Rejet 7 août 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Montreuil, 7 août 2025, n° 2500633 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Montreuil |
| Numéro : | 2500633 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 8 septembre 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2025, Mme C B épouse A, représentée par, Me Nagy, avocat, demande au tribunal :
1°) d’enjoindre, sous astreinte, au préfet de la Seine-Saint-Denis, en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente décision et sous astreinte fixée en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté à ses besoins par la commission de médiation ;
2°) à défaut de relogement effectif, d’enjoindre au préfet de communiquer au tribunal, passé le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, la copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter ladite décision ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que, par décision du 24 mai 2024, la commission de médiation du droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis l’a reconnue prioritaire et devant être logée d’urgence dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
— la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis du 24 mai 2024 ;
— les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de la construction et de l’habitation ;
— le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jimenez, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction le 17 mars 2025 à 12h.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « I. -Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement./()/ Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu’il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu’il désigne, lorsqu’il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d’urgence et que n’a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l’Etat et peut assortir son injonction d’une astreinte. () le jugement prononçant l’astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu’au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l’astreinte est versé au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l’article L. 300-2. / () Lorsqu’il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l’Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l’instruction ».
Sur l’injonction :
2. Les dispositions précitées font obligation au juge d’adresser au préfet l’injonction qu’elles prévoient, dès lors qu’il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation, qu’il doit y être satisfait d’urgence et que n’a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités.
3. Par la décision du 24 mai 2024, valable pour deux personnes, la commission de médiation du département de la Seine-Saint-Denis a désigné Mme B épouse A comme prioritaire et devant être relogée en urgence.
4. Or, d’une part, il résulte de l’instruction que Mme B épouse A n’a pas reçu, à ce jour, d’offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités. D’autre part, il ne résulte pas de cette même instruction que sa situation ait évolué depuis l’intervention de la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme B épouse A.
Sur l’astreinte :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et en application des dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, d’assortir cette injonction d’une astreinte destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement. Le montant de cette astreinte doit être fixé, en tenant compte de tous les éléments du dossier, à la somme de 450 euros par mois entier de retard, à compter du 1er décembre 2025.
Sur les conclusions à fin d’injonction et de production de pièces :
6. Le présent jugement, qui ordonne sous astreinte à l’administration de reloger Mme B épouse A en application des dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, n’implique aucune autre mesure d’exécution au sens des dispositions de l’article L. 911-1 du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d’injonction de production de pièces, présentées sur le fondement de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu’être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. D’une part, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, le versement à Mme B épouse A de la somme de 300 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. D’autre part, dès lors que la présente instance n’a donné lieu à aucun dépens au sens de l’article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées sur ce fondement doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme B épouse A, sous une astreinte destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 450 euros par mois entier de retard à compter du 1er décembre 2025.
Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er ci-dessus doivent être versées jusqu’au jugement de liquidation définitive.
Article 3 : L’Etat versera à Mme B épouse A, une somme de 300 euros, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A, à Me Nagy et au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 7 août 2025.
La magistrate désignée,
J. Jimenez
La République mande et ordonne au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.1
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Intégration sociale ·
- Légalité externe ·
- Voies de recours ·
- Ajournement ·
- Naturalisation ·
- Langue française ·
- Délais ·
- Test
- Justice administrative ·
- Servitude de passage ·
- Usage abusif ·
- Commissaire de justice ·
- Fond ·
- Juridiction administrative ·
- Moule ·
- Propriété ·
- Enclave ·
- Compétence
- Bâtiment ·
- Permis de construire ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Régularisation ·
- Recours gracieux ·
- Promesse ·
- Limites ·
- Règlement ·
- Construction
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Permis de conduire ·
- Recours gracieux ·
- Décision implicite ·
- Acte ·
- Tribunaux administratifs ·
- Courrier ·
- Droit commun
- Police ·
- Justice administrative ·
- Carte de séjour ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Vie privée ·
- Insertion professionnelle ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Commissaire de justice
- Etats membres ·
- Asile ·
- Règlement (ue) ·
- Protection ·
- Transfert ·
- Responsable ·
- Pays ·
- Critère ·
- Liberté fondamentale ·
- Parlement européen
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Demande ·
- Juge des référés ·
- Travail ·
- Juridiction administrative ·
- Manifeste ·
- Argent ·
- Urgence ·
- Contentieux
- Jury ·
- Médicaments ·
- Justice administrative ·
- Université ·
- Contrôle des connaissances ·
- Suspension ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Sciences ·
- Délibération
- Handicap ·
- Élève ·
- École ·
- Décret ·
- Justice administrative ·
- Non-paiement ·
- Éducation nationale ·
- Établissement ·
- Personnel enseignant ·
- Agent public
Sur les mêmes thèmes • 3
- Garde des sceaux ·
- Décision implicite ·
- Victime ·
- L'etat ·
- Centre pénitentiaire ·
- Justice administrative ·
- Préjudice moral ·
- Indemnisation ·
- Décès ·
- Cour d'assises
- Urbanisme ·
- Astreinte ·
- Justice administrative ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Juridiction administrative ·
- Recouvrement ·
- Exécution ·
- Délai ·
- Finances
- Ukraine ·
- Protection ·
- Décision d'exécution ·
- Justice administrative ·
- Ressortissant ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Autorisation provisoire ·
- Étranger ·
- Suspension
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.