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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, réf. cab. 2, 3 déc. 2025, n° 25/03142 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03142 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autres mesures ordonnées en référé |
| Date de dernière mise à jour : | 8 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
JUGEMENT
PROCEDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
Référés Cabinet 2
JUGEMENT DU : 03 Décembre 2025
Président : Mme MORALES, Juge
Greffier : Madame LAFONT, lors des débats
Madame DUFOURGNIAUD, lors du prononcé
Débats en audience publique le : 08 Octobre 2025
N° RG 25/03142 – N° Portalis DBW3-W-B7J-6UTP
PARTIES :
DEMANDERESSE
Le Syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 3]
pris en la personne de son syndic en exercice la Société INTESA, dont le siège social est sis [Adresse 1]
pris en la personne de son représentant légal
représenté par Maître Florence BLANC de l’AARPI BCT AVOCATS, avocats au barreau de MARSEILLE
DEFENDERESSE
Madame [T] [V], née le 1er Mars 1972 à [Localité 8]
demeurant [Adresse 2][Adresse 6]
non comparante
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS
Madame [T] [V] est propriétaire des lots n°8 et n°88 au sein de l’immeuble COTE [Localité 9] situé [Adresse 5].
Par courrier recommandé du 1er avril 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4], par l’intermédiaire de son conseil, a mis en demeure Madame [T] [V] de régler la somme de 719,94 euros au titre des appels de fonds relatifs à l’exercice en cours, somme dont elle ne s’est pas acquittée à sa date d’exigibilité.
Par exploit de commissaire de justice en date du 25 juillet 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4], représenté par son syndic en exercice la société INTESA, a fait citer Madame [T] [V] selon la procédure accélérée au fond, à l’audience du 08 octobre 2025, aux fins de :
— Prononcer la recevabilité de l’action du syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4] ;
— Condamner Madame [T] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4] les sommes suivantes :
* 2.799,20 euros au titre des provisions et charges de copropriété impayées au 1er juillet 2025 avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 27 septembre 2024 ;
* 892,96 euros au titre des frais nécessaires au recouvrement ;
* 359,97 euros au titre des provisions non échues de l’exercice 2025 ;
* 1.000 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive ;
* 1.500 euros au titre des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile, outre les entiers dépens de l’instance ;
— Débouter Madame [T] [V] de toutes demandes, fins ou prétentions contraires ;
— Dire n’y avoir à écarter l’exécution provisoire de droit.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 08 octobre 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble [Adresse 7] sis [Adresse 4], par l’intermédiaire de son conseil, ayant maintenu ses demandes dans les mêmes termes.
Sur les moyens développés par le requérant au soutien de ses prétentions, il conviendra de se reporter à ses écritures, en application de l’article 455 du code de procédure civile.
Valablement assignée à personne, Madame [T] [V] n’est ni comparante, ni représentée.
L’affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 03 décembre 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
L’article 472 du code de procédure civile, dispose qu’en l’absence de comparution du défendeur, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Aux termes de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1.
L’article 481-1 du code de procédure civile, applicable aux procédures introduites à compter du 1er janvier 2020, dispose qu’à moins qu’il en soit disposé autrement, lorsqu’il est prévu par la loi ou le règlement qu’il est statué selon la procédure accélérée au fond, la demande est formée, instruite et jugée dans les conditions suivantes :
1° La demande est portée par voie d’assignation à une audience tenue aux jour et heure prévus à cet effet ;
2° Le juge est saisi par la remise d’une copie de l’assignation au greffe avant la date fixée pour l’audience, sous peine de caducité de l’assignation constatée d’office par ordonnance du juge, ou, à défaut, à la requête d’une partie ;
3° Le jour de l’audience, le juge s’assure qu’il s’est écoulé un temps suffisant depuis l’assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense. La procédure est orale ;
4° Le juge a la faculté de renvoyer l’affaire devant la formation collégiale, à une audience dont il fixe la date, qui statuera selon la procédure accélérée au fond ;
5° A titre exceptionnel, en cas d’urgence manifeste à raison notamment d’un délai imposé par la loi ou le règlement, le président du tribunal, statuant sur requête, peut autoriser à assigner à une heure qu’il indique, même les jours fériés ou chômés ;
6° Le jugement est exécutoire de droit à titre provisoire dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 ;
7° La décision du juge peut être frappée d’appel à moins qu’elle n’émane du premier président de la cour d’appel ou qu’elle n’ait été rendue en dernier ressort en raison du montant ou de l’objet de la demande.
Le délai d’appel ou d’opposition est de quinze jours.
Sur la recevabilité
En l’espèce, par courrier recommandé en date du 1er avril 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble [Adresse 7] sis [Adresse 4] a mis en demeure Madame [T] [V] de payer les provisions impayées dues au titre de l’exercice en cours.
Il résulte de l’examen du décompte que les provisions appelées au titre de l’exercice en cours n’ont pas été réglées dans le délai de 30 jours.
Dès lors, il y a lieu de statuer selon la procédure accélérée au fond.
Sur la demande principale en paiement
S’agissant des charges échues
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot. Ils sont également tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien, à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L’approbation des comptes du syndic par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges. Le copropriétaire, qui n’a pas, dans les délais prévus à l’article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965, contesté la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes, n’est pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées.
En l’espèce, à l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires produit notamment :
— les procès-verbaux des assemblées générales ordinaires des copropriétaires de l’immeuble des 22 juin 2023, 11 juillet 2024 et 1er juillet 2025, comportant approbation des comptes de l’exercice clos, vote du budget prévisionnel et vote des travaux, non contestés dans le délai de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965,
— les décomptes de charges et appels de fonds concernant Madame [T] [V] pour la période réclamée,
— la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, datée du 1er avril 2025, rappelant la possibilité pour le syndicat des copropriétaires d’exiger les provisions dues jusqu’à la fin de l’exercice à défaut de paiement dans les 30 jours,
— la sommation de payer délivrée le 27 septembre 2024,
— le relevé de compte arrêté au 1er juillet 2025 à la somme de 2.799,20 euros, dus au titre des charges et travaux et 892,96 euros dus au titre des frais de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,
— le détail des provisions à échoir pour l’exercice en cours, pour un total de 359,97 euros,
— le contrat de syndic.
Au vu de ces pièces, Madame [T] [V] sera condamnée à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 2.799,20 euros au titre des charges et travaux échus arrêtés à la date du 1er juillet 2025, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 25 juillet 2025.
S’agissant des provisions à échoir
A défaut de paiement dans les 30 jours suivant la mise en demeure du 1er avril 2025, les provisions non encore échues pour l’exercice en cours sont devenues immédiatement exigibles.
L’assemblée générale du 11 juillet 2024 a approuvé le budget prévisionnel pour l’exercice du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025.
Il convient donc de condamner Madame [T] [V] au paiement de la somme de 359,97 euros correspondant à la provision trimestrielle du 1er octobre au 31 décembre 2025.
S’agissant des frais nécessaires
Conformément aux dispositions de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire.
Ne sont pas assimilés à des frais nécessaires : les frais de mise au contentieux entrant dans la gestion courante du syndic sauf s’ils traduisent des diligences réelles, inhabituelles et nécessaires, les frais de rappel antérieurs à la mise en demeure, les honoraires non justifiés de commissaire de justice ou qui ont été exposés sans que le recouvrement de la créance ne soit mené à bien.
En l’espèce, il convient de retirer des frais réclamés, ceux non conformes au contrat de syndic, ceux imputés à la débitrice mais non justifiés par des pièces versées aux débats, ceux occasionnés par tous les actes inutiles au recouvrement effectif de la créance (multiplication des frais de relance avec ou sans lettre recommandée non suivis d’un paiement effectif) et ceux relevant des dépens et frais irrépétibles.
Il en résulte que Madame [T] [V] sera condamnée au paiement de la somme de 402,96 euros au titre des frais nécessaires au recouvrement, correspondant au coût de la sommation de payer et à celui de la mise en demeure.
Sur les dommages et intérêts
Aux termes de l’article 1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
Conformément à l’article 1353 du code civil, il appartient au syndicat des copropriétaires, qui prétend que la défaillance de l’un de ses copropriétaires lui a causé un préjudice distinct, de le prouver.
En l’espèce, la défaillance de Madame [T] [V] dans le paiement régulier des charges de copropriété a nécessairement causé un préjudice au syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4] en déséquilibrant les comptes de la copropriété.
En conséquence, Madame [T] [V] sera condamnée à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4] la somme de 300 euros à titre de dommages et intérêts.
Sur les demandes accessoires
Il serait inéquitable de laisser à la charge du syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4] l’intégralité de ses frais de procédure non compris dans les dépens.
A ce titre, Madame [T] [V] sera condamnée à lui payer la somme de 1.000 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Madame [T] [V], qui succombe, sera condamnée aux entiers dépens.
Il convient de rappeler que le présent jugement est, de plein droit, exécutoire par provision.
PAR CES MOTIFS, CONFORMEMENT A LA PROCEDURE ACCELEREE AU FOND, PAR JUGEMENT PRONONCÉ PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,
CONDAMNE Madame [T] [V] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble COTE [Localité 9] sis [Adresse 4] les sommes suivantes :
— 2.799,20 euros (deux mille sept cent quatre-vingt-dix-neuf euros et vingt centimes) au titre des charges de copropriété exigibles au 1er juillet 2025, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 25 juillet 2025,
— 359,97 euros (trois cent cinquante-neuf euros et quatre-vingt-dix-sept centimes) au titre des charges à échoir pour l’exercice en cours, devenues immédiatement exigibles, comprenant la provision trimestrielle du 1er octobre 2025 au 31 décembre 2025.
— 402,96 euros (quatre cent deux euros et quatre-vingt-seize centimes) au titre des frais nécessaires au recouvrement de la créance,
— 300 euros (trois cents euros) à titre de dommages-intérêts ;
— 1.000 euros (mille euros) en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Madame [T] [V] aux entiers dépens de l’instance ;
REJETTE toute autre demande différente, plus ample ou contraire ;
RAPPELLE que le présent jugement est, de plein droit, exécutoire par provision.
Ainsi jugé et prononcé par jugement signé les jour, mois et an susdits par la magistrate et la greffière susnommées et mis à disposition au greffe.
LA GREFFIERE LA MAGISTRATE
Grosse délivrée le 03/12/2025
À Maître Florence BLANC
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