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Sur la décision
| Référence : | T. com. Paris, ch. 2 2, 17 févr. 2025, n° 2025007909 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE de Paris |
| Numéro(s) : | 2025007909 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 15 avril 2026 |
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Texte intégral
*1DE/06/38/12/28*
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS TRIBUNAL DES ACTIVITES ECONOMIQUES DE PARIS
* TFG -SELARLAXYME en la personne de Me [L] [B] -Parquet
LRAR: -SAS à associé unique MAILLOT
JAUNE
Copies :
R.G. : 2025007909 P.C. : P202500654
Jugement prononcé le 17/02/2025 Chambre 2-2
JUGEMENT D’OUVERTURE DE SAUVEGARDE
La SAS à associé unique MAILLOT JAUNE, Société par actions simplifiée, dont le siège social est [Adresse 1] [Localité 1] (RCS Paris 884 781 634), représentée par sa présidente la SAS PASTEL, Société par actions simplifiée, dont le siège social est [Adresse 1] [Localité 1] (RCS Paris 911 861 128), elle-même représentée par son président M. [A] [O], [Adresse 1] [Localité 1], présent, assisté de Me Marine Rieussec, [Adresse 2] [Localité 1], avocate.
M. [V] [Q], [Adresse 3] [Localité 2], directeur général délégué de la SAS PASTEL, présent.
M. [R] [D], [Adresse 4] [Localité 3], salarié, présent.
PROCÉDURE
Par demande déposée au greffe de ce tribunal en date du 28/01/2025, la SASU MAILLOT JAUNE, ci-après « la Société », sollicite l’ouverture d’une procédure de sauvegarde sans désignation d’un administrateur judiciaire.
A l’appui de cette demande, M. [A] [O], président de la société PASTEL, elle-même présidente de la Société, communique les pièces prévues par les dispositions de l’article R.621-1 du code de commerce.
Il précise que la Société n’a pas fait l’objet de procédure de mandat ad hoc et qu’une procédure de conciliation a été ouverte pour quatre mois par ordonnance du président du tribunal de commerce de Paris en date du 27/11/2023, désignant la SELARL FHBX prise en la personne de Me [J] [U] en qualité de conciliateur. Par une ordonnance du 04/04/2024, cette procédure de conciliation a été prorogée d’un mois jusqu’au 27/12/2024.
Conformément aux dispositions de l’article R.621-2 du code de commerce, le représentant légal de l’entreprise a été avisé par le greffier qu’il devait réunir, le cas échéant, les représentants de la délégation du personnel du comité social et économique pour que soient désignées les personnes habilitées à être entendues par le tribunal et à exercer les voies de recours conformément aux dispositions de l’article L.661-10 du code de commerce.
La demande a été communiquée au ministère public qui, avisé de la date de l’audience, est présent lors de l’audience de la chambre du conseil qui l’a examinée le 17/02/2025.
FAITS ET EXPOSE DE LA DEMANDE
Présentation de la Société
La société MAILLOT JAUNE est une société par actions simplifiée à associé unique au capital de 1 333 €, créée le 02/07/2020, immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 884 781 634 et dont le siège social est sis au [Adresse 1] [Localité 1]. Elle appartient à 100 % au groupe PASTEL qui exploite un réseau de magasins de vente de vélos urbains où il exerce trois
activités principales : la vente de vélos et d’accessoires pour cyclistes, la réparation et les services pour cyclistes. Elle exploite le magasin sis [Adresse 5] à [Localité 4]. Ce groupe propose des vélos milieu et haut de gamme de marques européennes, destinés aux particuliers et aux professionnels, notamment des vélos à assistance électrique, disponibles en ligne via un site dédié ou dans le réseau de boutiques à [Localité 4]. Le panier moyen des clients est estimé à 2 600 € TTC (dont 2 500 € pour l’achat d’un vélo). La SAS PASTEL, société holding, détient également les autres sociétés du groupe : MAILLOT VERT et MAILLOT A POIS.
La Société emploie à ce jour 3 salariés. Elle a réalisé au cours de l’exercice social calendaire 2023 un chiffre d’affaires de 849 402 € et une perte nette comptable de 93 519 €.
Situation active et passive
MAILLOT JAUNE déclare, à la date de dépôt de sa demande d’ouverture de sauvegarde, un actif de 376 525 € essentiellement composé d’actifs corporels et incorporels et de créances clients. L’actif disponible au jour de la demande s’établit à 24 613 €, solde du compte bancaire ouvert au CIC. Au 17/02/2025 ce solde s’établit à 27 446 € après parfait paiement des échéances au 31/01/2025.
Le passif total déclaré est de 494 402 € dont un passif exigible nul, comprenant :
* Une dette bancaire à hauteur de 230 598 € ;
* Des dettes fiscales et sociales pour 42 720 € essentiellement soumises à des moratoires ;
* Des comptes courants des associés pour 141 000 €.
Le passif exigible à ce jour demeure nul.
Il en ressort qu’à la date de l’audience, la société MAILLOT JAUNE n’est pas en état de cessation des paiements.
Origine des difficultés et difficultés insurmontables
PASTEL a souhaité, au début de l’année 2023, réaliser une levée de fonds d’un montant d’environ 1.5 million € afin de financer le développement de ses activités, notamment l’ouverture de sa troisième boutique parisienne [Adresse 6]. Toutefois, le contexte économique s’est avéré compliqué pour mener à bien une telle levée. Le marché du vélo a en effet souffert de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat des Français depuis le début de l’année 2023, ce qui a conduit nombre d’entre eux à reporter les achats non essentiels, dont le vélo fait partie. Par ailleurs, après une forte croissance liée à l’équipement rapide des parisiens à la suite de la crise du Covid-19, le marché du vélo s’est ralenti. Les principaux acteurs ont été d’autant plus impactés qu’une concurrence accrue sur la vente et la réparation de vélos s’est alors largement développée. Dans ces conditions, le groupe n’a pas réussi à trouver des investisseurs pour réaliser sa levée de fonds qui s’avérait alors nécessaire au regard de sa situation de trésorerie. Des mesures ont rapidement été prises pour préserver cette trésorerie en réduisant la masse salariale par le non-renouvellement de CDD et de contrats d’alternants, en ne remplacant pas un gérant de magasin ayant souhaité partir, en supprimant le salaire d’un associé fondateur, en modifiant la politique d’achat afin de réduire les stocks (-34,1 % de valeur de stock entre le 01/06/2023 et le 30/09/2023) et en réduisant le montant des abonnements mensuels de ses magasins. Cependant, en l’absence de mesures de restructuration financière suffisantes, ces efforts ne pouvaient seuls éviter la survenance d’une impasse de trésorerie au début de l’année 2024.
Dans ces conditions, les sociétés du groupe ont souhaité bénéficier de l’assistance d’un conciliateur afin de les accompagner dans leurs discussions avec leurs créanciers bancaires et publics aux fins de solliciter un réaménagement de leur endettement. En dépit des progrès obtenus au cours de la conciliation et malgré les délais de règlement accordés par les créanciers fiscaux et sociaux et les moratoires accordés au cours de la procédure de conciliation, l’exploitation de la Société souffre toujours de difficultés de trésorerie.
Ces facteurs adverses conjoncturels, associés à une visibilité faible quant à la reprise économique, empêchent la Société de retrouver un niveau d’activité suffisant pour lui permettre d’assurer, en l’état, le règlement de ses échéances bancaires tout en maintenant la poursuite de
son activité. Elle reste néanmoins confiante dans sa capacité à préserver son activité grâce à l’ouverture d’une procédure de sauvegarde. En effet, le marché du vélo est loin d’être saturé à [Localité 4], et la Société et le groupe auquel elle appartient ambitionnent de poursuivre leur développement compte tenu de leur robustesse et de leur position sur ce marché. La Société est à jour de ses échéances bancaires et au titre des moratoires CCSF. Il ressort de ces éléments que la Société est confrontée à des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter et qui justifient la demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde.
Perspectives
Les procédures de sauvegarde devraient permettre aux sociétés du groupe PASTEL dont la Société de différer le remboursement de leur endettement dans le cadre de plans de continuation, les délais obtenus lors des procédures de conciliation s’étant révélés trop courts au regard du niveau de la trésorerie générée actuellement par les sociétés du groupe. Elles attendent des plans de continuation en sauvegarde la possibilité de bénéficier d’échéanciers d’apurement allongés.
Le représentant des salariés, présent à l’audience, a connaissance de la conjoncture difficile que subit la Société et ne peut que se dire favorable à la demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde en sa qualité de représentant de tous les salariés. Il confirme sa confiance dans l’avenir de la Société.
Mme Fouzia Louhibi, substitut de la procureure de la République, entendue en ses observations, se déclare favorable à l’ouverture de la procédure, s’en remet à la sagesse du tribunal pour l’absence de désignation d’un administrateur judiciaire et se montre réservée quant à la capacité de la Société à effectuer elle-même son inventaire sans l’assistance d’un commissaire de justice.
SUR CE,
Attendu qu’aux termes de l’article L.620-1 du code de commerce, il peut être ouvert une procédure de sauvegarde à la demande d’un débiteur qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter, que cette procédure est destinée à faciliter la réorganisation de l’entreprise, afin de permettre la poursuite de l’activité économique, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ;
Attendu qu’il résulte des éléments apportés à l’audience que la Société n’est pas en état de cessation des paiements à la date de l’audience, l’actif disponible étant de l’ordre de 27 000 € alors que le montant de son passif exigible est nul ;
Attendu qu’il résulte des faits exposés, des pièces communiquées et des informations recueillies en chambre du conseil, que les difficultés rencontrées ne paraissent pas pouvoir être surmontées par le débiteur sans l’ouverture d’une procédure de sauvegarde ;
Attendu que les prévisions d’activité, de résultats et de trésorerie communiquées par le dirigeant montrent que la Société doit pouvoir financer la période d’observation nécessaire à l’établissement et à la présentation d’un plan de sauvegarde ;
Attendu que la Société s’engage à réaliser les opérations d’inventaire dans les conditions prévues à l’article L.622-6-1 du code de commerce ;
Attendu que les conditions d’ouverture d’une procédure de sauvegarde, prévues par les dispositions de l’article L.620-1 du code de commerce, sont effectivement réunies ;
Attendu que la Société estime pouvoir être dispensée de la nomination par le tribunal d’un administrateur judiciaire.
Il conviendra, en conséquence, d’ouvrir une procédure de sauvegarde à l’égard de la société MAILLOT JAUNE.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, après en avoir délibéré, statuant publiquement par jugement contradictoire en premier ressort,
Ouvre une procédure de sauvegarde, avec une période d’observation de 6 mois, soit jusqu’au 17/08/2025, au bénéfice de la société MAILLOT JAUNE, SASU au capital de 1 333€ immatriculée au Registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 884 781 634 et dont le siège social est sis au [Adresse 1] [Localité 1].
Activité : L’activité de commercialisation, location et réparation de vélos et équipements cyclistes, à titre accessoire, vente de boissons non alcoolisées et petite restauration. Etablissement(s) – [Adresse 5] [Localité 5]
Désigne M. Olivier Dubois, juge-commissaire.
Désigne la SELARL AXYME en la personne de Me [L] [B], [Adresse 7] [Localité 6], mandataire judiciaire.
Désigne la SELARL Lombrail-Teucquam-Truchetet, [Adresse 8] [Localité 7], commissaire de justice, aux fins de réaliser l’inventaire et la prisée prévus à l’article L.622-6 du code de commerce.
Fixe le délai du dépôt de l’inventaire à 3 semaines à compter du présent jugement. Invite le comité social et économique ou les salariés à désigner, le cas échéant, un représentant au sein de l’entreprise, dans les conditions prévues par les articles L.621-4 et L.621-6 du code de commerce, et à communiquer le nom et l’adresse de ce représentant au greffe. Ouvre une période d’observation de 6 mois selon les dispositions de des articles L. 621-3 et R. 621-9 du code de commerce.
Invite les créanciers à produire leurs titres de créance entre les mains du mandataire judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la publication au BODACC du présent jugement. Fixe à quatre mois de la publication au BODACC du présent jugement le délai imparti au mandataire judiciaire pour établir la liste des créances déclarées selon les dispositions de l’article L.624-1 du code de commerce.
Dit que le présent jugement est exécutoire de plein droit. Dit que les dépens seront portés en frais privilégiés de procédure de sauvegarde.
Retenu à l’audience de la chambre du conseil du 17/02/2025 où siégeaient :
M. Pascal Gagna, juge présidant l’audience, M. Olivier Dubois, juge, M. Patrick Renouard, juge, Délibéré par les mêmes juges et prononcé à l’audience publique où siégeaient M. Joseph Wehbi, juge présidant l’audience, M. Pascal Gagna, juge, Mme Christine Mariette, juge, assistés de Mme Monna Lisa Costantini, greffier.
La minute du jugement est signée par M. Pascal Gagna, président du délibéré, et par Mme Monna Lisa Costantini, greffier.
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