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Sur la décision
| Référence : | T. com. Évry, procedures collectives, 24 mars 2026, n° 2026P00272 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE d'Évry |
| Numéro(s) : | 2026P00272 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 23 avril 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE COMMERCE D’EVRY
1ère CHAMBRE
A L’AUDIENCE DU 24 mars 2026, A ETE PRONONCE PUBLIQUEMENT LE PRESENT JUGEMENT.
Décision réputée contradictoire et en premier ressort, rendue par le Tribunal composé de :
Président : M. Claude CHARMOT
Juges : Mme Nathalie LASTERNAS M. François BROUSSE
Qui en ont délibéré ce même jour en chambre du conseil,
Assistés de Me Bruno GAILLARDOT, Greffier.
Après audition de M. Stéphane LE TALLEC, procureur de la République adjoint, qui sollicite l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire.
PARTIES A L’INSTANCE
DEMANDEUR(S) :
M. [R] Près le Tribunal Judiciaire 91012 EVRY CEDEX
DEFENDEUR(S) :
EURL KMI AUTO [Adresse 1]
Convoquée par L.R.A.R du greffe en date du 2 mars 2026 pour l’audience du 24 mars 2026, suivant ordonnance de Madame la Présidente du Tribunal de commerce d’Evry le 13 février 2026.
EXPOSE DES FAITS et PROCEDURE
Le Procureur de la République d’Evry ayant saisi le Tribunal de Commerce d’une requête afin d’ouvrir une procédure collective sur les dispositions de l’article L.631-5 et L.640-5 du Code de Commerce à l’encontre de l’ EURL KMI AUTO, Madame la Présidente du Tribunal a fait convoquer celle-ci à comparaître en Chambre du Conseil le 24 mars 2026 à 09 heures 00 pour être entendue et faire toutes observations sur la demande, suivant une ordonnance rendue en date du 13 février 2026, et conformément aux dispositions de l’article R.631-4 du Code de Commerce.
L’ EURL KMI AUTO est immatriculée au Registre du Commerce d’EVRY sous le numéro 805 265 576, et possède la qualité de commerçant.
A l’audience de ce jour, l’EURL KMI AUTO n’a pas comparu.
MOTIFS DE LA DECISION
Attendu qu’il résulte des informations recueillies en Chambre du Conseil :
Que le parquet du tribunal judiciaire d’Evry a été destinataire d’un signalement en date du 24 septembre 2025 de la part des services de la direction départementale des finances publiques de l’Essonne, établi sur le fondement de l’article 40 du code de procédure civile, relatif à la situation de l’EURL KMI AUTO,
Qu’il ressort de ce signalement que cette activité est associée à de très nombreuses amendes impayées relatives à des véhicules immatriculés à son nom en déclaration d’achat dans le système d’immatriculation des véhicules,
Que le recouvrement diligenté par la trésorerie Essonne amendes s’est révélé infructueux, la société apparaissant insolvable,
Attendu que la dette de l’EURL KMI AUTO auprès de la trésorerie Essonne amendes s’élève à la somme de 209 056,40 euros, correspondant à 2 231 amendes impayées, impliquant 157 véhicules alors même que 536 véhicules sont enregistrés à son nom dans le système d’immatricutlation des véhicules à la date du 17 septembre 2025,
Attendu que cette activité servirait d’écran entre les conducteurs réels, auteurs des infractions routières, que l’exploitant ne désigne jamais, et les amendes pénales correspondantes, empêchant ainsi tout recouvrement des amendes qui restent impayées, et toute perte de point,
Que ce mode opératoire frauduleux engendre un important préjudice financier au détriment de l’Etat, des collectivités locales et des contribuables,
Attendu qu’il est également relevé que l’EURL KMI AUTO ne respecte pas les obligations fiscales, générant des revenus occultes et provoquant une distorsion de concurrence significative au détriment des professionnels exerçant leur activité dans le respect de la légalité,
Attendu par ailleurs, qu’il apparaît que l’EURL KMI AUTO a été radiée le 6 août 2018, sans que cette situation n’ait permis d’apurer le passif ni de faire cesser l’activité génératrice de dettes,
Attendu qu’en l’état de la situation, l’activité de l’EURL KMI AUTO paraît constituer un support frauduleux générant des dettes, sans perspective de redressement, le passif continuant de s’accroître,
Qu’il convient, dans ces conditions, de limiter l’augmentation de ce passif, laquelle est susceptible d’entraîner un trouble grave à l’ordre public et économique,.
Que le dirigeant de la l’EURL KMI AUTO ne s’est pas présenté à l’audience de ce jour,
Qu’il échet dans ces conditions de faire application de la procédure de liquidation judiciaire prévue à l’article L.640-1 du Code de Commerce.
Qu’en l’absence d’éléments fournis par le débiteur, le tribunal fera remonter la date de cesastion des paiements à 18 mois, soit au 24 septembre 2024.
DECISION
Le Tribunal, statuant par jugement exécutoire par provision,
Constate l’état de cessation des paiements,
Ouvre une procédure de liquidation judiciaire à l’égard de :
EURL KMI AUTO [Adresse 2] [Localité 1] [Adresse 3]
Fixe provisoirement au 24 septembre 2024 la date de cessation des paiements.
Nomme en qualité de Juge Commissaire M. [T] [D], Et en qualité de Juge Commissaire suppléant M. [J] [V].
Nomme Me [B] [F] [Adresse 4] En qualité de liquidateur.
Constate que le débiteur pourra accomplir les actes et exercer les actions qui ne sont pas compris dans la mission du liquidateur en la personne de M. [H] [X], dirigeant, qui demeure en fonction, conformément à l’article L641-9 du Code de commerce.
Conformément à l’article L641-1 du code de commerce, désigne SCP [L] [G], [Adresse 5], commissairepriseur, aux fins de réaliser, s’il y a lieu, l’inventaire prévu par l’article L622-6 du code de commerce et la prisée de l’actif du débiteur.
Dit que ce dernier devra déposer son rapport au greffe de ce tribunal et le communiquer aux personnes prévues à l’article R.622-4 alinéa 4 du code de commerce dans un délai de trois semaines à compter du présent jugement.
Dit qu’il sera statué sur l’application à la procédure des règles de la liquidation judiciaire simplifiée prévue au chapitre IV du titre IV du livre VI du code de commerce par le président du Tribunal au vu du rapport établi par le liquidateur dans le mois de sa désignation, conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l’article L.641-2-1 du code de commerce.
Fixe à 16 mois le délai dans lequel le liquidateur devra établir la liste des créances déclarées avec ses propositions d’admission, de rejet ou de renvoi devant la juridiction compétente, ce délai courant à compter de la parution au Bodacc du présent jugement.
Conformément à l’article L641-1 II alinéa 5 du Code de Commerce, invite le comité social et économique, à défaut les salariés à désigner un représentant parmi les salariés de l’entreprise dans les conditions prévues par les articles L.621-4 alinéa 2 et R.621-14 du Code de Commerce, et à communiquer le nom et l’adresse de ce représentant au greffe de ce tribunal par lettre recommandée.
Dit que la clôture devra être examinée avant le 24 mars 2028.
Dit que ce délai pourra être prorogé par décision du Tribunal si la clôture ne peut être prononcée à cette date.
Ordonne à tout séquestre ou détenteur de fonds de les remettre au liquidateur ci-dessus désigné sur sa demande.
Dit que le présent jugement sera publié conformément à la loi.
Emploie les dépens en frais privilégiés de la liquidation judiciaire.
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