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Sur la décision
| Référence : | TJ Lorient, 14ch surendettement, 6 févr. 2026, n° 25/00116 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00116 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Infirme la décision déférée dans toutes ses dispositions, à l'égard de toutes les parties au recours |
| Date de dernière mise à jour : | 17 février 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | Société EDF SERVICE CLIENT CHEZ INTRUM JUSTITIA, Société [ 11 ] |
|---|
Texte intégral
N° RG 25/00116 – N° Portalis DBZH-W-B7J-C55CW – Jugement du 06 Février 2026
N° RG 25/00116 – N° Portalis DBZH-W-B7J-C55CW
MINUTE N°
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LORIENT
Juge des Contentieux de la Protection
JUGEMENT du 06 Février 2026
SURENDETTEMENT DES PARTICULIERS
DÉBITEURS :
Madame [L] [T], demeurant [Adresse 3]
comparante en personne
CRÉANCIER ayant formé le recours :MORBIHAN HABITAT
AUTRES CRÉANCIERS :
Société [6], demeurant SERVICE SURENDETTEMENT – [Localité 1] [Adresse 5] [Localité 4]
non comparante, ni représentée
Société EDF SERVICE CLIENT CHEZ INTRUM JUSTITIA, demeurant [Adresse 10]
non comparante, ni représentée
Société [11], demeurant [Adresse 9]
non comparante, ni représentée
Société [13], demeurant SERVICE SURENDETTEMENT – [Adresse 12]
non comparante, ni représentée
E.P.I.C. MORBIHAN HABITAT, demeurant [Adresse 2]
représenté par Mme BORRI, munie d’un pouvoir
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRÉSIDENT : Marie BAHUON
GREFFIER : Virginie MICHEL
DÉBATS : 09 Janvier 2026
AFFAIRE mise en délibéré au : 06 Février 2026 par mise à disposition au greffe
notifié aux parties en LRAR,
en copie simple à la Commission
le
N° RG 25/00116 – N° Portalis DBZH-W-B7J-C55CW – Jugement du 06 Février 2026
EXPOSÉ DU LITIGE
Par déclaration en date du 21 mars 2025, Madame [L] [T] a saisi la Commission de Surendettement des Particuliers du Morbihan d’une demande tendant au traitement de sa situation de surendettement.
Lors de sa séance du 22 mai 2025, la commission a déclaré cette demande recevable.
Par une lettre adressée au secrétariat de la Commission le 18 août 2025 puis transmise par ce dernier au greffe du Juge des contentieux de la protection de [Localité 7], Morbihan Habitat a contesté les mesures imposées par la Commission le 24 juillet 2025 tendant à la mise en oeuvre d’une procédure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire au profit de Madame [L] [T].
Les parties ont été convoquées par lettres recommandées avec avis de réception par le greffe à l’audience du 6 février 2026.
* *
Lors de l’audience, Morbihan HABITAT comparaissait et exposait qu’étant née en 1992, la situation de la débitrice ne pouvait être considérée comme irrémédiablement compromise. Le bailleur actualisait sa créance à la somme de 1.211,22 euros, montant non contesté par Madame [T].
Le [6] écrivait pour indiquer qu’il s’en remettait à la décision du tribunal.
Les autres créanciers n’avaient pas écrit ni comparu.
Madame [L] [T] exposait qu’elle était en situation de chômage depuis le 28 décembre 2025, après avoir travaillé depuis avril 2025 chez un producteur de fruits en CDD. Elle affirmait qu’elle devait signer un CDI au printemps 2026.
L’affaire était mise en délibéré au 6 février 2026.
* * *
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité du recours en contestation des mesures
Aux termes des articles L.733-10 et R.733-6 du code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans le délai de 30 jours, les mesures imposées par la commission.
En l’espèce, [8] a reçu notification des mesures imposées par la commission le 1er Août 2025 et formé un recours au secrétariat de la commission le 18 août 2025, soit avant l’expiration du délai de trente jours.
En conséquence, il y a lieu de déclarer le présent recours recevable.
Sur les créances et sur les mesures contestées
Selon les dispositions de l’article L. 733-12 du code de la consommation, le juge saisi d’une contestation des mesures imposées peut vérifier, même d’office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées, et s’assurer que le débiteur se trouve bien dans la situation définie à l’article L.711-1.
Il peut également prescrire toute mesure d’instruction qu’il estime utile. Nonobstant toute disposition contraire, le juge peut obtenir communication de tout renseignement lui permettant d’apprécier la situation du débiteur et l’évolution possible de celle-ci.
Selon l’état des créances établi le 21 Août 2025, Madame [T] était redevable de la somme de 1.381,84 euros à l’égard de son bailleur.
Il résulte du décompte produit aux débats que la créance de ce dernier s’élève à la somme de 1.211,22 euros, au 9 janvier 2026, terme du mois de décembre inclus.
Madame [T] ne conteste pas devoir cette somme.
En conséquence, il convient de fixer la créance de [8] à la somme de 1.211,22 euros, ramenant l’endettement global de la débitrice à la somme de 3.240,32 euros.
L’article L. 724-1 du code de la consommation dispose notamment en son second alinéa que "Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa, la commission peut, dans les conditions du présent livre :
1° Soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale ;
2° Soit saisir, si elle constate que le débiteur n’est pas dans la situation mentionnée au 1°, avec l’accord du débiteur, le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire ".
L’article L. 741-1 du même code précise que "si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l’article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
Il résulte des éléments produits par les parties, du dossier transmis par la commission de surendettement des particuliers du Morbihan et des débats à l’audience les éléments suivants :
— Les ressources de Madame [L] [T] s’établissent comme suit :
indemnités de chômage à compter de janvier 2026 : inconnues en l’étatsalaire entre juin et septembre 2025 : 1.400 euros et 800 euros entre septembre et décembre 2025 (temps partiel) soit 1.142 euros en moyenne sur les 10 derniers mois;
— Madame [L] [T] est âgée de 33 ans. Elle a un enfant âgé de 12 ans pour lequel un jugement lui octroie un droit de visite. Elle soutient cependant qu’un système de garde alternée est mis en place avec le père sans en justifier, imposant de retenir la somme de 90,10 euros au titre de la pension alimentaire comme fait par la commission . Outre les charges usuelles de la vie courante, elle doit faire face aux charges suivantes :
logement : 177,90 euros, APL déduites,
le reste des dépenses courantes du débiteur justifiant de faire application des barèmes de base retenus par la commission à savoir 123 euros de forfait chauffage, 632 euros de barème de base et 121 euros de forfait habitation.
— L’ensemble des dettes de Madame [L] [T] est évalué à 3.240,32 euros ;
— La part maximum légale à consacrer au remboursement (quotité saisissable) est de 139 euros;
— La capacité de remboursement (différence entre ressources et charges) est négative.
Bien que n’ayant aucune capacité de remboursement Madame [L] [T] n’a pas épuisé sa capacité à bénéficier du moratoire prévu au 4° de l’article L. 733-1 du code de la consommation. En effet, la débitrice se dit certaine de signer un CDI au printemps 2026 auprès de l’employeur chez qui elle a exercé d’avril à décembre 2025 en CDD. Son endettement est d’environ 3.500 euros et doit permettre l’élaboration
d’un plan d’apurement, une fois sa situation professionnelle stabilisée.
Au vu des éléments ci-dessus, la mise en oeuvre des mesures de traitement du surendettement prévues par les articles L. 732-1 et suivants du code de la consommation n’est pas manifestement impossible de sorte que la situation de la débitrice n’apparaît plus irrémédiablement compromise au sens de l’article 724-1 du code de la consommation.
Il convient en conséquence, en application du 4e alinéa de l’article L. 741-6 du code de la consommation, de renvoyer le dossier de Madame [L] [T] à la Commission de surendettement des particuliers du Morbihan aux fins de mise en oeuvre des mesures prévues aux articles L. 732-1 et suivants du code de la consommation à son profit.
* * *
PAR CES MOTIFS,
Le Juge des contentieux de la protection,
Statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DÉCLARE le recours de Morbihan Habitat recevable,
FIXE la créance de Morbihan Habitat à la somme de 1211,22 euros;
CONSTATE que la situation de Madame [L] [T] n’est pas irrémédiablement compromise,
RENVOIE le dossier à la Commission de Surendettement des Particuliers du Morbihan pour qu’elle mette en oeuvre les mesures prévues aux articles L. 732-1 et suivants du code de la consommation au profit de Madame [L] [T],
RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit immédiatement exécutoire en application de l’article R. 713-10 du code de la consommation,
LAISSE les frais et dépens de l’instance à la charge du Trésor public.
Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction les jours, mois et an susdits. En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Juge des contentieux de la protection et le greffier.
Le GreffierMarie BAHUON
Vice-Présidente en charge des contentieux de la protection
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