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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 5 sept. 2025, n° 25/01460 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01460 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 8]
[Adresse 1]
[Adresse 4]
[Localité 2]
NAC: 5AA
N° RG 25/01460 – N° Portalis DBX4-W-B7J-UCY5
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
N° B
DU : 05 Septembre 2025
[S] [T] [L] [K]
[Y] [P] [B] [Z] épouse [K]
C/
[R] [A] [X]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 05 Septembre 2025
à SCP MONFERRAN
Expédition délivrée
à toutes les parties
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Vendredi 05 Septembre 2025, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Giovanna GRAFFEO, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Olga ROUGEOT Greffier, lors des débats et chargé des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 13 Juin 2025, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDEURS
M. [S] [T] [L] [K], demeurant [Adresse 3]
Mme [Y] [P] [B] [Z] épouse [K], demeurant [Adresse 3]
représentée par la SCP MONFERRAN – ESPAGNO – SALVADOR, avocats au barreau de TOULOUSE
ET
DÉFENDERESSE
Mme [R] [A] [X], demeurant [Adresse 5]
non comparante, ni représentée
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] ont donné à bail à Madame [R] [A] [X] un appartement à usage d’habitation (n°B23), Bâtiment B, et un parking (n°09) situés [Adresse 6]) par contrat signé électroniquement prenant effet au 11 mai 2022 moyennant le versement d’un loyer mensuel de 652 euros et une provision pour charges de 62 euros.
Des loyers étant demeurés impayés, Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] lui ont fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire le 18 novembre 2024 pour un montant en principal de 1.771,35 euros, demeuré infructueux.
Par acte de commissaire de justice en date du 31 mars 2025, Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] ont en conséquence fait assigner Madame [R] [A] [X] devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 9] statuant en référé.
Aux termes de l’assignation, Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] ont sollicité de :
— Constater la résiliation de plein droit du contrat de location par effet de la clause résolutoire inscrite dans le bail ;
— Constater en conséquence que Madame [R] [A] [X] est occupante sans droit ni titre à compter de l’application de la clause résolutoire ;
Par voie de conséquence :
— Ordonner l’expulsion de Madame [R] [A] [X] des lieux loués et celle de tous occupants de son chef, avec si besoin le concours de la force publique ;
— Condamner Madame [R] [A] [X] à leur payer la somme provisionnelle de 4.974,81 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation échues au 6 février 2025, somme à parfaire au jour de l’audience ;
— Condamner Madame [R] [A] [X] à leur payer une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et des charges fixé par le bail précité et suivant les conditions de charges et de réindexation de ce dernier jusqu’à son départ effectif des lieux ;
— Condamner Madame [R] [A] [X] à leur payer la somme de 1.000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— Condamner Madame [R] [A] [X] aux entiers dépens de l’instance en ce compris le coût du commandement de payer.
A l’audience du 13 juin 2025, Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K], représentés par leur conseil, ont sollicité le bénéfice de leur exploit introductif d’instance et ont actualisé la dette à la somme de 8084,70 euros suivant décompte en date du 2 juin 2025.
Assignée par acte de commissaire de justice délivré selon les dispositions de l’article 659 du code de procédure civile le 31 mars 2025, Madame [R] [A] [X] n’était ni présente ni représentée à l’audience du 13 juin 2025.
La lettre recommandée avec accusé de réception adressée par le commissaire de justice à Madame [R] [A] [X] en application des dispositions de l’article précité est produite aux débats, la procédure est en conséquence régulière.
L’affaire a été mise en délibéré au 05 septembre 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
I – SUR LA DEMANDE DE RESILIATION :
— sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la HAUTE-GARONNE par la voie électronique le 1er avril 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89,462 du 06 juillet 1989.
Il est par ailleurs justifié du signalement de commandement de payer à la CCAPEX en date du 19 novembre 2024.
L’action est donc recevable.
— sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, dispose, dans sa version applicable à la présente espèce, le contrat de bail ayant été conclu avant la date d’entrée en vigueur de la loi du 27 juillet 2023, que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
En l’espèce, le bail litigieux contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 18 novembre 2024 pour un montant en principal de 1.771,35 euros à Madame [R] [A] [X] .
Au vu du décompte versé aux débats, le commandement de payer est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenues dans le bail étaient réunies à la date du 29 janvier 2025.
L’expulsion de Madame [R] [A] [X] sera en conséquence ordonnée.
II – SUR LES DEMANDES DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :
Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] produisent un décompte en date du 2 juin 2025 justifiant d’un arriéré locatif d’un montant de 8.084,70 euros, mensualité de juin 2025 incluse.
Madame [R] [A] [X], qui n’a pas comparu, n’a par définition contesté ni le principe ni le montant de la dette.
Elle sera en conséquence condamnée à titre provisionnel au paiement de cette somme de 8.084,70 euros.
Madame [R] [A] [X] sera également condamnée au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant depuis la résolution du bail.
L’arriéré est compris dans la somme provisionnelle déjà ordonnée.
Les indemnités d’occupation s’ajoutant au montant provisionnel courront à compter du 1er juillet 2025 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux.
Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant résultant du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi.
III – SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Madame [R] [A] [X], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de son signalement à la CCAPEX, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’ont dû accomplir Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K], Madame [R] [A] [X] devra leur verser une somme de 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail ayant pris effet au 11 mai 2022 conclu entre Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] d’une part et Madame [R] [A] [X] d’autre part concernant un appartement à usage d’habitation (n°B23), Bâtiment B, et un parking (n°09) situés [Adresse 7], sont réunies à la date du 29 janvier 2025 ;
ORDONNONS en conséquence à Madame [R] [A] [X] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de huit jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour Madame [R] [A] [X] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] pourront deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique et d’un serrurier ;
CONDAMNONS Madame [R] [A] [X] à payer à titre provisionnel à Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] la somme de 8.084,70 euros. au titre de la dette locative, selon décompte en date du 2 juin 2025, mensualité de juin 2025 incluse ;
CONDAMNONS Madame [R] [A] [X] à payer à titre provisionnel à Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 29 janvier 2025, dont l’arriéré est déjà liquidé au titre de la condamnation provisionnelle prononcée. Pour le futur, l’indemnité courra du 1er juillet 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tel que si le contrat s’était poursuivi ;
CONDAMNONS Madame [R] [A] [X] à payer à Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] une somme de 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Madame [R] [A] [X] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de son signalement à la CCAPEX, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
DEBOUTONS Monsieur [S] [K] et Madame [Y] [Z] épouse [K] de toute demande plus ample ou contraire ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
Le Greffier La Première Vice-Présidente
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