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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, juge libertes & detention, 30 oct. 2024, n° 24/02331 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/02331 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Mainlevée de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 4 novembre 2024 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
___________________
Le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire
NOTE D'AUDIENCE
Articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20 du CESEDA
Audience publique
DATE D'AUDIENCE : 30 Octobre 2024
DOSSIER : N° RG 24/02331 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y44N - M. LE PREFET DU NORD / M. [E] [T]
MAGISTRAT : Coralie COUSTY
GREFFIER : Nicolas ERIPRET
DEMANDEUR :
M. LE PREFET DU NORD
Représenté par M. [H] [S]
DEFENDEUR :
M. [E] [T]
Assisté de Maître Yannick LE MONNIER, avocat commis d'office
En présence de Mme [L] [N], interprète en langue arabe,
__________________________________________________________________________
DÉROULEMENT DES DÉBATS
L'intéressé déclare : Je m'appelle bien [E] [T].
Le représentant de l'administration, entendu en ses observations ;
L'avocat soulève le moyen suivant :
- absence de perspective d'éloignement à bref délai
- absence d'obstruction dans les 15 derniers jours
Le représentant de l'administration répond à l'avocat ;
L'intéressé entendu en dernier déclare : Je suis marocain, je ne suis pas algérien. Je n'ai aucune attache au Maroc. Je suis père d'un enfant français. Donnez moi une chance, je veux juste prendre mon fils et partir ailleurs. Mon état de santé est incompatible avec la rétention. Je suis venu en France pour me soigner. Je voudrais m'éloigner de tous les problèmes avec la justice française. J'ai le projet professionnel de travailler dans la restauration.
DÉCISION
Sur la demande de maintien en rétention :
o RECEVABLE o IRRECEVABLE
o 2nde PROROGATION EXCEPTIONNELLE o REJET o ASSIGNATION A RÉSID.
Le greffier Le magistrat délégué
Nicolas ERIPRET Coralie COUSTY
COUR D'APPEL DE DOUAI
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
──────────
Le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire
────
Dossier N° RG 24/02331 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y44N
ORDONNANCE STATUANT SUR LA SECONDE PROROGATION EXCEPTIONNELLE D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20 du CESEDA
Nous, Coralie COUSTY,, magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire de LILLE, assisté de Nicolas ERIPRET, greffier ;
Vu les dispositions des articles suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) :
- L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20
- L. 741-1, L.741-4, L.741-5, L.741-7, L.744-1, L.751-9, L.751-10
- L. 743-14, L.743-15, L.743-17
- L. 743-19, L. 743-25
- R. 741-3
- R.742-1, R. 743-1 à R. 743-8, R. 743-21
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 16 août 2024 par M. LE PREFET DU NORD;
Vu l'ordonnance de maintien en rétention rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judicaire de Lille, le 18 août 2024 ;
Vu l'ordonnance de prorogation rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judicaire de Lille en date du 15 septembre 2024 et prononçant la prorogation de la rétention pour une durée de trente jours ;
Vu l'ordonnance de première prorogation exceptionnelle rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judicaire de Lille en date du 15 octobre 2024 et prononçant une prorogation exceptionnelle de quinze jours;
Vu la seconde requête en prorogation exceptionnelle de l'autorité administrative en date du 29 octobre 2024 reçue et enregistrée le 29 octobre 2024 à 14h17 (cf. Timbre du greffe) tendant à la prorogation de la rétention de M. [E] [T] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de quinze jours ;
Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA émargé par l'intéressé ;
PARTIES
AUTORITE ADMINISTRATIVE QUI A ORDONNE LE PLACEMENT EN RETENTION
M. LE PREFET DU NORD
préalablement avisé, représenté par Monsieur [H] [S], représentant de l'administration
PERSONNE RETENUE
M. [E] [T]
né le 19 Août 2007 à [Localité 1] (MAROC) ([Localité 1]
de nationalité Marocaine
actuellement maintenu en rétention administrative
préalablement avisé et présent à l'audience,
assisté de Maître Yannick LE MONNIER, avocat commis d'office,
En présence de Mme [L] [N], interprète en langue arabe,
LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE, préalablement avisé n'est pas présent à l'audience.
DÉROULEMENT DES DÉBATS
A l'audience publique, le magistrat délégué a procédé au rappel de l'identité des parties ;
Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ;
L'intéressé a été entendu en ses explications ;
Le représentant du préfet a été entendu en ses observations ;
L'avocat a été entendu en sa plaidoirie ;
Le représentant du préfet ayant répondu à l'avocat ;
L'étranger ayant eu la parole en dernier ;
EXPOSE DU LITIGE
Par décision en date du 16 août 2024, notifiée le même jour à 11 heures 45, l'autorité administrative a ordonné le placement de Monsieur [E] [T], né le 19 août 2007 à [Localité 1] (MAROC), de nationalité marocaine, alias [B] [R], né le 13 avril 2006 à [Localité 3] (ALGERIE), de nationalité algérienne, en rétention dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire.
Par décision rendue le 20 août 2024, le premier président de la Cour d'appel de DOUAI a confirmé la décision en date du 18 août 2024 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE ayant ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [E] [T], alias [B] [R] pour une durée maximale de vingt-six jours.
Par décision en date du 17 septembre 2024, le premier président de la Cour d'appel de DOUAI a confirmé la décision en date du 15 septembre 2024 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE ayant ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [E] [T], alias [B] [R] pour une durée maximale de trente jours.
Par décision rendue le 15 octobre 2024, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE a ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [E] [T], alias [B] [R] pour une durée maximale de quinze jours.
Par requête en date du 29 octobre 2024, reçue à 14 heures 17, l'autorité administrative a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée supplémentaire de quinze jours.
Le conseil de Monsieur [E] [T], alias [B] [R] sollicite le rejet de la prolongation de la rétention sur les moyens suivants :
-l'absence de comportement d'obstruction dans les 15 jours et l'absence de preuve de délivrance à bref délai du document de voyage
Le représentant de l'administration indique que l'intéressé a été placé à deux reprises au centre de rétention et avait déjà refusé plusieurs l'audition consulaire. Il a de nouveau adopté un comportement d'obstruction et sur une période d'un an, il a donc refusé 6 fois d'être entendu. Une nouvelle date d'audition est prévue pour le 08 novembre. Il doit être pris en compte les antécédents de l'intéressé au FAED pour vols et agressions. Il est possible de faire retirer ces mentions sur demande de l'intéressés.
Monsieur [E] [T], alias [B] [R] indique qu'il a été placé au CRA avant le 16 août. Il explique qu'il est marocain mais qu'il n'a aucun attache au MAROC. Il est père d'un enfant français. Il affirme pouvoir quitter le territoire français le temps de prendre son fils. Il évoque son état de santé, qui l'a amené en FRANCE pour être soigné. Il souhaite s'éloigner des problèmes avec la justice française, et s'insérer. Il explique qu'il travaille dans la restauration, il s'agit de son projet professionnel.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur le moyen soulevé et la requête préfectorale en prolongation de la rétention
L'article L742-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose :
“A titre exceptionnel, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l'article L. 742-4, lorsqu'une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours :
1° L'étranger a fait obstruction à l'exécution d'office de la décision d'éloignement ;
2° L'étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d'éloignement :
a) une demande de protection contre l'éloignement au titre du 5° de l'article L. 631-3 ;
b) ou une demande d'asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé et qu'il est établi par l'autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public.
L'étranger est maintenu en rétention jusqu'à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d'une durée maximale de quinze jours.
Si l'une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l'avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours.”
En l'espèce, les autorités consulaires algériennes ont été saisies de la situation de Monsieur [E] [T], alias [B] [R] le 16 août 2024 et l'intéressé a refusé de se présenter aux auditions consulaires prévues les 20 septembre, 04 et 11 octobre 2024, comme en témoignent les procès-verbaux rédigés le jour même. Une nouvelle date d'audition consulaire est prévue le08 novembre 2024. Les autorités marocaines ont également été sollicitées le 19 août 2024 et l'intéressé n'a pas été reconnu.
Il ressort de ces éléments que si l'administration a effectué l'ensemble des diligences nécessaires afin d'assurer l'exécution la plus rapide possible de l'éloignement de Monsieur [E] [T], alias [B] [R] et de limiter le temps de privation de liberté que constitue la mesure de rétention, elle n'est pas en mesure de démontrer la délivrance à bref délai du document de voyage, en l'absence de réponse des autorités consulaires algériennes sollicitées depuis le 16 août 2024 et alors que la proximité d'une date d'audience consulaire ne suffit pas à elle seule à démontrer la délivrance à bref délai du document de voyage. Il n'est pas contesté que l'intéressé a fait montre d'un comportement d'obstruction au cours de la procédure mais ces comportements se sont manifestés il y a plus de 15 jours avant la saisine du magistrat et l'expiration du délai de prolongation de la rétention et ne peuvent être analysés en un comportement continu. Concernant le trouble à l'ordre public, les mentions inscrites sur le FAED sont insuffisantes à le caractériser, en l'absence de précision sur les suites de ces procédures, en terme de condamnations ou ne serait-ce que de poursuites. Il sera de plus souligné que la consultation de ce fichier n'a pas été versée en procédure, de sorte que les éléments soulevés dans la requête de l'administration ne sont pas vérifiables.
Par conséquent, il ne sera pas fait droit à la requête de l'administration.
PAR CES MOTIFS :
Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire,
DÉCLARONS recevable la requête en prorogation exceptionnelle de la rétention administrative ;
DISONS N'Y AVOIR LIEU A SECONDE PROROGATION EXCEPTIONNELLE de la rétention de M. [E] [T] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
RAPPELONS qu'il a l'obligation de quitter le territoire national ;
Fait à LILLE, le 30 Octobre 2024
Notifié ce jour à h mn
LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE
La présente ordonnance mettant fin à la rétention ou assignant l'étranger à résidence, a été notifiée par mail au procureur de la République, ce jour à h mn
LE GREFFIER
NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE AUX PARTIES
DOSSIER : N° RG 24/02331 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y44N -
M. LE PREFET DU NORD / M. [E] [T]
DATE DE L'ORDONNANCE : 30 Octobre 2024
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance aux parties, qui en émargeant ci-après, attestent en avoir reçu copie et les avisons de la possibilité de faire appel, devant le Premier président de la cour d'appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de son prononcé ; les informons que la déclaration d'appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 2]; leur indiquons que seul l'appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d'appel ou son délégué.
Information est donnée à M. [E] [T] qu'il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à sa rétention ou lors d'une assignation à résidence. Durant cette période, l'intéressé peut, s'il le souhaite, contacter son avocat et un tiers, rencontrer un médecin et s'alimenter.
Traduction orale faite par l'interprète.
LE REPRESENTANT DU PREFET L'INTERESSE
L'INTERPRETE LE GREFFIER
L'AVOCAT
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