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Sur la décision
| Référence : | TJ Clermont-Ferrand, ch. 1 cab. 6 10000, 11 juil. 2025, n° 25/01769 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01769 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE CLERMONT-FERRAND
16, place de l’Étoile – CS 20005
63000 CLERMONT-FERRAND
☎ : 04.73.31.77.00
N° RG 25/01769 – N° Portalis DBZ5-W-B7J-KB6D
NAC : 72A 0A
JUGEMENT
Du : 11 Juillet 2025
Syndicat des copropriétaires de la RESIDENCE LE SARCIRON, agissant poursuites et diligences de son syndic en exercice la SAS LAMY, représenté par la SCP TERRIOU RADIGON FURLANINI, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
C /
Monsieur [I] [V], non comparant
GROSSE DÉLIVRÉE
LE :
A : SCP TERRIOU RADIGON FURLANINI
C.C.C. DÉLIVRÉES
LE :
A : SCP TERRIOU RADIGON FURLANINI
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT
Sous la Présidence de Géraldine BRUN, Vice-présidente, assistée de Lucie METRETIN, Greffier ;
En présence de [Y] [O], auditeur de justice et de [T] [N], magistrate stagiaire ;
Après débats à l’audience du 20 Mai 2025 avec mise en délibéré pour le prononcé du jugement au 11 Juillet 2025, le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe ;
ENTRE :
DEMANDEUR :
Syndicat des copropriétaires de la RESIDENCE LE SARCIRON, pris en la personne de son représentant légal, sis 7 place du Panthéon, 63240 LE MONT DORE, agissant poursuites et diligences de son syndic en exercice la SAS LAMY, prise en la personne de son représentant légal et en son établissement de CLERMONT-FERRAND, sise 52 avenue Julien, 63000 CLERMONT-FERRAND
représenté par la SCP TERRIOU RADIGON FURLANINI, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
ET :
DÉFENDEUR :
Monsieur [I] [V], demeurant 30 rue Rivay, 92300 LEVALLOIS PERRET
non comparant, ni représenté
EXPOSÉ DU LITIGE
M. [V] est propriétaire des lots n° 103, 335, 336 et 337 au sein de l’immeuble en copropriété Résidence Le Sarciron sis 7 place du Panthéon au Mont Dore.
Alléguant de l’absence de règlement des charges de copropriété, le syndic gérant la copropriété lui a adressé plusieurs relances par lettres simples et mises en demeure.
Par acte du 23 avril 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble Résidence Le Sarciron a assigné M. [V] devant le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand aux fins de solliciter le paiement des sommes suivantes :
— 3 228,22 euros au titre des arriérés de charges de copropriété arrêtées au 24 février 2025, outre intérêts au taux légal à compter du 25 janvier 2024, date de la mise en demeure de Me [E],
— 1 500 euros à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice matériel,
— 734,17 euros au titre des frais exposés par le syndicat des copropriétaires pour obtenir le recouvrement de la créance suivant décompte arrêté au 24 février 2025 ;
— 1 500 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
— De condamner M. [V] aux entiers dépens d’instance.
— De dire qu’en application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, les frais nécessaires exposés par le syndicat des copropriétaires, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de sommation pour le recouvrement de la créance justifiée à l’encontre du copropriétaire défaillant, ainsi que les droits et émoluments des actes d’huissier de justice, et de droits d’encaissement et de recouvrement, seront mis à la charge exclusive de M. [V].
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 20 mai 2025.
A l’audience, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble Résidence Le Sarciron, représenté par son conseil, a déposé son dossier et s’en réfère ainsi à son assignation dont les prétentions ont été rappelées ci-avant.
M. [V], régulièrement assigné à étude, n’a pas comparu.
A l’issue de l’audience, l’affaire a été mise en délibéré au 11 juillet 2025, date du présent jugement.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la demande en paiement des charges de copropriété
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondé.
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipements communs en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, ainsi qu’aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5 de la même loi.
L’approbation des comptes du syndic par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges. Le copropriétaire qui n’a pas contesté dans les délais légaux la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes n’est pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires produit les procès-verbaux d’Assemblée Générale des 3 juin 2023 et 15 juin 2024 aux termes desquels les comptes de l’exercice écoulé, le budget prévisionnel de l’exercice suivant et les dépenses relatives aux parties communes ont été approuvés. Il ne ressort pas du dossier que M. [V] ait contesté les décisions prises lors des assemblées générales dans le délai légal, de sorte que ces décisions sont définitives.
Plusieurs lettres de mise en demeure lui ont été adressées en raison du non-paiement des charges de copropriété afférentes à son lot, sans qu’aucun règlement ne soit intervenu avant l’introduction de la présente procédure.
Dès lors, M. [V] sera condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 3 228,22 euros au titre de l’arriéré des charges de copropriété selon décompte arrêté au 24 février 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 25 janvier 2024, date de la mise en demeure sur la somme de 1 726,93 euros et à compter du 23 avril 2025, date de l’assignation, pour le surplus.
Sur la demande au titre des frais exposés par le syndicat pour obtenir le recouvrement de sa créance
Aux termes de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice.
En l’espèce, le syndicat justifie des frais nécessaires au recouvrement de sa créance à savoir, les frais de mises en demeure et leurs relances.
Sur ce point, les frais de la lettre " LR/AR de Me [C] du 8 décembre 2023 " pour 53,17 euros, lettre transmise le lendemain de la deuxième lettre de mise en demeure, n’étaient pas nécessaires en raison de ce court délai entre les deux lettres ne laissant pas au débiteur de recevoir cette deuxième mise en demeure.
Par ailleurs, les frais de transmission pour sommation de 108 euros et pour assignation de 216 euros seront rejetés dans la mesure où, conformément au contrat-type prévu par le décret n°67-223 du 17 mars 1967, les frais d’envoi ou de suivi de dossier contentieux ne peuvent être facturés qu’en cas de « diligences exceptionnelles », ce qui ressort d’ailleurs du contrat du syndic de la copropriété produit aux débats page 10, diligences exceptionnelles qui ne sont pas démontrées, la nécessité de transmettre les pièces justificatives de la créance aux auxiliaires de justice ne constituant pas une diligence exceptionnelle.
Il résulte de ce qui précède que les frais relevant de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 sont justifiés à hauteur de 357 euros.
En conséquence, M. [V] sera condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 357 euros.
Sur la demande de dommages et intérêts pour préjudice matériel
Selon l’article 1231-6 du Code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
Les manquements systématiques et répétés des débiteurs à leur obligation essentielle à l’égard du syndicat des copropriétaires de régler les charges de copropriété, sans justifier de raison valable pouvant expliquer leur carence, sont constitutifs d’une faute qui cause à la collectivité des copropriétaires, privée de sommes importantes nécessaires à la gestion et à l’entretien de l’immeuble, un préjudice financier, direct et certain, distinct de celui compensé par les intérêts moratoires.
En l’espèce, il est établi que M. [V] ne s’est pas acquitté des charges de copropriété mises à sa charge depuis deux ans. Il doit dès lors être tenu compte du préjudice des copropriétaires, confrontés à la carence de celui-ci, malgré les mises en demeure qui lui ont été adressées.
Il y a en conséquence lieu de condamner M. [V] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 1 000 euros à titre de dommages et intérêts à ce titre.
Sur les frais du procès
M. [V], qui perd le procès, sera condamné aux dépens, en application de l’article 696 du Code de procédure civile.
Tenu aux dépens, M. [V] devra verser au syndicat des copropriétaires une somme qu’il est équitable de fixer à 1000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE M. [I] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble Résidence Le Sarciron, pris en la personne de son syndic, la somme de 3 228,22 euros au titre de l’arriéré des charges de copropriété selon décompte arrêté au 24 février 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 25 janvier 2024 sur la somme de 1 726,93 euros, et à compter du 23 avril 2025 pour le surplus ;
CONDAMNE M. [I] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble Résidence Le Sarciron, pris en la personne de son syndic, la somme de 357 euros au titre des frais de recouvrement dus en application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 ;
CONDAMNE M. [I] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble Résidence Le Sarciron, pris en la personne de son syndic, la somme de 1 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
CONDAMNE M. [I] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble du la Résidence Le Sarciron, pris en la personne de son syndic, la somme de 1 000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNE M. [I] [V] aux dépens de l’instance ;
REJETTE les autres demandes plus amples ou contraires.
Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction les jour, mois et année susdits. En foi de quoi le présent jugement a été signé par la Présidente et la Greffière.
LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
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