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Sur la décision
| Référence : | TJ Meaux, 1re ch. réf., 25 mars 2026, n° 26/00131 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00131 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 4 avril 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
— N° RG 26/00131 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CEH7N
Date : 25 Mars 2026
Affaire : N° RG 26/00131 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CEH7N
N° de minute : 26/00201
Formule Exécutoire délivrée
le :
à :
Copie Conforme délivrée
le : 27-03-2026
à : Me Henri LACAMP
Régie
Service Expertise
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Par mise à disposition au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées, a été rendue, le VINGT CINQ MARS DEUX MIL VINGT SIX, par Mme Isabelle FLORENTIN-DOMBRE, Vice-présidente au Tribunal judiciaire de MEAUX, assistée de Madame Béatrice BOEUF, Greffière lors des débats et du délibéré, l’ordonnance dont la teneur suit :
Entre :
DEMANDEURS
Monsieur, [I], [H]
Madame, [B], [H],
[Adresse 1],
[Localité 1]
représentés par Me Henri LACAMP, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant
DEFENDEUR
Monsieur, [J], [T],
[Adresse 2],
[Localité 1]
représenté par Me François MEURIN, avocat au barreau de MEAUX, avocat plaidant, substitué par Me Adeline LADOUBART, avocat au barreau de MEAUX
Intervenant(s) volontaire(s) :
S.A. BPCE IARD,
[Adresse 3] ,
[Localité 2]
représentée par Me François MEURIN, avocat au barreau de MEAUX, avocat plaidant, substitué par Me Adeline LADOUBART, avocat au barreau de MEAUX
=====================
Après avoir entendu les parties lors de l’audience de plaidoirie du 18 Février 2026 ;
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte authentique en date du 17 juillet 2002, Monsieur, [I], [H] et Madame, [B], [Y] épouse, [H] ont acquis une maison à usage d’habitation sise, [Adresse 4] à, [Localité 3].
Monsieur, [J], [T] est propriétaire depuis 2021 de la parcelle mitoyenne sise, [Adresse 4] à, [Localité 3].
Un procès-verbal de reconnaissance de limites de propriété des époux, [H] et de Monsieur, [J], [T] a été dressé par le cabinet, [Localité 4] le 26 février 2025.
Monsieur, [J], [T] a entrepris des travaux de construction sur bâtisse existante avec extension réalisés par lui-même. En décembre 2024, les travaux ont nécessité des décaissements de terre.
Au cours du mois de juillet 2025, les époux, [H] procédaient à une déclaration de sinistre auprès de leur assureur constatant un glissement et un effondrement de mur.
Une opération d’expertise amiable était diligenté par l’assureur le 9 octobre 2025 et le rapport déposé le 13 octobre 2025 concluait en ces termes “glissement du mur de clôture sur 25ML, décaissement des terres sous la cour en béton provoquant le tassement partiel sur 45m2, fuite sur le réseau d’évacuation enterré (…)”
Par actes de commissaire de justice en date du 30 janvier 2026, Monsieur, [I], [H] et Madame, [B], [Y] épouse, [H] ont fait assigner Monsieur, [J], [T] devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Meaux aux fins d’obtenir la désignation d’un expert judiciaire sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile, d’ordonner l’exécution sur minute de l’ordonnance à intervenir et réserver les dépens.
Au soutien de leurs prétentions, Monsieur, [I], [H] et Madame, [B], [Y] épouse, [H] exposent que les désordres constatés sont à ce jour persistants.
A l’audience du 18 février 2026 à laquelle l’affaire a été retenue, Monsieur, [I], [H] et Madame, [B], [Y] épouse, [H] ont maintenu les termes de leurs exploits introductifs d’instance.
Monsieur, [J], [T] et la BPCE, intervenante volontaire à l’instance, valablement représentés, ont formulé les protestations et réserves d’usage.
L’affaire a été mise en délibéré au 25 mars 2026, date de la présente ordonnance.
SUR CE,
En application de l’article 329 du code de procédure civile, l’intervention volontaire de la BPCE, dont la recevabilité n’est pas contestée, sera reçue.
Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ».
Il est acquis que l’article 145 du code de procédure civile est un texte autonome auquel les conditions habituelles du référé ne sont pas applicables. Il n’est ainsi pas soumis à la condition d’urgence ou à la condition d’absence de contestation sérieuse.
Ce texte suppose l’existence d’un motif légitime c’est à dire un fait crédible et plausible, ne relevant pas de la simple hypothèse qui présente un lien utile avec un litige potentiel futur dont l’objet et le fondement juridique sont suffisamment déterminés et dont la solution peut dépendre de la mesure d’instruction sollicitée à condition que cette mesure ne porte pas une atteinte illégitime aux droits d’autrui. Elle doit être pertinente et utile.
— N° RG 26/00131 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CEH7N
En l’espèce, il résulte des pièces de la procédure et notamment des premières constatations techniques dressés par le rapport d’expertise amiable, qui avalise l’existence d’un effondrement de mur, objective par ailleurs un décaissement de terre et des fuites sur le réseau d’évacuation. L’origine exacte des désordres, bien que l’existence d’une construction adjacente n’est pas contestée, n’est pas encore déterminée.
Au regard de ces éléments, Monsieur, [I], [H] et Madame, [B], [Y] épouse, [H] disposent d’un motif légitime à faire établir les désordres allégués, un procès éventuel en responsabilité contre Monsieur, [J], [T] et la BPCE n’étant pas manifestement voué à l’échec.
Du tout, il résulte que les conditions d’application des dispositions de l’article 145 du code de procédure civile sont réunies et qu’il convient d’ordonner la mesure d’expertise requise, dans les termes du dispositif, en mettant à la charge de Monsieur, [I], [H] et de Madame, [B], [Y] épouse, [H] le paiement de la provision initiale.
La demande étant fondée sur l’article 145 du code de procédure civile, les dépens devront demeurer à la charge de Monsieur, [I], [H] et de Madame, [B], [Y] épouse, [H].
Les circonstances de l’espèce ne justifient pas de faire droit à la demande tendant à voir rendre exécutoire l’ordonnance au seul vu de la minute.
PAR CES MOTIFS
Statuant par ordonnance contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe le jour du délibéré, après débats en audience publique,
Accueillons l’intervention volontaire de la BPCE,
Vu l’article 145 du code de procédure civile,
Ordonnons une mesure d’expertise,
Désignons pour y procéder
Monsieur, [E], [N] ,
[Adresse 5],
[Localité 5]
Tél :, [XXXXXXXX01]
Fax : 01.64.68.84.99
Port. : 06.62.92.70.34
Email :, [Courriel 1]
avec mission de :
— entendre les parties et tous sachants,
— prendre connaissance de tous documents et pièces utiles à l’accomplissement de sa mission,
— se rendre sur les lieux situés, [Adresse 4] à, [Localité 3] après y avoir convoqué les parties,
— examiner les lieux objet du litige, dire s’ils sont affectés des désordres et des non conformités mentionnés par les demandeurs dans leur assignation,
— dans l’affirmative, les décrire, en rechercher les causes et préciser pour chacun d’eux s’ils proviennent d’une erreur de conception, d’un vice des matériaux, d’une malfaçon dans leur mise en oeuvre, d’un non respect des règles de l’art, d’une négligence dans l’entretien ou l’exploitation des ouvrages ou de toute autre cause,
— fournir tout renseignement technique et de fait permettant au tribunal de statuer sur les éventuelles responsabilités encourues et d’évaluer les préjudices de toute nature éventuellement subis, directs ou indirects, matériels ou immatériels résultant du sinistre, notamment le préjudice de jouissance,
— décrire les travaux nécessaires pour remédier aux désordres et aux non conformités constatés ; en évaluer le coût poste par poste après avoir, le cas échéant, examiné et discuté les devis ou propositions chiffrées présentés par les parties dans le délai qu’il leur aura imparti ; préciser la durée des travaux préconisés,
— donner son avis sur la solution économiquement la plus raisonnable,
— donner tous éléments permettant d’apprécier les préjudices subis par Monsieur, [I], [H] et par Madame, [B], [Y] épouse, [H] du fait des désordres, des non conformités et des travaux de reprise à effectuer ; en proposer une évaluation chiffrée,
— indiquer le montant de la dépréciation de l’immeuble pour le cas où il ne pourrait pas être remédié à certaines malfaçons,
— s’il y a lieu, proposer un compte entre les parties,
— d’une manière générale, faire toutes observations utiles au règlement du litige ;
Disons que pour procéder à sa mission l’expert devra :
— convoquer et entendre les parties, assistées, le cas échéant, de leurs conseils, et recueillir leurs observations à l’occasion de l’exécution des opérations ou de la tenue des réunions d’expertise ;
— se faire remettre toutes pièces utiles à l’accomplissement de sa mission, notamment, s’il le juge utile, les pièces définissant le marché, les plans d’exécution, le dossier des ouvrages exécutés ;
— à l’issue de la première réunion d’expertise, ou dès que cela lui semble possible, et en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations ; l’actualiser ensuite dans le meilleur délai :
* en faisant définir une enveloppe financière pour les investigations à réaliser de manière à permettre aux parties de préparer le budget nécessaire à la poursuite de ses opérations ;
* en les informant de l’évolution de l’estimation du montant prévisible de ses frais et honoraires et en les avisant de la saisine du juge du contrôle des demandes de consignation complémentaire qui s’en déduisent, sur le fondement de l’article 280 du code de procédure civile, et dont l’affectation aux parties relève du pouvoir discrétionnaire de ce dernier au sens de l’article 269 du même code ;
* en fixant aux parties un délai impératif pour procéder aux interventions forcées ;
* en les informant, le moment venu, de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ;
— au terme de ses opérations, adresser aux parties un document de synthèse, sauf exception dont il s’expliquera dans son rapport (par ex : réunion de synthèse, communication d’un projet de rapport), et y arrêter le calendrier impératif de la phase conclusive de ses opérations, compte-tenu des délais octroyés devant rester raisonnable,
* fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse ;
* rappelant aux parties, au visa de l’article 276 alinéa 2 du code de procédure civile, qu’il n’est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au delà de ce délai ;
Disons qu’en cas d’urgence ou de péril en la demeure reconnue par l’expert, ce dernier pourra autoriser les demandeurs à faire exécuter à leurs frais avancés, pour le compte de qui il appartiendra, les travaux estimés indispensables par l’expert, sous la direction du maître d’œuvre des demandeurs, par des entreprises qualifiées de son choix; que, dans ce cas, l’expert déposera une note circonstanciée aux parties, précisant la nature, l’importance et le coût de ces travaux ;
Fixons à la somme de 5000 € le montant de la provision à valoir sur les frais d’expertise qui devra être consignée par Monsieur, [I], [H] et par Madame, [B], [Y] épouse, [H] à la Régie de ce tribunal au plus tard le 25 mai 2026 ;
Disons que faute de consignation de la présente provision initiale dans ces délais impératifs, ou demande de prorogation sollicitée en temps utile, la désignation de l’expert sera aussitôt caduque et de nul effet, sans autre formalité requise, conformément aux dispositions de l’article 271 du code de procédure civile ;
Disons que l’expert sera saisi et effectuera sa mission conformément aux dispositions des articles 232 à 248, 263 à 284-1du code de procédure civile et qu’il déposera l’original de son rapport au greffe du tribunal judiciaire dans les SIX MOIS de sa saisine, sauf prorogation de ce délai dûment sollicitée en temps utile de manière motivée auprès du Juge du contrôle,
Disons que l’exécution de la mesure d’instruction sera suivie par le juge du service du contrôle des expertises de ce tribunal, spécialement désigné à cette fin en application des article 155 et 155-1 du code de procédure civile,
Rejetons le surplus des demandes,
Laissons les dépens à la charge de Monsieur, [I], [H] et de Madame, [B], [Y] épouse, [H],
Rappelons que la présente ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire.
Le Greffier Le Président
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