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Sur la décision
| Référence : | TJ Montbéliard, jcp, 8 oct. 2025, n° 25/00182 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00182 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée en référé avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTBÉLIARD
RUE MOZART – 25209 MONTBELIARD CEDEX -
03.81.90.70.00
N° RG 25/00182 – N° Portalis DBXR-W-B7J-D5EB
Nature affaire : 5AA
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
DU 08 OCTOBRE 2025
JUGE DES CONTENTIEUX
DE LA PROTECTION
PARTIE DEMANDERESSE :
S.A. IDEHA, demeurant 53 Avenue Chabaud Latour – 25200 MONTBÉLIARD
représentée par Maître Charline DUVERNOY de la SCP SURDEY GUY – AVOCATS ASSOCIES, avocats au barreau de MONTBELIARD
PARTIE DÉFENDERESSE :
Madame [F] [I]
née le 02 Mars 1983 à SILOPI (TURQUIE), demeurant 5 bis rue Cuvier – VOSGES logement 475 – 25460 ÉTUPES
comparante
Monsieur [L] [I]
né le 04 Avril 1976 à SILOPI (TURQUIE), demeurant 5 bis rue Cuvier – VOSGES logement 475 – 25460 ÉTUPES
représenté par son fils Monsieur [Z] [I]
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS :
Antoine GALLETTI : Président
Hugues CHIPOT : Greffier
DÉBATS :
à l’audience du 3 septembre 2025
ORDONNANCE :
Contradictoire, premier ressort ressort
Prononcée publiquement par mise à disposition au greffe le 08 Octobre 2025 et signé par Antoine GALLETTI, Juge des Contentieux de la Protection et Hugues CHIPOT, greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé du 24 mars 2022, prenant effet le 25 mars 2022, la société IDEHA, a consenti un bail d’habitation à monsieur [L] [I] et madame [F] [I] portant sur un immeuble à usage d’habitation, appartement n°475 sis 5Bis rue Cuvier Vosges – 25460 ETUPES pour un loyer mensuel révisable de 510,38 euros.
Le bailleur a informé la CCAPEX de la délivrance d’un commandement de payer pour des impayés de loyers en date du 18 octobre 2024.
Selon acte de commissaire de justice du 3 juin 2025 , dénoncé à Monsieur le préfet du Doubs par voie électronique le 10 juin 2025, la société IDEHA a fait assigner en référé monsieur [L] [I] et madame [F] [I] devant le Juge des Contentieux de la Protection de ce siège aux fins de :
— renvoyer les parties à se pourvoir au principal et au fond tel qu’elles aviseront,
mais d’ores et déjà de :
— constater la résiliation du bail dont s’agit par le jeu régulier de la clause résolutoire ;
— dire que monsieur [L] [I] et madame [F] [I] sont devenus occupants sans droit ni titre de l’appartement n°475 sis 5Bis rue Cuvier Vosges – 25460 ETUPES ;
— ordonner l’expulsion de monsieur [L] [I] et madame [F] [I] et de tous occupants de leur chef ;
— dire qu’à défaut pour monsieur [L] [I] et madame [F] [I], de quitter les lieux et de les rendre libres de toute forme d’occupation, il sera procédé au besoin avec le concours de la force publique ;
— condamner solidairement monsieur [L] [I] et madame [F] [I] au paiement à la société IDEHA de la somme de 5 115,46 euros correspondant à la dette locative arrêtée au 9 avril 2025, à titre de provision ;
— fixer et condamner solidairement monsieur [L] [I] et madame [F] [I] à payer une indemnité d’occupation à compter de la résiliation du bail jusqu’à libération complète des lieux, correspondant au montant actuel du loyer et des charges qui auraient dû être versé en cas de continuation du bail, à compter de la date de la résiliation du bail et jusqu’à libération complète des lieux et la remise des clés et ce, avec indexation à l’augmentation annuelle du loyer ;
— les condamner solidairement à verser à la société IDEHA la somme de 230 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
— condamner solidairement monsieur [L] [I] et madame [F] [I] aux entiers dépens qui comprendront le coût de l’acte du commandement visant la clause résolutoire.
L’affaire a été fixée à l’audience du 3 septembre 2025, à laquelle l’affaire est appelée et retenue.
La SA IDEHA maintient l’ensemble de ses demandes et actualise la dette d’impayés de loyers, charges et indemnités d’occupation à la somme de 5 350,07 euros selon décompte en date du 1er septembre 2025. Elle ne s’oppose pas à l’octroi de délais de paiement.
Madame [F] [I] comparaît en personne et monsieur [L] [I] est représenté par son fils. Ils reconnaissent le montant de la dette et explique leur situation personnelle. Il sollicite des délais de paiement et propose de verser un supplément mensuel de 200 euros pour régulariser la dette.
L’affaire est mise en délibéré au 8 octobre 2025.
MOTIVATION
Sur la compétence du juge des référés
Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Sur les demandes en constatation de la résiliation du bail et d’expulsion
L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 rappelle que le paiement du loyer et des charges récupérables aux termes convenus constitue une obligation essentielle du locataire.
L’article 24 de la même loi précise que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. Le commandement de payer reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent article et des trois premiers alinéas de l’article 6 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant la mise en œuvre du droit au logement, en mentionnant la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement, dont l’adresse de saisine est précisée.
Selon acte de commissaire de justice en date du 23 octobre 2024, la société IDEHA a fait commandement à monsieur [L] [I] et madame [F] [I] d’avoir à payer la somme en principal de 2 761,01 €.
La situation n’a pas été régularisée dans le délai de deux mois suivant la signification du commandement de payer. Par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par le locataire aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire.
En outre, sur la forme, la procédure est régulière dès lors que les délais prévus à l’article 24 alinéa 2 de la loi 89-462 du 06 juillet 1989 ont été respectés tant pour le signalement de la situation d’impayé à la CCAPEX, la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions étant réputée constituée lorsque la situation d’impayés est signalée à la CAF, que pour l’assignation à notifier au représentant de l’État.
Il y a donc lieu de constater la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire y étant insérée, acquise au 24 décembre 2024 et d’ordonner la libération des lieux, et le cas échéant l’expulsion des occupants.
Sur la demande en paiement des loyers, charges et indemnités d’occupations
En application de l’article 7 de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En l’espèce, le bailleur fait la preuve de l’obligation dont il se prévaut en produisant le bail du 24 mars 2022 et un dernier décompte faisant état à la date du 1er septembre 2025 d’une dette locative de 5 350,07 euros.
Il y a donc lieu de condamner solidairement à titre provisionnel monsieur [L] [I] et madame [F] [I] à payer à la société IDEHA la somme de 5 350,07 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés arrêtés au 1er septembre 2025, échéance du mois de juillet 2025 incluse.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du prononcé de l’ordonnance.
Sur les délais de paiement
Il résulte de l’article 24 de la loi du 06 juillet 1989 que le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années.
En l’espèce, monsieur [L] [I] et madame [F] [I] indiquent que monsieur [I] perçoit environ 4 000 euros de revenus mensuels et que madame [I] est sans emploi. Ils ont la charge de deux enfants mineurs. Ils proposent d’apurer la dette en versant 200 euros par mois.
Eu égard à la situation financière et sociale des défendeur, et à l’absence d’opposition à l’octroi de délai de paiement et à la reprise du paiement du loyer courant, il convient donc de favoriser le maintien dans les lieux et d’accorder des délais de paiement selon les modalités prévues au dispositif de la présente décision.
Pendant le déroulement de ces délais, les effets de la clause résolutoire seront suspendus.
Tout défaut de paiement d’une mensualité ou d’un terme de loyer à son échéance entraînera la mise en jeu de la clause résolutoire, la résiliation du bail et la poursuite de l’expulsion sans nouvelle décision. Monsieur [L] [I] et madame [F] [I] sera redevable d’une indemnité d’occupation mensuelle à titre provisionnel d’un montant égal à celui du loyer et des provisions sur charges qu’ils auraient été amenés à payer en cas de poursuite du bail, et ce jusqu’à restitution effective des lieux avec indexation à l’augmentation annuelle du loyer.
Sur les frais du procès
Sur les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [L] [I] et madame [F] [I] succombant, ils devront supporter in solidum les entiers dépens.
Sur les frais irrépétibles
En application de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée et peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
En l’espèce, l’équité commande de ne pas faire application de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, A. GALLETTI, juge des contentieux de la protection, statuant en référé, après débats publics, par ordonnance contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe,
Renvoyons les parties à se pourvoir au fond mais dès à présent ;
Constatons que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire insérée au contrat de bail du 24 mars 2022, conclu entre la société IDEHA d’une part et monsieur [L] [I] et madame [F] [I] d’autre part, et portant sur un immeuble à usage d’habitation sis 5Bis rue Cuvier Vosges – 25460 ETUPES sont réunies au 24 décembre 2024 ;
Condamnons solidairement monsieur [L] [I] et madame [F] [I] à payer à titre provisionnel à la société IDEHA la somme de 5 350,07 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 1er septembre 2025, échéance du mois de juillet 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter du prononcé de l’ordonnance ;
Autorisons monsieur [L] [I] et madame [F] [I] à se libérer de leur dette par le versement de 26 mensualités de 200 € et d’une 27ème mensualité correspondant au solde de la dette, payables en plus du loyer courant, la première mensualité étant payable le 10 du mois suivant la signification de la présente ordonnance et chaque mensualité étant payable le 10 de chaque mois ;
Disons que les effets de la clause résolutoire sont suspendus durant les délais de paiement accordés ;
Disons que si cette dette est intégralement payée, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais joué ;
Disons qu’au contraire, à défaut de paiement du loyer courant ou d’une seule mensualité à l’échéance fixée et ce, huit jours après une mise en demeure de payer par lettre recommandée avec accusé de réception :
— la totalité de la somme restant due redeviendra exigible,
— la clause résolutoire reprendra ses pleins effets rétroactivement au 24 décembre 2024,
— à défaut par monsieur [L] [I] et madame [F] [I] d’avoir libéré les lieux DEUX MOIS après la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à leur expulsion et à celle de tous occupants de leur chef, avec l’assistance de la force publique, et d’un serrurier si besoin est, et au transport des meubles laissés dans les lieux aux frais de l’expulsé dans tel garde-meuble désigné par ces derniers ou à défaut par le bailleur ;
— monsieur [L] [I] et madame [F] [I] seront tenus solidairement de payer à la société IDEHA une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle d’un montant égal à celui du loyer et des provisions sur charges qu’ils auraient été amenés à payer en cas de poursuite du bail, et ce jusqu’à restitution effective des lieux avec indexation à l’augmentation annuelle du loyer ;
Condamnons in solidum monsieur [L] [I] et madame [F] [I] aux entiers dépens de l’instance ;
Déboutons la société IDEHA de sa demande au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
Disons que la présente décision sera transmise par les soins du greffe au préfet du département, conformément aux dispositions de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
Rappelons que la présente ordonnance est exécutoire par provision.
Ainsi ordonné et prononcé les jour, mois et an que dessus par sa mise à disposition au greffe.
LE GREFFIER LE JUGE
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