Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 29 proxi fond, 13 janv. 2025, n° 24/08670 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/08670 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ
DE SAINT OUEN
[Adresse 2]
[Localité 6]
Téléphone : [XXXXXXXX01] ou [XXXXXXXX04]
@ : [Courriel 8]
@ : [Courriel 7]
REFERENCES : N° RG 24/08670 – N° Portalis DB3S-W-B7I-Z6DU
Minute : 25/00025
S.A. IN’LI
Représentant : Me Christine GALLON, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : P0431
C/
Monsieur [G] [O]
Copie exécutoire :
Copie certifiée conforme :
Monsieur [G] [O]
Le 13 Janvier 2025
JUGEMENT
Jugement rendu et mis à disposition au greffe de ce tribunal en date du 13 Janvier 2025;
Sous la présidence de Madame Maud PICQUET, juge des contentieux de la protection, assistée de Madame Isabelle GRAPPILLARD, greffier ;
Après débats à l’audience publique du 12 Novembre 2024 le jugement suivant a été rendu :
ENTRE DEMANDEUR :
S.A. IN’LI, demeurant [Adresse 3]
représentée par Me Christine GALLON, avocat au barreau de PARIS
ET DÉFENDEUR :
Monsieur [G] [O], demeurant [Adresse 5]
comparant en personne
RAPPEL DES FAITS
Par un contrat du 16 août 2016, la société OGIF, aux droits de laquelle setrouve la société IN’LI, a donné à bail à Monsieur [G] [O] un appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 5], pour un loyer mensuel de 527,56 € et 63,97 € de provision sur charges.
Des loyers étant demeurés impayés, la société IN’LI a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire.
Elle a ensuite fait assigner Monsieur [G] [O] devant le juge des contentieux de la protection de Saint-Ouen par un acte du 17 septembre 2024 pour obtenir la résiliation du contrat, l’expulsion et la condamnation au paiement.
A l’audience du 12 novembre 2024, la société IN’LI – représentée par Maître Christine Gallon – demande de constater la résiliation de plein droit du bail d’habitation et subsidiairement d’en prononcer la résiliation aux torts du défendeur ; d’ordonner l’expulsion de Monsieur [G] [O] ; d’ordonner la séquestration des meubles soit sur place, soit en tel lieu qu’il lui plaira, aux frais et aux risques de qui il appartiendra ; et de condamner Monsieur [G] [O] au paiement de la somme actualisée de 4.027,99 €, d’une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant égal au loyer et aux charges qui auraient été dus si le bail n’avait pas été résilié, d’une somme de 500 € en application de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens ; le tout, sous le bénéfice de l’exécution provisoire.
La société IN’LI consent finalement à l’octroi des délais de paiement sollicités en défense, au motif que le paiement du loyer courant est repris.
Monsieur [G] [O] comparaît en personne et reconnaît le montant de la dette locative, mais demande à pouvoir se maintenir dans les lieux en poursuivant le paiement du loyer et des charges courants, outre la somme de 300 € par mois en règlement de l’arriéré. Il déclare percevoir un revenu mensuel de 2.000 € et n’avoir personne à charge.
Aucun diagnostic social et financier n’a été reçu au greffe avant l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 janvier 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
I. SUR LA RESILIATION :
— sur la recevabilité de l’action :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de Seine-Saint-Denis par la voie électronique le 19 septembre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite.
Par ailleurs, la société IN’LI justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives également par la voie électronique le 3 juillet 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 17 septembre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
— sur le bien fondé de la demande :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa rédation antérieure à la loi 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Le bail conclu le 16 août 2016 contient une clause résolutoire (article 19) et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 2 juillet 2024, pour la somme en principal de 3.804,35 €.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail se sont trouvées réunies à la date du 2 septembre 2024.
II. SUR LES DEMANDES DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :
La société IN’LI produit un décompte démontrant que Monsieur [G] [O] reste lui devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 4.027,99 € à la date du 4 novembre 2024.
Monsieur [G] [O] n’apporte aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette, qu’il reconnaît d’ailleurs à l’audience.
Il sera donc condamné au paiement de cette somme de 4.027,99 €.
III. SUR LES DELAIS DE PAIEMENT :
L’article 24 V de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa rédaction en vigueur depuis la loi 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite dispose que "le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années (…) au locataire en situation de régler sa dette locative”.
L’article 24 VII de la même loi dans sa rédaction en vigueur depuis la loi du 27 juillet 2023 dispose, quant à lui, que “lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges”.
Compte tenu de ces éléments, de la position de la bailleresse et des propositions de règlements formulées à l’audience, Monsieur [G] [O], qui justifie avoir repris le paiement du loyer et des charges courants et être en situation d’apurer sa dette locative, sera autorisé à se libérer du montant de sa dette selon les modalités qui seront rappelées au dispositif.
Les effets de la clause résolutoire seront suspendus pendant le cours des délais ainsi accordés, de sorte que les demandes relatives à l’expulsion et à la séquestration des meubles deviennent sans objet.
Il convient néanmoins de prévoir que tout défaut de paiement des loyers et charges courants d’une part, des délais de paiement d’autre part, justifiera la condamnation de Monsieur [G] [O] au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, afin de réparer le préjudice subi par la demanderesse du fait de l’occupation indue de son bien et de son impossibilité de le relouer.
IV. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Monsieur [G] [O], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de son signalement à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la société IN’LI, Monsieur [G] [O] sera condamné à lui verser une somme de 300 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Le jugement est de plein droit exécutoire par provision.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 16 août 2016 entre la société OGIF, aux droits de laquelle se trouve la société IN’LI, et Monsieur [G] [O] concernant l’appartement à usage d’habitation situé au [Adresse 5] sont réunies à la date du 2 septembre 2024 ;
CONDAMNE Monsieur [G] [O] à verser à la société IN’LI la somme de 4.027,99 € (décompte arrêté au 4 novembre 2024, incluant octobre 2024) ;
AUTORISE Monsieur [G] [O] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courants, en 13 mensualités de 300 € chacune et une 14ème mensualité qui soldera la dette en principal et intérêts ;
PRECISE que chaque mensualité devra intervenir avant le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification du présent jugement ;
SUSPEND les effets de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ;
DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;
DIT qu’en revanche, toute mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, restée impayée sept jours après l’envoi d’une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception justifiera :
* que la clause résolutoire retrouve son plein effet ;
* que le solde de la dette devienne immédiatement exigible ;
* qu’à défaut pour Monsieur [G] [O] d’avoir volontairement libéré les lieux dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, la société IN’LI puisse faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous les occupants de son chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publique si besoin est ;
* que Monsieur [G] [O] soit condamné à verser à la société IN’LI une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire ;
CONDAMNE Monsieur [G] [O] à verser à la société IN’LI une somme de 300 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [G] [O] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de son signalement à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
RAPPELLE que le jugement est de plein droit exécutoire par provision ;
DIT que la présente décision sera notifiée par le greffe à la préfecture de Seine-Saint-Denis en application de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe, le 13 janvier 2025, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par la juge et par la greffière.
La greffière, La juge,
REFERENCES A RAPPELER : N° RG 24/08670 – N° Portalis DB3S-W-B7I-Z6DU
DÉCISION EN DATE DU : 13 Janvier 2025
AFFAIRE :
S.A. IN’LI
Représentant : Me Christine GALLON, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : P0431
C/
Monsieur [G] [O]
EN CONSÉQUENCE
la République française mande et ordonne à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ledit jugement à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux de grande instance d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Président et le Greffier.
POUR COPIE CERTIFIÉE CONFORME
revêtue de la formule exécutoire
P/le directeur des services de greffe judiciaires
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Trésor ·
- Sociétés ·
- Commissaire de justice ·
- Exécution ·
- Séquestre ·
- Délai ·
- Procédure civile ·
- Saisie-attribution ·
- Tribunal judiciaire ·
- Article 700
- Autres contrats de prestation de services ·
- Contrats ·
- Droite ·
- Ordre de service ·
- Facture ·
- Tribunal judiciaire ·
- Devis ·
- Chaudière ·
- Demande ·
- Gaz ·
- Intervention ·
- Prix
- Clause resolutoire ·
- Dette ·
- Délais ·
- Loyer ·
- Locataire ·
- Commandement de payer ·
- Bailleur ·
- Résiliation ·
- Paiement ·
- Expulsion
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Hospitalisation ·
- Consentement ·
- Santé mentale ·
- Tribunal judiciaire ·
- Etablissement public ·
- Adresses ·
- Santé publique ·
- Surveillance ·
- Trouble mental ·
- Public
- Droit de la famille ·
- Maroc ·
- Enfant ·
- Pensions alimentaires ·
- Contribution ·
- Débiteur ·
- Interdiction ·
- Education ·
- Divorce ·
- Parents ·
- Prestation familiale
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Habitat ·
- Bailleur ·
- Commandement ·
- Paiement ·
- Dette ·
- Commissaire de justice ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Expulsion
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Pensions alimentaires ·
- Enfant ·
- Débiteur ·
- Subsides ·
- Recouvrement ·
- Créanciers ·
- Poussin ·
- Contribution ·
- Parents ·
- Tribunal judiciaire
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Propriété littéraire et artistique ·
- Site internet ·
- Formation ·
- Mentions légales ·
- Révision ·
- Trouble manifestement illicite ·
- Commissaire de justice ·
- Astreinte ·
- Tribunal judiciaire ·
- Thaïlande ·
- Fiche
- Professeur ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Procédure accélérée ·
- Charges de copropriété ·
- Assemblée générale ·
- Immeuble ·
- Titre ·
- Tribunal judiciaire ·
- Provision ·
- Vote
Sur les mêmes thèmes • 3
- Maladie professionnelle ·
- Délai ·
- Reconnaissance ·
- Comités ·
- Victime ·
- Tableau ·
- Employeur ·
- Sécurité sociale ·
- Date certaine ·
- Adresses
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Bailleur ·
- Procédure civile ·
- Locataire ·
- Délai ·
- Mesure d'instruction ·
- Référé ·
- Mission ·
- Logement
- Divorce ·
- Algérie ·
- Enfant ·
- Vacances ·
- Parents ·
- Classes ·
- Mariage ·
- Aide juridictionnelle ·
- Droit de visite ·
- Conjoint
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.