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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Denis de la Réunion, civil tp saint paul, 26 févr. 2026, n° 25/00725 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00725 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 10 mars 2026 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
N° RG 25/00725 – N° Portalis DB3Z-W-B7J-HMEM
MINUTE N° : 26/0033
COUR D’APPEL DE [Localité 1] DE [Localité 2]
TRIBUNAL DE PROXIMITE DE SAINT-PAUL
— -------------------
JUGEMENT DU 26 FEVRIER 2026
—
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
PARTIES
DEMANDEUR :
S.A. SEDRE
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 3]
Représentée par Me Fabrice SAUBERT, avocat au barreau de SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION
DÉFENDEURS :
Monsieur [B] [P] [H] [J]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]
Comparant en personne
Madame [E] [C] [M] [U]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]
comparante en personne
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Isabelle OPSAHL, Vice-présidente,
Assistée de : Falida OMARJEE, Greffier,
DÉBATS :
À l’audience publique du 29 Janvier 2026
DÉCISION :
Prononcée par Isabelle OPSAHL, Juge au Tribunal de Proximité de Saint-Paul, assistée de Falida OMARJEE, Cadre greffier,
Copie exécutoire délivrée
le :
aux parties
EXPOSE DU LITIGE
La Société SEDRE a donné à bail à usage d’habitation à [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] par acte sous seing privé en date du 7 décembre 2017, un logement situé [Adresse 5], moyennant un loyer mensuel de 539,95 euros, provisions sur charges comprises.
Des loyers étant impayés, la Société SEDRE a vainement fait délivrer le 18 juillet 2025 aux locataires un commandement visant la clause résolutoire (2 mois) d’avoir à lui payer sous ce délai la somme principale de 1686,19 euros.
Par acte en date du 17 octobre 2025, la Société SEDRE a fait citer M. [J] et Mme [U] devant le juge des contentieux et de la protection du tribunal de proximité de Saint-Paul aux fins de :
— constater la résiliation du bail par acquisition de la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers,
— ordonner leur expulsion avec le concours de la force publique si nécessaire, et ce sous astreinte dès le prononcé du jugement à intervenir jusqu’à la parfaite libération des lieux,
— les condamner solidairement au paiement de la somme de 2078,74 euros au titre des impayés avec intérêts à compter de l’assignation,
— les condamner solidairement au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation révisable comme le loyer et les charges à compter de la résiliation du bail et jusqu’à parfait délaissement des lieux, le tout avec le bénéfice de l’exécution provisoire,
— les condamner solidairement à une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— les condamner solidairement aux entiers dépens.
A l’audience du 29 janvier 2026, la Société SEDRE a actualisé sa créance à la somme de 3944,12 euros au 14 janvier 2026.
Le bailleur indique que les loyers courants sont impayés depuis août 2025. Le résiduel n’est que de 85 euros/mois.
Mme [U] dit avoir 4 contrats d’assistante maternelle depuis ce mois-ci. M. [J] dit être auto-entrepreneur à 1000-1500 euros/mois. Ils proposent de régler la somme de 110 euros en plus du loyer et des charges.
Le bailleur dit en être d’accord.
L’affaire a été mise en délibéré au 26 février 2026, le jugement devant être rendu par mise à disposition au greffe.
MOTIFS
L’assignation en résiliation de bail a régulièrement été dénoncée aux services de la préfecture du département et les incidents de paiement du loyer ont fait l’objet de l’information légale à la CCAPEX dans les délais légaux.
L’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989 modifiée dispose que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérable aux termes convenus, le défaut de paiement constituant une violation d’une de ses obligations principales justifiant la résiliation du dit bail.
Vu l’article 24 de cette même loi,
Des loyers étant impayés, la Société SEDRE a vainement fait délivrer le 18 juillet 2025 aux locataires un commandement visant la clause résolutoire (2 mois) d’avoir à lui payer sous ce délai la somme principale de 1686,19 euros.
La non-régularisation de la dette locative dans ce délai à compter de la délivrance du commandement de payer visant la clause résolutoire du bail a entraîné de plein droit sa résiliation avec effet au 19 septembre 2025.
L’acquisition de la clause résolutoire du bail pour défaut de paiement des loyers sera donc constatée à cette date.
Il ressort des pièces versées aux débats que les locataires restent solidairement redevables eu égard au caracère ménager de l’occupation auprès de la Société SEDRE d’une somme de 3944,12 euros au 14 janvier 2026 au titre des loyers impayés.
Par application de l’article 24 V de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 modifiée, prévoit que “le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative”.
L’article 24 VII de la même loi modifiée dispose que “Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date d’audience, les effets de la clause résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévus aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet”.
Compte tenu de ces éléments, les défendeurs ne peuvent se voir accorder des délais de paiement.
Mais, du fait de l’accord des parties, ils pourront se libérer de la somme due à raison de 35 mensualités de110 euros chacune et d’une 36ème mensualité de 94,12 euros laquelle soldera la dette, le tout en plus du paiement du loyer et des charges courantes, avant le 10 de chaque mois, la première échéance devant intervenir le dixième jour du mois suivant la signification de la présente décision.
Il convient de préciser que le non-paiement d’une seule échéance au terme prévu entraînera l’exigibilité immédiate de l’intégralité de la somme restant due.
Pendant la durée d’exécution du plan d’apurement, les effets de la clause résolutoire sont suspendus et ne reprennent vigueur qu’en cas de non-respect de celui-ci.
A défaut de paiement selon les modalités ci-dessus l’expulsion des lieux des débiteurs sera ordonnée, avec le concours si besoin de la force publique et d’un serrurier.
Ils seront condamnés in solidum au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer révisable et des charges jusqu’à libération effective des lieux caractérisée par la remise des clefs.
Il n’apparaît pas nécessaire d’assortir l’obligation de quitter les lieux d’une astreinte. En effet, la condamnation au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation, de nature à réparer le préjudice subi par la société bailleresse, satisfait déjà l’objectif assigné à l’astreinte en cette matière par l’article L.421-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Il n’apparaît pas équitable de laisser à la charge de la demanderesse les frais irrépétibles engagés pour la présente instance. Les défendeurs seront condamnés in solidum à lui verser la somme révisée de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Ils seront condamnés conjointement aux dépens qui comprendront le coût de l’assignation, de la notification à la préfecture et à la CCAPEX, du commandement de payer et, le cas échéant, de l’expulsion.
L’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS,
La vice-présidente des contentieux de la protection statuant en premier ressort, par jugement contradictoire et par mise à disposition au greffe,
CONSTATE l’acquisition de la clause résolutoire au titre du bail conclu le 7 décembre 2017 entre la Société SEDRE et [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] concernant le logement situé [Adresse 5], avec effet au 19 septembre 2025;
CONDAMNE solidairement [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] à payer à la Société SEDRE la somme de 3944,12 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés à la date du 14 janvier 2026, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
DIT que [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] pourront se libérer de la dette à raison de 35 mensualités de110 euros chacune et d’une 36ème mensualité de 94,12 euros laquelle soldera la dette, le tout en plus du paiement du loyer et des charges courantes, avant le 10 de chaque mois, la première échéance devant intervenir le dixième jour du mois suivant la signification de la présente décision ;
Tribunal de proximité de Saint-Paul – N° RG 25/00725 – N° Portalis DB3Z-W-B7J-HMEM – /
DIT que le non-paiement d’une seule échéance au terme prévu entraînera l’exigibilité immédiate de l’intégralité de la somme restant due solidairement par les débiteurs ;
RAPPELLE que pendant l’exécution de ce plan d’apurement les effets de la clause résolutoire du bail sont suspendus et ne rependront vigueur qu’en cas de non-paiement d’une seule échéance de ce plan ;
RAPPELLE que si [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] se libèrent dans le délai et selon les modalités précitées, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué;
A défaut de paiement selon les modalités prévues ci-dessus :
CONSTATE la résiliation du bail au 19 septembre 2025,
ORDONNE l’expulsion des lieux de [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] et de tous les occupants de leur chef avec le concours de la force publique et d’un serrurier, si nécessaire,
CONDAMNE in solidum [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] à payer à la Société SEDRE une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été exigibles si le bail n’avait pas été résilié, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à parfaite libération des lieux caractérisée par la remise des clefs ;
DÉBOUTE la Société SEDRE du surplus de ses demandes ;
CONDAMNE in solidum [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] à payer à la Société SEDRE la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE conjointement [B] [P] [H] [J] et [E] [C] [M] [U] aux dépens qui comprendront le coût de l’assignation, de la notification à la Préfecture et à la CCAPEX, du commandement de payer et, le cas échéant, de l’expulsion ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
EN FOI DE QUOI LE PRÉSENT JUGEMENT A ÉTÉ SIGNE PAR LA VICE-PRESIDENTE ET LA CADRE-GREFFIÈRE.
LA CADRE-GREFFIERE LA VICE-PRESIDENTE
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