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Sur la décision
| Référence : | TJ Besançon, sec2 réf., 7 oct. 2025, n° 25/00316 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00316 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
Palais de Justice
[Adresse 1]
[Adresse 7]
[Localité 4]
Références : N° RG 25/00316 – N° Portalis DBXQ-W-B7J-FBLI (Code nature affaire 5AA/0A)
S.A. LOGE GBM
[J] [W]
Grosse délivrée le
à Me ROBERT
Copie délivrée le
à Préfet
Ordonnance de référé du 07 Octobre 2025
DEMANDERESSE
S.A. LOGE GBM, dont le siège social est sis [Adresse 5] représentée par Maître Florence ROBERT de la SELARL ROBERT & MORDEFROY, avocats au barreau de BESANCON
DÉFENDEUR
Monsieur [J] [W], demeurant [Adresse 2] non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
JUGE : BOBILLIER Louise
GREFFIER : TALIDEC Caroline lors du délibéré
GREFFIER : CLAIRE Sandra lors de l’audience
DÉBATS : L’affaire est venue pour être plaidée à l’audience du 19 Août 2025 lors de laquelle la décision a été mise en délibéré au 07 Octobre 2025
DÉCISION : Réputée contradictoire – premier ressort
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte sous seing privé du 9 février 2018, l’OPH Grand [Localité 6] Habitat a donné à bail à M. [J] [W] un logement à usage d’habitation situé [Adresse 3] (25), moyennant un loyer mensuel initial de 611,61 euros, provision sur charges incluse.
Par acte séparé du 2 septembre 2020, le bailleur lui a donné à biail une place de stationnement n°624, située dans la même rue, moyennant un loyer de 34,97 euros par mois.
Des loyers étant demeurés impayés, la SAEM LOGE.GBM, venant aux droits de l’OPH Grand [Localité 6] Habitat, a fait signifier un commandement de payer reposant sur la clause résolutoire le 18 février 2025 pour un montant de 4 508,09 euros.
Par acte d’huissier du 23 mai 2025, le bailleur a saisi le juge des contentieux de la protection de [Localité 6] en référé en sollicitant les mesures suivantes :
— constater l’acquisition de la clause résolutoire ;
— ordonner l’expulsion du locataire ;
— condamner M. [J] [W] au paiement de l’arriéré locatif, soit la somme de 5 688,32 euros, sous réserve de l’actualisation au jour de l’audience, et avec les intérêts au taux légal à compter de la décision ;
— le condamner au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant égal au loyer, soit la somme de 694,73 euros, révisée selon la clause d’indexation prévue au bail ;
— et enfin le condamner aux dépens.
A l’audience du 19 août 2025, la SAEM LOGE.GBM, représentée par son conseil, actualise l’arriéré locatif à la somme de 7 539,08 euros et reprend pour le surplus les demandes contenues dans l’assignation.
Bien que cité à personne, de M. [J] [W] ne comparaît pas à l’audience. L’ordonnance sera donc réputée contradictoire.
Un diagnostic social et financier a été établi et il a été donné lecture de ses conclusions à l’audience.
La décision a été mise en délibéré au 7 octobre 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
I. SUR LA RECEVABILITE :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture du [Localité 8] le 23 mai 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, la SAEM LOGE.GBM, venant aux droits de Grand [Localité 6] Habitat, justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 7 mars 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 23 mai 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi précitée.
L’action est donc recevable.
II. SUR L’ACQUISITION DES EFFETS DE LA CLAUSE RÉSOLUTOIRE :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version applicable aux contrats conclus ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023, dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Or, le bailleur a fait le choix de signifier un commandement de payer laissant un délai de deux mois au locataire pour régulariser l’impayé.
L’article 24 V et VII de cette même loi ajoute que le juge peut accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, au locataire en situation de régler sa dette locative, à la condition que le locataire ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience. Pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus. Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué ; dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.
Les baux conclus les 9 février 2018 et 2 septembre 2020 contiennent une clause résolutoire, sur laquelle repose le commandement de payer signifié le 18 février 2025.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 19 avril 2025.
Aucun élément ne permet d’accorder des délais de paiement au locataire. En effet, si ce dernier s’étant engagé devant le travailleur social à reprendre le paiement du loyer courant outre une somem d’un peu moins de 200 euros par mois à compter de juillet 2025, cet engagement n’a pas été respecté à la date de l’audience. Seul un paiement est effectivement intervu le 8 juillet 2025, apurant la dette d’un peu moins de 230 euros, maais aucun autre paiement n’est intervenu avant le 12 août 2025, date d’arrêté du décompte.
Par conséquent, devenu occupant sans droit ni titre depuis l’acquisition de la clause résolutoire, il convient d’ordonner l’expulsion de M. [J] [W] et de tous les occupants de son chef.
Faute de libération spontanée des locaux, il pourra être procédé à son expulsion avec le concours de la force publique, sans préjudice toutefois des dispositions de l’article L. 412-1 du code des procédures civiles d’exécution.
M. [J] [W] sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 19 avril 2025 jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera d’un montant égal aux loyers et provisions sur charges, soit à la somme de 698,63 euros.
Cette indemnité sera indexée sur la clause prévue à cette fin dans le contrat de bail.
III. SUR LA CONDAMNATION AU PAIEMENT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF :
L’obligation au paiement des loyers et charges récupérables est prévue tant par le contrat, que par la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en son article 7 a).
Selon décompte actualisé, M. [J] [W] demeure redevable, après soustraction des frais de poursuite, de la somme de 7 381,11 euros, correspondant aux loyers, charges et indemnités d’occupation dus à la date du 12 août 2025, indemnité d’occupation de juillet 2025 incluse.
Il sera par conséquent condamné à titre provisionnel au paiement de cette somme de 7 381,11 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision, conformément aux dispositions de l’article 1231-7 du code civil.
IV. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
M. [J] [W], partie perdante, supportera la charge des dépens en application de l’article 696 du code de procédure civile. Ces derniers comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, la présente décision est exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Nous, juge du contentieux de la protection, statuant publiquement, en matière de référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS l’acquisition de la clause résolutoire figurant aux baux consentis les 9 février 2018 et 2 septembre 2020 par l’OPH Grand [Localité 6] Habitat et son successeur, la SAEM LOGE.GBM, à M. [J] [W] concernant le logement à usage d’habitation et sa place de stationnement n°624 situés au [Adresse 3] (25), et ce à compter du 19 avril 2025 ;
ORDONNONS en conséquence à M. [J] [W] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification de la présente décision ;
DISONS qu’à défaut pour M. [J] [W] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, la SAEM LOGE.GBM, venant aux droits de l’OPH Grand [Localité 6] Habitat, pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
CONDAMNONS M. [J] [W] à payer à la SAEM LOGE.GBM, venant aux droits de l’OPH Grand [Localité 6] Habitat, à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation de 698,63 euros à compter du 19 avril 2025, place de stationnement incluse, et ce jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
DISONS que l’indemnité d’occupation sera indexée suivant la clause prévue à cette fin dans le bail ;
CONDAMNONS M. [J] [W] à payer à la SAEM LOGE.GBM, venant aux droits de Grand [Localité 6] Habitat, à titre provisionnel la somme de 7 381,11 euros (décompte arrêté au 12 août 2025, indemnité d’occupation de juillet 2025 incluse et dette de place de stationnement incluse), avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance ;
CONDAMNONS M. [J] [W] aux dépens, lesquels comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture ;
DISONS que la présente décision sera transmise par les soins du greffe au préfet du département, conformément aux dispositions de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire à titre provisoire, frais et dépens compris.
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an que dessus.
Le greffier, Le juge,
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