Rejet 5 mai 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 5 mai 2025, n° 2506642 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2506642 |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Sur les parties
| Parties : | centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris ( CROUS ) |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mars 2025, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris (CROUS), demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, l’expulsion de M. E A du logement qu’il occupe sans droit ni titre dans la résidence universitaire Chevaleret, située au 81 bis rue Chevaleret, Paris (75013) et de tout occupant de son chef ;
2°) d’enjoindre à M. A de quitter le logement sans délai à compter de l’ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Il soutient que :
— le juge administratif est compétent pour connaitre des litiges dans lesquels le CROUS demande l’expulsion d’un étudiant d’une résidence universitaire ;
— la condition d’urgence est satisfaite dès lors que l’occupation irrégulière des lieux fait obstacle à ce que ce logement soit attribué à un autre étudiant et porte atteinte à la continuité et au bon fonctionnement du service public administratif dont le CROUS a la charge ;
— sa demande ne fait l’objet d’aucune contestation sérieuse dès lors que, d’une part, la décision unilatérale d’admission prévoit que l’occupation n’est consentie que pour une durée d’un an et, d’autre part, le règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS prévoit qu’un bénéficiaire ne peut occuper un logement dans une résidence universitaire s’il n’a pas préalablement fait l’objet d’une décision expresse d’admission ou de réadmission.
La requête a été communiquée à M. A, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’éducation ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus, au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Hallot, greffière d’audience :
— le rapport de Mme C B ;
— les observations de M. D, pour le CROUS de Paris ;
— les observations de M. A.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Lorsque le juge des référés est saisi d’une demande d’expulsion d’un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d’urgence, d’utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
2. Les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) sont des établissements publics à caractère administratif chargés de remplir une mission de service public en vertu des articles L. 822-1, R. 822- et R. 822-14 du code de l’éducation en accordant, notamment, par décision unilatérale, des logements aux étudiants. Même dans le cas où la résidence universitaire ne peut être regardée comme une dépendance du domaine public, toute demande d’expulsion du CROUS vise à assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public administratif dont il a la charge et ressortit en conséquence à la compétence de la juridiction administrative.
3. Il incombe au juge administratif, saisi d’un litige relatif à l’expulsion d’un occupant d’un logement situé dans une résidence gérée par un CROUS, de prendre en compte, d’une part, la nécessité d’assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public dont cet établissement public à la charge et, d’autre part, la situation de l’occupant en cause ainsi que les exigences qui s’attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale. Il en va notamment ainsi lorsque, saisi d’une demande d’expulsion en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés apprécie, pour décider s’il y a lieu d’y faire droit, si les conditions d’utilité et d’urgence posées par cet article sont remplies.
4. Aux termes de l’article 1er du règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS : « Un bénéficiaire ne peut occuper un logement dans une résidence universitaire s’il n’a pas préalablement fait l’objet d’une décision expresse d’admission, de renouvellement ou de réadmission du directeur général ou de la directrice générale du Crous. Ce droit d’occupation est en outre précaire et révocable. » En outre, l’article 2 du même règlement prévoit que : « L’occupant qui ne dispose pas d’une décision expresse d’admission ou de renouvellement ou qui perd son droit d’occupation en cours d’année devient sans droit ni titre. Son maintien illégal dans les lieux entraînera la mise en œuvre d’une procédure d’expulsion, sans préjudice du recouvrement des redevances d’occupation dont il pourrait être débiteur () ». Enfin, aux termes de l’article 19.1 dudit règlement : « L’occupant reçoit une décision motivée de non-renouvellement ou de non-réadmission concernant la prochaine année universitaire. / () / En cas de maintien dans les lieux au-delà de l’échéance de la décision initiale, le résident devient sans droit ni titre. Une mise en demeure de quitter les lieux lui est alors notifiée. Il dispose d’un délai de quinze jours à compter de la notification pour quitter les lieux. / () / A défaut, le Crous saisit le juge des référés du tribunal administratif territorialement compétent d’une requête aux fins d’expulsion. ».
5. Il résulte de l’instruction que M. A occupe un logement dans la résidence universitaire « Chevaleret », située au 81 bis rue Chevaleret à Paris (13ème arrondissement), en qualité d’étudiant titulaire d’une bourse sur critères sociaux, depuis le 13 septembre 2023 et ce jusqu’au 31 août 2024. Par un recours gracieux du 17 mai 2024, M. A a sollicité auprès du directeur général du CROUS de Paris le renouvellement de son admission au logement après qu’il lui a été demandé de quitter les lieux au 31 août 2024. Par une réponse à ce recours gracieux du 23 décembre 2024, le CROUS de Paris lui a confirmé le non renouvellement de son droit d’occuper un logement en résidence universitaire, au motif qu’il ne justifie pas d’une inscription dans une formation de l’enseignement supérieur relevant de l’académie de Paris pour la période d’occupation demandée. Par une lettre recommandée avec accusé de réception datée du
27 janvier 2025 notifiée le 11 février suivant, M. A a été mis en demeure de quitter le logement sous quinze jours. Or, M. A occupe toujours ce logement sans justifier d’aucun titre l’y habilitant de sorte que la demande du CROUS de Paris ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Par ailleurs, dans les circonstances de l’espèce, l’urgence et l’utilité de la mesure sollicitée sont caractérisées par la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le CROUS de Paris, qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour satisfaire la demande de nombreux autres étudiants.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à M. A de libérer le logement qu’il occupe dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. A de libérer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu’il occupe sans droit ni titre dans la résidence universitaire Chevaleret située au 81 bis rue Chevaleret, Paris (75013).
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris et à M. E A.
Fait à Paris, le 05 mai 2025.
La juge des référés,
V. C B
signé
La République mande et ordonne au ministre, auprès de la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
2/4-
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Expert ·
- Justice administrative ·
- Méditerranée ·
- Métropole ·
- Coopération intercommunale ·
- Cadastre ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Tiers ·
- Bâtiment
- Carte de séjour ·
- Justice administrative ·
- Autorisation provisoire ·
- Ordre public ·
- Menaces ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile ·
- Ingérence ·
- Fait
- Admission exceptionnelle ·
- Droit d'asile ·
- Police ·
- Séjour des étrangers ·
- Aide juridictionnelle ·
- Titre ·
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Vie privée ·
- Refus
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Aéronautique civile ·
- Restriction ·
- Aviation civile ·
- Licence ·
- Conseil ·
- Vol ·
- Règlement (ue) ·
- Sécurité aérienne ·
- Certificat médical ·
- Personnel navigant
- Enfant ·
- Droit d'asile ·
- Justice administrative ·
- Vie privée ·
- Convention internationale ·
- Séjour des étrangers ·
- Protection ·
- Carte de séjour ·
- Ingérence ·
- Commissaire de justice
- Rayonnement ionisant ·
- Indemnisation de victimes ·
- Comités ·
- Exposition aux rayonnements ·
- Polynésie française ·
- Contamination ·
- Préjudice ·
- Présomption ·
- Santé ·
- Causalité
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Copropriété ·
- Urgence ·
- Expropriation ·
- Suspension ·
- Légalité ·
- Juge des référés ·
- Coûts ·
- Commissaire de justice ·
- Sérieux
- Justice administrative ·
- Autorisation provisoire ·
- Décision implicite ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Demande ·
- Décision administrative préalable ·
- Rejet ·
- Droit d'asile
- Médiation ·
- Commission ·
- Justice administrative ·
- Aide juridictionnelle ·
- Urgence ·
- Logement social ·
- Expulsion ·
- Décentralisation ·
- Demande d'aide ·
- Aménagement du territoire
Sur les mêmes thèmes • 3
- Jury ·
- Bourgogne ·
- Université ·
- Licence ·
- Enseignement ·
- Délibération ·
- Stage ·
- Institut universitaire ·
- Recours gracieux ·
- Ajournement
- Justice administrative ·
- Visa ·
- Décision implicite ·
- Recours ·
- Enfant ·
- Commission ·
- Juge des référés ·
- Refus ·
- Ressortissant ·
- Recommandation
- Recette ·
- Commune ·
- Titre exécutoire ·
- Épouse ·
- Justice administrative ·
- Prénom ·
- Collectivités territoriales ·
- Extrait ·
- Commissaire de justice ·
- Signature
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.