Infirmation 11 avril 2024
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Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 11 avr. 2024, n° 24/01641 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 24/01641 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Bobigny, 9 avril 2024 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 6 août 2024 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 340-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 11 AVRIL 2024
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : Q N° RG 24/01641 – N° Portalis 35L7-V-B7I-CJGVU
Décision déférée : ordonnance rendue le 09 avril 2024, à 17h11, par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny
Nous, Marie-Catherine Gaffinel, conseillère à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Malaury Carre, greffier aux débats et au prononcé de l’ordonnance
APPELANT
LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR REPRÉSENTÉ PAR LE PRÉFET DE POLICE
représenté par Me Elif Iscen, du cabinet Centaure, avocats au barreau de Paris
INTIMÉ
M. [I] [V]
né le 20 Février 1961 à [Localité 1], de nationalité turque
Libre, non comparant, non représenté, convoqué en zone d’attente à l’aéroport de [2], dernier domicile connu
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE :
— réputée contradictoire
— prononcée en audience publique
— Vu l’ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny du 09 avril 2024 à 17h11 rejetant les moyens de nullité et d’irrecevabilité soulevés, disant n’y avoir lieu de prolonger le maintien de M. [I] [V], en zone d’attente de l’aéroport de [2] et rappelant que l’administration doit restituer à l’intéressé l’intégralité de ses affaires personnelles, y compris son passeport et ses documents de voyage ;
— Vu l’appel motivé interjeté le 10 avril 2024, à 03h19, par le conseil du préfet de Police ;
— Vu l’avis d’audience, adressée par télécopie le 10 avril 2024 à 10h09 à Me Pascal Talamoni, avocat au barreau de Paris, qui ne se présente pas ;
— Après avoir entendu les observations du conseil du préfet de Police tendant à l’infirmation de l’ordonnance ;
SUR QUOI,
Il résulte des articles L 342-1 et L 342-10 du code précité que 'le maintien en zone d’attente au-delà de quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention statuant sur l’exercice effectif des droits reconnus à l’étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours’ et que ' l’existence de garanties de représentation de l’étranger n’est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d’attente'.
C’est à tort que le premier juge a cru pouvoir mettre fin au maintien en zone d’attente de l’intéressé et rejeter la requête de la préfecture dès lors qu’il ressort des articles L 342-5 et L 342-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que ' le maintien en zone d’attente au delà des quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé par le juge des libertés et de la détention statuant sur l’exercice effectif des droits reconnus à l’étranger pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours ' et que ' l’existence de garanties de représentation de l’étranger n’est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d’attente'; dès lors, à défaut de moyens , tirés d’un exercice ineffectif des droits, accueillis en première instance, le premier juge ne pouvait mettre fin à cette mesure, ni examiner, comme il l’a fait, les documents présentés au contrôle, ledit examen revenant à apprécier les élements retenus dans la décision du refus d’entrer sur le territoire dont le contentieux lui échappe.
Il convient en conséquence d’infirmer l’ordonnance querellée;
PAR CES MOTIFS
INFIRMONS la décision,
STATUANT à nouveau,
ORDONNONS la prolongation du maintien de M. [I] [V] en zone d’attente de l’aéroport de [2] pour une durée de huit jours,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à Paris, le 11 avril 2024 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant
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