] [E] expose au soutien de sa demande qu’elle a été victime d’un accident de la circulation le 22 juillet 2021 ; elle explique qu’elle traversait un passage piéton à pied lorsqu’elle a été percutée par un véhicule ; elle indique avoir été transportée aux urgences du CENTRE HOSPITALIER ALPES LEMAN ; elle précise avoir présenté plusieurs lésions, une fracture de la phalangette d’un doigt et un traumatisme crânien léger ; elle ajoute que la société SMACL ASSURANCES, assureur du tiers responsable, a organisé une expertise amiable et désigné le Docteur [R] à cette fin ; elle explique qu’un rapport additif lui a été transmis le 10 avril 2024 suite à l’avis d’un sapiteur, le Docteur [H] ; elle indique que, sur cette base, la société SMACL ASSURANCES lui a fait parvenir une offre d’indemnisation définitive par courrier du 15 mai 2024 ; elle précise avoir refusé cette offre au motif que les conclusions médico-légales ne tiennent pas compte de l’intégralité de ses séquelles.
La société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC, représentée, formule protestations et réserves d’usage, et demande, de débouter Madame [E] de sa demande de provision, de donner acte de ce qu’elle ne s’oppose pas au versement d’une provision de 5 000 euros, de déclarer cette offre satisfactoire, de débouter Madame [E] de sa demande de provision pour frais d’instance et de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile et de la condamner aux dépens.
La CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADE DE LA [Localité 3] (POLE RCT) et la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, bien que régulièrement citées, n’ont pas comparu ni constitué avocat.
MOTIVATION
Sur la demande d’expertise :
L’article 145 du code de procédure civile énonce que « s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ».
Saisi sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile, le juge des référés ne statue qu’au regard de l’existence d’un motif légitime, les circonstances de ce qu’il existerait des contestations sérieuses étant inopérantes en l’espèce.
La réalité de l’accident n’est pas contestée en défense. Il est versé au débat les éléments relatifs à l’état de santé de la victime comprenant, notamment, le rapport d’expertise amiable intermédiaire du Docteur [K] [R] en date du 6 mars 2023, le rapport médical amiable d’évaluation du taux d’incapacité permanente en accident du travail du 3 décembre 2024, le rapport d’expertise amiable du Docteur [U] [H] en date du 7 octobre 2023, le rapport d’expertise amiable additif du Docteur [K] [R] en date du 10 avril 2024, le compte rendu des urgences du CENTRE HOSPITALIER ALPES LEMAN et l’ordonnance du 22 juillet 2021, le certificat médical initial du 22 juillet 2021, le compte rendu de radiographie du 22 juillet 2021, le compte rendu de TDM cérébral et l’ordonnance du 27 juillet 2021, le certificat médical et l’ordonnance du 9 août 2021, le compte rendu de consultation externe du 16 août 2021, le certificat médical du 23 septembre 2021, le compte rendu d’évaluation neuropsychologique du 27 septembre 2021, le certificat médical du 4 janvier 2022, le compte rendu de bilan neuropsychologique du 3 octobre 2022 et le certificat et le rapport amiable critique du Docteur [J] [C] le 24 mars 2025.
Il en découle un motif légitime à obtenir la désignation d’un expert judiciaire compte-tenu des blessures de Madame [B] [E] avec missions habituelles en matière de préjudice corporel, au contradictoire de la société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC, la CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADE DE LA [Localité 3] (POLE RCT) et la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES.
Une expertise complète sera diligentée afin que tous les postes de préjudice puissent être déterminés contradictoirement et favoriser l’issue rapide du litige. Elle sera fixée au dispositif de la présente décision.
Les frais de cette expertise seront à la charge de la partie demanderesse laquelle à la possibilité de solliciter une provision ad litem.
Sur la demande de provision ad litem :
Madame [B] [E] sollicite le paiement de la somme de 3 000 euros à titre de provision ad litem.
La société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC s’oppose à cette demande. Elle explique que Madame [E] a mis fin à la procédure d’indemnisation amiable en refusant l’expertise médicale contractuelle qu’elle lui a proposée d’organiser et dans laquelle elle aurait été assistée de son médecin-conseil. Elle indique que le rapport critique du Docteur [C] versé aux débats aurait permis la mise en place d’une expertise contradictoire. Elle ajoute qu’il n’y a aucun désaccord de fond et que Madame [E] a fait le choix de sortir de la procédure amiable sans motif. Elle précise qu’il n’est pas démontré que les frais d’expertise judiciaire ne sont pas pris en charge par l’assureur protection juridique de Madame [E].
Il convient de relever que Madame [B] [E] a fait le choix d’une procédure contentieuse, en suite de l’expertise amiable diligentée et sans discussion amiable démontrée.
Dès lors, il sera dit n’y avoir lieu à référé concernant la demande de provision ad litem formulée par Madame [B] [E].
Sur la demande de provision à valoir sur l’indemnisation des préjudices :
L’article 835 alinéa 2 du Code de procédure civile dispose que « Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire. »
En l’espèce, Madame [B] [E] sollicite le paiement d’une provision à hauteur de 12 525,90 euros à valoir sur la réparation de ses préjudices.
Au soutien de sa demande, elle fournit, notamment, le rapport d’expertise amiable intermédiaire du Docteur [K] [R] en date du 6 mars 2023 ; le rapport médical amiable d’évaluation du taux d’incapacité permanente en accident du travail du 3 décembre 2024 ; le rapport d’expertise amiable du Docteur [U] [H] en date du 7 octobre 2023 ; le rapport d’expertise amiable additif du Docteur [K] [R] en date du 10 avril 2024 ; le compte rendu des urgences du CENTRE HOSPITALIER ALPES LEMAN et l’ordonnance du 22 juillet 2021 ; le certificat médical initial du 22 juillet 2021 ; le compte rendu de radiographie du 22 juillet 2021 ; le compte rendu de TDM cérébral et l’ordonnance du 27 juillet 2021 ; le certificat médical et l’ordonnance du 9 août 2021 ; le compte rendu de consultation externe du 16 août 2021 ; le certificat médical du 23 septembre 2021 ; le compte rendu d’évaluation neuropsychologique du 27 septembre 2021 ; le certificat médical du 4 janvier 2022 ; le compte rendu de bilan neuropsychologique du 3 octobre 2022 ; le certificat et le rapport amiable critique du Docteur [J] [C] le 24 mars 2025 ; des ordonnances médicale des 3 août 2021, 3 janvier 2022, 6 mai 2022, du Docteur [N] [X] entre 2021 et 2022 et du Docteur [Q] [L] entre 2021 et 2023 ; ses arrêts de travail ; le rapport médical d’inaptitude au travail du 24 juin 2024 et sa notification de retraire du 4 octobre 2024.
La société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC, sollicite de débouter Madame [B] [E] de sa demande portant sur la somme de 12 525,90 euros et de donner acte de ce qu’elle ne s’oppose pas au versement d’une provision de 5 000 euros. Elle demande de déclarer cette offre satisfactoire. Elle explique que Madame [E] a refusé son offre d’indemnisation et que, par conséquent, elle ne peut se voir allouer à de titre de provision cette somme qui ne constitue pas un montant non sérieusement contestable de l’obligation.
Il ressort des éléments fournis au dossier, que Madame [B] [E] a été victime d’un accident de la circulation le 22 juillet 2021, qu’elle a été percutée par un véhicule assuré par la société SMACL ASSURANCES, qu’elle a subi de nombreux préjudices d’ordre médicaux de ce fait et que la société SMACL ASSURANCES lui a proposé une indemnisation à hauteur de 12 525,90 euros, proposition qu’elle a refusée.
La société SMACL ASSURANCES verse aux débats une offre d’indemnisation à caractère provisionnel adressée à Madame [B] [E] le 30 novembre 2021. Néanmoins, elle ne verse aucun justificatif de paiement et le document n’est pas signé par Madame [E]. Dès lors, la présente juridiction n’est pas en mesure de déterminer, à ce stade de la procédure, et compte tenu des éléments fournis par les parties, si cette somme a effectivement été versée à Madame [E].
Bien que la proposition d’indemnisation ait été refusée et ne soit, par conséquent, plus définitive, elle reste évaluée sur la base des éléments médicaux du dossier de Madame [B] [E] et peut servir de référentiel pour la demande de provision, dès lors que ce montant est également justifié par d’autres pièces versées aux débats.
En conséquence, la gravité des lésions et des séquelles indemnisables raisonnablement prévisibles commandent, à ce stade et compte tenu des justificatifs produits, de condamner la société SMACL ASSURANCES à verser à Madame [B] [E] la somme provisionnelle de 12 525,90 euros à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices.
Sur les dépens et frais irrépétibles :
Les dépens resteront à la charge du demandeur de cette instance en référé-expertise dans laquelle le défendeur ne peut, à ce stade procédural, être considéré comme une partie perdante.
Pour les mêmes motifs, Madame [B] [E] sera déboutée de sa demande formulée au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
ORDONNONS une mesure d’expertise ;
COMMETTONS
Monsieur [M] [S]
[Adresse 5]
[Localité 5]
E-mail : [Courriel 1]
Tél. portable : [XXXXXXXX01]
Tél. fixe : 0438261919
Disons que l’expert aura pour mission :
Après avoir recueilli les renseignements nécessaires sur l’identité de la victime et sa situation, les conditions de son activité professionnelle, son niveau scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut et/ou sa formation s’il s’agit d’un demandeur d’emploi, son mode de vie antérieure à l’accident et sa situation actuelle ;
1. A partir des déclarations de la victime, au besoin de ses proches et de tout sachant, et des documents médicaux fournis (certificat médical initial, certificats de prolongation et de consolidation, certificats médicaux, tous compte-rendu de soins, d’intervention, d’opérations et d’examens, résultats d’analyses…) décrire en détail les lésions initiales et les modalités de traitement, en précisant le cas échéant, les durées exactes d’hospitalisation et, pour chaque période d’hospitalisation, le nom de l’établissement, les services concernés et la nature des soins ;
Rappelons qu’à défaut d’obtenir la remise des pièces qui lui sont nécessaires l’expert pourra être autorisé par le juge chargé du contrôle des expertises à déposer son rapport en l’état ; que toutefois, il pourra se faire communiquer directement, avec l’accord de la victime ou de ses ayants-droits par tous tiers : médecins, personnels paramédicaux, établissements hospitaliers et de soins, toutes pièces médicales qui ne lui auraient pas été transmises par les parties et dont la production lui paraîtra nécessaire ;
Disons que l’expert devra s’assurer, à chaque réunion d’expertise, de la communication aux parties des pièces qui lui ont été remises, dans un délai permettant leur étude conformément au principe de contradiction, que les documents d’imagerie médicale pertinents seront analysés de façon contradictoire lors des réunions d’expertise et que les pièces seront numérotées en continu et accompagnées d’un bordereau récapitulatif ;
2. Recueillir les doléances de la victime et au besoin de ses proches ; l’interroger sur les conditions d’apparition des lésions, l’importance des douleurs, la gêne fonctionnelle subie et leurs conséquences ;
3. Décrire au besoin un état antérieur en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles ;
4. Procéder, en présence des médecins mandatés par les parties avec l’assentiment de la victime, à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime; Rappelons que l’expert devra procéder à l’examen clinique, en assurant la protection de l’intimité de la vie privée de la personne examinée ainsi que le secret médical pour des constatations étrangères à l’expertise et, qu’à l’issue de cet examen, en application du principe de contradiction, il informera les parties et leurs conseils de façon circonstanciée de ses constatations et de leurs conséquences ;
5. A l’issue de cet examen analyser dans un exposé précis et synthétique :
— la réalité des lésions initiales
— la réalité de l’état séquellaire
— l’imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales en précisant au besoin l’incidence d’un état antérieur ;
6. Pertes de gains professionnels actuels :
Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle ;
En cas d’incapacité partielle, en préciser le taux et la durée ;
Préciser la durée des arrêts de travail retenus par l’organisme social au vu des justificatifs produits (ex : décomptes de l’organisme de sécurité sociale), et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable ;
7. Déficit fonctionnel temporaire :
Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles ;
En cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée ;
Dans le cas d’une perte d’autonomie avant consolidation ayant nécessité une aide temporaire, relevant des « frais divers », la décrire, émettre un avis sur sa nécessité, sur ses modalités et la quantifier ;
Préciser les conditions du retour à l’autonomie ;
8. Consolidation :
Fixer la date de consolidation, définie comme le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu’un traitement n’est plus nécessaire, si ce n’est pour éviter une aggravation.
En l’absence de consolidation, dire à quelle date il conviendra de revoir la victime ; préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ;
9. Déficit fonctionnel permanent :
Indiquer si, après la consolidation, la victime subit un déficit fonctionnel permanent, défini comme une atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles ou mentales, ainsi que des douleurs permanentes ou tout autre trouble de santé, persistant au moment de la consolidation, imputable à l’évènement dommageable, entraînant une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société, subie au quotidien par la victime dans son environnement ;
En évaluer l’importance et en chiffrer le taux, prenant en compte les atteintes physiologiques, les douleurs physiques et morales permanentes ressenties, la perte dans la qualité de la vie et les troubles dans les conditions d’existence.
Dans l’hypothèse d’un état antérieur, préciser en quoi l’évènement dommageable a eu une incidence sur cet état antérieur et en décrire les effets et les conséquences ;
En toute hypothèse, donner un avis sur le taux de déficit actuel de la victime, tous éléments confondus et préciser le barème utilisé.
10. Assistance par tierce personne :
Indiquer :
— la nécessité pour la victime d’être assistée par une tierce personne pour accomplir les actes de la vie quotidienne avant et/ou après la consolidation (cette assistance ne devant pas être réduite en cas d’assistance familiale) ; dans l’affirmative, préciser si cette tierce personne a dû et/ou doit ou non être spécialisée, ses attributions exactes ainsi que les durées respectives d’intervention de l’assistant spécialisé et de l’assistant non spécialisé ; donner à cet égard toutes précisions utiles ;
— la nécessité de l’intervention d’un personnel spécialisé : médecins, kinésithérapeutes, infirmiers (nombre et durée moyenne de leurs interventions) ;
— la nature et le coût des soins susceptibles de rester à la charge de la victime en moyenne annuelle ;
11. Dépenses de santé futures :
Décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap de la victime (prothèses, appareillages spécifiques, véhicule) en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
12. Frais de logement et/ou de véhicules adaptés :
Donner son avis sur d’éventuels aménagements nécessaires pour permettre, le cas échéant, à la victime d’adapter son logement et /ou son véhicule à son handicap ;
Préciser la nature et le coût des travaux d’aménagement nécessaires à l’adaptation des lieux de vie de la victime à son nouvel état, et du matériel approprié à son nouveau mode de vie et à son amélioration ;
13. Pertes de gains professionnels futurs :
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour la victime de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d’activité professionnelle ;
14. Incidence professionnelle :
Indiquer, notamment en considération des doléances de la victime et des justificatifs produits qui seront analysés et confrontés aux séquelles retenues, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur l’activité professionnelle, en précisant les gestes professionnels rendus difficiles ou impossibles.
Préciser si un changement de poste ou d’emploi est nécessaire au regard des séquelles, de même qu’une adaptation ou une formation pour un reclassement professionnel ;
Préciser s’il existe une pénibilité accrue dans l’activité professionnelle, une « dévalorisation » sur le marché du travail, etc. ;
15. Préjudice scolaire, universitaire ou de formation :
Si la victime est scolarisée, en cours d’études ou de formation, indiquer, notamment en considération de ses doléances et des justificatifs produits qui seront analysés et confrontés aux séquelles retenues, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son parcours de formation, en précisant les gestes rendus difficiles ou impossibles.
Préciser si elle a subi un retard, une perte d’année scolaire, universitaire ou de formation ;
Dire si elle a été empêchée de se présenter à un examen ou un concours ;
Préciser si une adaptation ou une réorientation a été ou est nécessaire, au regard des séquelles ;
Préciser s’il existe une pénibilité accrue dans les apprentissages et activités connexes (stages…), une « dévalorisation » sur le marché du travail, etc. ;
16. Souffrances endurées :
Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales découlant des blessures, subies pendant la maladie traumatique (avant consolidation) ; les évaluer distinctement sur une échelle de 1 à 7 ;
17. Préjudice esthétique temporaire et/ou définitif :
Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique, en distinguant éventuellement le préjudice temporaire et le préjudice définitif. Évaluer distinctement les préjudices temporaire et définitif sur une échelle de 1 à 7 ;
18. Préjudice sexuel :
Indiquer s’il existe ou s’il existera un préjudice sexuel (perte ou diminution de la libido, impuissance ou frigidité, perte de fertilité) ;
19. Préjudice d’établissement :
Dire si la victime subit une perte d’espoir ou de chance de normalement réaliser un projet de vie familiale ;
20. Préjudice d’agrément :
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si la victime est empêchée en tout ou partie de se livrer à des activités spécifiques de sport ou de loisir, à titre temporaire ou définitif ;
21. Préjudices permanents exceptionnels :
Dire si la victime subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanents ;
22. Dire si l’état de la victime est susceptible d’évolution en aggravation ou en amélioration ; Dans l’affirmative, fournir au tribunal toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans l’hypothèse où un nouvel examen apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procéder ;
23. Établir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
24. Faire toute observation, de nature purement technique, utile à la solution du litige.
25. Adresser aux parties un document de synthèse, ou pré-rapport, fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse, lesquelles disposeront d’un délai de 4 à 5 semaines à compter de la transmission du rapport ;
Disons que Madame [B] [E] devra consigner à la régie d’avances et de recettes de ce tribunal, la somme de 1 500 euros, à parfaire éventuellement sur injonction, à titre d’avance sur la rémunération de l’expert, et ce avant le 15 juin 2026 ;
Disons que cette consignation pourra être réglée :
*Par virement bancaire sur le compte de la Régie du Tribunal Judiciaire d’Annecy dont les coordonnées sont les suivantes : [XXXXXXXXXX01] – BIC : TRPUFRP1, en indiquant impérativement le numéro RG du dossier en référence du virement ;
*OU, à défaut, par chèque bancaire libellé à l’ordre du « Régisseur du Tribunal Judiciaire d’Annecy
Rappelons qu’à défaut de consignation dans le délai imparti, la présente désignation sera caduque, que l’expert devra faire connaître sans délai son acceptation et qu’il pourra commencer ses opérations dès qu’il aura reçu avertissement par le greffe du versement de la consignation ;
Disons que l’expert pourra entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile et pourra s’adjoindre en tant que de besoin le concours de tout sapiteur dans une spécialité distincte de la sienne ;
Désignons le président du tribunal judiciaire d’Annecy en qualité de juge chargé du contrôle de l’expertise à compter de la présente décision et jusqu’à la taxe des honoraires de l’expert ;
Disons que l’expert tiendra le juge chargé du contrôle de l’expertise informé de l’avancement de ses opérations et le saisira de toute difficulté y afférente ;
Disons que, pour exécuter sa mission, l’expert sera saisi et procédera conformément aux dispositions des articles 232 à 248, 263 à 284-1 du code de procédure civile ;
Rappelons que l’expert devra notamment convoquer toutes les parties par lettre recommandée avec avis de réception et leur avocat par lettre simple, en les avisant de la faculté qu’elles ont de se faire assister par le médecin-conseil de leur choix ;
Disons que l’expert devra, en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations à l’issue de la première réunion d’expertise ; l’actualiser ensuite dans le meilleur délai en fixant aux parties un délai pour procéder aux interventions forcées et en les informant de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ou son projet de rapport et évaluera d’une manière aussi précise que possible le montant prévisible de ses honoraires et de ses débours ;
Disons qu’à l’issue de cette réunion l’expert fera connaître au juge chargé du contrôle de l’expertise la somme globale qui lui paraît nécessaire pour garantir en totalité le recouvrement de ses honoraires et sollicitera le cas échéant, le versement d’une provision complémentaire ;
Disons que l’expert dressera rapport de ses opérations pour être déposé au greffe dans le délai de 6 mois à compter de la notification du versement de la consignation, en un original et une copie après en avoir adressé un exemplaire à chacune des parties en cause ;
Rappelons que les délais fixés à l’expert sont impératifs, que leur non-respect constitue une faute grave, sauf motif légitime et qu’à défaut il pourra être fait application de l’article 235 alinéa 2 du code de procédure civile ;
Disons qu’à l’issue de ses opérations, l’expert adressera aux parties un projet de sa demande de recouvrement d’honoraires et de débours, en même temps qu’il adressera au magistrat taxateur ;
Disons que les parties disposeront à réception de ce projet, d’un délai de 15 jours pour faire valoir leurs observations sur cet état de frais, que ces observations seront adressées au magistrat taxateur afin de débat contradictoire préalablement à l’ordonnance de taxe ;
Disons qu’à défaut d’observations dans ce délai de 15 jours, la partie défaillante sera considérée comme agréant le projet ;
DISONS n’y avoir lieu à référé concernant la demande de provision ad litem formulée par Madame [B] [E] ;
CONDAMNONS la société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC à verser à Madame [B] [E] la somme de 12 525,90 euros à titre de provision à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices ;
DECLARONS l’ordonnance commune et opposable à la société SMACL ASSURANCES es qualité d’assureur du véhicule appartenant à la société MONT BLANC, la CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADE DE LA [Localité 3] (POLE RCT) et la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES ;
DEBOUTONS Madame [B] [E] de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Madame [B] [E] aux dépens ;
AINSI JUGE ET PRONONCE AUX DATE ET LIEU SUSENONCES.
Le Greffier Le Président
François CHARTIN Aurélien BAILLY-SALINS
La République Française mande et ordonne à tous huissiers de justice sur ce requis de mettre la présente décision à exécution aux Procureurs Généraux et aux Procureurs de la République près les Tribunaux Judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique, de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi la présente décision a été signée sur la minute par le président et le greffier du Tribunal.
La présente copie certifiée conforme revêtue de la formule exécutoire a été signée par le greffier du Tribunal Judiciaire d’ANNECY
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