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Sur la décision
| Référence : | TJ Le Mans, ch. 9, 5 sept. 2025, n° 25/00296 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00296 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : |
Texte intégral
Minute n°25/
ORDONNANCE DU : 05 septembre 2025
DOSSIER N° : N° RG 25/00296 – N° Portalis DB2N-W-B7J-IQTO
AFFAIRE : [W] [W] [X]
c/ S.A. MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DU MANS
Chambre 9 CIVILE
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 05 septembre 2025
DEMANDEUR
Monsieur [W] [W] [X]
né le [Date naissance 3] 1987 à , demeurant [Adresse 5]
représenté par Me Annabelle DE SOUZA, avocat au barreau d’ANGERS, avocat postulant
et par Maître Pascale MOURMANNE, avocat au barreau de NANTES, avocat plaidant
DEFENDERESSE
S.A. MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES, dont le siège social est sis [Adresse 1]
S.A. MMA IARD, dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentées par Maître Alain DUPUY de la SCP HAUTEMAINE AVOCATS, avocats au barreau du MANS
La CPAM de la SARTHE, dont le siège social est sis [Adresse 2]
défaillant
COMPOSITION DU TRIBUNAL
PRÉSIDENT : Marie-Pierre ROLLAND
GREFFIER : Judith MABIRE
DÉBATS
À l’audience publique du 27 juin 2025,
À l’issue de celle-ci le Président a fait savoir aux parties que l’ordonnance serait rendue le 05 septembre 2025 par sa mise à disposition au greffe de la juridiction.
FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS DES PARTIES
Le 3 mai 2023, monsieur [W] [X] a été victime d’un accident de la circulation. Son véhicule a été percuté par un véhicule conduit par monsieur [V], assuré par la compagnie MMA.
Il a alors été pris en charge par le centre hospitalier [Localité 7], notamment en raison de douleurs lombaires et cervicales.
Dans son rapport du 27 août 2024, l’expert mandaté par l’assureur de monsieur [X], la compagnie d’assurances ACM, a conclu que :
— Les lésions et séquelles du coup de fouet rachidien sur une arthrodèse C5-C6 sont en lien direct, certain et exclusif avec les faits ;
— La date de consolidation est fixée au 27 août 2024 ;
— Des dépenses de santé actuelles sont retenues, notamment pour une consultation psychologique du 1er août 2023 ;
— Le déficit fonctionnel temporaire est évalué à 25 % du 3 mai 2023 au 31 mai 2025 pour le port d’un collier cervical et 10 % du 1er juin 2023 au 27 août 2024 ;
— Une assistance tierce personne avant consolidation a été nécessaire du 3 mai 2023 au 30 juin 2023, durant 3 heures par semaine ;
— Une perte de gains professionnels actuels est retenue, du 4 mai 2023 au 25 juin 2023 (arrêt de travail) ;
— Les souffrances endurées sont évaluées à 2/7 ;
— Un préjudice esthétique temporaire est retenu pour le port d’un collier cervical du 3 mai 2023 au 31 mai 2025 ;
— Le déficit fonctionnel permanent est évalué à 5 % pour les douleurs résiduelles séquellaires au coup de fouet rachidien sur une arthrodèse (3 %) et la souffrance psychique (2 %) ;
— Une incidence professionnelle est retenue en raison de l’augmentation de la pénibilité de l’emploi et d’une fatigabilité à l’emploi. Un poste de directeur d’agence devait lui être proposé mais son poste devrait être transformé en poste de conseiller ;
— Un préjudice d’agrément est retenu, en raison d’une limitation pour maintenir certaines activité ;
— Une assistance tierce personne après consolidation est retenue : de 24 heures par an pour la conduite automobile lors de longs trajets ; de 24 heures par an pour le jardinage ; d’une heure par semaine pour le ménage ;
— Un préjudice sexuel est retenu avec une perte de libido ;
— Des frais futurs sont à prévoir, avec sept séances de psychothérapie avec EMDR.
Par courrier du 13 février 2025, les MMA ont demandé à monsieur [X] d’adresser diverses pièces, notamment des avis d’imposition et des justificatifs quant aux sommes éventuellement versées par la CPAM.
La compagnie a également proposé la somme de 5.700 € à titre d’indemnisation définitive, sous déduction de la provision de 1.000 € déjà allouée.
Le 14 mars 2025, monsieur [X] a refusé l’offre d’indemnisation ainsi que toute expertise amiable.
Aussi, par actes des 28 mai et 4 juin 2025, monsieur [X] a fait citer la SA MMA IARD et la CPAM de la Sarthe devant le juge des référés du tribunal judiciaire du Mans auquel il demande de :
— Ordonner une expertise médicale ;
— Condamner la compagnie MMA au paiement d’une provision de 100.000 € à valoir sur la réparation de ses préjudices ;
— Condamner la compagnie MMA à lui payer la somme de 1.000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— Réserver les dépens
— Déclarer la décision opposable à la CPAM.
À l’audience du 27 juin 2025, la SA MMA IARD et la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES demandent au juge des référés de :
— Donner acte à la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES de son intervention volontaire ;
— Ordonner une expertise médicale ;
— Rejeter la demande de provision de 100.000 € et lui accorder une provision de 4.700 € sur la base de l’offre d’indemnité provisionnelle formulée le 13 février 2025 ;
— Rejeter toute demande de condamnation au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— Condamner monsieur [X] aux entiers dépens ;
— Déclarer l’ordonnance commune et opposable à la CPAM de la Sarthe.
Les MMA précisent ne pas contester le droit à indemnisation de monsieur [X] mais s’opposer au montant demandé. Monsieur [X] sollicite la liquidation entière de son préjudice, sur la base d’un rapport d’expertise contesté par les MMA. De nombreux documents ont été sollicités, notamment les bordereaux de prise en charge et les avis d’imposition mais n’ont pas été produits. Les postes de préjudice d’assistance tierce personne et d’incidence professionnelle sont contestés et ne peuvent faire l’objet d’une pré-liquidation.
La CPAM de la Sarthe n’a pas comparu à l’audience. La décision sera donc réputée contradictoire.
MOTIFS
À titre liminaire, il y a lieu de déclarer recevable l’intervention volontaire de la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES.
Sur la demande d’expertise :
La demande d’expertise est fondée sur les dispositions de l’article 145 du code de procédure civile qui énonce que « s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé sur requête ou en référé ».
Ce texte exige seulement que le demandeur justifie d’un motif légitime à voir ordonner une expertise.
L’existence d’une contestation sérieuse, notamment tirée de stipulations contractuelles, ne constitue pas un obstacle à la mise en oeuvre des dispositions susvisées.
L’article 145 du code de procédure civile n’implique en effet aucun préjugé sur la responsabilité des personnes appelées comme parties à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d’être ultérieurement engagé.
La légitimité du motif du demandeur résulte de la démonstration du caractère plausible et crédible du litige, bien qu’éventuel et futur, et le juge doit seulement constater qu’un tel procès est possible et qu’il a un objet et un fondement suffisamment déterminés.
Le juge ne peut rejeter la demande d’expertise que si elle est destinée à soutenir une prétention dont le mal fondé est d’ores et déjà évident et qui est manifestement vouée à l’échec.
Enfin, la mesure sollicitée est pertinente, adaptée, d’une utilité incontestable et proportionnée à l’éventuel futur litige, dans la mesure où elle permettra de déterminer les lésions liées aux faits et d’évaluer les préjudices subis.
De plus, la demande d’expertise n’est pas contestée par les MMA.
En conséquence, monsieur [X] a un intérêt légitime à voir ordonner l’expertise sollicitée et il y a lieu de faire droit à sa demande.
Sur la demande de provision à valoir sur l’indemnisation définitive de ses préjudices :
L’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile énonce que “Dans les cas où l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le Président peut accorder une provision au créancier”.
Au vu du rapport d’expertise amiable du 27 août 2024, il y a lieu d’accorder à monsieur [X] une provision sur la base d’une évaluation de ce que pourrait être la liquidation définitive de son préjudice, par référence à la nomenclature des postes de préjudice habituellement utilisée par les juridictions.
Au soutien de sa demande de provision, il produit diverses pièces médicales : compte-rendu de consultation du 3 mai 2023, ordonnances, scanner, etc, mais également des arrêts de travail.
Les postes de préjudice d’assistance tierce personne et d’incidence professionnelle sont contestés par les MMA, dans la mesure où les avis d’imposition sollicités n’ont pas été communiqués, ni les justificatifs quant aux indemnités journalières éventuellement perçues.
De plus, il convient de souligner que la mesure d’expertise a été ordonnée, notamment pour débattre contradictoirement des postes de préjudice d’assistance tierce personne et d’incidence professionnelle.
En conséquence, une provision pourra uniquement être accordée sur le fondement des dépenses de santé actuelles, de l’assistance tierce personne avant consolidation, du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du préjudice esthétique temporaire, et du déficit fonctionnel permanent, postes de préjudice pour lesquels les MMA ont proposé une indemnisation.
L’indemnité allouée au titre des dépenses de santé actuelles pourrait être fixée à 55 €.
L’indemnité allouée au titre de l’assistance tierce personne avant consolidation pourrait être fixée à 561 € (8,5 semaines x 3 heures x 22 €).
L’indemnité allouée au titre du déficit fonctionnel temporaire pourrait être fixée à 1.313,75 €.
L’indemnité allouée au titre des souffrances endurées pourrait être fixée à la somme de 2.500 €.
L’indemnité allouée au titre du préjudice esthétique temporaire pourrait être fixée à la somme de 200 €.
L’indemnité allouée au titre du déficit fonctionnel permanent pourrait être fixée à la somme de 8.850 € (1.770 x 5).
Les données de l’expertise amiable, confrontées à la pratique habituelle des juridictions, en tenant compte de la provision déjà servie, d’un montant de 1.000 €, ainsi que de la proposition d’indemnisation dans le cadre transactionnel d’un montant de 5.700 €, conduisent à accorder à la victime une provision de 12.479,75 €.
Sur la demande de déclaration de l’ordonnance opposable à la CPAM de la Sarthe :
Par acte du 4 juin 2025, monsieur [X] a avisé la CPAM de la Sarthe de la présente procédure. La décision sera donc déclarée opposable à la CPAM de la Sarthe.
Sur les autres demandes :
La SA MMA IARD et la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES succombent sur la demande de provision et seront donc condamnées aux dépens. Par suite, elles sont nécessairement redevables d’une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile qui sera fixée à 1.000 €.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des référés, statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, et en premier ressort :
DÉCLARE recevable l’intervention volontaire de la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES ;
ORDONNE UNE EXPERTISE MÉDICALE sur la personne de monsieur [W] [X] ;
DÉSIGNE POUR Y PROCÉDER le docteur [Y] [U], expert inscrit sur la liste de la cour d’appel d'[Localité 6], demeurant [Adresse 4] ([Courriel 8]) avec mission de :
— Convoquer la victime par lettre recommandée avec accusé de réception, et aviser, par le même moyen les parties en cause ainsi que leurs avocats, de la date des opérations d’expertise ;
— Se faire remettre sans délai par les parties ou par tout tiers détenteur tous les documents relatifs aux faits et à leurs suites, notamment l’entier dossier médical de la victime, ainsi que tous les documents qu’il estimera utile à l’accomplissement de sa mission ;
— Recueillir tous les renseignements utiles sur l’identité de la victime et sa situation, les conditions de son activité professionnelle, son niveau scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut et/ou sa formation s’il s’agit d’un demandeur d’emploi, son mode de vie antérieure à l’accident et sa situation actuelle ;
— Recueillir les déclarations des parties et éventuellement celles de toute personne informée ;
— A partir des déclarations de la victime, au besoin de ses proches et de tout sachant, et des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales, les modalités de traitement, en précisant le cas échéant, les durées exactes d’hospitalisation et pour chaque période d’hospitalisation, le nom de l’établissement, les services concernés et la nature des soins ;
— Recueillir les doléances de la victime et au besoin de ses proches ; l’interroger sur les conditions d’apparition des lésions, l’importance des douleurs, la gêne fonctionnelle subie, et leurs conséquences ;
— Décrire au besoin l’état antérieur en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles ;
— Procéder à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime ;
— Dire quelles sont les lésions et séquelles en relation directe et certaine avec les faits après avoir recherché si les faits ont pu révéler ou aggraver un état pathologique latent antérieur ;
— Fixer la date de consolidation des blessures, définie comme étant la date de stabilisation des lésions médicalement imputables aux faits à l’origine des dommages ;
I) Au titre des préjudices patrimoniaux :
A) Au titre des préjudices patrimoniaux temporaires avant consolidation :
Dépenses de Santé Actuelles (DSA) : donner son avis sur d’éventuelles dépenses de santé ou de transport exposées par la victime avant la consolidation de ses blessures qui n’auraient pas été prises en charge par les organismes sociaux ou par des tiers payeurs, en précisant, le cas échéant, si le coût ou le surcoût de tels frais se rapportent à des soins ou plus généralement à des démarches nécessitées par l’état de santé de la victime et s’ils sont directement en lien avec les lésions résultant des faits à l’origine des dommages ;
Frais divers (FD) : donner son avis sur d’éventuels besoins ou dépenses, tels que notamment des frais de garde d’enfants, de soins ménagers, d’assistance temporaire d’une tierce personne pour les besoins de la vie courante, ou encore des frais d’adaptation temporaire, soit d’un véhicule, soit d’un logement, en les quantifiant et, le cas échéant, en indiquant si ceux-ci sont directement en lien avec les lésions résultant des faits à l’origine des dommages ;
Perte de gains professionnels actuels (PGPA) : indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été avant sa consolidation et du fait de son incapacité fonctionnelle résultant directement des lésions consécutives aux faits à l’origine des dommages, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement une activité professionnelle ou économique ;
B) Au titre des préjudices patrimoniaux permanents après consolidation :
Dépenses de santé futures (DSF) : donner son avis sur d’éventuelles dépenses de santé futures y compris des frais de prothèses ou d’appareillage, en précisant s’il s’agit de frais hospitaliers, médicaux, paramédicaux, pharmaceutiques et assimilés, mêmes occasionnels mais médicalement prévisibles et rendus nécessaires par l’état pathologique de la victime après consolidation ; en cas d’aide technique compensatoire ou handicap (prothèses, appareillage spécifique, véhicule…) préciser la fréquence de leur renouvellement ;
Frais de logement adapté (FLA) : donner son avis sur d’éventuelles dépenses ou frais nécessaires pour permettre le cas échéant à la victime d’adapter son logement à son handicap ;
Frais de véhicule adapté (FVA) : donner son avis sur d’éventuelles dépenses nécessaires pour permettre le cas échéant à la victime d’adapter son véhicule à son handicap en précisant leur coût ou leur surcoût, ainsi que la nature et la fréquence de renouvellement des frais d’adaptation ;
Assistance par tierce personne (ATP) : donner son avis sur la nécessité d’éventuelles dépenses liées à l’assistance permanente d’une tierce personne, en précisant, le cas échéant, s’il s’agit d’un besoin définitif ;
Perte de gains professionnels futurs (PGPF) : indiquer, si en raison du déficit fonctionnel dont la victime reste atteinte après sa consolidation, celle-ci va subir une perte ou une diminution des gains ou des revenus résultant de son activité professionnelle, du fait soit d’une perte de son emploi, soit d’une obligation d’exercer son activité professionnelle à temps partiel ;
Incidence professionnelle (IP) : indiquer, si en raison du déficit fonctionnel dont la victime reste atteinte après sa consolidation, celle-ci va subir des préjudices touchant à son activité professionnelle autres que celui résultant de la perte de revenus liée à l’invalidité permanente ;
Préjudice scolaire, universitaire ou de formation (PSU) : dire si, en raison des lésions consécutives aux faits à l’origine des dommages, la victime a subi une perte d’année(s) d’étude scolaire, universitaire ou de formation en précisant, le cas échéant, si celle-ci a dû se réorienter ou renoncer à certaines ou à toutes formations du fait de son handicap ;
II) Au titre des préjudices extra-patrimoniaux :
A) Au titre des préjudices extra-patrimoniaux temporaires avant consolidation :
Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : indiquer si la victime a subi un déficit fonctionnel temporaire total ou partiel, en précisant sa durée, son taux, son importance, et au besoin sa nature ;
Souffrances endurées (SE) : décrire les souffrances physiques et psychiques endurées par la victime, depuis les faits à l’origine des dommages jusqu’à la date de consolidation, du fait des blessures subies et les évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;
Préjudice esthétique temporaire (PET) : décrire la nature et l’importance du dommage esthétique subi temporairement jusqu’à la consolidation des blessures et l’évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;
B) Au titre des préjudices extra-patrimoniaux permanents après consolidation :
Déficit fonctionnel permanent (DFP) : indiquer si la victime a subi un déficit fonctionnel permanent subsistant après la consolidation des lésions, en évaluer l’importance et au besoin en chiffrer le taux ;
Préjudice d’agrément (PA) : Lorsque la victime allègue l’impossibilité de se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir, donner un avis médical sur cette impossibilité et son caractère définitif, sans prendre position sur l’existence ou non d’un préjudice afférent à cette allégation ;
Préjudice esthétique permanent (PEP) : décrire la nature et l’importance du préjudice esthétique subi de façon définitive après la consolidation des blessures et l’évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;
Préjudice sexuel et préjudice d’établissement (PS) (PE) : Dire s’il existe un préjudice sexuel ; le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparément ou cumulativement, partiellement ou totalement : la morphologie, l’acte sexuel (libido, impuissance ou frigidité) et la fertilité (fonction de reproduction) ;
— Dire si l’état de la victime est susceptible d’aggravation ou d’amélioration, fournir toutes précisions utiles sur le degré de probabilité de cette évolution et indiquer, dans le cas ou un nouvel examen serait nécessaire, le délai dans lequel il devrait être pratiqué ;
— Indiquer de façon générale toutes suites dommageables ;
— Etablir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérées dans la mission ;
— Répondre aux dires des parties dans la limite de la présente mission ;
— Procéder à toutes diligences et faire toutes observations utiles au règlement du litige ;
ORDONNE AUX PARTIES et à tout tiers détenteur de remettre sans délai à l’expert tout document qu’il estimera utile à l’accomplissement de sa mission ;
DIT QUE:
— l’expert devra faire connaître sans délai son acceptation au juge chargé du contrôle de l’expertise, et devra commencer ses opérations dès sa saisine ;
— en cas d’empêchement ou de refus de l’expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé du contrôle de l’expertise ;
— l’expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 232 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations et précise à cet égard que l’expert ne devra en aucune façon s’entretenir seul ou de façon non contradictoire de la situation avec un autre expert mandaté par l’une des parties ou par une compagnie d’assurances ;
— l’expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l’expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées lors de sa mission ;
— l’expert est autorisé à s’adjoindre tout spécialiste de son choix, sous réserve d’en informer le juge chargé du contrôle de l’expertise et les parties étant précisé qu’il pourra dans ce cas solliciter une provision complémentaire destinée à couvrir les frais du recours au sapiteur ;
— l’expert devra remettre un pré-rapport aux parties, leur impartir un délai pour déposer leurs éventuels dires, et y répondre ;
— l’expert devra déposer son rapport définitif et sa demande de rémunération au greffe du tribunal, dans le délai de rigueur de SIX MOIS à compter de l’information qui lui sera donnée de la consignation de la provision à valoir sur sa rémunération (sauf prorogation dûment autorisée), et communiquer ces deux documents aux parties ;
— Dit que dans l’hypothèse où la victime ne serait pas consolidée au jour de l’examen, l’expert devra néanmoins déposer un rapport précisant le délai dans lequel un nouvel examen apparaît nécessaire et, par la suite, y procéder d’office ou à la demande de la victime ou du juge chargé du contrôle des expertises ; étant précisé que l’expert pourra éventuellement solliciter le versement d’un complément à valoir sur sa rémunération ;
DIT QUE les frais d’expertise seront avancés par monsieur [X], demandeur à la mesure qui devra consigner la somme de MILLE TROIS CENTS EUROS (1.300 €) à valoir sur la rémunération de l’expert auprès du régisseur d’avances et de recettes du tribunal judiciaire du MANS dans le mois de la présente décision étant précisé qu’à défaut de consignation dans le délai imparti, la désignation de l’expert sera caduque de plein droit, (sauf décision contraire en cas de motif légitime) et il sera tiré toutes conséquences de l’abstention ou du refus de consigner ;
DIT que le demandeur à l’expertise sera dispensé du versement d’une provision à valoir sur la rémunération de l’expert s’il justifie qu’il bénéficie de l’aide juridictionnelle ;
COMMET le président du tribunal judiciaire, et à défaut tout autre juge du siège du tribunal judiciaire du MANS, pour surveiller l’exécution de la mesure ;
CONDAMNE solidairement la SA MMA IARD et la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES à payer à monsieur [X] une provision d’un montant de DOUZE MILLE QUATRE CENT SOIXANTE-DIX NEUF EUROS ET SOIXANTE-QUINZE CENTIMES (12.479,75 €) à valoir sur l’indemnisation définitive de son préjudice, outre la somme de MILLE EUROS (1.000 €) sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
DÉCLARE la décision opposable à la CPAM de la Sarthe ;
CONDAMNE solidairement la SA MMA IARD et la SA MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES aux dépens.
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
Judith MABIRE Marie-Pierre ROLLAND
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