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Sur la décision
| Référence : | TJ Bordeaux, juge libertes detention, 2 avr. 2026, n° 26/00848 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00848 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 21 avril 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | PREFECTURE DE LA GIRONDE |
|---|
Texte intégral
COUR D’APPEL DE [Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
N° RG 26/00848 – N° Portalis DBX6-W-B7K-3RI4
ORDONNANCE DU 02 Avril 2026
A l’audience publique du 02 Avril 2026, devant Nous, Florent SZEWCZYK, magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Bordeaux, assistée de Pollyana MUHEL, Greffier,
siégeant au Centre Hospitalier Spécialisé Psychiatrique de [Localité 2], dans une salle spécialement aménagée sur l’emprise de l’établissement et répondant aux exigences de l’article L 3211-12-2 du code de la santé publique,
DANS L’INSTANCE ENTRE :
REQUÉRANT :
PREFECTURE DE LA GIRONDE
régulièrement avisé, non comparant,
DÉFENDEUR :
M. [W] [I]
né le 04 Août 1991 à [Localité 1] (GIRONDE)
actuellement hospitalisé au Centre Hospitalier Spécialisé de [Localité 2]
régulièrement convoqué, comparant
MANDATAIRE:
[B] – Mandataire régulièrement avisé, non comparant
MINISTÈRE PUBLIC :
Madame le Vice-Procureur de la République régulièrement avisée, non comparante,
****
Vu le code de santé publique, et notamment ses articles L. 3211-1, L. 3211-2-1, L. 3211-2-2, L. 3211-12-1, L. 3211-12-2, L. 3213-1 à L. 3213-11, R. 3211-7 à R. 3211-18, R. 3211-24 à R. 3211-26 et R. 3213-1 à R. 3213-3,
Vu l’arrêté du préfet de la Gironde en date du 28 avril 2021 ordonnant la mise en œuvre de soins psychiatriques en faveur de Monsieur [W] [I] sous la forme d’une hospitalisation complète, confirmant l’arrêté provisoire du maire de [Localité 3] en date du 27 avril 2021 en application de l’article L. 3213-1 du code de la santé publique,
Vu l’arrêté en date du 22 octobre 2022 du préfet de la Gironde portant transfert de Monsieur [W] [I] à l’UMD du Centre Hospitalier de [Localité 2],
Monsieur [I] [W] a été hospitalisé sans son consentement sous le régime de l’hospitalisation psychiatrique complète par arrêté du préfet de la Gironde du 28 avril 2021 initialement hospitalisé au centre hospitalier Garderose à [Localité 3] puis transféré selon arrêté préfectoral du 25 octobre 2022 au centre hospitalier de [Localité 2].
Vu la dernière décision judiciaire en date du 07 octobre 2025, autorisant la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète,
Vu la requête du préfet de la Gironde enregistrée au greffe le 17 mars 2026 et les pièces jointes,
Vu l’avis du Ministère public du 31 mars 2026,
Le patient a demandé à être entendu par le juge du tribunal judiciaire et l’audience avec audition de l’intéressé a été fixée au 02 avril 2026 au sein du centre hospitalier et mise en délibéré le même jour,
Vu la motion adoptée par le barreau de Bordeaux le 1er avril 2026, versée au dossier,
Vu la désignation de maîtres [F] [L] et [D] [R] dans le cadre de la commission d’office pour l’audience d’hospitalisation sans consentement du 02 avril 2026 à [Localité 2],
Vu les mails de Me [F] [L] et [D] [R] indiquant leur absence du fait du mot d’ordre de grève,
Vu la grève totale des audiences adoptée par le barreau des avocats de Bordeaux ;
En l’absence d’avocat,
Vu l’impossibilité de renvoyer l’affaire au regard du terme de la période d’observation ou délais de procédure ce qui constitue une circonstance insurmontable, l’affaire a été examinée avec attention ;
Vu la comparution de l’intéressé et ses explications à l’audience au terme desquelles il indique que son hospitalisation se passe très bien et il s’en sort très bien. Ça fait 4 ans. Il a des visites de sa famille et proches et le droit d’appeler. Il n’a plus le numéro de téléphone de sa cousine. Il est dans un nouveau pavillon à “[O]” ce qui est plus calme, plus posé avec possibilité d’être dehors dans le parc. Il espère sortir un jour de l’UMD. Il pense qu’il pourrait sortir par les experts. Il sait qu’il est obligé de rester à l’UMD car il a fait des bêtise à [Localité 3] mais il faut qu’il s’en sorte. Il sollicite donc la mainlevée.
MOTIFS DE LA DÉCISION,
Au terme des dispositions de l’article L. 3213-1 code de la santé publique : “Le représentant de l’Etat dans le département prononce par arrêté, au vu d’un certificat médical circonstancié ne pouvant émaner d’un psychiatre exerçant dans l’établissement d’accueil, l’admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public. Les arrêtés préfectoraux sont motivés et énoncent avec précision les circonstances qui ont rendu l’admission en soins nécessaire.”
Aussi, selon l’article L. 3211-12-1 du code de la santé publique « I. L’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge, préalablement saisi par (…) le représentant de l’Etat (…) ait statué sur cette mesure (…) : 3° Avant l’expiration d’un délai de 6 mois à compter de (…) toute décision du juge (…) lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète depuis cette décision (…)
II. La saisine mentionnée au I du présent article est accompagnée de l’avis motivé d’un psychiatre de l’établissement d’accueil se prononçant sur la nécessité de poursuivre l’hospitalisation complète. ».
L’article R.3222-1 du même code prévoit que les UMD accueillent des patients relevant de soins psychiatriques sans consentement sous la forme d’une hospitalisation complète en application des chapitres III et IV du titre Ier du livre II de la troisième partie du présent code ou de l’article 706-135 du code de procédure pénale et dont l’état de santé requiert la mise en œuvre, sur proposition médicale et dans un but thérapeutique, de protocoles de soins intensifs et de mesures de sécurité particulières.
L’article R.3222-2 II poursuit que l’admission du patient dans une UMD est prononcée par arrêté du préfet du département ou, à [Localité 4], du préfet de police, où se trouve l’établissement dans lequel est hospitalisé le patient avant son admission en UMD.
Il résulte des éléments figurant au dossier que l’intéressé a été admis à l’Unité pour malades difficiles du Centre Hospitalier Spécialisé de [Localité 2] en raison de passages à l’acte de nature sexuelle sur d’autres patients de l’unité après un long parcours institutionnel. Pour rappel, monsieur [I] [W] a été hospitalisé sans son consentement sous le régime de l’hospitalisation psychiatrique complète par arrêté du préfet de la Gironde du 28 avril 2021 initialement hospitalisé au centre hospitalier Garderose à [Localité 3] puis transféré selon arrêté préfectoral du 25 octobre 2022 au centre hospitalier de [Localité 2].
Les certificats médicaux exigés par les textes figurent au dossier, ils ont été établis dans les délais requis et contiennent des indications propres à répondre aux prescriptions légales. La régularité de la procédure n’est d’ailleurs pas discutée.
L’avis médical motivé prévu par l’article L. 3211-12-1 II du code de la santé publique établi le 20 mars 2026 relève que l’état mental de l’intéressé nécessite toujours des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, et ce au regard de deux épisodes de tension interne marqués notamment par des insultes et menaces envers le personnel soignant.
En toute hypothèse, une sortie prématurée serait de nature à présenter des risques de rechute rapide.
Dans ces conditions, la prise en charge dans un cadre contenant et sécurisé s’impose encore, afin de garantir l’observance des soins, et le cas échéant la réadaptation du traitement, ce qui ne peut se faire qu’en milieu hospitalier. Le maintien de l’hospitalisation complète s’avère encore nécessaire à ce jour en raison de l’impossibilité pour l’intéressé de consentir aux soins de façon pérenne alors qu’ils sont indispensables pour stabiliser son état.
De plus, au regard des circonstances qui ont donné lieu à la mesure d’hospitalisation et des troubles dont il souffre, l’état de santé de Monsieur [W] [I] doit être regardé comme pouvant compromettre la sûreté des personnes ou porter atteinte, de façon grave, à l’ordre public.
Dès lors, le maintien de l’hospitalisation complète de l’intéressé apparaît à ce jour justifié.
PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition au greffe le 02 Avril 2026, par décision contradictoire rendue en premier ressort après débats en audience publique du 02 Avril 2026,
Accorde l’aide juridictionnelle provisoire à M. [W] [I],
Autorise le maintien de l’hospitalisation complète de M. [W] [I],
Dit que la présente décision sera notifiée à :
M. [W] [I]
[B] – Mandataire
Ministère public
Monsieur le préfet de la Gironde
et adressée pour information au Directeur du Centre Hospitalier de [Localité 2].
Dit que les dépens comprenant les frais d’expertise seront supportés par le Trésor Public, en application des dispositions de l’article R 93-2° du Code de Procédure Pénale.
Le Greffier, Le Juge,
Cette décision peut être frappée d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de [Localité 1] – [Adresse 1]. Cette déclaration peut notamment être envoyée par courriel à cette adresse : [Courriel 1]
Le ministère public peut, dans tous les cas, interjeter appel dans le même délai.
N° RG 26/00848 – N° Portalis DBX6-W-B7K-3RI4
M. [W] [I]
Ordonnance en date du 02 Avril 2026
Reçu notification de la présente le
Le patient
signature :
Reçu notification de la présente ordonnance le
le Directeur du Centre Hospitalier Spécialisé de [Localité 2],
signature
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