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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, jcp, 13 mars 2025, n° 24/05582 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/05582 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 23 octobre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 8]
[Localité 5]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 24/05582 – N° Portalis DBZS-W-B7I-YL7I
N° de Minute : BX25/00392
JUGEMENT
DU : 13 Mars 2025
S.A. LOGIS METROPOLE
C/
[W] [R]
[F] [E]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 13 Mars 2025
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
S.A. LOGIS METROPOLE, dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Me Anne-laurence DELOBEL BRICHE, avocat au barreau de LILLE
ET :
DÉFENDEUR(S)
Mme [W] [R], demeurant [Adresse 6]
M. [F] [E], demeurant [Adresse 6]
non comparants
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 16 Janvier 2025
Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Chelbia HADDAD, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 13 Mars 2025, date indiquée à l’issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Laure-Anne REMY, Cadre Greffier
EXPOSE DU LITIGE
Par acte du 19 mai 2015 prenant effet le 21 Mai 2015, S.A. LOGIS METROPOLE a donné en location à Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] un immeuble à usage d’habitation situé à [Adresse 9].
Le 16 janvier 2024, S.A. LOGIS METROPOLE a fait signifier à Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire.
Par acte d’huissier de justice du 13 mai 2024, S.A. LOGIS METROPOLE a fait assigner Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E], pour l’audience du seize Janvier deux mil vingt cinq, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, auquel il demande de :
— constater et à défaut prononcer la résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers et des charges;
— prononcer l’expulsion de Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] ;
— les condamner solidairement au paiement :
— de la somme de 1737,59 euros au titre des loyers et charges impayés avec intérêts au taux légal;
— d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient le montant de la provision jusqu’à la libération effective des lieux ;
— de la somme de 350 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
— condamner solidairement Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] aux entiers dépens;
— ordonner l’exécution provisoire.
A l’audience, S.A. LOGIS METROPOLE a confirmé sa demande en l’actualisant à la somme de 3193,64 euros au titre des loyers et charges selon décompte arrêté au 31 décembre 2024.
Assigné à domicile pour Madame [W] [R] et à sa personne pour Monsieur [F] [E], ceux-ci n’étaient ni présents ni représentés.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 Mars 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité :
Le bailleur justifie avoir saisi la CAF, le 1er février 2024 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 14 mai 2024 l’assignation visant à obtenir l’expulsion, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Son action est donc recevable.
Sur la demande de résiliation et d’expulsion et d’indemnités mensuelles d’occupation:
Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.
La dette n’a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail du logement étaient réunies à la date du 16 mars 2024.
Il convient, en conséquence, de constater la résiliation du bail et d’ordonner l’expulsion de Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] suivant les modalités prévues au dispositif de la présente décision.
L’occupation prolongée du logement après la résiliation du bail cause au propriétaire un préjudice qui justifie le paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant du loyer courant et des charges.
Sur la base du dernier loyer, cette indemnité d’occupation sera fixée à la somme de 581,92 euros, provision pour charges comprises, à compter de la résiliation du bail, et variera comme l’aurait fait le loyer ou la provision pour charges si le bail s’était poursuivi.
Le montant des charges pourra être réajusté au cas où les charges réelles de l’année dépasseraient la provision.
Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] seront donc solidairement condamnés à payer à S.A. LOGIS METROPOLE, la somme de 581,92 euros au titre de l’indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er janvier 2025 jusqu’à la libération effective et définitive des lieux.
Sur les sommes dues :
Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers, indemnités d’occupation et charges impayés, s’élevait, au 31 décembre 2024, à la somme de 2972,50 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.
Le montant prélevé pour l’enquête sociale sera déduit en l’absence de mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception d’avoir à renvoyer l’enquête sociale.
Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] seront donc solidairement condamnés à payer en deniers ou quittances valables à S.A. LOGIS METROPOLE la somme de 2972,50 euros au titre de l’arriéré locatif arrêté au 31 décembre 2024.
Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.
Sur les demandes accessoires :
Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E], qui succombent, supporteront les entiers dépens.
L’équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l’article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.
L’article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : « les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement ».
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Réputé contradictoire et en premier ressort ;
Déclare l’action de S.A. LOGIS METROPOLE recevable ;
Constate la résiliation du bail conclu le 19 mai 2015 entre S.A. LOGIS METROPOLE et Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] concernant l’immeuble situé à [Adresse 9], à la date du 16 mars 2024 ;
Dit qu’à défaut pour Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] ainsi que pour tout occupant de leur chef, d’avoir libéré les lieux dans les deux mois du commandement de délaisser, il pourra être procédé à leur expulsion, si besoin avec l’assistance de la force publique ;
Rappelle qu’en application de l’article L433-1 du code des procédures civiles d’exécution « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne. A défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par l’huissier de justice chargé de l’exécution, avec sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire » ;
Fixe à la somme de 581,92 euros l’indemnité d’occupation mensuelle ;
Dit que la part correspondant aux charges pourra être réajustée au cas où les charges réelles de l’année dépasseraient la provision ;
Condamne solidairement Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] à payer en deniers ou quittances valables à S.A. LOGIS METROPOLE, la somme de 2972,50 euros au titre de l’arriéré locatif arrêté au 31 décembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;
Condamne solidairement Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] à payer à S.A. LOGIS METROPOLE, la somme de 581,92 euros par mois au titre de l’indemnité d’occupation à compter du 1er janvier 2025 et jusqu’à libération effective et définitive des lieux ;
Rappelle à Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] qu’ils peuvent saisir la commission de médiation, à condition de justifier du dépôt préalable de l’enregistrement d’une demande de logement social ou, à défaut, d’apporter la justification de l’absence de demande. Pour saisir la commission de médiation, il convient d’utiliser le formulaire CERFA N°15036*1 (téléchargeable sur le site internet des services de l’Etat dans le Nord « nord.gouv.fr ») à retourner complété et accompagné de toutes les pièces justificatives requises à l’adresse suivante:
DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA COHESION SOCIALE
Mission accès au logement
Secrétariat de la commission médiation DALO
[Adresse 2]
[Adresse 7]
[Localité 4] ;
Dit qu’une copie de la présente décision sera adressée par les soins du greffe au représentant de l’Etat dans le département pour information ;
Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamne in solidum Madame [W] [R] et Monsieur [F] [E] aux dépens ;
Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;
Rejette toute autre demande.
Ainsi jugé et prononcé le 13 Mars 2025 par mise à disposition au greffe.
Le CADRE GREFFIER Le PRESIDENT
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