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Sur la décision
| Référence : | TJ Le Havre, jld, 19 févr. 2026, n° 26/00203 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00203 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 2 mars 2026 |
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Texte intégral
N° RG 26/00203 – N° Portalis DB2V-W-B7K-HDSG
Minute N°
Dossier SDT
TRIBUNAL JUDICIAIRE DU HAVRE
LE JUGE DELEGUE POUR LE CONTROLE DES HOSPITALISATIONS SANS CONSENTEMENT
Copie de la présente ordonnance a été remise à l’hôpital le 19 Février 2026 pour notification à [A] [S] contre signature d’un récépissé
Le greffier
Reçu copie de la présente ordonnance,
le 19 Février 2026
[A] [S]
Reçu copie de la présente ordonnance,
le 19 Février 2026
Copie de la présente ordonnance a été notifiée par remise contre émargement de la fiche navette le 19 Février 2026
à M. le directeur du groupe hospitalier [Localité 1]
Le greffier
Avis de la présente ordonnance a été donné au tiers,
le 19 Février 2026
Le greffier,
Copie au procureur de la République le 19 Février 2026
Le greffier
Débats à l’audience du 19 Février 2026
Décision du 19 Février 2026
Nous, Louise AUBRON-MATHIEU, Juge Placée délégué pour le contrôle des hospitalisations sans consentement, statuant en matière de soins psychiatriques décidés à la demande d’un tiers, assistée de Christophe MIEL, Cadre greffier des services judiciaires,
Siégeant en audience publique au centre Pierre Janet, en vertu de l’article 433 du code de procédure civile dans une salle conforme aux dispositions de l’article L 3211-12-2 du Code de la Santé publique
***
Vu l’admission en soins psychiatriques de : [A] [S]
née le 12 Février 1990 à [Localité 1]
Date de l’admission : 13/02/2026
Lieu de l’admission : Groupe Hospitalier [Localité 1], pôle de psychiatrie
Hôpital [A]
[Adresse 1]
[Localité 1].
Résidence habituelle : [Adresse 2]
[Adresse 2]
[Localité 1]
Ayant pour curateur/tuteur :
Tiers demandeur : [X] [D]
[Adresse 3]
[Adresse 3]
sous le régime de l’hospitalisation complète, sur décision du directeur du groupe hospitalier [Localité 1] prise à la demande d’un tiers ;
Vu l’acte de saisine adressé par le directeur du groupe hospitalier [Localité 1], reçu et enregistré au greffe le 17 Février 2026.
Vu les avis donnés par le greffe :
— à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Stéphane HENRY
— au tiers à la demande de qui l’admission en soins psychiatriques a été décidée
— au directeur du groupe hospitalier [Localité 1]
— au procureur de la République [Localité 1]
Après avoir entendu en leurs observations :
— [A] [S], la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,
— Me Stéphane HENRY, avocat de la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,
En l’absence du directeur de l’établissement de soins, du ministère public et du tiers à la demande de qui l’admission en soins psychiatriques a été décidée,
Vu les articles L 3211-12-1 et L 3212-1 et suivants du code de la santé publique.
EXPOSÉ DES DEMANDES
La personne faisant l’objet de soins psychiatriques expose et fait valoir en substance qu’elle n’est pas opposée au maintien de la mesure.
Me Stéphane HENRY s’en rapporte à l’appréciation du juge.
L’auteur de la demande d’hospitalisation (le “tiers”) n’a pas formulé d’observations.
Le ministère public, dont l’avis écrit a été communiqué aux autres parties, sollicite le maintien de la mesure.
MOTIFS ET CIRCONSTANCES DE L’HOSPITALISATION
Vu les articles L 3212-1 et suivants du code de la santé publique
Vu l’article R 3212-1 du code de la santé publique
Il ressort des pièces communiquées et des débats que la personne sus-visée a été admise et maintenue en soins psychiatriques à l’Hôpital [A], [Adresse 1], sous la forme d’une hospitalisation complète, au vu des documents suivants :
1/ Une demande manuscrite formulée le 13/02/2026 dans les formes prévues par l’article L 3212-1 susvisé par un tiers disant agir dans l’intérêt de cette personne et se présentant comme étant [X] [D], sa soeur .
2/ Un certificat médical circonstancié établi par le Docteur [I][Q] le 13/02/2026 constatant l’état mental du patient, indiquant les caractéristiques de sa maladie, la nécessité de recevoir des soins et l’existence d’un risque grave d’atteinte à son intégrité, et portant en substance attestation que ses troubles mentaux rendaient son consentement impossible et que son état de santé imposait des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante en milieu hospitalier.
3/ La décision du directeur du groupe hospitalier portant admission en soins psychiatriques du 13/02/2026.
4/ Le certificat des 24 heures établi par le Docteur [V][M] le 14/02/2026.
5/ Le certificat des 72 heures établi par le Docteur [P][E] le 16/02/2026.
6/ La décision du directeur du groupe hospitalier maintenant les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète du 16/02/2026.
7/ L’avis médical pour la saisine du juge des libertés et de la détention établi par le Docteur [P][E] le 16/02/2026 conclut à un maintien de la mesure de soins psychiatriques.
SUR CE,
Sur la forme :
Nous avons été régulièrement saisi dans les délais requis par la loi et la procédure d’admission en soins psychiatriques a été menée conformément à la loi.
Sur le fond :
Selon l’article L 3212-1 du code de la santé publique, « une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur demande d’un tiers que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1. »
Selon l’article L3212-3 du code de la santé publique « En cas d’urgence, lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, le directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d’un tiers l’admission en soins psychiatriques d’une personne malade au vu d’un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d’un médecin exerçant dans l’établissement. Dans ce cas, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l’article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts. »
En l’espèce il ressort des certificats médicaux produits que la personne susvisée a bien été admise en soins psychiatriques sur demande d’un tiers en urgence en raison de troubles mentaux qui rendaient son consentement impossible et d’un état de santé qui imposait des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante en milieu hospitalier.
En effet, il résulte du certificat médical des 24 heures établi par le Docteur [M] le 14 février 2026 que le Mme [S] est un rupture de soins pour un trouble psychiatrique chronique. A l’entretien, est constatée une persistance de propos délirants à thématique de persécution ainsi que des idées auto et hétéro agressives sans idées suicidaires néanmoins. Il est relevé également une forte méfiance vis-à-vis du personnel médical et des autres patients. Il résulte du certificat médical des 72h établi le 16 février 2026 par le Docteur [E] que Mme [S] reste ambivalente par rapport aux soins et au traitement médicamenteux et a une conscience partielle de la gravité de ses troubles.
Aussi, l’avis médical pour notre saisine préconise le maintien en hospitalisation complète pour garantir la continuité des soins. Il est noté que Mme [S] a été hospitalisée à la suite d’un effondrement dépressif avec propos délirants de persécution en lien avec une rupture de son traitement. A l’entretien, elle reste centrée sur les traumatismes qu’elle aurait subis avec son dernier conjoint et sur le retrait de la garde de sa fille à cause de sa défaillance psychique. Elle présente une grande souffrance morale avec thymie dépressive, anhédonie, sentiment de dévalorisation et de vide, fréquentes crises de larmes et idées suicidaires. Elle reconnait avoir volontairement arrêté son traitement psychiatrique habituel sans fournir d’explication à ce comportement. Elle reste assez ambivalente par rapport aux soins et au traitement médicamenteux et a une conscience partielle de la gravité de ses troubles.
Il résulte des débats que Mme [S] n’est pas opposée au maintien de l’hospitalisation sous contrainte afin de trouver un traitement qui lui soit adapté.
En conséquence, au vu des derniers certificats médicaux et du debat le maintien en hospitalisation complète est seul à même d’assurer la continuité du suivi médical et de sa surveillance, et la mise en place d’un traitement de fond adapté.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort,
Disons que les soins psychiatriques dont [A] [S] fait l’objet peuvent se poursuivre sous le régime de l’hospitalisation complète.
La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel ou son délégué dans un délai de 10 jours à compter de sa notification ; en vertu de l’article 642 du code de procédure civile, le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant ; cet appel n’est pas suspensif, sauf s’il est interjeté par le ministère public dans les conditions de l’article L. 3211-12-4 du code de la santé publique ; il doit être formalisé par déclaration motivée avec une copie jointe de la présente ordonnance transmise :
— s’agissant des avocats du ressort de la cour d’appel de Rouen et à compter du 1er juillet 2018: via le RPVA sur l’adresse [Courriel 1] conformément à la convention relative à la communication électronique en matière civile ;
— s’agissant des avocats hors ressort, des personnes morales, des autorités administratives et des parties : par tout moyen ou par mail à l’adresse suivante : [Courriel 2] au greffe de la cour d’appel de Rouen sis [Adresse 4].
L’auteur d’un recours abusif ou dilatoire peut être condamné à une amende civile et au paiement d’une indemnité à l’autre partie.
Le greffier Le juge délégué
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