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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, jcp, 18 sept. 2025, n° 25/01370 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01370 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 3 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 15]
[Localité 3]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 25/01370 – N° Portalis DBZS-W-B7J-ZG4Z
N° de Minute : 25/974
JUGEMENT
DU : 18 Septembre 2025
Société PARTENORD HABITAT
C/
[P] [F]
[T] [I]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 18 Septembre 2025
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
Société PARTENORD HABITAT, dont le siège social est sis [Adresse 9]
représentée par Me Sandra VANSTEELANT, avocat au barreau de LILLE
ET :
DÉFENDEUR(S)
M. [P] [F], demeurant [Adresse 5]
non comparant
Mme [T] [I], demeurant [Adresse 5]
comparante, assistée de Me Guillaume HERBET avocat au barreau de Lille
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 05 Juin 2025
Magali CHAPLAIN, Juge, assisté(e) de Laure-Anne REMY, Cadre Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 18 Septembre 2025, date indiquée à l’issue des débats par Magali CHAPLAIN, Juge, assisté(e) de Laure-Anne REMY, Cadre Greffier
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 30 octobre 2023, à effet du 17 novembre 2023, l’Office Public de l’Habitat du Nord PARTENORD HABITAT a donné à bail à Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] un logement situé [Adresse 8] [Localité 17] [Adresse 10] [Localité 16], moyennant un loyer mensuel révisable de 505,75 euros majoré d’une provision sur charges de 108,48 euros, ainsi qu’un garage n°20, situé [Adresse 11] à [Localité 14], moyennant un loyer mensuel de 59,79 euros et une provision sur charges de 2,47 euros.
Par acte de commissaire de justice du 17 mai 2024, PARTENORD HABITAT a fait signifier à ses locataires un commandement de payer la somme de 1.803,39 euros au titre des loyers et charges impayés, ledit commandement visant la clause résolutoire stipulée au bail.
Par acte de commissaire de justice du 23 janvier 2025, PARTENORD HABITAT a fait assigner Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille aux fins de :
• Juger le contrat de location portant tant sur l’habitation que sur le stationnement liant les parties résilié de plein droit du fait de l’acquisition de la clause résolutoire du bail conformément aux articles 7 et 24 de la loi 89-462 du 6 juillet 1989 ;
• A titre subsidiaire, prononcer la résiliation du bail en raison du comportement des locataires ;
• En conséquence, ordonner à Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] de quitter les lieux en respectant les obligations du locataire,
• A défaut, l’autoriser à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I], ainsi que tous les occupants introduits de leur chef, passé le délai de deux mois suivant le commandement de quitter les lieux, si nécessaire avec l’assistance de la force publique et après accomplissement des formalités prévues par la loi,
• Condamner solidairement Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] à lui payer les sommes suivantes :
• en deniers ou quittances valables, 4.694,28 euros (3.955,90 euros pour l’habitation et 738,38 euros pour le stationnement) au titre des loyers et charges dus à la date du 21 janvier 2025, augmentée des loyers ayant couru jusqu’au jugement à intervenir, avec intérêt au taux légal à compter du commandement pour la somme énoncée dans les causes dudit commandement et de la présente assignation pour le surplus ;
• à compter de la date de résiliation du bail jusqu’à complète libération des lieux, une indemnité d’occupation égale au montant des loyers, charges et droits normalement dus, majorée des augmentations légales et contractuelles et sans tenir compte de l’APL, soit 632,96 euros pour l’habitation et 64,71 euros pour le stationnement à la date du 26 décembre 2024 ;
• 3,98 euros par mois d’occupation au titre de l’assurance,
• 7,96 euros au titre des assurances impayées à la date du 21 janvier 2025,
• 500,00 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
• Juger que dans les cas où des délais de paiement seraient accordés, la déchéance sera prononcée à défaut de versement d’une seule mensualité ou d’un seul loyer à son échéance, le solde de la dette devenant immédiatement exigible et la clause résolutoire produisant son plein effet,
• les entiers frais et dépens, en ce compris le coût du commandement payer ainsi que les frais d’assignation ;
• Juger n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir,
Cette assignation a été notifiée à la préfecture du Nord par voie électronique avec avis de réception du 24 janvier 2025.
A l’audience du 5 juin 2025, date à laquelle l’affaire a été appelée et retenue, PARTENORD HABITAT, représenté par son conseil, maintient ses demandes initiales sauf à actualiser le montant de sa créance à la somme de 4.609,05 euros, soit 3.803,94 euros pour le logement et 805,11 euros pour le stationnement. Il ne s’oppose pas à l’octroi de délais de paiement.
Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I], assistée par son conseil, sollicite des délais de paiement à hauteur de 70,00 euros par mois en plus du loyer et charges courants, avec suspension des effets de la clause résolutoire. Elle précise ne pas avoir de procédure de surendettement.
Elle demande le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Le juge a donné connaissance du diagnostic social et financier parvenu au greffe du tribunal avant l’audience.
Monsieur [P] [F], cité à personne, n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 18 septembre 2025 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la résiliation :
— Sur la recevabilité de l’action :
PARTENORD HABITAT justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) le 22 mai 2024 et ce dans les conditions de délai de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans sa rédaction postérieure à la loi du 27 juillet 2023.
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture du Nord le 24 janvier 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023.
L’action est donc recevable.
— Sur l’acquisition des effets la clause résolutoire :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa rédaction postérieure à la loi du 27 juillet 2023 prévoit que « tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Le bail conclu le 30 octobre 2023 contient une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges en l’article 4/5 de ses conditions générales et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 17 mai 2024, pour la somme en principal de 1.803,39 euros.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, les paiements effectués n’ayant pas permis de solder l’intégralité des sommes dues dans le délai imparti.
En conséquence, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire se sont trouvées réunies à la date du 18 juillet 2024.
Sur le décompte des sommes dues :
En application de l’article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, le locataire est tenu au paiement du loyer et des charges aux termes convenus.
En vertu de l’article 1240 du code civil, le préjudice de la bailleresse résultant de l’occupation du logement postérieurement à la résiliation du bail sera en l’espèce réparé par l’allocation d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer de la résiliation à la libération des lieux.
Selon l’article 1353 du code civil, Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
PARTENORD HABITAT produit un décompte détaillé arrêté au 06 mai 2025 démontrant que Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] restent devoir à cette date la somme de 4.609,05 euros au titre des loyers et charges impayés pour l’habitation et le garage, après soustraction des frais de procédure qui entrent dans les dépens et des cotisations d’assurance en l’absence de preuve du respect de l’article 7 alinéas 11 et 12 de la loi 6 juillet 1989.
L’article 3/2 des conditions générales du contrat de location stipule que les locataires sont tenus solidairement et indivisiblement à l’égard du bailleur des loyers, charges et accessoires dus en application du présent bail.
Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] seront donc condamnés solidairement à payer à PARTENORD HABITAT la somme de 4.609,05 euros, créance arrêtée au 06 mai 2025, terme de mai 2025 non inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2024 pour la somme de 1.803,39 euros et à compter du jugement pour le surplus.
Sur les délais de paiement :
En application de l’article 24, V, de la loi du 6 juillet 1989 le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, au locataire en situation de régler sa dette locative.
L’article 24 VII de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dispose que " Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet ".
Il ressort du décompte tenu par le bailleur que Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] ont repris le versement intégral du loyer avant l’audience.
Dans ces conditions et compte tenu de l’accord du bailleur, ils seront autorisés à se libérer de leur dette locative en 36 mensualités, dont 35 mensualités de 70 euros, et la 36 ème et dernière échéance soldant la dette, en plus du loyer et des charges courants, selon les modalités qui seront rappelées au dispositif.
Il convient néanmoins de prévoir que tout défaut de paiement des loyers et charges courants d’une part, des délais de paiement d’autre part, justifiera la condamnation in solidum Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du dernier loyer courant majoré de la provision sur charges et justifiera leur expulsion dans les conditions fixées au présent dispositif.
Sur les demandes accessoires :
Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I], parties perdantes, supporteront in solidum la charge des dépens, dont le coût du commandement de payer et de l’assignation.
L’équité commande de dire n’y avoir lieu à application de l’article 700 du code de procédure civile.
En application de l’article 514 du code de procédure civile, le jugement est de droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 30 octobre 2023, à effet du 17 novembre 2023, entre l’Office Public de l’Habitat du Nord PARTENORD HABITAT d’une part, et Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] d’autre part, concernant l’immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 7] à [Localité 18] et le garage n°20, situé [Adresse 11] à [Localité 14], sont réunies à la date du 18 juillet 2024 ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] à payer à l’Office Public de l’Habitat du Nord PARTENORD HABITAT la somme de 4.609,05 euros, créance arrêtée au 06 mai 2025, terme de mai 2025 non inclus, au titre des loyers et charges dus à cette date, avec intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2024 pour la somme de 1.803,39 euros et à compter du jugement pour le surplus ;
AUTORISE Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courants, en 36 mensualités successives, dont 35 mensualités de 70,00 euros, et la 36 ème et dernière échéance soldant la dette ;
DIT que chaque mensualité devra intervenir avant le 15 de chaque mois et pour la première fois avant le 15 du mois suivant la signification du présent jugement ;
SUSPEND les effets de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ;
DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;
DIT qu’en revanche, toute mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, restée impayée 15 jours après une mise en demeure demeurée infructueuse et adressée à Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] par lettre recommandée avec avis de réception justifiera :
— que la clause résolutoire retrouve son plein effet ;
— que le solde de la dette devienne immédiatement exigible ;
— qu’à défaut pour Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] d’avoir volontairement libéré les lieux, situés [Adresse 6], à [Localité 18] (habitation) et [Adresse 11] à [Localité 14] (garage), dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, l’Office Public de l’Habitat du Nord PARTENORD HABITAT puisse faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous les occupants de son chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publique si besoin est ;
— que Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] soient condamnés in solidum à payer à l’Office Public de l’Habitat du Nord PARTENORD HABITAT, à compter du 1er mai 2025 et jusque libération effective des lieux une indemnité mensuelle d’occupation, égale au montant du dernier loyer et des provisions sur charges ;
RAPPELLE à Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] qu’ils peuvent saisir la commission de médiation, à condition de justifier du dépôt préalable de l’enregistrement d’une demande de logement social ou, à défaut, d’apporter la justification de l’absence de demande. Pour saisir la commission de médiation, il convient d’utiliser le formulaire Cerfa N°15036*1 (téléchargeable sur le site internet des services de l’État dans le Nord « nord.gouv.fr ») à retourner complété et accompagné de toutes les pièces justificatives requises à l’adresse suivante :
DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L’EMPLOI DU TRAVAIL ET DES SOLIDARITES
[Adresse 13]
[Adresse 2]
[Adresse 12]
[Localité 4]
DIT n’y avoir lieu à application de l’article 700 du code de procédure civile ;
ACCORDE à Madame [T] [I] le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
DEBOUTE les parties de toutes demandes plus amples ou contraires ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [P] [F] et Madame [T] [I] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation ;
RAPPELLE que le jugement est de plein droit exécutoire par provision ;
Ainsi jugé et prononcé le 18 septembre 2025 par mise à disposition au greffe.
LA CADRE GREFFIERE, LA JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION,
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