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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 7 sect. 2, 15 juil. 2025, n° 25/01700 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01700 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 24 juillet 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 5]
JUGEMENT CONTENTIEUX DU 15 JUILLET 2025
Chambre 7/Section 2
AFFAIRE: N° RG 25/01700 – N° Portalis DB3S-W-B7J-2U26
N° de MINUTE : 25/00501
S.A. COMPAGNIE EUROPEENNE DE GARANTIES ET CAUTIONS – CE GC SA
Immatriculée au RCS de [Localité 7] sous le n 382 506 079,
[Adresse 6]
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Me Christofer CLAUDE,
avocat au barreau de PARIS,
vestiaire : R175
DEMANDEUR
C/
Monsieur [U] [L]
[Adresse 1]
[Localité 4]
défaillant
DEFENDEUR
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Madame Christelle HILPERT, Première Vice-Présidente, statuant en qualité de juge unique, conformément aux dispositions de l article 812 du code de procédure civile, assistée aux débats de Madame Camille FLAMANT, greffier.
DÉBATS
Audience publique du 29 Avril 2025.
JUGEMENT
Rendu publiquement, par mise au disposition au greffe, par jugement Réputé contradictoire et en premier ressort, par Madame Christelle HILPERT, Première Vice-Présidente, assistée de Madame Camille FLAMANT, greffier.
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
Par convention du 19 juin 2022, M. [U] [O] [L] a conclu un contrat de prêt immobilier « Primo + » auprès de la Caisse d’Épargne Île-de-France, d’un montant de 115.000 euros.
La société Compagnie européenne de garanties et caution (ci-après « la société CEGC ») s’est engagée en qualité de caution solidaire à hauteur de la somme empruntée.
Par courrier recommandé du 12 juillet 2024 (distribué le 5 octobre 2024), la banque a mis en demeure M. [U] [O] [L] de régulariser les échéances demeurées impayées.
A défaut de régularisation, la banque a, par courrier recommandé du 18 septembre 2024 (distribué le 5 octobre 2024), prononcé la déchéance du terme du prêt, entrainant l’exigibilité de la somme de 116.817,75 euros sous quinzaine.
Par courrier du 18 novembre 2024, la banque a appelé en garantie la caution.
Par courrier recommandé du 21 novembre 2024 (pli avisé non réclamé), la société CEGC a informé M. [U] [O] [L] qu’elle procéderait au règlement des sommes sollicitées par la banque.
Le 30 décembre 2024, la banque a dressé une quittance subrogative après avoir reçu paiement le même jour de la part de la société CEGC de la somme de 109.261,12 euros.
Par courrier recommandé avec accusé de réception du 31 décembre 2024 (pli avisé non réclamé), la société CEGC a mis en demeure l’intéressé de lui régler ladite somme dans un délai de 8 jours.
Par acte de commissaire de justice du 14 février 2025, la société CEGC a assigné M. [U] [O] [L] en paiement devant le tribunal judiciaire de Bobigny.
PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
Dans son assignation, en l’absence de conclusions ultérieures, la société CEGC demande au tribunal de :
condamner M. [U] [O] [L] au paiement des sommes de :109.261,12 euros avec intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2024, date du paiement réalisé, et ce jusqu’à parfait paiement;6.828,71 euros TTC au titre des frais engagés postérieurement à la dénonciation au débiteur des poursuites de la banque contre la caution ; subsidiairement, 4.320 euros au titre des frais irrépétibles ;débouter M. [U] [O] [L] de l’ensemble de ses demandes; condamner M. [U] [O] [L] aux entiers dépens en vertu de l’article 696 du code de procédure civile.
En se fondant sur les articles 1343-5 et 2308 du code civil, la société Compagnie européenne de garanties et cautions soutient que M. [U] [O] [L] est tenu de lui rembourser les sommes payées à la banque au titre de la caution de son prêt immobilier.
Elle sollicite également le remboursement des frais engagés après la dénonciation à M. [U] [O] [L] des poursuites de la banque contre la caution. Elle affirme enfin que l’article 1343-5 du code civil ne peut plus jouer lorsque le débiteur a déjà bénéficié de délais importants.
Régulièrement assigné à étude, M. [U] [O] [L] n’a pas constitué avocat.
L’ordonnance de clôture a été rendue le 3 avril 2025.
MOTIVATION
En vertu de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En l’espèce, la régularité et la recevabilité de la procédure ne posent aucune difficulté. Seul le fond de cette affaire fera donc l’objet d’une motivation développée.
SUR LA DEMANDE EN PAIEMENT
Au titre de la dette cautionnée
Aux termes de l’article 2308 du code civil, la caution qui a payé tout ou partie de la dette a un recours personnel contre le débiteur tant pour les sommes qu’elle a payées que pour les intérêts et les frais. Les intérêts courent de plein droit du jour du paiement. Ne sont restituables que les frais postérieurs à la dénonciation, faite par la caution au débiteur, des poursuites dirigées contre elle. Si la caution a subi un préjudice indépendant du retard dans le paiement des sommes mentionnées à l’alinéa premier, elle peut aussi en obtenir réparation.
La société CEGC, qui a payé la banque, est fondée à invoquer les dispositions des dispositions précités, lui conférant un recours personnel à l’encontre du débiteur et lui permettant de recouvrer à la fois les sommes payées au créancier et les intérêts moratoires de ces sommes.
Elle justifie, par la production d’une quittance subrogative, avoir payé à la banque la somme de 109.261,12 euros le 30 décembre 2024.
Les intérêts sont dus à compter du jour du paiement des sommes par la société CEGC à la banque, soit le 30 décembre 2024, date de la quittance subrogative.
En conséquence M. [U] [O] [L] sera condamné à payer à la société CEGC au titre de la créance principale la somme de 109.261,12 euros avec intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2024.
Au titre des frais
Les frais sur lesquels la caution peut exercer son recours personnel sont tant les frais exposés dans le cadre de ses rapports avec le créancier, que ceux exposés dans le cadre du recouvrement de sa créance auprès du débiteur.
Toutefois, le tribunal doit veiller à ce que ces frais ne soient pas déjà pris en compte dans le cadre des dépens de la présente procédure ; il conserve par ailleurs son pouvoir d’appréciation pour les frais d’avocat qui ne sont pas tarifés, à l’instar du contrôle qu’il exerce en fonction des diligences effectuées dans le cadre de l’article 700 du code de procédure civile.
En l’espèce, la dénonciation au débiteur principal des poursuites contre la caution a été faite par courrier recommandé avec accusé de réception du 21 novembre 2024.
Concernant le quantum des frais, la société CEGC produit une facture du 11 avril 2025 établie par la société d’avocats REALYZE d’un montant de 6.129,11 euros TTC au titre des « honoraires et frais » engagés dans le cadre de la présente instance, comprenant les honoraires forfaitaires d’avocat de 4.200 euros hors taxes, les frais postaux d’envoi de la mise en demeure (6,62€), soit un total de 5.047,92 euros TTC, le reste des sommes demandées étant composé des débours non assujettis.
La société CEGC produit en outre :
— une facture émise par le service de la publicité foncière pour la somme de 889 euros au titre des frais d’hypothèque judiciaire provisoire,
— un décompte des émoluments de l’avocat sur le fondement :
de l’articles A444-197 du code de commerce au titre de l’assignation devant le tribunal judiciaire pour obtenir un titre exécutoire, pour la somme de 525,35 euros TTCde l’article A.444-199 du code de commerce au titre des formalités de publicité provisoire et de la demande de renseignement sur l’immeuble, pour les sommes respectives de 1079,51 euros TTC et 13,85 euros TTC.
Il ressort de ces éléments que la société CEGC justifie de l’inscription hypothécaire qu’elle allègue et avoir payé la somme de 889 euros au titre de cet acte. Elle justifie également du calcul des émoluments liés à cette formalité pour la somme totale de 1.093,36 euros (1079,51 euros et 13,85 euros).
S’agissant des émoluments fondés sur l’article A444-197 du code de commerce au titre de l’assignation devant le tribunal judiciaire, ils relèvent des dépens, l’article 695, 5° du code de procédure civile visant expressément les débours tarifés afférents aux instances.
Par ailleurs, si l’article 2308 du code civil permet à la caution d’exercer son recours sur les frais par elle faits depuis qu’elle a dénoncé au débiteur principal les poursuites dirigées contre elle, cela n’impose pas de mettre à la charge du débiteur le strict montant des frais exposés par le créancier, le juge du fond conservant nécessairement un pouvoir d’appréciation, à l’instar de celui qu’il exerce dans le cadre des demandes formées sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, pour réduire notamment le montant des frais d’avocat s’il lui paraît inclure des frais excessifs ou qui n’auraient pas été nécessaires pour assurer le recouvrement des sommes dues.
Compte tenu de la défaillance du défendeur et donc de l’absence d’autre acte de procédure que l’assignation délivrée par la demanderesse, il convient de fixer le montant des frais d’avocat afférents uniquement à la présente procédure à la somme de 1.500 euros TTC.
En conséquence, le défendeur sera condamné à payer à la société CEGC, au titre des frais engagés, les sommes suivantes :
— 889 euros au titre des frais d’inscription judiciaire provisoire,
— 1.093,36 euros au titre des émoluments de l’avocat tarifés aux articles A444-197 et A 444-199 du code de commerce,
— 1.500 euros au titre des honoraires d’avocat.
La société CEGC sera déboutée du surplus de ses demandes au titre des frais engagés postérieurement à la dénonciation au débiteur des poursuites de la banque contre la caution.
2. SUR LES DEPENS
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Partie perdante, M. [U] [O] [L] sera condamné aux dépens.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal judiciaire,
CONDAMNE M. [U] [O] [L] à payer à la SA Compagnie européenne de garanties et cautions la somme de 109.261,12 euros avec intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2024 ;
CONDAMNE M. [U] [O] [L] à payer à la SA Compagnie européenne de garanties et cautions au titre des frais engagés, les sommes suivantes :
— 889 euros au titre des frais d’inscription judiciaire provisoire,
— 1.093,36 euros au titre des émoluments de l’avocat tarifés aux articles A444-197 et A 444-199 du code de commerce,
— 1.500 euros au titre des honoraires d’avocat.
REJETTE le surplus des demandes ;
CONDAMNE M. [U] [O] [L] à payer les entiers dépens.
Le présent jugement ayant été signé par le président et le greffier.
Le Greffier Le Président
Camille FLAMANT Christelle HILPERT
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