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Sur la décision
| Référence : | TA Lille, juge unique (5), 15 janv. 2026, n° 2501917 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Lille |
| Numéro : | 2501917 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 21 janvier 2026 |
Sur les parties
| Parties : | préfet du Pas-de-Calais c/ société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une saisine, enregistrée le 26 février 2025, le préfet du Pas-de-Calais défère au tribunal, comme prévenue d’une contravention de grande voirie, la société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique, pour avoir déposé des déchets d’exploitation sur le quai de Lestage et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par le procès-verbal constituent la contravention prévue et réprimée aux articles R 5333-18, L 5334-7, L 5335-2,
L 5335-3, L 5335-4, L 5337-1 et L 5337-4 du code des transports et à l’article 18 de l’arrêté
n° 18006329 portant application du règlement particulier de police du port de Boulogne-sur-Mer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, en application de l’article L. 774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 18 décembre 2025 :
- le rapport de Mme Féménia,
- et les conclusions de Mme Bonhomme, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Le préfet du Pas-de-Calais défère au tribunal comme prévenu d’une contravention de grande voirie, la société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique, pour dépôt de déchets d’exploitation de chantier, dans les limites administratives du port de Boulogne-sur-Mer.
Sur l’action publique :
Aux termes de l’article L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes
publiques : « Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l’amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n’appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l’intégrité ou de l’utilisation de ce domaine public, soit d’une servitude administrative mentionnée à l’article L. 2131-1. / Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative. ». Aux termes de l’article L. 2132-4 de ce code :
« Les atteintes à l’intégrité ou à l’utilisation du domaine public maritime des ports maritimes sont définies au titre III du livre III de la cinquième partie du code des transports. ».
L’article R. 5337-1 du code des transports dispose que : « Constitue une contravention de grande voirie la violation des interdictions ou le manquement aux obligations prévues par le règlement général de police défini au chapitre III et par les règlements locaux le complétant. Sauf disposition législative contraire, ces contraventions sont punies de l’amende prévue par le premier alinéa de l’article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques ». Aux termes de l’article L 5335-2 du même code : « Il est interdit de porter atteinte au bon état et à la propreté du port et de ses installations, notamment de jeter dans les eaux du port tous déchets, objets, terre, matériaux ou autres. ». L’article L 5335-3 du même code dispose que : « Il est interdit de laisser les marchandises séjourner sur les quais, terre-pleins et dépendances d’un port maritime au-delà du délai prévu par le règlement général de police ou, si le délai prévu est plus long, par le règlement particulier. A l’expiration du délai prévu au premier alinéa, les marchandises peuvent être enlevées d’office, aux frais et risques des propriétaires, à la diligence des officiers de port, officiers de port adjoints et surveillants de port agissant au nom de l’autorité portuaire. Les marchandises dont le propriétaire ou le gardien n’est pas connu et qui n’ont pas été réclamées six mois après leur enlèvement d’office peuvent être détruites ou cédées par l’autorité portuaire. Les frais et redevances de toute nature engagés du fait du manquement, y compris les sommes dues pour l’occupation du domaine public, le déplacement ou l’entreposage des marchandises, demeurent à la charge des propriétaires. Les marchandises peuvent être retenues jusqu’au règlement de ces frais ou le dépôt d’un cautionnement. ». Aux termes de l’article L 5335-4 de ce code : Les dispositions de l’article L. 5335-3 sont applicables aux véhicules, objets, matériaux ou autres, dès lors qu’ils stationnent ou ont été déposés sans autorisation sur les quais, terre-pleins et dépendances d’un port maritime. ». Enfin aux termes de l’article 18 de l’arrêté du règlement particulier de police du port de Boulogne-sur-Mer : « Nettoyage des quais et terre-pleins / (…) les dépôts d’ordures et de détritus sont réglementés dans le cadre de plan de réception et de traitement des déchets d’exploitation des navires et des résidus de cargaison (annexe 2). Tout dépôt en dehors de ce cadre est interdit. Les entreprises qui participent aux opérations telles que manutentions, conditionnement, vérification etc. sur les marchandises, y compris dans les zones définies, doivent conduire leurs chantiers de façon à provoquer le moins possible de salissures.
Les entreprises qui sont autorisées à occuper un terre-plein situé en dehors des zones définies pour y déposer des marchandises, doivent en assurer la propreté, notamment en faisant procéder régulièrement, à leurs frais, au balayage et à l’enlèvement des déchets, détritus, marchandises avariées, matériaux divers, etc. Les entreprises de réparation, construction, travaux publics … effectuant des travaux sir les terre-pleins doivent maintenir leurs chantiers propres et assurer l’enlèvement, à leurs frais, de tous déchets, déblais, etc. à la fin du chantier. »
3.
La personne qui peut être poursuivie pour contravention de grande voirie est, soit celle qui a commis ou pour le compte de laquelle a été commise l’action qui est à l’origine de l’infraction, soit celle sous la garde de laquelle se trouvait la chose qui a été la cause du dommage.
4.
Il résulte de l’instruction et notamment des mentions du procès-verbal dressé le
15 novembre 2024 par la capitainerie du port de Boulogne-sur-Mer que la société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique a laissé, malgré une demande d’évacuation faite à son responsable du chantier le 6 novembre 2024, la présence de déchets d’exploitation sur le quai du grillage de l’enceinte de l’écluse Sanson lors du chantier du Patrouilleur Outre-Mer, alors accosté sur ce quai. Le procès-verbal, dont les mentions font foi jusqu’à preuve du contraire, établit ces faits, dont la matérialité n’est pas contestée et qui sont constitutifs d’une contravention de grande voirie réprimée par les dispositions mentionnées au point 2.
Sur le montant de l’amende :
5.
Aux termes de l’article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : « Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d’un montant plus élevé, l’amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l’article 131-13 du code pénal. (…) ». Aux termes de l’article 131-13 du code pénal : « Constituent des contraventions les infractions que la loi punit d’une amende n’excédant pas 3 000 euros. Le montant de l’amende est le suivant : (…) 4° 750 euros au plus pour les contraventions de la 4e classe ; / 5° 1 500 euros au plus pour les contraventions de la 5e classe (…) ».
6.
Lorsqu’il retient la qualification de contravention de grande voirie s’agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d’infliger une amende au contrevenant, alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de condamner la société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique à payer à l’Etat une amende de 500 euros pour l’infraction relevée à son encontre.
Sur l’action domaniale :
8. En l’espèce, le préfet n’allègue pas avoir engagé des frais pour réparer des dommages au domaine public qui auraient été commis par la société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique. Dans ces conditions, aucune condamnation de cette dernière ne peut être prononcée à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique est condamnée à payer une amende de 500 (cinq cents) euros.
Article 2 : Le présent jugement sera adressé au préfet du Pas-de-Calais pour notification à
la société Soc Construct Reparat Navale & Mécanique, dans les conditions prévues à l’article L. 774-6 du code de justice administrative.
Copie sera transmise, pour information, au directeur régional des finances publiques des
Hauts-de-France et du département du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2026.
La magistrate désignée,
Signé
J. Féménia
La greffière
Signé
O. Monget
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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