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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, jcp, 30 juin 2025, n° 24/04737 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/04737 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Déclare la demande ou le recours irrecevable |
| Date de dernière mise à jour : | 28 juillet 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | LA SOCIETE GROUPE SOFEMO, S.A.R.L. FRANCE SOLAIRE ENERGIES, S.A. COFIDIS |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 7]
[Localité 4]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 24/04737 – N° Portalis DBZS-W-B7I-YJ2M
JUGEMENT
DU : 30 Juin 2025
[S] [B]
[M] [T] épouse [B]
C/
S.A.R.L. FRANCE SOLAIRE ENERGIES
S.A. COFIDIS VENANT AUX DROITS DE LA SOCIETE GROUPE SOFEMO
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 30 Juin 2025
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
M. [S] [B], demeurant [Adresse 2]
Mme [M] [T] épouse [B], demeurant [Adresse 2]
représenté par Représentant : Me Océanne AUFFRET DE PEYRELONGUE, avocat au barreau de BORDEAUX
ET :
DÉFENDEUR(S)
Me [P] [N], es qualité de mandataire ad’hoc de la S.A.R.L. FRANCE SOLAIRE ENERGIES, dont le siège social est sis [Adresse 3]
S.A. COFIDIS VENANT AUX DROITS DE LA SOCIETE GROUPE SOFEMO, dont le siège social est sis [Adresse 5], représentée par Me Xavier HELAIN, avocat au barreau d’ESSONNE
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 31 Mars 2025
Magali CHAPLAIN, Juge, assisté(e) de Deniz AGANOGLU, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 30 Juin 2025, date indiquée à l’issue des débats par Magali CHAPLAIN, Juge, assisté(e) de Deniz AGANOGLU, Greffier
RG : 24/4737 PAGE
EXPOSE DU LITIGE :
Suivant bon de commande du 28 septembre 2010, M. [S] [B] a contracté auprès de la société France Solaire Energies une prestation relative à la fourniture et la pose d’une installation photovoltaïque pour un montant total TTC de 20 000 euros, dans le cadre d’un démarchage à domicile.
Le même jour, M. [S] [B] et Mme [H] [T] épouse [B] ont souscrit une offre de crédit affecté auprès de la société anonyme (ci-après SA) Groupe Sofemo, d’un montant de 20 000 euros, au taux débiteur de 4,99 % l’an, remboursable en 180 mensualités de 193,68 euros, avec assurance facultative, avec un différé de paiement de 360 jours.
La société France Solaire a établi une facture le 27 octobre 2010 portant sur la fourniture et l’installation du matériel commandé pour un montant total de 20 000 euros.
La société Groupe Sofemo a fait l’objet d’une fusion absorption par la société anonyme Cofidis (ci-après désignée la S.A Cofidis).
Par jugement du 19 novembre 2021, le tribunal de commerce d’Evry a prononcé la clôture des opérations de liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif ouvertes au profit de la société France Solaire Energies.
Par ordonnance du 5 septembre 2023, le tribunal de commerce d’Evry a désigné Maître [P] [N] en qualité de mandataire ad hoc de la SARL France Solaire Energies.
Par acte d’huissier des 16 et 17 avril 2024, M. et Mme [R] ont fait assigner respectivement la SA Cofidis et Maître [P] [N], en qualité de mandataire ad’hoc de la société France Solaire Energies, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille aux fins notamment de voir prononcer la nullité des contrats de vente et de crédit affecté et condamner les sociétés défenderesses au paiement de diverses sommes d’argent.
L’affaire a été appelée à l’audience du 13 septembre 2024 lors de laquelle les parties, représentées par leur conseil, à l’exception de Maître [P] [N], non comparant, ont accepté de soumettre la procédure à l’article 446-2 du code de procédure civile et un calendrier de procédure a été établi fixant l’audience de plaidoiries au 31 mars 2025.
A cette audience, les parties, représentées par leur conseil respectif, se sont expressément référées à leurs conclusions déposées et visées par le greffier.
Aux termes de ses dernières écritures, M. et Mme [B] demandent au juge de :
— déclarer leurs demandes recevables,
A titre principal :
— prononcer la nullité du contrat de vente en raison des irrégularités affectant la vente,
Subsidiairement :
— prononcer la nullité du contrat de vente sur le fondement du dol,
En conséquence :
Condamner Maître [P] [N], en qualité de mandataire ad’hoc de la société France Solaire Energies, à procéder à ses frais à la dépose et la reprise du matériel installé à leur domicile, dans le délai de deux mois à compter de la décision devenue définitive, en prévenant 15 jours à l’avance du jour de sa venue par lettre recommandée avec accusé de réception et sans opérer de dégradations en déposant le matériel,dire qu’à défaut, ils pourront disposer du matériel à leur guise,prononcer la nullité du contrat de crédit affecté,dire que la banque a manqué à ses obligations de vérification de la validité du bon de commande,dire que la banque a manqué à ses obligations de vérification de l’exécution complète du contrat principal,En conséquence :condamner la société Cofidis à leur verser la somme de 20 000 euros représentant le prix du matériel, sans compensation avec la restitution du capital prêté, le solde devant être actualisé au jour du jugement, et avec intérêts au taux légal à compter du remboursement,condamner la société Cofidis à leur verser les sommes de 5 000 euros et de 3 000 euros au titre du préjudice consistant en la perte de chance de ne pas contracter avec la société venderesse et du préjudice moral subi,
En tout état de cause :
condamner solidairement les défendeurs à leur payer la somme de 3 000 euros eu titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
La S.A Cofidis sollicite du juge des contentieux de la protection de :
déclarer M. et Mme [B] irrecevables et à titre subsidiaire mal fondés en leurs demandes ;en conséquence, les débouter de l’intégralité de leurs demandes ;
A titre subsidiaire, en cas de nullité des contrats :
la condamner à restituer aux emprunteurs uniquement les intérêts et frais perçus,
A titre très subsidiaire, si le tribunal estime que les emprunteurs subissent un préjudice :
la priver de la somme de 1 000 euros,condamner solidairement M. et Mme [B] à lui rembourser le capital d’un montant de 19000 euros, au taux légal à compter du jugement à intervenir,
En tout état de cause :
condamner solidairement M. et Mme [B] à lui payer une indemnité d’un montant de 1500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
En application de l’article 455 du code de procédure civile, il est expressément renvoyé aux conclusions des parties pour un plus ample exposé de leurs prétentions et moyens.
Régulièrement citée à domicile, Maître [P] [N], en qualité de mandataire ad’hoc de la société France Solaire Energies, n’a pas comparu ni ne s’est fait représenter.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 30 juin 2025 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION :
Conformément à l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la prescription :
Sur la recevabilité de la demande en nullité du contrat pour des irrégularités affectant le bon de commande
Aux termes de l’article 2224 du code civil, les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer.
M. et Mme [B] font valoir que le contrat de vente et d’installation d’un système de panneaux photovoltaïques, conclu avec la société France Solaire Energies est nul, faute de comporter toutes les mentions obligatoires prévues au code de la consommation.
Les faits permettant d’exercer une telle action en nullité sont la ou les mentions supposées manquantes dans le bon de commande, cette absence étant visible au moment de la signature du contrat.
Dès lors, le point de départ de la prescription ne peut être que la date de l’acte argué de nullité sauf à ce que M. et Mme [B] démontrent qu’ils ne connaissaient pas les faits leur permettant d’agir ou qu’ils les ignoraient légitimement.
M. et Mme [B] se limitent à invoquer leur qualité de consommateur profane et leur méconnaissance de la réglementation applicable pour voir repousser le point de départ de la prescription à la date à laquelle ils ont pu avoir connaissance effective des conséquences juridiques des irrégularités de pure forme invoquées en consultant un avocat.
Toutefois, cette argumentation se heurte à l’adage selon lequel nul n’est censé ignorer la loi.
Par ailleurs, elle vise à voir repousser le point de départ de la prescription à une date incertaine, à la totale maîtrise des demandeurs, puisque ceux-ci demandent à ce qu’il soit fixé à la date à laquelle ils ont fait la démarche de se rapprocher d’un avocat.
En outre, c’est en vain que M. et Mme [B] invoquent la jurisprudence récente de la Cour de cassation pour échapper à la prescription quinquennale.
Par ailleurs, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne :
— que, en l’absence de réglementation par le droit de l’Union, il appartient à l’ordre juridique interne de chaque État membre de régler les modalités procédurales des recours en justice destinées à assurer la sauvegarde des droits que les justiciables tirent du droit de l’Union, pour autant, d’une part, que ces modalités ne soient pas moins favorables que celles concernant des recours similaires de nature interne (principe d’équivalence), et, d’autre part, qu’elles ne rendent pas en pratique impossible ou excessivement difficile l’exercice des droits conférés par l’ordre juridique de l’Union (principe d’effectivité) (voir, notamment, arrêt du 26 octobre 2006, [A] [K], C-168/05, [Localité 6]:C:2006:675, point 24, arrêts du 9 juillet 2020 Raiffeisen Bank et BRD Groupe Société Générale , C-698/18 et C-699/18)
— que la protection du consommateur ne revêt pas un caractère absolu (arrêt du 21 décembre 2016, [J] [I] e.a., C-154/15, C-307/15 et C-308/15, [Localité 6]:C:2016:980, point 68) et que la fixation de délais raisonnables de recours à peine de forclusion dans l’intérêt de la sécurité juridique est compatible avec le droit de l’Union (arrêts du 6 octobre 2009, Asturcom Telecomunicaciones, C-40/08, [Localité 6]:C:2009:615, point 41, ainsi que du 21 décembre 2016, [J] [I] e.a., C-154/15, C-307/15 et C-308/15, [Localité 6]:C:2016:980, point 69, arrêts du 9 juillet 2020 Raiffeisen Bank et BRD Groupe Société Générale , C-698/18 et C-699/18).
Certes, la CJUE a, en matière de clauses abusives, dit pour droit que, compte tenu, d’une part, de ce que le consommateur était conduit à adhérer aux conditions rédigées préalablement par le professionnel, sans pouvoir exercer une influence sur le contenu de celles-ci, d’autre part de ce qu’il se trouvait dans une situation d’infériorité, qu’un délai de prescription de trois ans qui commençait à courir à compter de la date de l’exécution intégrale du contrat n’était pas de nature à assurer au consommateur une protection effective, dès lors que ce délai risquait d’avoir expiré avant même que le consommateur ne puisse avoir connaissance de la nature abusive d’une clause contenue dans ce contrat, un tel délai rendant excessivement difficile l’exercice des droits de ce consommateur conférés par la directive 93/13 (arrêts du 9 juillet 2020 Raiffeisen Bank et BRD Groupe Société Générale , C-698/18 et C-699/18).
Toutefois, contrairement aux clauses abusives, l’absence de mentions sur le bon de commande est un fait objectif qui ne suppose aucune interprétation.
Dans ces conditions, dès lors, d’une part, que le délai à l’encontre du titulaire d’un droit ne court qu’à partir du moment où il se trouve en possession de tous les éléments lui permettant d’évaluer sa situation au regard de ses droits, d’autre part, qu’il s’agit d’un délai suffisamment long pour lui permettre de les mettre en œuvre efficacement, la fixation du point de départ de la prescription à la date de signature du contrat n’est pas de nature à rendre impossible en pratique ou excessivement difficile l’exercice des droits conférés au consommateur et ne porte donc pas atteinte au principe européen d’effectivité des droits.
Cette fixation vise en outre à empêcher la possibilité de remettre en cause un contrat sur un temps excessivement long, quand bien même s’appliquerait le délai butoir de vingt ans de l’article 2232 du code civil, et tient ainsi compte du principe fondamental de la sécurité juridique.
Au vu de l’ensemble de ces éléments, il convient de fixer le point de départ de la prescription à la date du 28 septembre 2010, date de signature du bon de commande.
L’assignation ayant été délivrée les 16 et 17 avril 2024, au-delà du délai de cinq ans, la demande en nullité du contrat pour non-respect du code de la consommation est irrecevable, comme étant prescrite.
Sur la recevabilité de la demande en nullité du contrat pour dol :
Selon l’article 2224 du code civil, les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer.
RG : 24/4737 PAGE
En application de l’article 1304 du code civil, dans sa rédaction issue de la loi n°2007-308 du 5 mars 2007, applicable au présent litige, le délai de l’action en nullité pour dol ne court qu’à compter du jour où ce dol a été découvert.
M. et Mme [B] soutiennent qu’ils ont été trompés par la société France Solaire Energies lors de la conclusion du contrat de vente au motif que les performances énergétiques et la rentabilité de l’installation qu’elle leur avait promises ne sont pas atteintes, que l’installation ne s’autofinance pas dans la mesure où les où les revenus liés à la production et à la revente d’électricité ne couvrent pas les mensualités d’emprunt.
La banque leur oppose la prescription affectant ces demandes, ayant selon elle couru depuis la première voire la deuxième facture de production d’énergie.
Le point de départ du délai de prescription, consistant en la découverte du dol allégué, résultant de pratiques commerciales trompeuses et d’une promesse mensongère de rentabilité et d’autofinancement doit, en l’espèce, être fixé à la date d’émission de la première facture de revente d’électricité.
M. et Mme [B] versent aux débats une expertise réalisée le 13 juillet 2022 par la société 2 CLM de façon non contradictoire plusieurs années après la pose de l’installation photovoltaïque qui conclut que le rendement financier moyen de l’installation photovoltaïque ne permet pas de couvrir la mensualité du prêt et que pour amortir le coût de l’installation, une durée d’utilisation comprise entre 15 et 20 ans est nécessaire. Ils estiment que ce n’est qu’à la date de cette expertise et après plusieurs années de production, qu’ils ont eu une connaissance effective et concrète des économies d’énergie et de la rentabilité de leur installation.
Toutefois, force est de constater que les requérants pouvaient parfaitement se rendre compte, bien avant la réalisation de l’expertise le 13 juillet 2022, par un simple calcul du coût annuel du crédit et en le comparant au montant de la première facture annuelle de production et de revente d’électricité, que l’installation ne pourrait pas s’autofinancer.
La découverte du dol allégué doit en effet être considérée comme acquise dès l’émission de la première facture de revente d’électricité qui date en principe de l’année suivant la signature du contrat d’achat avec ERDF, cette première facture révélant au consommateur la rentabilité de l’installation et les économies d’énergie générées par elle. En l’espèce, il est justifié d’une facture de revente d’électricité établie le 25 mai 2015 pour la période du 26 mai 2014 au 26 mai 2015. Les époux [B] communiquent également un récapitulatif manuscrit des sommes versées par EDF pour les années 2011 à 2021, laissant apparaître un prix de revente moyen annuel de 1 600 euros.
Ils pouvaient donc se rendre compte de la tromperie du vendeur sur la rentabilité et l’autofinancement de l’installation dès la première facture émise en mai 2012.
Par suite, en l’absence de contestation quant au fonctionnement et au raccordement de l’installation, il y a lieu de considérer que l’action en nullité pour dol introduite les 16 et 17 avril 2024 est prescrite.
Sur la recevabilité de l’action en responsabilité dirigée contre l’établissement de crédit :
Cette demande est, s’agissant de la prescription, également soumise à l’article 2224 du code civil.
La prescription d’une action en responsabilité contractuelle ne court qu’à compter de la réalisation du dommage ou de la date à laquelle il est révélé à la victime si elle n’en avait pas eu précédemment connaissance.
M. et Mme [B] font grief à la banque d’avoir commis des fautes en débloquant les fonds en ne s’assurant pas de la régularité formelle du contrat ni de son exécution complète et sollicitent le paiement de diverses sommes à son encontre.
La société Cofidis oppose que l’action en responsabilité formée par les emprunteurs est prescrite pour n’avoir pas été engagée dans les cinq ans suivant la signature de l’attestation de livraison ou le paiement de la première échéance de l’emprunt le 10 octobre 2011.
Le dommage résultant de la faute de la banque dans le déblocage des fonds sans avoir vérifié la régularité formelle du contrat de vente et son exécution complète, à la supposer avérée, consiste pour l’emprunteur à devoir rembourser le crédit suite au déblocage fautif des fonds.
Le point de départ du délai de prescription se situe donc soit au moment de la libération des fonds soit au plus tard en l’absence de connaissance de la date de déblocage des fonds lors du prélèvement de la première échéance.
En l’occurrence, il ressort de l’historique de compte produit par la banque que le déblocage des fonds est intervenu le 14 octobre 2010. Cette date sera donc retenue comme étant le point de départ du délai de prescription.
L’exploit introductif ayant été délivré à la société Cofidis le 16 avril 2024, l’action en responsabilité fondée sur la faute dans le déblocage des fonds est donc prescrite.
Par ailleurs, l’action en nullité du contrat pour dol étant également prescrite, l’action en responsabilité à l’encontre de la banque pour s’être prétendument rendue complice d’un dol commis par la société venderesse est nécessairement prescrite.
Sur la recevabilité de la demande de déchéance du droit aux intérêts contractuels
En application de l’article L 311-48 du code de la consommation dans sa version applicable en l’espèce, le prêteur qui ne respecte pas certaines exigences du code de la consommation lors de la souscription du crédit est déchu du droit aux intérêts contractuels.
M. et Mme [B] ont la qualité de demandeur principal dans la présente instance et aucune demande en paiement au titre du contrat de crédit affecté n’est formée à leur encontre par la société Cofidis.
Le prononcé de la déchéance du droit aux intérêts contractuels et la demande subséquente de remboursement des intérêts et frais versés constituent des prétentions soumises à la prescription quinquennale, dont le point de départ se situe au jour de l’acceptation de l’offre de crédit, soit en l’espèce, le 28 septembre 2010.
M. et Mme [B] sont donc irrecevables à agir en déchéance du droit aux intérêts contractuels du prêteur.
Sur les demandes accessoires
M. et Mme [B] échouant en leurs prétentions, il convient de les condamner in solidum à supporter la charge des entiers dépens et à payer à la société Cofidis une somme de 750 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Ils seront en conséquence déboutés de leurs demande au titre des frais irrépétibles.
PAR CES MOTIFS
La juge des contentieux de la protection, statuant à l’issue de débats tenus en audience publique, par jugement réputé contradictoire rendu en premier ressort et mis à disposition au greffe
DECLARE M. [S] [B] et Mme [H] [T] épouse [B] irrecevables en leurs demandes dirigées contre la société France Solaire Energies prise en la personne de son mandataire ad hoc et la société anonyme Cofidis, venant aux droits de la société anonyme Groupe Sofemo ;
DECLARE les demandes de restitution et les demandes en paiement formées par M. [S] [B] et Mme [H] [T] épouse [B] sans objet ;
REJETTE la demande de M. [S] [B] et Mme [H] [T] épouse [B] fondée sur l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum M. [S] [B] et Mme [H] [T] épouse [B] à payer à la société Cofidis la somme de 750 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum M. [S] [B] et Mme [H] [T] épouse [B] aux dépens ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Le greffier La juge
D.AGANOGLU M. CHAPLAIN
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Textes cités dans la décision
- Directive Clauses abusives - Directive 93/13/CEE du 5 avril 1993 concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs
- Loi n° 2007-308 du 5 mars 2007
- Code de la consommation
- Code de procédure civile
- Code civil
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